TOGO : IMPOSSIBLE ALTERNATIVE POLITIQUE SANS VÉRITÉ DES URNES

80 % des opposants veulent aller à des élections de la contrevérité des urnes ! Analyse conjointe du 13 octobre 2019 Réseau de la coordination de la diaspora togolaise indépendante (RCDTI) et Collectif pour la vérité des urnes – Togo – diaspora (Cvu-Togo-Diaspora)

A l’approche des élections présidentielles de 2020 au Togo et sur la base d’un système électoral vicié et non réformé malgré les nombreuses réclamations du Peuple togolais, le Réseau de coordination de la diaspora togolaise indépendante (RCDTI) et le Collectif pour la Vérité des urnes Togo Diaspora (CVU-TOGO-DIASPORA) constatent, avec amertume, l’amnésie généralisée de près de 80 % des dirigeants de l’opposition togolaise. Cette amnésie prend de l’ampleur dès lors qu’il s’agit de rappeler les revendications du Peuple togolais et trouver les voies et moyens pour les mettre en œuvre, sans céder à la maladie des manifestations de rue sans projet de société commun.

Système politique togolais Système politique togolais

1. UNE CERTAINE FAUSSE OPPOSITION TOGOLAISE TROMPE LE PEUPLE TOGOLAIS

Après avoir feint d’oublier les revendications du Peuple togolais portant sur l’urgence et l’obligation des réformes électorales non-effectuées de manière unilatérale comme cela a toujours été le cas jusqu’à présent, de nombreux dirigeants de l’opposition et certains de leurs disciples inféodés de la société civile et satellisés de la Diaspora estiment, de manière unilatérale et sans tenter de convaincre par le débat démocratique et la confrontation d’idées, qu’il sera « possible » de réaliser en 6 mois au Togo, ce qui n'a jamais été fait depuis près de 53 ans !

A quoi assiste-on aujourd’hui après les élections législatives (décembre 2019) et municipales (juin 2019) ? Les premières ont été massivement boycottées par plus de 89 % de la population et par les partis politiques d’opposition. Les secondes ont vu la participation des partis politiques dits d’opposition, mais légitimateurs et in fine caution du système Gnassingbé, aux côtés des partis de la mouvance présidentielle acquis à la fraude électorale. Cette participation contre-nature des principaux partis d’opposition légitimateurs du système militaro-civilo-ésotérique de Faure Gnassingbé s’est  soldée  par l’élection massive de maires et conseils municipaux du RPT/UNIR, qui détient désormais les commandes de l’immense majorité des communes du Togo. Un échec cuisant pour ceux qui ont cru gagner quelque chose dans cette opération, à moins que l’échec ne soit le gain de ceux qui jouent à « qui perd gagne ».

La réalité est que le Peuple togolais, habitué des fraudes préélectorales, s’est massivement abstenu tant lors des élections législatives du 20 décembre 2018 que des élections locales du 30 juin 2019. La contre-vérité des urnes vient d’être proclamée par deux fois encore au Togo. On s’attendait à voir les responsables des partis politiques d’opposition tirer des enseignements sur l’échec de leur stratégie et formuler des contestations argumentées sur les conditions d’organisation et de participation aux élections présidentielles d’avril 2020. Pas du tout ! A peine les résultats non conformes à la vérité des urnes proclamés, et malgré l’abstention massive, le microcosme politique du Togo, a aussitôt commencé à s’affairer, comme si de rien n’était, pour participer aux prochaines élections présidentielles de la contrevérité des urnes au Togo.

Une constante au Togo ? Assurément !

Il faut croire que les motivations de ceux qui veulent à tout prix tromper le Peuple togolais et justifier leur participation à des élections contre-nature ont, en fait, engagé depuis très longtemps, de grandes manœuvres de légitimation du système militaro-civilo-ésotérique de Faure Gnassingbé. Quid des enseignements des multiples évènements de type insurrectionnel du Peuple togolais, notamment celui du 5 octobre 1990, initié spontanément par les « jeunes » du Togo, celui de la grève générale d’un an au Togo en novembre 1992[i] et de la grande marche du 19 août 2017, initiée par le Parti National du Peuple de Tikpi Atchadam, ainsi que tous les épisodes de désobéissance civile conformément à la Constitution togolaise.

