Congo: Ngoyo est une zone industrielle en devenir dixit Y. Ketta-MBANGUYD, son maire

img-1442-224x300

L’arrondissement 6 Ngoyo, dernier né des entités administratives déconcentrées, est la plus vastes de Pointe-Noire de par son agglomération. L’arrondissement n°6, Ngoyo s’étend sur  de 70.309 km². Il est plus grand que Mvou-Mvou, Tié-Tié, voire Mongo-Mpoukou. Il regorge d’énormes potentialités, pouvant faire de lui une destination touristique pour tout tour-opérateur. Des atouts naturels, qui, une fois viabilité, pourront participer à  la dynamique de diversification de l’économie congolaise. A la tête de cette localité de la ville océane, Mme Yolande Ketta-Mbanguyd, administrateur maire, en application des orientations de la tutelle, ainsi que celles contenues dans le message de vœux du président de la République, entend ménager aucun effort pour mobiliser les énergies en faveur de la modernisation et le développement de cet arrondissement. Dans l’entretien, ci-après, elle s’en explique.

Madame l’administrateur Maire de Ngoyo, nous sommes au seuil de l’année 2017, comme de coutume permettez que nous vous présentions les vœux les meilleurs pour cette année. Depuis que Ngoyo a été créé comme arrondissement, au stade actuel, quel est le point que vous pouvez faire de son fonctionnement et de son organisation administrative ?

Yolande Ketta-Mbanguyd : Merci d’avoir accordé une attention particulière à notre arrondissement. Généralement les nouveaux ou les derniers nés sont toujours relégués au second plan. Et quand vous partez de Brazzaville pour s’intéresser à NGoyo, cela veut dire qu’on existe et que nous ne sommes pas oubliés. En tout cas merci !

Je vais profiter donc de votre passage, pour parler de mon arrondissement. A la question que vous me posiez, je dirai que, l’immensité territoriale de l’arrondissement 3 Tié-Tié, avant 2011 avait exigé la nécessité d’éclater l’arrondissement 3 Tié-Tié. Avec ses 29 quartiers, Tié tié posait d’énormes problèmes de gestion des hommes. Il a fallu créer cet arrondissement qui est la 6ème circonscription administrative de Pointe-Noire (actuelle), qu’est Ngoyo, avec une superficie de 70.309m2.

Il est plus grand que Mvou-Mvou, Tié-Tié, voire Mongo-Mpoukou. Puisqu’il paraissait urgent de créer l’arrondissement 6 Ngoyo, le gouvernement de la République et le législateur ont jugé nécessaire de scinder l’arrondissement 3 Tié-Tié en deux, pour que Tié-Tié survive et Ngoyo devienne aussi un arrondissement à part entière. Cette entité administrative, Ngoyo, ainsi créée, a rendu possible, actuellement, une bonne gestion de cette partie de la ville de Pointe-Noire.

Je pense que les effets induits se font voir. Parce que, de plus en plus, l’arrondissement 6 devient prisé. Beaucoup du monde vient acheter des parcelles de terrains et construit. Ngoyo qui sort des cendres d’un village, il devient une cité urbaine, grâce à ce découpage.

Ngoyo qui devient une entité administrative, compte combien de quartier, Madame l’Administrateur Maire ?

YK Ngoyo a dix (10) quartiers. Ces quartiers méritent encore d’être découpés. A titre illustratif,  le CQ 602 qui fait frontière, part de Côte Matev, jusqu’à l’entrée de Ngoyo, vers le pont, toute cette étendue fait un seul quartier. Il est difficile  de pourvoir gérer toute cette zone en un seul quartier. Nous prenons aussi la partie de Tchibamouka, que mes administrés ont dénommé la Chine populaire, parce qu’il est un très grand quartier. Que le président du quartier, seul, ne peut pas gérer. Comme je l’ai dit plus haut, c’était un ancien découpage, je pense que l’administration du territoire, dans les  jours avenirs devrait regarder comment l’on peut aller vers un nouveau découpage, qui certainement augmenterait le nombre de quartiers dans l’arrondissement 6 Ngoyo. Mais sinon, succinctement, en ce moment  il y en a dix, dont deux sont vraiment immenses.

Vous avez la gestion administrative de cet arrondissement. Quels sont les atouts que présente l’arrondissement et les défis à relever ?

