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Billet de blog 4 juil. 2021

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Info’Com-CGT : Démission collective de militants historiques

Un groupe de militantes et militants historiques du syndicat Info'com-CGT démissionnent du syndicat dont ils étaient fondateurs. Depuis plus de deux ans ils ont tenté en interne de dénoncer les dérives de la direction de ce syndicat et du secrétaire. Voici le courrier des démissionnaires.

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Lettre aux syndiqués CGT

Trois ans déjà... et quels dégâts !
Désolé pour ton projet, Marco


Certains critiquaient Info’Com de ne pas être sur le terrain des luttes. Depuis trois ans, force est de constater qu’ils ont bien raison. Derrière le vernis des discours « révolutionnaires », les grands décorums lors de manifestations ou de rassemblements solidaires avec d’autres professions, les distributions de chèques de la solidarité pour faire uniquement le buzz...Qu’en est-il réellement depuis trois ans en termes de luttes ? Une banale pratique réformiste et délégataire de l’action syndicale. Dans les entreprises de presse, de la publicité et de l’édition, domaines dans lesquels notre syndicat est implanté, aucune conflictualité n’a été initiée pour gagner de nouveaux acquis. Ne parlons pas de grève, il ne faut pas être grossier !

Dans le meilleur des cas, de chétives mobilisations devant les entreprises, pour aboutir, inexorablement, à des ruptures conventionnelles pour les camarades discriminés par leur direction. Ce bilan est à des années-lumière des grandes déclarations du syndicat sur la lutte des classes qu’il met en avant... En définitive, surtout pour les autres. Des slogans, quasi commerciaux sur la lutte, étalés comme un vernis qui ne sert qu’à capter les budgets communication des syndicats, fédérations ou unions départementales CGT, pour renflouer les caisses du syndicat. D’ailleurs, le salaire du secrétaire général d’Info’Com en dépend, depuis que son « détachement » n’est plus assuré par le Syndicat patronal de la presse parisienne.

À force de pratiquer la politique de la chaise vide à la table des multiples réunions de négociation qui se sont déroulées pour l’avenir de la profession et de nos métiers, cette disparition a un prix et l’addition se paie forcément un jour. La CGT en subit les conséquences et nous, les adhérents, aussi. Le prix, certains camarades du syndicat le paient plus que d’autres. Exclusions et démissions ne sont pas le fait du hasard. Les mensonges, les cabales, la volonté réelle de salir, les vexations, les injures sont les nouvelles méthodes que cette direction d’Info’Com met en œuvre pour aboutir au départ de syndiqués en désaccord avec le secrétariat. C’est une véritable hécatombe du corps militant d’Info’Com qui est à l’actif de cette direction :


– deux camarades démissionnaires du secrétariat du syndicat ;
– une camarade exclue du collectif syndical de la SACIJO (Journal officiel) ;
– deux camarades mis à pieds, privés d’emploi, puis exclus du bureau de placement du syndicat, rejoints peu de temps après par un troisième ;
– trois camarades exclus de la direction du syndicat, ajoutés à deux démissions pour
désaccords syndicaux ;
– une membre de la direction du syndicat exclue temporairement, accusée sans preuve d’avoir divulgué des documents qui seraient réservés à cette seule direction ou fait son travail de dirigeante en rendant compte des décisions ;
– et, dernièrement, deux camarades exclus du syndicat.

Nous n’évoquons pas tous ceux qui ont quitté la maison syndicale, écœurés par toutes ces manœuvres, et qui avaient pourtant, pour nombre d’entre eux, plusieurs dizaines d’années de syndicalisation*. Tout cela en moins de trois ans ! Ce bilan représente tristement la « démocratie syndicale » au sein d’Info’Com. Pourtant, ce n’est pas dans la tradition de la CGT d’exclure pour des désaccords syndicaux ou simplement pour les avoir exprimés publiquement. Heureusement pour notre syndicat que la CGT ne nous a pas désaffiliés à chaque fois qu’Info’Com exprimait des critiques publiques vis-à-vis de la confédération CGT ou de la FILPAC-CGT, sa fédération.

