Ce n'est pas l'économie, idiot !

Débat Juppé - Fillon... j'ai regardé... et j'ai compris... "It's NOT the economy, stupid !"... Place au peuple !

Je me suis couché un peu tard hier. J'ai voulu regarder le dernier débat télévisé de la primaire de la droite et du centre entre François Fillon et Alain Juppé.

J'ai regardé… et j'ai compris.

Et ce que j'ai compris est au cœur de la question qui nous occupe depuis hier : l'axe matériel de votre vie.

Au fond, dans la vision politique de Mr Fillon, en "libérant" l'économie on va résoudre les problèmes sociétaux dont souffrent un très grand nombre de français.

Concrètement en accordant de massives réductions d'impôts et de charges aux entreprises, en retirant les contraintes réglementaires sur le travail, en supprimant l'ISF et en obligeant les salariés à travailler plus pour le même salaire on va faire "repartir" la croissance et créer des millions d’emplois… Et une fois que l'on aura éliminé le chômage, tous les problèmes seront réglés...

C'est sa vision. Et cette vision est largement partagée par Mr Juppé et par toute la "droite", à quelques nuances près... de même que par une grande partie de "feu la gauche", a savoir la grande majorité du PS. Tous sur la même ligne, reprenant le credo de Bill Clinton à la fin des années 90 : "it's the economy, stupid" (c'est l'économie, idiot)... voulant dire par là que l'alpha et l'omega de l'action politique, c'est l'économie et que, « quand l'économie va, tout va ».

J'ai cru à cela, moi aussi. Pendant 30 ans. De 10 a 40 ans. J'ai cru à cela. J'ai cru à l'économie, au marché, au pouvoir créateur des entrepreneurs, à la main invisible d’Adam Smith, celle qui fait que la poursuite des rêves individuels finit toujours par être bonne pour la collectivité.

Pendant 30 ans j'ai cru à cela très fort... Puis un peu moins... puis plus du tout.

Et mon conseil de coach, aujourd'hui, est le suivant : « c'est de la foutaise, ne tombez pas dans ce panneau ».

A supposer que cet acte de foi dans l’entreprise et dans l’économie soit sincère, il part d’une profonde incompréhension de la nature humaine et de l’économie elle-même.

Il faut que les jeunes français rêvent d’être milliardaires nous dit Emmanuel Macron… mais il oublie que pour devenir milliardaire, il faut construire un système qui repose sur l’accaparement par quelques uns de la richesse produite par tous. Il n’y a pas d’autre moyen. « It’s mathematics, stupid ! »… C'est mathématique !

Et c’est bien là le problème. En « libérant » l’économie comme les libéraux proposent de le faire, on ne va faire, au mieux, que favoriser l’établissement d’un rapport de force qui profitera de plus en plus aux plus puissants et de moins en moins à ceux qui subissent. Et rien ne garantit qu’en permettant aux entreprises et à leurs actionnaires de devenir de plus en plus riche, on permette aux masses de devenir de moins en moins pauvres. Au contraire, ce qui est constaté c’est que cette situation à plutôt tendance à creuser les inégalités qu’à améliorer le partage des richesses.

L’Angleterre et les Etats-Unis, (version Thatcher et Reagan), souvent cités en exemple par nos « libéraux » ont certes fait baissé le chômage, mais ils ont surtout créé une nouvelle catégorie de travailleurs pauvres, accumulant 3 ou 4 petits jobs et travaillant 48 à 60 par semaine pour ne même pas boucler leur budget pourtant réduit au strict minimum. Alors que, dans le même temps, la fortune de quelques centaines de milliardaires augmentait massivement. Ça ne marche pas !

Et ça n’a jamais marché. Pendant des siècles, la prospérité en occident à été obtenue non seulement par l’existence d’une classe ouvrière exploitée sur le territoire national, mais aussi par l’exploitation des richesses des empires coloniaux.

Et après les progrès sociaux obtenus de grande lutte par les « grands anciens » du mouvement ouvrier, cette prospérité a été maintenue par l’exploitation généralisée de la main d’œuvre des pays pauvres… On en voit aujourd’hui le résultat… En laissant des situations économiques, politiques et sociétales explosives s’installer dans toutes ces parties du monde, les pays riches, Etats-Unis et Europe occidentale en tête, ont créé les conditions de la vague massive d’immigration sauvage qui nous submerge aujourd’hui, accompagnée par l’émergence du terrorisme islamiste, qui en partage les mêmes racines. Ça ne marche pas !

La croissance du PIB n’est en rien un indicateur d’amélioration du bien-être des gens. Une population de plus en plus malade et qui achète de plus en plus de médicaments, c’est bon pour le PIB. Une population qui a peur de ses voisins et qui s’arme massivement (individuellement ou via ses forces armées) c’est bon pour le PIB. Une population qui achète de plus en plus d’aliments dénaturés et, souvent même, empoisonnés par des pesticides et des processus industriels, c’est bon pour le PIB… Une population conditionnée par la pub et qui s’endette pour acheter des masses de produits inutiles, jetables et qui finiront par encombrer nos décharges, c’est bon pour le PIB… Ça ne marche pas !

Le problème de nos sociétés ce n’est pas le chômage, c’est la pauvreté. Et créer des travailleurs pauvres n’y changera rien.

Le problème de nos sociétés ce n’est pas le manque d’esprit d’entreprise, c’est l’absence d’une vision commune, d’un projet commun.

Le problème de nos sociétés ce n’est pas un manque de compétitivité. C’est une déconnexion d’avec le réel… d’avec ce qu’est vraiment la vie.

Ce n’est pas en produisant plus que notre pays deviendra plus prospère. Parce que ce n’est pas en consommant plus que nous deviendrons plus heureux.

Ce n’est pas en travaillant plus que nous redonnerons un sens à nos vies. Et ce n’est pas en créant une génération d’aspirant milliardaires que nous retrouverons le sens collectif et l’envie de mieux vivre ensemble.

Une société qui fonde sa prétendue prospérité sur la compétition exacerbée des uns contre les autres, ne fait que préparer le terrain sur lequel éclateront les prochaines guerres. C’est inévitable.

Remettre l’humain au cœur du débat. Remettre le système au service des gens. Remettre l’économie à sa place et refaire de la politique l’art du bien vivre ensemble. C’est ça, la révolution dont nous avons besoin aujourd’hui.

Ces gens là ne le comprennent pas. Et il serait terriblement dangereux de leur confier le pouvoir.

C’est à chacun de nous de prendre ses affaires en main et de participer activement à l’organisation de la société.

Nous avons la chance de vivre encore dans un semblant de démocratie. Alors profitons-en et reprenons la parole. Les 6 prochains mois nous donnent l’occasion d’une formidable redistribution des cartes. Ça peut être un tournant historique. Sans drame et sans bain de sang. Aux tribunes, dans les urnes et dans nos vies quotidiennes.

La révolution, c’est maintenant !

Allez jeter un œil à la plateforme de la France Insoumise : http://jlm2017.fr

A nous de jouer.

Excellente journée.

FG - 161124

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