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Billet de blog 17 juin 2014

Donne-moi l'argent que je vais te prêter!

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Depuis la crise des « subprimes », les Etats ont plusieurs fois volé au secours de banques au bord de la faillite, banques pleinement responsables de leur situation. On nous a alors expliqué qu’on ne pouvait pas faire autrement, que l’interdépendance à l’intérieur du système financier mondial était telle que sauver les banques fautives, c’était sauver le monde.

Sachant que parmi les banques sauvées, certaines possèdent une partie de la dette publique, un enfant de 10 ans pourrait se dire de façon un peu simpliste : « En fait, les Etats ont donné aux banques l’argent qu’ils leur empruntent ensuite.»

Ce à quoi un expert diplômé d’une chambre de commerce, pourrait répondre avec un sourire, que les choses sont un peu plus complexes et que par exemple, les Etats ont prêté de l’argent aux banques pour les sauver, et qu’en échange, les Etats ont reçu des intérêts, et que c’était finalement une bonne affaire pour eux : les banques seront bien punies, les vilaines, en payant ces intérêts.

Sauf que lorsque l’on creuse un peu, on s’aperçoit que si notre expert a raison sur la complexité des mécanismes, le résultat, lui, reste proche de l’affirmation de l’enfant. Une logique constante et simple se dégage de la complexité  : être toujours à l’avantage des banques et au désavantage des Etats.

 Si on ne peut pas affirmer que le sauvetage des banques soit un simple don gratuit des Etats et de leurs banques centrales, il semble tout de même que les intrépides sauveurs n’aient reçu qu’un petit pourboire par rapport à l’énorme service rendu, (360 milliards d’euros versés par la France, 700 Milliards de Dollars par les Etats unis, 7700 Milliards de Dollars par la Banque Fédérale Américaine qui a prêté à 0,01%…) et surtout par rapport à ce que les banques leur font payer lorsque la situation est inversée.

Car si nos braves scouts n'ont pas profité de la situation de faiblesse des banques délinquantes, ces dernières ne se gênent pas. Que ce soit  avant ou après la crise, la dette des Etats est sujette à de juteuses spéculations des banques sans considération pour leurs emprunteurs. Et si certains de ces Etats se retrouvent comme la Grèce, dans de graves difficultés, mal notés par une agence, ils le payeront très cher. L'interdépendance au sein du système financier mondial, voyez-vous, parfois, pas toujours, mais parfois, s'arrête à la responsabilité du coupable. Demander aux banques fraîchement sauvées de faire un petit effort pour sauver un Etat, c’est une idée d’un grossier, on dirait un pet en plein conseil d’administration dans un paradis fiscal. Il a fallu attendre le deuxième plan de sauvetage de la Grèce pour que les banques soient mises à contribution, et encore sur le principe d'une baisse future des intérêts avenirs (Et certainement pas des taux à 0,01% , on est pas à l’armée du salut !)  Donc au milieu de cette valse financière est-ce qu'au final, les Etats n'ont pas « donné » aux banques de l'argent qu’ils leur ont emprunté ensuite ?

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