CEMAC/Economie : La digitalisation pour sortir de la fragilité

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La 19ème édition du rapport Africa’s Pulsepubliée, ce lundi 8 avril 2019, à Washington, par les experts de la Banque Mondiale, revoit à la baisse la croissance des pays d’Afrique subsaharienne, à 2,3 % en 2018, contre 2,5 % en 2017. Elle table sur la fragilité de ces économie, avec comme solution de sortie de cet état de fait, la digitalisation.

Au cours d’une visio-conférence, l’économiste en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique, Albert Zeufack, assisté de l’économiste principal de la Banque Mondiale pour l’Afrique, Gerard Kambou, a présenté la part indispensable que peut apporter la « Révolution numérique » pour redynamiser le continent. « La transformation numérique peut apporter à l’Afrique subsaharienne une hausse annuelle de la croissance de pratiquement deux points de pourcentage et permettre un recul de la pauvreté de quasiment  un point de pourcentage par an. » fait observer l’économiste en chef de la Banque Mondiale pour l’Afrique, Albert Zeufack.

Dans la perspective du règlement du souci de la fragilité des économies des pays d’Afrique au Sud du Sahara, ce rapport semestriel propose quatre axes, qui paraissent comme passage obligé pour que la digitalisation soit un fait vécu. Le premier axe est la construction de l’infrastructure digitale. Il est question d’assurer à chaque personne un accès à internet haut débit, tel que préconiser par l’agenda 2030 des Nations Unies sur les Objectifs du Développement Durable (ODD). Le deuxième axe, par ailleurs, recommande l’investissement dans les compétences digitales. Une manière de faire de tout le monde des férus du net et de rendre disponibles des contenus à mettre dans les infrastructures digitales construites en amont.

La troisième phase est la mise au point des plates formes digitales. Ce stade permettra de mieux intégrer ces économies africaines et de bien gérer les finances. Le dernier axe, c’est bien la mise en place des cadres réglementaires, ayant pour objectif l’éclosion de la révolution digitale. Il est, donc, question de produire une législation qui fera que les couts d’accès aux services digitaux soient réduits.

Autant dire, à la lumière des réponses des experts de la Banque mondiale aux questions des journalistes, il ressort que ce rapport semestriel de la Banque mondiale consacré à la conjoncture économique africaine fait un lien entre la fragilité et le digital. La solution de la digitalisation, bien exploitée, pourrait accroitre la productivité dans plusieurs secteurs de la vie d’un Etat, tels l’agriculture, la manufacture, l’industrie…La digitalisation devrait être perçue comme une clef pouvant accroitre la productivité, booster l’économie et réduire la pauvreté. D’où la conclusion selon laquelle la digitalisation « C’est une révolution qui changera véritablement la donne en Afrique. »

Si certains pays d’Afrique ont réalisé des performances dans la croissance de leurs économies, c’est le cas du Nigéria, avec une croissance de 1,9 % en 2018, en hausse par rapport à 2017 (0,8 %), de l’Afrique du Sud avec une croissance restée atone, à 0,8 %, de l’Angola, troisième économie de la région, dont l’activité étant plombée par la faiblesse persistante de la production pétrolière, d’autres pays africains ayant des économies moins tributaires des ressources naturelles, comme le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda ainsi que plusieurs pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, dont le Bénin et la Côte d’Ivoire, ont affiché de solides performances en 2018.

Ce rapport, en somme, préconise comme objet premier de servir les citoyens, de promouvoir la bonne gouvernance  et la démocratie. Seulement une chose parait transversale et indispensable, c’est bien de considérer que la « Révolution numérique » est un début de réponse à la fragilité des économies.

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