Faure Gnassingbé et UNIR/RPT ont-ils écouté le Peuple togolais ? Assurément non !

Faure Gnassingbé n’écoute personne mais répond aux sollicitations de ses affidés et de sa clientèle privilégiée,  gravitant autour de la mouvance présidentielle dont le socle demeure le RPT/UNIR, le parti qu’il faut bien qualifier de ceux qui « mangent aux dépens du reste du Peuple ».

Est-ce que Faure Gnassingbé a montré des signes de bonne volonté ? Pris des actes concrets permettant de garantir la stricte expression de la Vérité des Urnes ? Absolument pas !!!

Au contraire, le renforcement de l’institutionnalisation de la contrevérité des urnes sur la base de l’achat des consciences, y compris au sommet de certains partis d’opposition, a permis à ce jour à Faure Gnassingbé et au parti de la mouvance présidentielle RPT/UNIR de systématiquement amener une partie de ceux de l’opposition à légitimer  le système, en les convainquant d’aller aux élections pour perdre et de mystifier de la sorte le Peuple togolais !!!

Est-ce que perdre les élections signifie alors que l’on ne sera pas payé en retour ? NON.

On va aux élections pour perdre et justement être payé en retour. Chacun peut imaginer comment on peut payer quelqu’un pour qu’il ou elle confonde la vérité des urnes avec la contre-vérité des urnes.

Le devoir de chaque citoyen togolais partout où il se trouve ne consiste donc pas à s’interroger s’il est opportun de participer ou pas à une élection dont le résultat final et le vainqueur sont connus d’avance.  Le devoir de chaque citoyen togolais y compris ceux de la Diaspora est de comprendre que s’il ou elle s’engage pour aller à des élections sans qu’au préalable aient été réglées les conditions de transparence totale du scrutin pour qu’émerge la vérité des urnes, c’est obligatoirement  la contre-vérité des urnes qui sera déclarée par la Cour Constitutionnelle. Ce citoyen sera seul, il faut le répéter, seul, à porter la responsabilité de la contre-vérité des urnes qu’il aura, involontairement ou pas, contribué à cautionner.

Est-ce pour cela qu’il ne faut rien faire ? Assurément pas !

En réalité, l’erreur des dirigeants de l’opposition togolaise dans leur grande majorité est de systématiquement privilégier leur intérêt personnel ou celui de leur parti avant l’intérêt général du Togo. A ce petit jeu, bien compris par Faure Gnassingbé et son système répressif fondé sur l’impunité, il suffit de fixer le prix à payer pour que tel ou tel accepte d’aller aux élections et ainsi de justifier, et donc de légitimer, que le Togo est démocratique. La preuve, vous voyez bien que l’opposition a participé, mais a perdu.

En réalité, Faure Gnassingbé est illégitime depuis 2015 car son régime repose sur le crime et le sang versé de milliers de Togolais et Togolaises. Ce régime répressif et spécialisé dans l’abus de droit et de pouvoir a intégré la nouvelle dimension consistant à acheter, en catimini, tous les opposants qui ont opté pour « manger d’abord, la démocratie après » !!! Ceci est d’ailleurs valable non seulement pour les partis politiques, mais de plus en plus pour les associations et autres groupements de soutien ou de sensibilisation qui pullulent dans le pays, autant que les « ailes marchantes » du RPT à une certaine époque de notre histoire, très souvent à la demande des responsables de la mouvance présidentielle. Le Peuple togolais doit donc rester vigilant pour ne pas se faire, encore une fois, rouler dans la farine de manioc, par une certaine fausse opposition togolaise qui trompe le peuple togolais pour institutionnaliser « la démocratie de celui qui perd toujours et conteste après ou dans certains cas ne conteste même pas ».

