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Billet de blog 2 avril 2010

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Dans le Monde du 31 janvier 2010, Claude Lanzmann poursuit sa polémique contre Yannick Haenel.

Cette polémique s'envenime et Claude Lanzmann pour faire bonne mesure s'en prend au directeur littéraire de la collection "l'infini" Philippe Sollers.

Au début, un observateur non initié supposait que l'objet de cette polémique était le sujet du livre "Jan Karski"

La forme paradoxale des trois parties ( la description du témoignage de Jan Karski dans le film Shoah, la recension du roman de Karski de 1944 "story of a secret state", la fiction basée sur la vie de Jan Karski écrit par Yannick Haenel) ne semblait pas justifier la colère de Claude Lanzmann et de certains historiens.

C'est une relecture du livre, au vu de l'article de Claude Lanzmann, qui permet d'éclairer le champ de la polémique et son importance pour la rupture idéologique provoquée par cet ouvrage.

Car le problème posé n'est pas le film Shoah, ni le témoignage de Jan Karski.

Et Claude Lanzmann le sait bien et se garde bien d'aborder le sujet.

Yannick Haenel lance son trait en quelques lignes dans la troisième partie page 173.

" Le jour où j'ai entendu la phrase de Sartre " tout anticommuniste est un chien ", j'ai eu envie de vomir. Je me suis demandé si , pour Sartre et pour la bonne conscience occidentale, les insurgés de Varsovie étaient des chiens; et si moi, malgré tout mes efforts pour venir en aide à des hommes et des femmes qu'on massacrait , je n'étais pas un chien. Et bien sur, les gens comme Sartre savent et ont toujours su ce qu'est la dignité : aucun risque qu'ils soient des chiens: aucun risque qu'ils aient honte de prononcer de telles phrases. C'est pourquoi les polonais , ceux que j'appelle des polonais, et qui peut être ne sont pas forcement liés à ce pays, sont tellement minoritaires ."

Yannick Haenel parle bien entendu de l'insurrection de Varsovie de septembre 1944 et rappelle les intellectuels au passé de leur illusion.

Rien ne sera plus comme avant dans le paysage intellectuel français et ce ne sont pas les invectives dignes des meilleurs numéros des temps modernes qui n'y pourront rien changer . Le crédit de Claude Lanzmann est largement entamé.

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