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Billet de blog 11 janvier 2026

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TOGO- SAVANES : Quand les carences de l’État contraignent la jeunesse à l’exode !

Rabiou ALASSANI, conseiller municipal de la commune de Kpendjal 2 Borgou, s’adresse au gouvernement du Togo, lui rappelle ses manquements et le met en face de ses responsabilités. Le désarroi des populations de la région des Savanes est palpable. L'auteur aurait pu évoquer les problèmes sécuritaires engendrés par le terrorisme qui frappe la région. En fait, les causes de l’exode sont multiples.

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Illustration 1
Togo, Marché à Dapaong, chef-lieu de la Région des Savanes, la plus septentrionale du pays

À l’attention du Gouvernement togolais,

Par Rabiou ALASSANI, conseiller municipal KPENDJAL 2 BORGOU) 

La région des Savanes est aujourd’hui confrontée à une réalité grave que l’on ne peut plus ignorer : le départ massif de nos jeunes vers des pays voisins pour pratiquer l’orpaillage artisanal (galamssé). Ce phénomène n’est ni un hasard ni un simple choix individuel. Il est la conséquence directe de défaillances structurelles persistantes dans la gestion des secteurs clés que sont l’agriculture, l’emploi des jeunes et l’éducation.

Il est important d’être clair : si les jeunes de la région des Savanes quittent le Togo pour risquer leur vie dans des mines artisanales à l’étranger, c’est parce qu’ils n’ont plus d’espoir localement.

Nos agriculteurs, pourtant piliers de l’économie nationale, sont abandonnés :

  • absence réelle d’accompagnement financier et matériel ;
  • manque de mécanisation et de soutien durable ;
  • et surtout retard inacceptable dans le paiement du riz paddy acheté par l’État togolais auprès des producteurs de la région des Savanes.

Ces retards de paiement plongent les familles rurales dans l’endettement, détruisent la confiance envers l’État et poussent les jeunes vers l’exil économique. C’est une réalité que le gouvernement doit assumer.

La situation devient encore plus préoccupante lorsque des enseignants vacataires, mal rémunérés et sans perspectives, abandonnent les salles de classe pour rejoindre ces sites d’orpaillage à l’étranger.

Quand un enseignant préfère l’orpaillage à l’école, cela signifie que le système est en crise profonde.

Le gouvernement doit entendre ce message sans complaisance :

  • on ne peut pas prôner l’agriculture comme moteur de développement tout en ne payant pas les producteurs à temps ;
  • on ne peut pas parler de qualité de l’éducation tout en maintenant les enseignants dans une précarité humiliante ;
  • on ne peut pas lutter contre l’exode des jeunes sans solutions économiques concrètes et locales.

Nous exigeons :

  • le paiement immédiat et intégral du riz paddy dû aux producteurs de la région des Savanes ;
  • un véritable programme d’accompagnement financier et matériel des agriculteurs ;
  • une amélioration urgente des conditions de vie et de travail des enseignants, en particulier les vacataires ;
  • des opportunités économiques réelles pour les jeunes, afin de freiner cet exode dangereux vers l’orpaillage à l’étranger.

La jeunesse de la région des Savanes ne demande pas des privilèges, elle demande justice, respect et perspectives.

Si rien n’est fait, l’abandon des champs, des écoles et des villages se poursuivra, avec des conséquences graves pour la stabilité sociale et le développement national.

Le moment est venu pour le gouvernement d’agir, non par discours, mais par des actes concrets et immédiats.

Rabiou ALASSANI

Conseiller municipal

Commune de Kpendjal 2 – Borgou

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