La France n’accède pas à la demande du Congo d’extradition des complices de MOKOKO

thumbnail-3

Le procès en cours à la cour d’appel de Brazzaville sur l’affaire Jean Marie Michel MOKOKO concerne également des ressortissants français.  La justice congolaise, à leur endroit, a décerné des mandats d’arrêts internationaux et écrit à la France pour la remise à la cour d’appel des complices de Jean Marie Michel MOKOKO. Mais, la France a cru bon d’opposer une fin de non-recevoir à cette requête, protégeant ainsi ses fils.

Accusé d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat et de détention illégale d’armes et munitions de guerre, Jean Marie Michel Mokoko ne devait pas comparaître seul. Il y a huit autres accusés dans ce dossier, inculpés eux aussi pour atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat. Parmi ces présumés comploteurs, il y a un certain Gilbert Moudilou, de nationalité congolaise qui est placé sous contrôle judiciaire, selon le dossier d’accusation.

Mais, il y a aussi et surtout les trois français : Sylvain Maier, avocat dont le bureau a servi de cadre au tournage de la vidéo, devant  Jean-Paul Ney, journaliste et Jean-François Casé. Selon l’acte d’accusation, ces trois derniers coaccusés se seraient positionnés à Libreville pendant la présidentielle congolaise de 2016. L’accusation cite également dans la procédure :Stéphane Ravion, Eric Berardenco et Jean Fayol, d’autres sujets Français, pour lesquels la justice congolaise a formellement et officiellement demandé par écrit qu’ils lui soient livrés.

C’était sans compter sur le protectionnisme français : « … les autorités requérantes indiquent que les trois personnes seraient de nationalité française. Par conséquent, il ne peut être donné suite à ces mandats ». Ainsi, s’exprime le ministère français des affaires étrangères en réponse à la demande de la justice congolaise. En clair, parce qu’ils sont français, la France ne peut pas les livrer, même s’ils sont suspectés d’avoir préparé une boucherie humaine au Congo. 

Comment douter, dans ces conditions, que le coup de force que préparait Jean Marie Michel Mokoko avait la bénédiction de certaines puissances étrangères qui étaient prêtes à participer aux opérations militaires. Et la France, l’autre France qui protège ses citoyens dangereux pour les uns et terroristes pour les autres n’est pas loin d’appartenir à ce cercle.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.