Une du quotidien Le Canard Indépendant du 11 octobre 2019 Une du quotidien Le Canard Indépendant du 11 octobre 2019

2. PROCESSUS ÉLECTORAL AU TOGO : L’INSTITUTIONNALISATION DE LA CONTRE-VÉRITÉ DES URNES

Le parti politique de Faure Gnassingbé (RPT/UNIR) a toujours et systématiquement empêché la proclamation des résultats de la vérité des urnes. Les résultats des élections annoncés par la fameuse commission électorale nationale indépendante (CENI) et proclamés parfois par le Gouvernement et/ou par la Cour Constitutionnelle du Togo sont institutionnellement organisés pour faire avaler au Peuple le verdict de la contre-vérité des urnes, ce d’ailleurs depuis 1967 sous le règne d’Etienne Eyadéma Gnassingbé. Donc tel père, tel fils !

Malgré cela, en toute connaissance de cause, les nombreux observateurs extérieurs, sous l’effet ésotérique, ou celui de l’argent, ou encore de la défense des intérêts étrangers, ont toujours opté pour avaliser la contrevérité des urnes au Togo. Récemment, les médiateurs de la CEDEAO, organe sous-régional non démocratique, ont faussement salué en décembre 2018, des élections législatives « libres et transparentes », en « regrettant fortement » le boycottage du scrutin par la C14 « malgré les efforts considérables déployés par les facilitateurs pour favoriser des élections inclusives avec une participation équitable de tous les acteurs à la CENI ». La CEDEAO, comme au demeurant les trois présidents commis d’office à savoir le guinéen Alpha Condé, le ghanéen Nana Akufo-Addo et indirectement l’ivoirien Alassane Ouattara, ont soigneusement feint d’ignorer l’échec de leur médiation et n’ont pu que constater le détournement, puis l’inapplication de la « feuille de route » que certains responsables d’opposition comme de la société civile estimait être valable à 75 %. Encore un échec retentissant !

Pourtant au cours de la campagne électorale, notamment les 8, 10 et 15 décembre 2018, sept personnes dont un enfant de 11 ans ont été tuées dans la répression brutale et unilatérale des manifestations pacifiques consécutives à l’insurrection du 19 août 2017, par les « forces du désordre » du pouvoir RPT/UNIR. Sans compter les nombreux morts durant les mois précédents et les dizaines de militants emprisonnés arbitrairement, toujours en détention. De la même manière à l’issue des élections locales du 30 juin 2019, largement boudées par les électeurs, une écrasante victoire de la contre-vérité des unes par et pour le RPT/UNIR a été proclamée. Les résultats travestissant les résultats réels issus des urnes au point que plus personne ne souhaite les contester, au cas où le reliquat de ce qui doit être payé pour bonne participation à des élections de la contre-vérité des urnes, partirait en fumée.

La Vérité des Urnes a été bafouée à plusieurs reprises au Togo ces deux dernières années. Donc, ceux qui en concluent que l’avenir du Togo ne passe pas par des élections libres, transparentes et non truquées se trompent lourdement. La contre-vérité des Urnes a constamment été pratiquée au Togo. Elle a récemment permis à Faure Gnassingbé d’opérer deux hold-up électoraux et de se préparer à en commettre un troisième sachant qu’il aura toujours, en principe, le soutien d’une certaine communauté internationale qui se limite à ceux qui ont des intérêts à défendre au Togo. Rappelons les trois manœuvres récentes de la démocratie de façade au Togo :

  • en décembre 2018, il a obtenu une Assemblée nationale quasiment monocolore et dominée par le RPT/UNIR laquelle a immédiatement, par une loi liberticide, restreint les libertés publiques, notamment celle de réunion et de manifestation ;
  • en juin 2019, par le biais d’élections locales sans expression de la vérité des urnes, le système RPT/UNIR s’est arrogé le contrôle de plus de 82 % des communes du Togo, ce avec les voix de certains partis d’opposition légitimateurs ou traîtres, c’est selon… ;
  • d’ici avril 2020, il est permis de se faire une idée de de la manière dont la troisième phase du hold-up va s’organiser. Il faudra nécessairement que certains partis d’opposition légitimateurs ou faisant partie officiellement ou officieusement de la mouvance présidentielle, acceptent de tromper encore le Peuple togolais.

