Hollande à droite toute, au mépris de la démocratie et de tout droit.
Des intellectuels connus qui optent pour la censure d'un livre ou, peut-être plus gravement encore, pour une édition élitiste qui fasse fuir le grand public.
De Gaulle avait Vedel, Mitterrand Badinter. Hollande, lui, fait d'abord de la politique, et laisse les juristes se débrouiller pour gérer les conséquences. Depuis longtemps il mise, pour sauvegarder ses chances de réélection, sur la conversion du patron de la gauche en chef de guerre donnant des gages à la droite. Il récupère le vieux thème sarko-lepéniste anti-immigrés de la déchéance de nationalité dans son discours solennel devant le congrès, puis semble tout étonné de l'imbroglio juridique ainsi créé, mais s'obstine. Les médias il est vrai lui viennent en aide en prétendant que "les sondages" montrent que l'opinion le suit à 90 %. Les questions sur la fabrication d'un tel chiffre se font rares. N'aurait-on pas simplement demandé : "des individus qui servent le camp adverse dans une guerre méritent-ils d'être français" ? auquel cas 10 % de gens flairant l'arnaque, ce n'est pas un résultat désespérant du tout.
Sur Mein Kampf, France Info publie une tribune de Nicolas Patin http://www.francetvinfo.fr/.../tribune-reedition-de-mein...
dont j'extrais ceci :
" il faut désacraliser un texte que le régime nazi a érigé en mythe et que son interdiction, après 1945, n’a pas contribué à éclairer, bien au contraire. (...)
Reste la proposition d’un collectif d’historiens de publier le livre, mais en ligne, pour éviter la fétichisation de l’objet. Cette objection reste crédible, mais d’une part, elle exclut de la lecture tous ceux qui ne souhaitent pas lire un ouvrage de 750 pages sur un écran et elle contribue, une fois de plus, à faire de Mein Kampf un livre qui nécessiterait un traitement particulier, alors que l’objectif d’une publication papier, critique et scientifique, est justement de le démystifier."
Allons bon ! Si Patin se désolidarise prudemment de la proposition furieusement élitiste d'une édition rébarbative sur Internet, c'est en plaidant qu'il faudrait faire connaître Mein Kampf pour convaincre les gens qu'il ne vaut pas la lecture ! "Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?"
Est-il si difficile de dire que le manifeste d'un gouvernement qui a fait autant de dégâts doit être lu comme un texte important, éclos au coeur d'une crise majeure de la démocratie et précieux à connaître pour quiconque entend défendre ce régime ?
Rappelons le mot profond du facétieux Churchill : "La démocratie est le pire des systèmes... à l'exception de tous les autres."