Mort de Castro - Comprendre avant de juger

Face aux événements, on peut-être tenté, par facilité et par paresse, de s’en remettre, sans plus de réflexion, à la pensée commune ou dominante. Or, selon cette pensée commune, Fidel Castro était un dictateur à ranger plus ou moins dans la même catégorie que Staline, Mao, Hitler ou Mussolini… Affaire réglée… Le problème est que cette vision condamne à passer complètement à côté du sujet.

Je n’ai pas la prétention d’être un expert du sujet. Le but de ce post est simplement de partager ma volonté de comprendre.

Face aux événements, plus ou moins marquants, qui jalonnent la vie quotidienne, on peut-être tenté, par facilité et par paresse, de s’en remettre, sans plus de réflexion, à la pensée commune ou dominante.

Or, selon cette pensée commune, Fidel Castro était un dictateur à ranger plus ou moins dans la même catégorie que Staline, Mao, Hitler ou Mussolini… Affaire réglée…

Le problème est que cette vision partiale et ultra-simpliste est parfaitement erronée et qu’elle condamne à passer complètement à côté du sujet.

S’agissant de faits historiques, il y a ce que l’on sait pour sûr, ce que l’on tente de nous faire croire, ce que l’on décide de croire et aussi ce que l’on se plait à imaginer.

Selon cette dernière tendance, on peut considérer que Fidel Castro, au même titre que le Che, incarnent une version idéalisée et romantisée de la révolution. Cette vision peut faire frissonner les adolescents en période de rébellion, mais ça ne mène pas bien loin passée cette période de la vie…

On peut aussi, comme évoqué plus haut, acheter sans sourciller la version officielle est condamner sans appel le dictateur qui asservit son peuple pendant 50 ans et l’oblige à vivre dans des conditions apparaissant comme archaïques et d’un autre âge.

Et on peut enfin essayer d’aller voir un peu plus loin pour mieux comprendre.

Ce qui est indéniable c’est que Fidel Castro, depuis son rôle dans la révolution cubaine jusqu’à sa mort, survenue hier, aura marqué l’Histoire… celle qui s’écrit avec une majuscule. Ça n’est pas rien et il y a de bonnes raisons à cela.

Ce que l’on sait aussi c’est que la révolution qu’il a mené a permis de faire tomber une vraie dictature, soutenue par les américains et qui avait fait de Cuba le bordel de l’Amérique…

Il faut rappeler qu’à son arrivée au pouvoir Fidel Castro faisait face à une Amérique impérialiste, encore largement ségrégationniste, tout juste sortie de ses délires anti-communistes, et prête à intervenir militairement pour établir un peu partout dans le monde de petites dictatures à sa botte.

Ce que l’on sait aussi c’est que Cuba a fait face pendant 50 ans à un embargo que l’on peut qualifier de criminel puisqu’il a été cent fois condamné par les Nations Unis sans que cela ne soit suivi du moindre effet.

Face à tout cela, le "Lider Maximo" a tenu bon.

L’a-t-il bien fait ? A-t-il eu raison de refuser à son peuple l’instauration d’une démocratie telle que nous la connaissons ? A-t-il eu raison d’interdire le multipartisme et de museler l’opposition ? S'est-il, par obstination, accroché au pouvoir ?...

On peut avoir des avis divergents sur ces questions. On peut aussi condamner certaines de ses actions. Et il ne s’agit certainement pas de dresser un portrait idyllique de l’homme et de son œuvre politique. Il avait ses travers et il a commis de nombreuses erreurs dans lesquelles il s’est parfois entêté.

Mais ce que l’on sait aussi, c’est que par ses prises de position et par ses actions, le régime cubain a soutenu de nombreux mouvement de libération, notamment en Afrique et en Amérique du Sud, a une époque ou le moindre opposant aux pouvoirs en place étaient considérés comme des terroristes ou des agents du KGB… et traités en conséquences…

On ne peut, quoi qu’on puisse penser de certaines de ses décisions, s’empêcher de lui reconnaître un grand courage et une détermination à toute épreuve pour mener à bien la révolution qu’il avait initiée.

On ne peut pas non plus éluder le fait qu’il a incarné pendant 50 ans, dans des conditions de difficultés extrêmes, un des seuls foyers de résistance à la toute puissance de l’impérialisme américain. Et on sait aujourd’hui que ce dernier n’a pas toujours été animé des meilleures intentions, ni exclusivement motivé par la libération des peuples ou la propagation de la démocratie…

Pour conclure je ne peux m’empêcher de soulever une question qui restera toujours ouverte, mais sur laquelle il me semble intéressant de méditer : à quoi ressemblerait le monde aujourd’hui, s’il n’y avait pas eu Castro et sa bande de révolutionnaires ?

Un grand leader s’est éteint. Une page se tourne. Il appartient désormais au peuple cubain de décider ce qu’il souhaite faire de cet héritage. Et il appartiendra aux historiens de préciser toutes les leçons que nous pouvons tous tirer de l'extraordinaire expérience que fut la révolution cubaine.

Et à nous, peuple français, qui avons connu d’autres révolutions, il nous appartient de décider quelle forme nous souhaitons donner à cette révolution démocratique dont tout le monde s’accorde à dire qu’elle est à la fois urgente est vitale. Vitale pour l’avenir de notre pays, mais aussi, par la force du rayonnement de la France, vitale pour la démocratie partout dans le monde.

La Révolution, c'est maintenant.

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