En effet, l’institutionnalisation de la contre-vérité des urnes est en marche. Dans le secret des bureaux de leurs mairies, les nouveaux maires les nouveaux maires élus par les conseils municipaux, caciques  du RPT/UNIR, avec ou sans budget selon que l’on est aligné ou pas sur le système RPT/UNIR, vont pouvoir arranger, à loisir et à leur avantage, les procès-verbaux électoraux de l’élection présidentielle à venir, avant transmission aux Commissions électorales locales indépendantes (CELI) et à la Commission électorale Nationale Indépendante (CENI). Tout se fait bien sûr sous couvert de la légitimité que leur a conféré une vraie « fausse » expression du suffrage universel. Celle-ci tronquée et sans vérité des urnes reflète la mascarade électorale, celle que chérissent les puissances occidentales amies des dirigeants togolais qui défendent en priorité, les intérêts étrangers aux dépens des intérêts des populations togolaises. Quelle honte ! A moins que ce soit la nouvelle définition de la politique au Togo.

Le scénario prévisible et probable dès le lendemain des élections présidentielles de 2020, sera le désenchantement et le torrent de larmes de crocodiles qui seront versées par tous ceux qui, de près ou de loin, auront participé ou donné leur caution à cette parodie d’élection et perdu pour la énième fois les élections au Togo du fait de l’impossibilité de vérité des urnes ! Mais leurs larmes seront-elles sincères ? Assurément pas ! C’est le contraire ! Ceux-là porteront la rouerie politique à son comble, car en réalité faussement affectés par le résultat certains verront leur compte en banque se gonfler en Euro ! D’autres se verront offrir des postes ! D’autres encore selon le niveau de servitude volontaire atteint, ne cracheront pas sur des bons d’essence ou du riz « FAURE », vraisemblablement non frelaté.  

Le monde entier risque rire jusqu'à en pleurer sur l’inanité de certains, la grande majorité, de l’opposition togolaise. En effet, tous ceux qui, de près ou de loin, auront participé ou donné leur caution à cette énième mascarade électorale, après avoir refusé de mettre en cause la contre-vérité des urnes en omettant de contester les résultats électoraux par les voies officielles, s’agglutineront autour des journalistes et joueront leur comédie bien rôdée de l’opposant dont on a volé la victoire. Si le peuple togolais accepte encore ce théâtre d’ombres, grandeur nature, alors, c’est bien chacun des citoyens togolais qu’il faudra considérer comme le dindon de la farce.  Pour la énième fois, ce sera encore une fois le peuple togolais qui aura été roulé dans la farine de manioc, trompé, bafoué dans son droit à exercer librement et en toute sécurité sa liberté de choix et d’opter pour son projet de société commun pour le Togo.

3. LA CONFIANCE ENTRE DES DIRIGEANTS DE L’OPPOSITION ET LE PEUPLE TOGOLAIS EST ROMPUE

Le Peuple togolais observe avec suspicion l’élaboration du casting électoral présidentiel auquel se prêtent des politiciens équilibristes et opportunistes de tout poil et de tous acabits.

Parmi ceux-ci, certains ne sont pas à une contradiction près. Ils ont appelé le Peuple à l’abstention le 20 décembre 2018 pour les élections législatives alors que les fichiers électoraux étaient unilatéralement concoctés par le pouvoir militaro-civilo-ésotérique d’UNIR. Les raisons invoquées à juste titre étaient :

  • la non-satisfaction des exigences populaires notamment les volets portant sur les réformes politiques, institutionnelles et électorales issues des modifications unilatérales de la Constitution de 1992 ;
  • le refus d’application de l’Accord politique global de 2006 (APG) 2 ;
  • auquel il faut rajouter le refus de recenser et de faire participer la Diaspora togolaise aux élections, un ensemble de points remis au goût du jour par l’insurrection initiée par le PNP le 19 août 2017.