YK Je ne parlerai pas d’atouts comme vous les voyez. Je parlerai de Ngoyo en atouts naturels, parce que c’est cela qui donne sens et vie à Ngoyo. Ngoyo  est un arrondissement qui a un très bon relief, et une très bonne végétation ; il a une couverture végétale arrosée de rivières, d’un lac et de littorale. Avec une bonne démographie, il est une zone industrielle en devenir. Puisqu’il n’y a pas mal d’industrie à Ngoyo. Les atouts que Ngoyo offre, peuvent permettre dans l’avenir  le développement d’autres zones industrielles, surtout sur le site du « Lac Nanga. »

Nous avons trouvé déjà ce terrain, le lac Nanga, qui est magnifique, qui a des atouts naturels que nous pouvions exploiter, mais malheureusement inexploité à ces jours. C’est pour cela qu’au mois de Novembre 2016, nous avons reçu dans notre arrondissement Madame le Ministre du Tourisme et loisirs, Alette Soudan Nonault qui est passée visiter le Lac Nanga, qui est un bon Lac avec un beau potentiel visuel  et qui contient beaucoup de poisons. J’avais retenu de la visite de madame le ministre de ce qu’elle veut faire de Nanga. Il en découle que dans les prochains jours, nous allons recevoir des techniciens  marocains qui arriveront au Congo pour  visiter le Lac Nanga. Cette visite des marocains aura le mérite de sortir un projet touristique qui pourra faire parler de notre pays, en mettant en valeur tout ce relief naturel que je vous ai parlé tout à l’heure.

Je souhaite vivement que le gouvernement de la République la soutienne, pour qu’elle puisse mettre en œuvre tous les projets qu’elle pense développer dans notre arrondissement. Du côté littoral, nous avons donc la mer, l’océan atlantique qui pourra servir de site baleinier où on peut développer autant de projets. L’engagement de madame le ministre à faire de la promotion touristique de notre pays, pourra inciter et intéresser les investisseurs étrangers.  Les interssés peuvent suivre ce qu’elle poste comme information sur sa page facebok, et autres canaux de communications du ministère, afin de penser venir investir dans le secteur touristique dans notre pays. Et je suis sûre, la cible sera Ngoyo !

Donc je tire cette attention de mon côté, parce que j’ai le fleuve, le Lac Nanga, j’ai le littoral derrière nous. Je pense que celà pourra nous ouvrir les grandes portes, pour développer le tourisme au Congo et surtout développer l’arrondissement 6 Ngoyo, par certaines infrastructures qui pourront faire parler de nous.

Madame, nous avons retenu que Ngoyo dispose d’autant de rivières. Est-ce qu’il n’y aurait pas une politique qu’on peut mener autour de ces rivières pour finalement apporter une valeur ajoutée ?

YK Pourquoi pas. On peut mettre une politique autour de ces rivières. Puisque, ce sont des rivières qui sont vierges, qui n’ont jamais subi un traitement industriel. S’il n’y avait pas cette période difficile de crise économique, on allait soumettre à notre hiérarchie quelques idées ; pour qu’on bénéficie certainement d’un financement quelconque pouvant nous permettre de développer des points attractifs dédié à l’arrondissement lui-même, sans pourtant faire appel à l’action touristique qu’entend promouvoir madame le ministre Arlette Soudan Nonault. En effet, l’arrondissement pourrait créer des attractions pour essayer d’éviter que les enfants se retrouvent dans les vidéos-club, dans les débits de boissons ; en créant de groupes de pêcheurs et faire de concours de pêcheurs. Mais il faut vraiment aménager cela, et cela pourrait apporter une attraction de plus pour les enfants de l’arrondissement qui aime le foot. On peut, donc, créer une coupe de pêcheurs de l’arrondissement. Ce sont de projets que nous avions en sourdine, mais bon… ! La période est difficile.

Nous avons parlé d’atouts que regorge votre entité administrative. Mais il est vrai que les atouts vont toujours avec des faiblesses, alors quelles sont les faiblesses que l’on peut relever et sur lesquelles vous travaillez davantage pour une meilleur visibilité  de votre arrondissement ?

