Ce film bien ficelé, rythmé par des interventions d'historiens (principalement Le Naour, Chapoutot, Patin, Dendooven, Le Maner et Thomas Weber) est d'un intérêt assez pauvre, doublé d'une tromperie.
Il s'agit essentiellement de contredire le récit de Mein Kampf sur le comportement d'Hitler pendant la Première Guerre mondiale.
Un sujet largement défriché par Thomas Weber dans son livre de 2010 https://journals.openedition.org/diasporas/3132 , auquel le film ajoute peu de nouveautés.
L'escroquerie réside dans une affirmation, martelée à la fois par le récitant et par J. Chapoutot : "les historiens" antérieurs à cette génération auraient "gobé" (sic) le récit canonique et admis que le comportement d'Hitler avait été héroïque. Or dès les années 1930 ses exploits avaient été revus à la baisse et la propagande nazie elle-même obligée de corriger le tir, en reconnaissant par exemple que le futur Führer avait été estafette et non soldat dans les tranchées.
L'apport de Weber sur ce point a consisté en une distinction entre deux fonctions : les estafettes régimentaires, moins exposées (et toutes survivantes dans le régiment List) et les estafettes de bataillon, quj s'approchaient plus près du feu et prenaient plus de risques. D'autre part, l'historien d'Aberdeen a démenti que le régiment List ait été une unité spécialement patriote, expliquant la conversion du peintre contrarié en un politicien extrémiste. Mais cela, Hitler ne le dit pas dans Mein Kampf. C'est plutôt un livre de 2005, le premier sur le régiment List, qui l'affirme, et que Weber dément de façon convaincante.
On lit par exemple dans la bio d'Hitler par Joachim Fest (1973) que le récit d'Hitler dans MK "ne résiste pas à un examen détaillé" (édition française, t. 1, p. 70).