En réalité, le Peuple togolais a pour sa part rempli son contrat, en appliquant le principe de la désobéissance civile qui s’est caractérisé par :

  • une attitude de rejet des inscriptions unilatérales et arbitraires sur les listes électorales lors du recensement électoral ; et
  • une abstention massive lors du scrutin du 20 décembre 2018 portant sur les élections législatives, que les médias politiquement corrects de l’Etat togolais ont refusé de relater.

Les dirigeants de l’opposition qui ont prôné l’abstention ont-ils rempli leur part du contrat politique qui les lie au Peuple togolais ? Assurément pas ! Puisque le problème est que la décision des certains dirigeants de ladite opposition institutionnelle au Togo est de procéder à une étude de « coût-bénéfice » ou « coût-avantage » pour eux-mêmes et leur parti en termes de rétribution sonnante et trébuchante avant de considérer comme supérieur et prioritaire l’intérêt du Peuple togolais.

Aussi, ce Peuple togolais est fondé à douter de la sincérité des dirigeants de l’opposition.

Ce sont ces mêmes acteurs politiques qui après avoir appelé au boycott des élections législatives du 20 décembre 2018 se sont empressés, voire précipités le 30 juin 2019 aux élections locales pour faire légitimer la contre-vérité des urnes. Ils se sont depuis bien gardés d’expliquer la cohérence stratégique politique de leur démarche, si tant est que cela leur soit possible sans être aussitôt démasqués !

Ainsi, pourquoi demain, ces mêmes opposants légitimateurs ne viendraient pas à nouveau tromper le Peuple togolais lors des élections présidentielles, durant les préparatifs du processus électoral que le pouvoir RPT/UNIR refuse catégoriquement de réformer intégralement, puis pendant et après les élections présidentielles ?  Le Peuple togolais doit prendre acte que la confiance entre certains de ces dirigeants de l’opposition et lui-même est rompue. C’est d’autant plus clair qu’aucun de ces dirigeants n’a pensé, formulé et proposé un projet de société commun sur l’avenir d’un Togo meilleur pour le Peuple togolais. Jusqu’à plus ample informé, leur projet de société se limite pour l’instant,  à l’avenir d’eux-mêmes ou de leur parti politique.

Si chaque citoyen togolais, souhaitant un mieux-être pour lui-même, pour sa famille et pour le Togo, ne prend pas conscience de cette rupture de la confiance, alors c’est que le Peuple togolais lui-même souffre de schizophrénie. À moins qu’au cours des déplacements lors des campagnes dites de « sensibilisation » de Faure Gnassingbé ou des partisans de sa mouvance présidentielle, les 2.000 FCFA ou 5.000 FCFA distribués comme des oboles à des populations que le pouvoir RPT/UNIR maintient sciemment dans la pauvreté et la précarité par sa politique prédatrice, suffisent pour que le citoyen togolais, passablement adepte de la corruption de proximité, accepte de se taire pour avaliser à terme la contre-vérité des urnes. En bref, chacun doit évaluer sa propre responsabilité dans les malheurs qui frappent le Togo : politique, économique, social, du fait du système mafieux Eyadéma.

S’il est vrai que la confiance entre certains dirigeants de l’opposition et le Peuple togolais est rompue, il n’est pas moins vrai que la Confiance entre Faure Gnassingbé et la très grande majorité du Peuple togolais n’a jamais existé depuis son accession au pouvoir dans le sang des togolais en 2005. D’où la nécessité impérieuse de la contre-vérité des urnes pour se maintenir au pouvoir. Le problème est que pour certains Togolais et Togolaises y compris ceux de la Diaspora, la confiance s’achète et Faure Gnassingbé en use et en abuse.

Une du journal Le Panafricain du 3 octobre 2019 Une du journal Le Panafricain du 3 octobre 2019

4. FAUT-IL SURSEOIR AUX ELECTIONS DE LA CONTREVÉRITÉ DES URNES DE 2020 ?

Le citoyen togolais qui souhaite opter pour une alternative doit d’abord se demander s’il est « INDÉPENDANT » du système militaro-civilo-ésotérique » de Faure Gnassingbé et ses affidés. S’il ou elle ne l’est pas, il ne cherchera pas à combattre le système. Seuls ceux qui combattent le système se font punir par le système UNIR.  Si le citoyen s’engage sur la voie de l’indépendance d’esprit et de pensée, alors sa réflexion va « obligatoirement » le conduire à faire état de plusieurs évidences.