Ces méthodes appartiennent à d’autres organisations syndicales, des confédérations qui se proclament très souvent démocratiques, pour mieux maquiller leur autoritarisme et surtout leur absence de combativité. C’est également très loin de la riche histoire de notre syndicat, bientôt bicentenaire.
Démocratie syndicale ? Parlons-en ! Quand une direction syndicale ne rend jamais de compte à ses adhérents, même lorsqu’ils le demandent, ce n’est plus la Confédération générale du travail.

La tour de verre, rue Guyton-de-Morveau, est préoccupée à développer depuis trois ans une boutique commerciale appelée « Camarade Agency », faisant fi des fondamentaux de la CGT, notamment sur les cendres de la charte des élus et des mandatés. Plus occupée à éliminer les « gêneurs », la direction syndicale actuelle détruit nos valeurs en sacrifiant consciemment les adhérents embarrassants sur l’autel des mensonges et des ragots.

Malgré une communication en total décalage avec les pratiques internes, rien ne peut expliquer qu’en moins de trois ans les décisions autoritaires prises par cette direction syndicale puissent bafouer à ce point les traditions de solidarité, de fraternité, de convivialité et de respect dues aux militants. Cette force active est la véritable richesse du syndicat qui a permis à Info’Com d’acquérir une crédibilité auprès de militants divers et variés.

Que reste-t-il aujourd’hui de cet espoir d’un syndicalisme ouvert, différent et combatif lorsque les responsables d’Info’Com laminent des militants reconnus bien au-delà de nos secteurs ? Comment oser donner des leçons syndicales dans des communications pompeuses et moralisatrices – dernière en date : « Syndicalistes Debout. Ce qui ne peut plus durer dans le syndicalisme » – lorsque dans leur propre structure, les censeurs littéraires confisquent le débat contradictoire, garant de la démocratie syndicale, avec des arguties qui déshonorent l’esprit brillant de ceux qui nous ont précédés dans ce syndicat.

Comment accorder la moindre crédibilité à ces mêmes censeurs lorsqu’ils s’émeuvent de discriminations, de harcèlement, de violences sexistes alors qu’une membre de la direction syndicale, considérée comme « déviante à la ligne officielle », est directement confrontée à de tels délits. Véritable miroir aux alouettes, cette direction syndicale refuse de traiter un cas de harcèlement dans ses rangs. Dossier lourd pourtant instruit par la Cellule de veille CGT contre les violences sexistes et sexuelles sur la base de faits solides, ces représentants du syndicat préfèrent, quant à eux, soutenir l’agresseur. Sans doute parce que la victime fait partie de ces « adhérents embarrassants ».

Cette direction se complaît à punir, exclure, rappeler des règlements qu’elle est la première à transgresser plutôt que d’ouvrir ce débat indispensable face à une situation sociale dramatique qui nécessiterait un syndicalisme de combat, pour ne pas écrire anarcho- syndicaliste, comme l’affirme nos textes de référence. Notre syndicat grandirait-il en s’épurant, c’est en tout cas ce que cette direction semble proposer, comme en d’autres temps et dans des organisations différentes.

Malgré les graphiques rassurants du secrétaire général, côté adhérents, cette direction fait fausse route. Le nombre de syndiqués est passé d’environ 650 en 2006 à un peu plus de 850 en 2018, pour finalement retomber quasiment au chiffre de départ. En seulement trois ans ! L’objectif du congrès d’atteindre les 1 000 adhérents est devenue une chimère. Très loin, bien loin de ces préoccupations, la direction d’Info’Com, qui s’enferme toujours plus profondément dans ses certitudes, se cherche mille excuses pour échapper à ses responsabilités. Des attitudes puériles indignes de secrétaires de syndicat !

Ce manège de mauvaise foi, de reniements, de mensonges pour justifier l’injustifiable, l’injustice ou la discrimination est devenu insupportable. On a même vu, récemment, sur les réseaux sociaux, des trolls, « mandatés » d’Info’Com, étaler leur hargne et leurs calomnies à l’adresse des camarades que nous sommes. Ces pleutres qui se cachent derrière des pseudos se vautrent dans leurs excréments. Nous les avons reconnus et ils ne sont pas dignes d’exercer des responsabilités syndicales.

