francois-asselineau-upr
Président de l'Union Populaire Républicaine (UPR)
Abonné·e de Mediapart

79 Billets

0 Édition

Billet de blog 23 mars 2016

Raoul Castro empêche Obama de lui mettre la la “papatte” sur l’épaule

LE PRÉSIDENT CUBAIN RAOUL CASTRO VIENT DE DÉJOUER LA GESTUELLE DOMINATRICE HABITUELLE DES PRÉSIDENTS AMÉRICAINS.

francois-asselineau-upr
Président de l'Union Populaire Républicaine (UPR)
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Dans la diplomatie mondiale, il n’a ni voyage, ni parole, ni geste anodin. Mes lecteurs assidus le savent bien puisque j’explique, depuis plusieurs années, comment les présidents américains usent d’une gestuelle très particulière, et très préméditée, pour symboliser, devant le public planétaire, leur domination sur des nations asservies.

Pour faire admettre leur hégémonie mondiale de façon subliminale par des millions de téléspectateurs, George W. Bush puis Barack Obama se sont fait une spécialité de poser la main, sinon tout l’avant-bras, sur l’épaule d’un chef d’État ou d’un chef de gouvernement étranger vassalisé devant les caméras du monde entier.

J’ai expliqué et illustré ce geste, que j’appelle celui de « la papatte sur l’épaule », dans ma conférence « La Tromperie universelle comme mode de gouvernement »(cf. enregistrement du 28 avril 2013 publié sur notre site à partir de 55’ 20’’).

L’AVILISSEMENT DE LA FRANCE

Comme je l’ai montré dans cette conférence, et comme de nombreux exemples sont venus le confirmer par la suite, Nicolas Sarkozy puis François Hollande ont été spécialement l’objet de cette gestuelle humiliante de la part de George W. Bush (pour Sarkozy) et de Barack Obama (pour Sarkozy et Hollande). L’un comme l’autre des deux locataires de l’Élysée y ont réagi avec une veulerie et une passivité incroyables. Non seulement en laissant le chef d’État américain poser sa main de façon ostentatoire sur leurs épaules en signe évident de paternalisme et de domination, mais en accompagnant ce geste d’une pose de soumission et d’un sourire gêné de larbin.

Les photos illustratives suivantes sont extraites de mon article " Réponse aux accusations de Léa Salamé sur France 2 : l’UPR fait-elle de « l’anti-américanisme primaire » ? publié sur notre site le 23 septembre 2014.






L’HONNEUR DE CUBA

Le président cubain Raoul Castro vient quant à lui de montrer qu’il gardait le sens de l’honneur et de la liberté de son pays et qu’il n’était pas prêt à prendre la pose du larbin dans laquelle se complaisent les tristes clowns de LR et du PS français.

Lors d’une conférence de presse tenue il y a quelques heures à La Havane – le 21 mars au soir - à l’occasion de la première visite d’un président américain depuis 88 ans, le président Barack Obama a essayé de rééditer sa gestuelle impérialiste en tentant de « poser la papatte » sur le président cubain.

Seulement voilà : Raul Castro, très vif d’esprit et de corps malgré ses 84 ans, a aussitôt compris la manœuvre. Devant les caméras du monde entier, sentant qu’Obama allait lui poser d’un geste prompt sa main sur l’épaule, le vieux chef castriste s’est aussitôt empressé de contrecarrer l’opération, en saisissant le poignet d’Obama et en l’éloignant rapidement vers le haut. Il s’est ainsi dégagé de l’emprise washingtonienne, avec un visage fermé et résolu témoignant d’un très vif mécontentement intérieur.


étape 1 : à l'issue de la conférence de presse conjointe, Obama tente de poser sa main gauche sur l'épaule droite de Raoul Castro, lequel commence à détourner la tête.

Le plus symptomatique de l’histoire, c’est que certains médias occidentaux, au lieu de relater ce qui saute aux yeux lorsque l’on examine attentivement la séance, ont travesti le sens de l’incident. Comme le révèle l’agence russe Sputnik qui, elle, présente bien aux lecteurs ce qui s’est passé, l'AFP, en revanche, a osé affirmer que « comme le veut l'usage, les deux hommes se sont serré la main, mais Raul Castro a oublié le protocole pour tenter de lever le bras de son homologue en le saisissant par le poignet » ! L’Agence France Presse ment ainsi effrontément, en faisant passer Raoul Castro pour un fan d’Obama !

étape 2 : Raoul Castro, le visage fermé et sans sourire, bloque le bras d'Obama et commence à le repousser.

étape 3 : Raoul Castro prend le dessus en rpoussant vers le haut le bras d’Obama.

étape 4 : complètement décontenancé par la contre-manoeuvre de Raoul Castro, Obama bascule légèrement vers l’avant tandis que sa main gauche devient une sorte de chiffe molle brandie comme un trophée par Raoul Castro.

L’ensemble de la séquence ne dure que quelques secondes, mais elle est fascinante. Elle peut être intégralement visionnée ici

Raul Castro repousse la tape sur l'épaule d'Obama © Sputnik France

Elle permet de voir cette « prise de judo » qui stoppe net le geste d’Obama et qui laisse le président des États-Unis, démasqué, la main pantelante dans le vide. Raoul Castro a réussi à tourner à son avantage cette manipulation médiatique préméditée par la Maison Blanche.

