Charb-lie-Hebdo : le droit sacré d'être un abruti

Quelle confusion depuis vingt-quatre heures !

Alors que les apprentis sorciers du "choc des civilisations" ont réussi, par le biais d'une vidéo d'un quart d'heure fabriquée aux Etats-Unis, à recréer une ambiance mondiale d'affrontement entre l'Islam et la chrétienté, voilà que l'hebdomadaire satirique, jadis anobli par le changement de son titre même sous la pression du pouvoir pompidolien Intériorisée place Beauveau (orthographe volontaire) par un nommé Marcellin en raison d'une première page au mauvais goût salubre ("Bal tragique à Colombey, un mort" ne risquait guère de nuire à la mémoire du défunt mais soulignait opportunément le prompt oubli, pour cause de gaullien décès, des dizaines de victimes brûlées vives dans un dancing  de Saint-Laurent du Pont dont la construction avait défié toutes les normes),

voilà dis-je que Charlie-hebdo se ravale au rang d'une feuille de chou lepéniste en enfonçant son clou islamophobe devenu peu comiquement répétitif.

"La liberté d'expression est sacrée"', éructent des tartuffes bien répartis sur presque toutes les cases de l'échiquier politique. Sur ce point étroit ils ont raison et si Valls retrouvait d'aventure les traces de Marcellin il faudrait scander l'exigence de sa démission. Cela dit, il reste tant à dire ! et de plus important.

La défense des libertés quelles qu'elles soient présuppose de ne pas  tendre à leurs ennemis trop de verges pour se faire battre. En l'occurrence, et sans vouloir commander le rédacteur en chef, quel courage y a-t-il à insulter le prophète d'une religion minoritaire ? "Ce journal a toujours bouffé du curé, il faut bien que les mululmans s'y fassent", disent les tartuffes. Chiche ! A mon voisin mahométan qui me demande si CH a récemment infligé à Jésus-Christ les mêmes humiliations graphiques, que puis-je répondre ?

Merci à tout un chacun de publier ci-après des dessins de même calibre, parus dans ce journal depuis, disons, la première affaire des caricatures, en 2005.

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