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Billet de blog 10 mars 2022

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Ukraine : 33 ONG dénoncent le racisme anti-noir

Malgré les démentis de l’Union Européenne, de nombreux témoignages, même de journaux français, révèlent des faits de racisme constatés en Ukraine, lors de l’évacuation des populations civiles ainsi qu’à leur arrivée à la frontière de la Pologne, souvent mis sur le dos de la guerre des Russes. En réaction, 33 ONG africaines et internationales affirment que même la guerre ne justifie pas le racisme.

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33 ONG DENONCENT LE RACISME ANTI-NOIR,

D’AUTRES PENSENT TIRER « PROFIT » D’UNE IMMIGRATION DE QUALITE !

Illustration 1
Madanïya.info, capture d'écran 2022.03.09-at-10-12

Le communiqué intitulé « STOP AU RACISME EN UKRAINE », daté du 2 mars 2022, à Genève, émanant de trente-trois O.N.G. africaines et internationales dénonce le racisme anti noir constaté en Ukraine à l’occasion de la guerre russo-ukrainienne.

Elles expriment leur « grave préoccupation face aux actes de traitement discriminatoire et inhumains que les ressortissants africains vivant ou résidant en Ukraine subissent suite à la guerre déclenchée depuis le 24 février ».

Les organisations utilisent de mots très forts « persécution », « xénophobie », « racisme » et « discrimination raciale » dont sont victimes les citoyens d’origine africaine de la part des autorités ukrainiennes pour empêcher leur évacuation, de même que par les autorités polonaises pour les empêcher d’entrer en Pologne. Elles dénoncent des pratiques « hideuses, xénophobes et discriminatoires relevant d’un autre âge. »

Rappelant l’article I de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui stipule : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. », ainsi que l’article 14.1 « devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays. » les ONG saluent la « prompte » réaction de l’Union Africaine par la voix de son président en exercice, Macky Sall et celle du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, « appelant  au respect du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire ».

Les organisations demandent « impérativement à l’Union Africaine, l’Union Européenne et aux Nations Unies de se saisir immédiatement de cette situation afin de garantir et assurer une protection adéquate à ces personnes en détresse. »

Au-delà de l’urgence à soulager le sort de milliers d’êtres humains en difficulté du seul fait de leur couleur de peau, l’appel de ces 33 ONG fait œuvre utile lorsqu’elle met en exergue ce que la guerre en Ukraine révèle de plus vil dans les comportements humains quelque soient les circonstances. Dans une situation de guerre, le seul sentiment humainement et moralement acceptable qui doit prévaloir à l’égard d’êtres humains qui souffrent dans leur chair, c’est la compassion. Et à l’exception de toute autre considération, par-dessus tout, l’acte d’humanité et de solidarité.

A travers les images qui ont circulé sur les réseaux sociaux, le monde a ainsi pu constater à propos de l’aide apportée aux premières victimes du conflit à savoir les populations vivant en Ukraine contraintes de fuir les zones de combat que la solidarité européenne est une solidarité à géométrie variable. Elle a dévoilé l’expression du vrai visage de certains pays d’Europe qui ont recouru à des critères raciaux discriminants pour refouler les ressortissants des pays d’Afrique[i]. Ainsi ces étudiants africains fuyant les combats, refoulés sans ménagements dans les gares en Ukraine, empêchés de monter dans les trains pour fuir les bombardements des troupes russes, tandis que d’autres personnes de couleur qui avaient réussi à partir, notamment des étudiants sud-africains, sont refoulés et repoussés à l’arrière des files d’attente à la frontière de la Pologne[ii]. Certains Africains ont même été violentés aux frontières et menacés avec des armes[iii]. En pareilles circonstances l’indignation est une réaction trop faible quand certains avec cynisme font le choix d’ajouter de la misère à la misère. Cela confirme malgré les démentis, que les politiques menées par les régimes polonais et ukrainien, sont bien comme on le dit fortement imprégnées par les idées racistes et xénophobes d’extrême-droite. Les « très chrétiens » responsables politiques polonais seraient inspirés de relire plus attentivement leurs classiques sur l’accueil des migrants[iv].