Ainsi, tel est pris qui croyait prendre : c’est Obama , cette fois-ci, qui a été humilié devant les caméras du monde entier et qui a été forcé de sourire niaisement en lieu et place de celui qu’il voulait rabaisser..

CONCLUSION : LA COMPARAISON DE 2 PHOTOS...

Le geste libérateur et souverain de Raoul Castro n’en fait que mieux ressortir, a contrario, la mentalité de paillasson qui règne dans les cerveaux des dirigeants européistes, et tout spécialement de l’avilissement psychologique de MM. Sarkozy et Hollande.


Le 25 juin 2008 à l’Elysée, Obama humilie publiquement Sarkozy en lui posant la main sur l’épaule comme à un domestique. Sarkozy courbe misérablement l’échine, avec un affreux sourire de larbin, qui témoigne devant le mone entier que la France n’est plus la France, mais un pays soumis.

21 mars 2016 à Cuba : Raoul Castro humilie publiquement Obama en repoussant la manoeuvre de la « papatte sur l’épaule ». Il montre ainsi que Cuba n’entend pas être le domestique des Etats-Unis. Et Obama courbe l’échine avec le sourire gêné de l’escroc démasqué…

Cette différence de réaction face aux manipulations médiatico-gestuelles des conseillers en communication de la Maison Blanche témoigne une nouvelle fois qu’il n’est nul besoin d’être un grand pays et de détenir une des premières armées et économies du monde pour pouvoir s’y opposer. La résistance à l’oppression tout comme la servilité ne sont au fond que des états d’esprit. La résistance est la marque du courage et de l’indomptabilité, la servilité est la marque de la lâcheté et de la corruption.

François ASSELINEAU

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Violences sexuelles
À LREM, des carences systématiques
Darmanin, Hulot, Abad : depuis 2017, le parti d’Emmanuel Macron a ignoré les accusations de violences sexuelles visant des personnalités de la majorité. Plusieurs cas à l’Assemblée l’ont illustré ces dernières années, notamment au groupe, un temps présidé par Gilles Le Gendre. 
par Lénaïg Bredoux, Antton Rouget et Ellen Salvi
Journal
Total persiste et signe pour le chaos climatique
Dans une salle presque vide à la suite du blocage de son accès par des activistes climatiques, l’assemblée générale de Total a massivement voté ce 25 mai pour un pseudo-plan « climat » qui poursuit les projets d’expansion pétro-gazière de la multinationale.
par Mickaël Correia
Journal
Fusillades dans les écoles : le cauchemar américain
Une nouvelle fusillade dans une école élémentaire a provoqué la mort d’au moins 19 enfants et deux enseignants. L’auteur, âgé de 18 ans, venait d’acheter deux armes à feu de type militaire. Le président Joe Biden a appelé à l’action face au lobby de l’industrie des armes. Mais, à quelque mois des élections de mi-mandat, les républicains s’opposent à toute réforme. 
par François Bougon et Donatien Huet
Journal — France
Le candidat Gérald Dahan sait aussi imiter les arnaqueurs
Candidat Nupes aux législatives en Charente-Maritime, l’humoriste a été condamné en 2019 par les prud’hommes à verser plus de 27 000 euros à un groupe de musiciens, selon les informations de Mediapart. D’autres artistes et partenaires lui réclament, sans succès et depuis plusieurs années, le remboursement de dettes.
par Sarah Brethes et Antton Rouget

La sélection du Club

Billet de blog
Amber Heard et le remake du mythe de la Méduse
Depuis son ouverture le 11 avril 2022 devant le Tribunal du Comté de Fairfax en Virginie (USA), la bataille judiciaire longue et mouvementée qui oppose Amber Heard et Johnny Depp divise l'opinion et questionne notre société sur les notions fondamentales de genre. La fin des débats est proche.
par Préparez-vous pour la bagarre
Billet de blog
Portrait du ministre en homme fort (ou pas)
Le nom de Damien Abad m'était familier, probablement parce que j'avais suivi de près la campagne présidentielle de 2017. Je n'ai pas été surprise en voyant sa photo dans la presse, j'ai reconnu son cou massif, ses épaules carrées et ses lunettes. À part ça, je ne voyais pas trop qui il était, quelles étaient ses « domaines de compétences » ou ses positions politiques.
par Naruna Kaplan de Macedo
Billet de blog
Violences faites aux femmes : une violence politique
Les révélations de Mediapart relatives au signalement pour violences sexuelles dont fait l'objet Damien Abad reflètent, une fois de plus, le fossé existant entre les actes et les discours en matière de combat contre les violences sexuelles dont les femmes sont victimes, pourtant érigé « grande cause nationale » par Emmanuel Macron lors du quinquennat précédent.
par collectif Chronik
Billet de blog
Pour Emily et toutes les femmes, mettre fin à la culture du viol qui entrave la justice
[Rediffusion] Dans l'affaire dite du « viol du 36 », les officiers de police accusés du viol d'Emily Spanton, alors en état d'ébriété, ont été innocentés. « Immense gifle » aux victimes de violences masculines sexistes et sexuelles, cette sentence « viciée par la culture du viol » déshumanise les femmes, pour un ensemble de collectifs et de personnalités féministes. Celles-ci demandent un pourvoi en cassation, « au nom de l’égalité entre les hommes et les femmes, au nom de la protection des femmes et de leur dignité ».
par Les invités de Mediapart