YK : Merci ! Je pense que ce  point est  le plus important. Cette faiblesse est le fait que cet arrondissement est vraiment enclavé, un arrondissement qui  n’a que deux routes. Il est desservi par la nationale 4 sur laquelle nous sommes, c’est-à-dire sur laquelle est érigé le siège de l’arrondissement, et l’avenue de l’indépendance prolongée qui fait frontière avec Tié-Tié. Ce ne sont que ces deux routes qui desservent Ngoyo. Quand ces routes sont bouchées, lorsqu’ on y rentre on ne peut plus en ressortir. Et c’est le plus grand problème que nous avons dans cet arrondissement. D’où la nécessité de construire la route du littoral, qui est prévue depuis quelques années. Une route qui partira de la Côte Sauvage pour sorti vers Nvassa. Le Gouvernement de la République pourrait étudier l’éventualité de construire une autre route qui partira des zones de Nvassa pour ressortir vers  l’avenue  Thystère, afin de rallier l’autre côté de Nanga et aller vers l’avenue Thystère, pour déboucher du côté de Mont-kamba ; ce sera vraiment la boucle. Je ne suis pas technicienne, mais le souhait est que la localité soit davantage accessible. Du côté de l’avenue de l’indépendance à Tié-Tié, en passant par l’hôpital général de Mpaka et le littoral qui est déjà en projet et dont les études ont été réalisées depuis 2014, un autre axe, pour rendre fluide la circulation. Je suis optimiste que tous les projets seront réalisés un jour et que Ngoyo sera désenclavé. Avec cette affluence qu’il y a en ce moment à Ngoyo, où les constructions de belles maisons ne font que pousser, c’est sûr qu’avec une facilité de mobilité, on pourra dire que Ngoyo est un  grand arrondissement dans les prochains jours.

L’actualité 2017, c’est aussi le message de vœux  que le Président de la République a adressé aux Congolais, dans lequel on décèle un tryptique : rigueur, vérité et travail. Au niveau de l’arrondissement 6 Ngoyo, qu’est-ce cela représente à votre entendement?

YK : Le Président de la République a sorti ces trois mots dans son discours, il a dit la vérité aux congolais. Et que cette vérité, moi, je l’ai condensé dans ce que je vais vous dire, rigueur oui ! Et ce n’est que dans le travail de tous les jours que nous devrions rigoureusement, et courageusement affronter les difficultés que présage l’année 2017. Lesquelles difficultés nous imposent  de les surmonter, afin que nous puissions sortir de la crise, la tête haute ou grandi par le travail acharné, et toujours le travail. Avec abnégation et amour que nous pourrions  sortir de cette crise, la tête haute. Les congolais que nous sommes, avions pris chaudement ces mots, on les répète même comme un slogan. Mais nous allons nous atteler à les  faire mettre en pratique. Ce qu’eux appellent un slogan, nous ferons que les gestes qui accompagnent le slogan soit les gestes de citoyenneté, qui vont permettre à ce que les congolais réalisent que le Président de la République a été front dans son discours pour motiver les forces vives de la nation à aller vers ce combat qui est un combat lié à la crise, afin que nous puissions relever les défis . Et ce n’est pas le Président de la République seul qui devrait relever le défi. Mais par tous les encouragements qu’il a adressé au gouvernement de la République et toutes les notices qui ont été faites sur le travail,  nous qui sommes  les relais, puissions mettre ces dispositions entre les mains des citoyens que nous gérons au quotidien. Leur rappeler que ce n’est que dans le travail qu’on est affranchi.

Auriez-vous un mot de fin ?

YK : C’est de dire, que nous sommes conscients que nous sommes dans la période de crise, et que cette crise est mondiale. Mais, nous à Ngoyo, malgré la crise, demandons  au gouvernement à travers le Premier Ministre, d’avoir une attention toute particulière sur l’arrondissement en chantier. Le siège de l’arrondissement 6 Ngoyo est resté inachevé ; la crise y est, c’est vrai, un tout petit effort pour que nous puissions donner de la valeur à la République en lui donnant sa structure de gestion. Et c’est le cri de cœur des citoyens de Ngoyo. Parce qu’ils le disent tous les jours haut et fort. A la faveur de votre tribune, j’ai l’honneur de relayer ce cri de cœur des citoyens, qu’eux-mêmes avaient déjà adressé au Président de la République lors de son passage à Pointe-Noire.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.