En effet, les conditions de transparence électorale et d’intégrité du scrutin n’étaient pourtant pas davantage réunies le 30 juin 2019 pour les élections locales, qu’elles ne le furent le 20 décembre 2018 pour les élections législatives, elles ne le seront vraisemblablement pas lors de l’élection présidentielle de 2020.

La Loi adoptée par l’Assemblée Nationale le 8 mai 2019 portant modification de la Constitution du 14 octobre 1992 3, a porté à six ans le mandat des députés et modifie la nature du scrutin présidentiel en le portant à deux tours et en limitant à deux le nombre de mandats. Mais elle a bien précisé que « Les mandats déjà réalisés et ceux qui sont en cours à la date d’entrée en vigueur de la présente loi constitutionnelle, ne sont pas pris en compte dans le décompte du nombre de mandats, pour l’application des dispositions des articles 52 et 59 relatives à la limitation du nombre de mandats ».

Autrement dit le système mafieux et roublard du parti RPT/UNIR avec à sa tête un GNASSINGBE Junior, qui pourrait éventuellement cacher un autre GNASSINGBE junior susceptible d’apparaitre sous peu, a clairement signifié au Peuple togolais : « circulez, il n’y a rien à voir, retour à la case départ ! ». Alors la réponse du Peuple togolais consiste-t-elle à en accepter les termes ? Est-ce que ce Peuple a perdu sa capacité légendaire de résistance ? S’est-il fait avoir par certains dirigeants de partis politiques, dits d’opposition, qui sont caution et légitimateurs du système de la contre-vérité des urnes au Togo ? Selon son intime conviction chaque togolais et togolaise apportera en toute liberté et indépendance d’esprit sa réponse aux questions suivantes:

  • Faut-il accepter d’aller aux élections de la contre-vérité des urnes de 2020 ? Ou bien
  • Faut-il sursoir aux élections de la contrevérité des urnes de 2020 et poser les conditions, par la désobéissance civile s’il le faut et la rédaction d’un projet de société commun, d’une organisation et d’une refonte de tout le processus électoral pour assurer et garantir toute la transparence et l’intégrité des résultats publiés?

Rappelons tout de même que la loi en vigueur énonce un certain nombre de principes qui ne sont pas appliqués dans les faits. La CENI est toujours largement dominée par la mouvance présidentielle (RPT/UNIR et ses partis coalisés) ; la Cour Constitutionnelle n’applique toujours pas le principe de séparation des pouvoirs et ses membres sont nommés unilatéralement par le système de Faure Gnassingbé. Comme tout dépend uniquement de la proclamation unilatérale des résultats de la contre-vérité des urnes et que les pays du groupe des cinq (Allemagne, France, Etats-Unis, Union européenne et Nations Unies), usant de la flatterie servile, soutiennent le pouvoir et avalisent le processus électoral, dès lors que leurs intérêts ne sont pas menacés, en l’état actuel de la situation politique, les résultats des élections de 2020 ne pourront pas dévier de la contrevérité des urnes.

Le Peuple togolais doit en être conscient. Il y a aussi ceux des responsables des partis dits d’opposition ou des associations de la société civile qui souhaitent encore faire appel à des institutions extérieures qui ont systématiquement validé et même entériné par le passé la contre-vérité des urnes tout en sous-estimant le nombre de morts et de blessés lors de la tuerie de 2005 pour imposer l’illégitime Faure Gnassingbé au pouvoir au regard de la Constitution togolaise. Que peut bien attendre de ces gens  le Peuple togolais indépendant et conscient ? Chacun pourra nourrir sa réflexion en scrutant le passé, sauf si la maladie d’Alzheimer précoce du fait de la corruption a commencé à faire des ravages difficiles à corriger.