Contrairement à eux, notre devoir de critique nous l’exerçons à visage découvert.
Cette direction mène tambours battants les syndiqués et les salariés de nos secteurs dans le mur. Pour preuve, concernant le secteur de l’information, les décisions politiques qui aboutissent à l’explosion du Comité inter CGT placent nos camarades des différents titres de la presse quotidienne nationale dans une position extrêmement délicate. Le rapport de force solidaire qui permettait à Info’Com de peser auprès des directions avec l’appui du SIPC (syndicat des imprimeries) dans le cadre du Comité inter est rompu.

À l’heure des plans sociaux à répétition qui sévissent tous les deux ans dans les rédactions, cette faute stratégique lourde risque malheureusement de se payer cash pour les camarades journalistes et adhérents du syndicat. Quels sont les adhérents réellement informés des conséquences de cette décision et quels sont les camarades des différentes sections de la presse quotidienne nationale qui ont pu s’exprimer ou valider cette décision ? Quel débat présenté aux syndiqués ? Le secrétariat vous expliquera sûrement, comme à son habitude, que les « déviants de la ligne officielle » sont à l’origine de tous leurs maux.

Dans la presse spécialisée, il n’y a plus aucune présence syndicale Info’Com au sein du Moniteur depuis que son délégué syndical a été embauché par le syndicat en tant que graphiste pour la Camarade Agency.

Dans la publicité, il y a bien longtemps qu’une lutte dans une entreprise du secteur de la publicité ne se soit concrétisée par une victoire collective, hormis celles menées par nos camarades de Derichebourg, qui voient leur délégué syndical discriminé par la direction pour avoir défendu les intérêts de ses mandants. Les autres mobilisations n’inquiètent aucunement les directions. Elles savent qu’après le vacarme d’un jour, elles retrouveront les responsables du syndicat pour négocier le montant de la rupture conventionnelle du camarade discriminé. Ce n’est pas forcément la meilleure méthode pour démontrer le rapport de force qu’est en capacité d’imposer une organisation syndicale.

À la SACIJO, bastion du syndicat, un plan se profile : le collectif syndical a déjà étudié le nombre de salariés nécessaires au minimum pour que l’entreprise soit viable ! Triste sort que certains destinent à cette société ouvrière vieille de 140 ans, et qui fait encore travailler plus de 150 camarades. Quand on se bat pour l’emploi, on n’étudie pas la viabilité d’une entreprise en fonction de la quantité éventuelle de licenciés, mais on construit un projet ambitieux afin de préserver l’emploi, voire le développer.

Pour notre part, nous avons créé votre avenir depuis 2006 en signant notamment un accord que nous avons fait vivre pendant quinze ans et toujours en vigueur à ce jour à la SACIJO. Les secrétaires d’Info’Com et les élus de la SACIJO ont espéré que nous leur donnerions un alibi pour anéantir le bureau de placement. Il n’en est rien. Jamais nous ne pousserons nos camarades à aller en justice pour éradiquer cette conquête, malgré les pratiques du secrétariat et des élus. C’est de leur
responsabilité de défendre au mieux nos camarades et de préserver cet outil solidaire, dont ils ont dénaturé les fondements.

Espérons qu’ils seront aussi efficaces dans la lutte que dans la calomnie. Il ne leur restera qu’à exposer leur choix : préserver le bureau de placement ou bien conserver les quatre détachements des secrétaires d’Info’Com et du délégué
syndical pris en charge par la DILA !

Parce que nous croyons fermement à la nécessité de construire une organisation de classe et de masse pour affronter les agissements du patronat, qui s’attaque aujourd’hui à toutes nos structures de résistance, nous ne pouvons demeurer inactifs face à votre démarche qui accompagne cette destruction. Nous décidons donc de rendre notre carte d’Info’Com pour nous syndiquer à la CGT.

Vive l’anarcho-syndicalisme !
Vive la lutte des classes !
Vive la CGT !
Paris, le 1 er juillet 2021
Brigitte Dupuis, Bruno Belem, Florence Lemaître,
Laurence Karsznia, Olivier Blandin, Stéphane Paturey
Michel Allemand, Richard Wilf

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