Dans la même veine comment apprécier en France, peut-être encore à tort, réputée « Patrie des Droits de l’Homme », les propos méprisants entendus dans la bouche d’un éminent responsable politique, président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale française, Jean Louis Bourlanges, expliquant très sérieusement au micro d’Europe1, pourquoi « il ne fallait pas craindre un flux migratoire dans le sens est-ouest » et vanter les mérites de l’immigration ukrainienne : « question : Faut-il Jean-Louis-Bourlanges que les pays d’Europe occidentale se préparent à l’accueil de réfugiés ukrainiens qui vont fuir le joug russe ? – réponse J.L Bourlanges : oui je crois qu’il y aura des mouvements, je ne sais pas de quelle ampleur, pour des raisons là aussi politiques très claires, c’est que monsieur Poutine aura intérêt à ce qu’il y ait des mouvements pour deux raisons, pour se débarrasser d’opposants potentiels dans son pays et s’ils sont à l’extérieur ils ne gêneront pas, et pour nous embarrasser nous-mêmes sachant que les flux migratoires exactement comme Loukachenko a fait – à la frontière de la Biélorussie et de la Pologne – c’est la même technique, donc on va avoir, et nos amis polonais s’apprêtent à recevoir des flots massifs, les hongrois…, en plus les hongrois c’est une situation compliquée parce qu’ils n’étaient pas en très, très, bons rapports avec les ukrainiens parce que les mesures anti-russophones sans doute excessives d’ailleurs prises par l’Ukraine se traduisaient par des mesures anti-hongarophones, il y a une minorité hongroise en Ukraine qui était un peu..., enfin Orban il est quand même très, très, clair sur la défense des droits culturels des minorités allogènes[v] question :  il faut prévoir si ce n’est craindre un flux migratoire – réponse J.L Bourlanges : Il faut le prévoir… ce sera sans doute une immigration de grande qualité en revanche, ce sont des intellectuels, pas seulement mais… on aura une immigration de grande qualité dont on pourra tirer profit.[vi]»

« Profit », le mot est lâché sans détour ! Ces gens portent le cynisme comme un étendard. Pourtant J.L Bourlanges est issu du Modem, formation européiste s’il en est, qui se revendique de la « Démocratie Chrétienne ». Lui aussi, comme ses amis polonais devrait être plus attentif au respect des textes sacrés sur l’accueil des migrants[vii].

Il est intéressant de noter l’habile glissement sémantique à propos des centaines de milliers de victimes collatérales de ces conflits selon les périodes et surtout selon la provenance.  Il transforme les « migrants » qui fuyant des zones combats meurtrières, arrivaient d’Irak, de Syrie ou d’Afghanistan[viii], en réfugiés selon qu’ils arrivent aujourd’hui d’Ukraine. Il y aurait donc les réfugiés « utiles » et d’autres moins. « Parce que culturellement trop différents ? Pas chrétiens ou pas Européens ?[ix] » Ce ne sont pourtant que des pauvres hères fuyant un quotidien devenu invivable et une situation dont ils ne sont pas responsables. Des femmes et des hommes, des êtres humains tout simplement.

Lorsqu’il évoque « les mesures anti-russophones sans doute excessives d’ailleurs prises par l’Ukraine se traduisaient par des mesures anti-hongarophones », J.L Bourlanges reconnait sans détour la dureté et la violence du régime politique ukrainien ce qui le rend dangereux à l’égard les cultures non ukrainiennes !  Cela confirme tout le mal que les opposants disent du régime ukrainien et permet de rappeler les milliers de victimes de cette violence politique. Un rapport de mars 2020 du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) consacré à la situation en Ukraine, en détaille le nombre : « Le HCDH estime le nombre total de victimes liées au conflit en Ukraine (du 14 avril 2014 au 15 février 2020) à 41.000-44.000 : 13 000-13 200 tués (au moins 3.350 civils, environ 4.100 forces armées ukrainiennes et environ 5.650 membres de groupes armés) ; et 29 000-31 000 blessés (environ 7.000 à 9.000 civils, 9.500 à 10.500 forces ukrainiennes et 12.500 à 13.500 membres de groupes armés groupes).[x]»

Nonobstant l’admirable élan solidarité très active initié par beaucoup de citoyens ordinaires n’écoutant que leur cœur et leur humanité, il semble que dans les temps actuels, l’humanisme est un sentiment assez rare chez les dirigeants qui gravitent dans le cercle très fermé de l’oligarchie. La même remarque vaut pour nombre de « commentateurs et éditorialistes de renom qui se sont paresseusement laissés aller à ces raccourcis conscient ou inconscient depuis le déclenchement du conflit le 24 février 2022.[xi]»

Ce qui donne un relief particulier à l’initiative des 33 ONG et à leur demande d’intervention concrète à l’adresse de l’Union Africaine, de l’Union Européenne et des Nations Unies.

***

Communiqué de presse[xii]Stop au racisme en Ukraine !

Nous, organisations de la société civile exprimons notre grave préoccupation face aux actes de traitement discriminatoire et inhumains que les ressortissants africains vivant ou résidant en Ukraine subissent suite à la guerre déclenchée depuis le 24 février.

