La Primaire. Pourquoi il ne faut pas y aller.

La droite et le centre viennent d’avoir leur primaire. Première remarque : la droite et le centre… mais où était le centre ? Et ce qui vient de se passer à droite, risque fort de se passer à gauche. Il ne faut pas y aller !

Les limites de la Primaire : ça veut dire quoi « se rassembler » ?

La droite et le centre viennent d’avoir leur primaire.

Première remarque : la droite et le centre… mais où était le centre ?

Aucun des sept candidats à la primaire ne portait de véritable projet centriste et, au final, c’est la droite la plus forte qui l’a emporté. C’est un choix légitime et respectable pour une telle famille politique, mais en quoi des électeurs centristes peuvent-ils se retrouver dans le projet ultra libéral et ultra conservateur porté par François Fillon ?

De ce point de vue, la primaire apparait plutôt comme un grand arrangement entre amis au sein de deux ou trois partis plutôt qu’un vrai débat démocratique permettant d’aboutir à un programme de synthèse.

D’ailleurs les résultats du premier tour montrent une polarisation sur des candidats très attendus. Aucune surprise à part dans l’ordre d’arrivée avec 2 anciens 1ers ministres et 1 ancien chef d’état trustant 90% des suffrages, les 4 autres candidats se partageant les 10% restant… tu parles d’une diversité.

Au lendemain de cette désignation, le gagnant va identifier ses nouveaux adversaires et appeler au « rassemblement » afin de composer son équipe. Chacun va donc essayer de se caser, avec pour tous ceux qui ne partageaient pas les idées de leur nouveau « champion » le choix entre faire fi de leurs convictions pour aller à la soupe, ou sortir du jeu faute d’y trouver leur juste place.

A cela on pourra répondre que ces hésitations devraient être balayées par l’engouement populaire pour cette élection qui donne une forte légitimité au candidat ainsi sélectionné.

Parlons donc de participation… La droite et le centre sont censés historiquement représenter entre 35 et 50% de l’électorat français. Soient 15 à 20 millions d’électeurs… or seuls 4.5 millions se sont déplacés (et ont accepté de payer 2€) pour voter, représentant donc moins de 10% du corps électoral. On est très loin du compte…

Imaginez une élection nationale avec 60% d’abstention… quelle serait alors la légitimité du candidat élu ? Fusse avec 68% des suffrages exprimés… c’est pourtant exactement ce qui vient de se passer…

Forts de ces éléments, le jeu de la primaire ressemble donc plutôt à un déni de démocratie orchestré par les grands partis pour mettre leurs troupes en ordre de marche et, accessoirement, remplir leurs caisses quand ils choisissent de faire payer leurs électeurs…

Et ce qui vient de se passer à droite, risque fort de se passer à gauche. La prime de 2€ en moins.

Le PS a désormais en son sein, des tendances trop éloignées pour pouvoir vraiment s’entendre toutes ensemble. Pour preuve, les départs du gouvernement de Montebourg, Macron, Taubira et peut-être même Valls… précédés par les scissions de Hamon, Filoche et d’autres… le tout sous le regard distant d’un Président historiquement impopulaire mais potentiel candidat à sa propre succession…

En clair, les personnes qui se présentent aujourd’hui à la primaire ont montré clairement qu’elles ne pouvaient pas gouverner ensemble…

Qu’arrivera-t-il alors au soir du 2nd tour de cette primaire ?
Quel rassemblement sera-t-il possible entre ces tendances irréconciliables…

Encore une fois, et les français n’en seront pas dupes, il s’agira alors de rabibochages de façade et de circonstances pour essayer d’avancer dans un semblant d’unité vers l’élection suivante… avec probablement, la défaite étant quasi assurée, un regard déjà tourné vers « l’après 2017 »…

Ce qui contribue encore plus à décrédibiliser cette primaire de la gauche, c’est que deux candidats sont déjà déclarés, en dehors d’elle, qui représentent les deux grandes familles de la gauche moderne : le social-libéralisme de Macron, et la gauche humaniste et sociale de Mélenchon.

Quel espace reste-t-il alors au futur vainqueur de la primaire ?
Sur quelles bases rassemblera-t-il les perdants du scrutin ? Et quelle sera la légitimité de cet assemblage disparate face aux propositions plus cohérentes et plus solides portées par les deux autres candidats ?

Il semble probable qu’en avril 2017, les français auront à choisir entre 6 candidats à la présidence (en plus des candidatures de témoignages) :

• Marine LePen pour la droite populiste
• Francois Fillon pour une droite ultra libérale et ultra conservatrice
• Peut-etre Francois Bayrou pour le centre droit
• Emmanuel Macron pour le social-libéralisme
• Valls ou Hollande pour une deuxième offre sociale libérale…
• Mélenchon pour la gauche humaniste et sociale.

On voit bien que trois candidats risquent de se phagocyter mutuellement. Macron, Bayrou et Valls. Offrant un boulevard à la droite et condamnant Mélenchon et son mouvement de la France Insoumise à incarner seuls et dans un contexte particulièrement compliqué l’espoir du peuple de gauche.

Au final, on comprend que les primaires sont juste un « machin » comme disait de Gaulle, qui arrange les grands partis et amuse les français en leur donnant l’impression pendant quelques semaine de s’intéresser à la politique alors que la plupart se décideront sur la bonne mine de l’un ou pour faire barrage à l’autre qui ne leur revient pas…

Les médias, eux aussi, adorent puisque tout cela fait vendre des journaux et, surtout, bondir les audimats, assurant quelques belles rentes publicitaires entre les débats, les soirées spéciales et les innombrables plateaux d’experts qui « commentent les petites phrases » et « décryptent » les sondages… à la télé, les primaires se vendent presque aussi bien que les matches de l’équipe de France de foot…

Dans ce contexte, on voit bien que rien de bon ne peut plus sortir de cette primaire à gauche et que pour l’après 2017, un profond changement de système est nécessaire, afin de réintroduire de la vraie démocratie, mettant fin aux jeux des appareils et des partis qui se font toujours au profit de la caste politique et au détriment du peuple.

Plus que jamais, la France Insoumise apparaît comme la seule vraie alternative pour voter utile en 2017 et poser les bases de la vraie révolution démocratique dont la France à besoin.

Si vous doutez encore, allez faire un tour sur la plateforme du mouvement et jetez un œil au programme. Vous verrez, tout y est !

La révolution c’est maintenant.

http://jlm2017.fr

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