En effet, il convient de relever que plusieurs citoyens d’origine africaine sont confrontés à la persécution, à la xénophobie, au racisme, à la discrimination raciale de la part des autorités ukrainiennes.

Selon les informations parvenues à nos organisations ainsi que des témoignages recueillis auprès de victimes, la police ukrainienne empêcherait l’évacuation des ressortissants d’origine africaine. A cela s’ajoutent les actes xénophobes orchestrés par les autorités polonaises qui procèdent de manière sélective à l’autorisation d’entrée des personnes fuyant la guerre sur des critères liés à leur couleur de peau. C’est ainsi que plusieurs citoyens africains sont retenus à la frontière Ukraine-polonaise.

« A cet effet, nos organisations rappellent l’Article I de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui stipule : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Nous tenons également à souligner l’Article 14.1 de la DUDH « devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays. »

Nos organisations saluent la prompte réaction du Président en exercice de l’Union Africaine (Macky Sall) ainsi que le Président de la Commission de l’Union Africaine (Moussa Faki Mahamat) appelant au respect du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

Devant les risques d’aggravation de cette guerre et ses conséquences dévastatrices pour les populations civiles et plus largement en Afrique.

Devant les risques d’aggravation de cette guerre et ses conséquences dévastatrices pour les populations civiles et plus largement en Afrique.

Nous

- Dénonçons ces pratiques hideuses, xénophobes et discriminatoires relevant d’un autre âge ;

- Condamnons fermement ces atteintes contraires aux droits humains et aux principes du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

Devant cette montée fulgurante de la haine raciale dans le monde il est urgent que tous les pays respectent et mettent en application la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale ainsi que le programme et plan d’action de la Conférence Mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie qui y est associée. (Durban en Afrique du Sud, du 31 août au 8 septembre 2001).

Nous

- Demandons impérativement à l’Union Africaine, l’Union Européenne et aux Nations Unies de se saisir immédiatement de cette situation afin de garantir et assurer une protection adéquate à ces personnes en détresse.

Fait à Genève le 02 Mars 2022

Signataires:

  1. Africa Centre for Democracy and Human Rights Studies (ACDHS)
  2. Afrika Jom Center
  3. Association Panafrica
  4. Comité pour les 50 Ans de l’Union Africaine
  5. Africa Cominter
  6. Bangwe et Dialogue/ONG
  7. Centre du Commerce International pour le Développement (CECIDE)
  8. Centre International de Lutte Contre le Terrorisme (CILT)
  9. Conseil Mondial de la Diaspora Panafricaine (CMDP)
  10. Coordination des Associations de la Société Civile pour la Défense des Droits de

l'homme (CASCIDHO

  1. Coopera Sweden Association
  2. Forum de la Radiotélévision des Droits de l’Homme (FRTDH)
  3. Espace Afrique International
  4. Forum de Dialogue Interreligieux et Interculturel (FICIR)
  5. Guinée Développement (GUIDE)
  6. Health and Environment Program (HEP)
  7. Himalyan Research and Cultural Foundation
  8. Interfaith International
  9. Mouvement International Pour les Réparations (MIR)
  10. Nord Sud XXI
  11. Organisation de l’Unité Syndicale Africaine (OUSA)
  12. Omar El Mokhtar Institute for Human Rights,
  13. Organisation pour la Communication en Afrique et de Promotion de la Coopération

Internationale (OCAPROCE)

  1. Pan-African Forum on Rights and Development
  2. Rencontre Africaine Pour le Défense des Droits de l’Homme (RADDHO)
  3. Réseau de Formation, de Recherche et d’Action sur les Migrations Africaines

(REFORMAF)

  1. Réseau de la Commission Indépendante des Droits de l’homme pour l’Afrique du

Nord

  1. Rwanda Woman Network
  2. Sudan Documentation Centre
  3. Switzerland Tamil Action Group (STAG)
  4. Tamil Centre For Human Rights (TCHR)
  5. Université Populaire Africaine (UPAF)
  6. Union Inter-Africaine des Droits de l’Homme (UIDH)

Contact : +41 76 467 98 66

SUR LE MÊME SUJET :

La Voix du Nord : « Racisme : l’exode des réfugiés ukrainiens n’est pas le même si on a la peau noire ou foncée La Voix du Nord » https://www.lavoixdunord.fr/1148071/article/2022-03-04/racisme-l-exode-des-refugies-ukrainiens-n-est-pas-le-meme-si-la-peau-noire-ou

Elle.fr : « Ukraine des citoyens africains en fuite dénoncent le racisme dont ils sont victimes. » https://www.elle.fr/Societe/News/Ukraine-des-citoyens-africains-en-fuite-denoncent-le-racisme-dont-ils-sont-victimes-4001250

Huffingtonpost : « Accusations de racisme contre des réfugiés en Ukraine : l'exécutif reconnaît des mauvais traitements » https://www.huffingtonpost.fr/entry/racisme-refugies-ukraine-reconnait-des-mauvais-traitements_fr_621f350be4b0783a8f08bb85

Euronews : « Ukraine : les étudiants africains confrontés au racisme et à la discrimination à la frontière » https://fr.euronews.com/2022/03/06/ukraine-les-etudiants-africains-confrontes-au-racisme-et-a-la-discrimination-a-la-frontier

Nice Matin : « L'Union européenne dénonce "la propagande russe" après les prétendues difficultés des étudiants africains pour quitter l'Ukraine » https://www.nicematin.com/conflits/lunion-europeenne-denonce-la-propagande-russe-apres-les-pretendues-difficultes-des-etudiants-africains-pour-quitter-lukraine-751173

NOTES

[i] France Info (2022). « Racisme à la frontière polonaise : Ils nous ont frappés en disant : partez !” ». In www.francetvinifo.fr. 1er mars 2022, accédé le 4 mars 2022. Voir : https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/video-racisme-a-la-frontiere-polonaise-ils-nous-ont-frappes-en-disant-partez_4987680.html

[ii] Réaux A. (2022). « Les autorités faisaient le tri : à la frontière ukrainienne, des réfugiés africains victimes de discriminations ». In www.la-croix.com. 1er mars 2022, accédé le 4 mars 2022, voir : https://www.la-croix.com/Monde/autorites-faisaient-tri-frontiere-ukrainienne-refugies-Africains-victimes-discriminations-2022-03-01-1201202733

[iii] Carretero L. (2022). https://www.infomigrants.net/fr/author/leslie carretero/« Guerre en Ukraine : des Africains empêchés de traverser la frontière polonaise », infomigrants.net, 28 février 2022, Accédé le 4 mars 2022. Voir https://www.infomigrants.net/fr/post/38832/guerre-en-ukraine–des-africains-empeches-de-traverser-la-frontiere-polonaise

[iv] CAMPESE G., « La théologie et les migrations : la redécouverte d’une dimension structurelle de la foi chrétienne », Traduit de l’italien par  Luca Marin, Migrations Société 2012/1 (N° 139), pages 135 à 156

[v] Allogènes : « Se dit des peuples qui, vivant dans une nation, y sont minoritaires et qui, tout en conservant leur langue, leur culture, coexistent sans être acculturés par la nation qui les accueille ».

[vi] Europe 1, « Guerre en Ukraine : "On aura une immigration de grande qualité dont on pourra tirer profit" », Youtube, voir : https://www.youtube.com/watch?v=Xa36cjN6UeA, accédé le 9 mars 2022

[vii] Parmi les nombreux textes bibliques qui commandent de ne pas opprimer l’immigré mais plutôt de le protéger :  Exode 22, 20, Lévitique 19, 33-34, Esdras 9, 1-15, Hébreux 13, 10-14., Matthieu 15, 21-28, Actes des Apôtres 10, 1-43., Actes des Apôtres 1, 6-8., Jean 1, 1-18., Luc 2, 1-20., Luc 2, 41-50., Luc 9, 58., Luc 17, 11-19., Luc 19, 1-10., Matthieu 25, 31-46., Pierre 2, 11., Pierre 1, 17. …

[viii] Duong J et Teibi D., « Les Ukrainiens, ces réfugiés pas comme les autres », Là-bas si j’y suis, 4 mars 2022, https://la-bas.org/la-bas-magazine/chroniques/les-ukrainiens-ces-refugies-pas-comme-les-autres

[ix] Rédaction, « Ukraine : Trente-trois ONG dénoncent le racisme anti-noir », Madayïna, 4 mars 2022, voir : madaniya.info, https://www.madaniya.info/2022/03/04/ukraine-trente-trois-ong-denoncent-le-racisme-anti-noir/, accédé le 9 mars 2022

[x] ONU, Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights, Report on the human rights situation in Ukraine 16 November 2019 to 15 February 2020, 27 février 2020, page 8, voir: https://www.ohchr.org/Documents/Countries/UA/29thReportUkraine_EN.pdf, accede le 9 mars 2022.

[xi] Madayïna, 4 mars 2022, op. cité

[xii] Madayïna, 4 mars 2022, op. cité 

***

Communiqué de presse[xii]

Stop au racisme en Ukraine !

Nous, organisations de la société civile exprimons notre grave préoccupation face aux actes de traitement discriminatoire et inhumains que les ressortissants africains vivant ou résidant en Ukraine subissent suite à la guerre déclenchée depuis le 24 février.

En effet, il convient de relever que plusieurs citoyens d’origine africaine sont confrontés à la persécution, à la xénophobie, au racisme, à la discrimination raciale de la part des autorités ukrainiennes.

Selon les informations parvenues à nos organisations ainsi que des témoignages recueillis auprès de victimes, la police ukrainienne empêcherait l’évacuation des ressortissants d’origine africaine. A cela s’ajoutent les actes xénophobes orchestrés par les autorités polonaises qui procèdent de manière sélective à l’autorisation d’entrée des personnes fuyant la guerre sur des critères liés à leur couleur de peau. C’est ainsi que plusieurs citoyens africains sont retenus à la frontière Ukraine-polonaise.

« A cet effet, nos organisations rappellent l’Article I de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui stipule : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Nous tenons également à souligner l’Article 14.1 de la DUDH « devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays. »

Nos organisations saluent la prompte réaction du Président en exercice de l’Union Africaine (Macky Sall) ainsi que le Président de la Commission de l’Union Africaine (Moussa Faki Mahamat) appelant au respect du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

Devant les risques d’aggravation de cette guerre et ses conséquences dévastatrices pour les populations civiles et plus largement en Afrique.

Devant les risques d’aggravation de cette guerre et ses conséquences dévastatrices pour les populations civiles et plus largement en Afrique.

Nous

- Dénonçons ces pratiques hideuses, xénophobes et discriminatoires relevant d’un autre âge ;

- Condamnons fermement ces atteintes contraires aux droits humains et aux principes du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire.

Devant cette montée fulgurante de la haine raciale dans le monde il est urgent que tous les pays respectent et mettent en application la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale ainsi que le programme et plan d’action de la Conférence Mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie qui y est associée. (Durban en Afrique du Sud, du 31 août au 8 septembre 2001).

Nous

- Demandons impérativement à l’Union Africaine, l’Union Européenne et aux Nations Unies de se saisir immédiatement de cette situation afin de garantir et assurer une protection adéquate à ces personnes en détresse.

Fait à Genève le 02 Mars 2022

Signataires:

  1. Africa Centre for Democracy and Human Rights Studies (ACDHS)
  2. Afrika Jom Center
  3. Association Panafrica
  4. Comité pour les 50 Ans de l’Union Africaine
  5. Africa Cominter
  6. Bangwe et Dialogue/ONG
  7. Centre du Commerce International pour le Développement (CECIDE)
  8. Centre International de Lutte Contre le Terrorisme (CILT)
  9. Conseil Mondial de la Diaspora Panafricaine (CMDP)
  10. Coordination des Associations de la Société Civile pour la Défense des Droits de

l'homme (CASCIDHO

  1. Coopera Sweden Association
  2. Forum de la Radiotélévision des Droits de l’Homme (FRTDH)
  3. Espace Afrique International
  4. Forum de Dialogue Interreligieux et Interculturel (FICIR)
  5. Guinée Développement (GUIDE)
  6. Health and Environment Program (HEP)
  7. Himalyan Research and Cultural Foundation
  8. Interfaith International
  9. Mouvement International Pour les Réparations (MIR)
  10. Nord Sud XXI
  11. Organisation de l’Unité Syndicale Africaine (OUSA)
  12. Omar El Mokhtar Institute for Human Rights,
  13. Organisation pour la Communication en Afrique et de Promotion de la Coopération

Internationale (OCAPROCE)

  1. Pan-African Forum on Rights and Development
  2. Rencontre Africaine Pour le Défense des Droits de l’Homme (RADDHO)
  3. Réseau de Formation, de Recherche et d’Action sur les Migrations Africaines

(REFORMAF)

  1. Réseau de la Commission Indépendante des Droits de l’homme pour l’Afrique du

Nord

  1. Rwanda Woman Network
  2. Sudan Documentation Centre
  3. Switzerland Tamil Action Group (STAG)
  4. Tamil Centre For Human Rights (TCHR)
  5. Université Populaire Africaine (UPAF)
  6. Union Inter-Africaine des Droits de l’Homme (UIDH)

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Illustration 2
Stop au racisme anti-noir en Ukraine p.1
Illustration 3
Stop au racisme anti-noir en Ukraine p.2
Illustration 4
Stop au racisme anti-noir en Ukraine p.3

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