Alors attention, l’institutionnalisation de la contrevérité des urnes par le système RPT/UNIR repose sur la prévention de toute contestation d’avance.  En effet, la « loi relative à la sécurité intérieure » adoptée par l’Assemblée nationale togolaise le 7 août 2019 4, est une loi liberticide. Elle réduit drastiquement le droit d’expression publique et d’expression politique des citoyens. Par une interprétation abusive de l’article 28, le Gouvernement interdit désormais toute réunion d’information publique comme ce fut le cas le 5 octobre 2019 à l’encontre du Parti National Panafricain (PNP) et du Front Citoyen Togo Debout, qui ont vu débarquer dès le matin des gendarmes indiquant aux citoyens voulant participer « qu’ordre leur avait été donné d’interdire la tenue de leurs réunions 5. »

Autrement dit, si un citoyen togolais veut contester l’institutionnalisation de la contre-vérité des urnes en organisation des d’information publiques, conformément à la Constitution togolaise, ce citoyen seul ou organisé en associations ou partis politiques, en est privé. Alors, le Togo est-il une autocratie ou une dictature ?

Au-delà de l’expression de la vérité des urnes le jour du scrutin, à la lumière des faits et des actes d’autorité coercitifs du système RPT/UNIR et de son Gouvernement, il est permis de douter que le débat électoral se déroule sous les meilleurs auspices en matière de transparence et de liberté d’expression si, de fait, comme c’est le cas aujourd’hui seuls le Parti RPT/UNIR et ses satellites peuvent se réunir, manifester et organiser des réunions publiques au Togo.

5. UN PROJET DE SOCIÉTÉ COMMUN COMME ALTERNATIVE POLITIQUE AU TOGO

L’organisation de toute élection à venir au Togo, ne peut se faire dans la précipitation. Il ne peut se faire non plus sur la base d’individus qui s’affichent tous comme des potentiels candidats à l’amélioration du bien-être du citoyen togolais, sauf qu’aucun ne veut proposer un projet de société sérieux au Peuple togolais. Autrement dit, aucune des personnalités dites de l’opposition ou indépendantes, potentiellement engagées, officiellement ou officieusement dans la course pour les élections présidentielles de 2020 n’est capable de proposer, puis de débattre de son projet de société.

Pire aucun n’est capable d’accepter que son projet de société soit mis en compétition, puis au vote pour savoir si ce projet de société peut devenir un projet de société commun pouvant emporter l’adhésion de la grande majorité des citoyens togolais qui souhaitent une véritable alternative fondée sur un projet de société crédible. Alors, le Peuple togolais doit exiger un projet de société commun. Et une fois ce projet de société commun discuté et adopté dans le cadre de conférences inclusives dans la Diaspora puis au Togo, le confronter avec celui de la mouvance présidentielle du candidat d’UNIR.

Bref, le Peuple togolais doit savoir à quelle sauce politique il va être mangé !!! A ce propos, Faure Gnassingbé, ni son père n’ont même pensé à avoir un projet de société. Ce fut la gouvernance à vue qui continue d’ailleurs. Le fameux Programme national de développement (PND) qui peine à trouver des financements du fait de l’image de corrompus des responsables gouvernementaux togolais, n’est pas un projet de société commun. Si certains togolais et togolaises y croient, c’est qu’ils et elles ont été trompés et feraient bien de se poser la question à qui profite le PND ?

Il incombe à l’ensemble des forces démocratiques, partis politiques et mouvements de la société civile indépendants, de se mobiliser pour exiger la mise en place effective d’un véritable débat politique et l’organisation pluraliste des structures fondamentales qui permettent la tenue d’élections libres et transparentes. L’absence de transparence du processus électoral à venir dans le cadre d’un scrutin à deux tours, pourrait conduire les experts en fraude électorale de la mouvance présidentielle sous le contrôle du RPT/UNIR à organiser la publication des résultats de manière à déclarer leur candidat élu dès le premier tour.

De surcroît, comme prémisse à l’organisation d’une élection dont l’objet est de permettre l’avènement d’une alternative au système politique actuel du Togo, est-il possible d’envisager un débat politique apaisé et serein alors que de très nombreux prisonniers politiques retenus arbitrairement, souvent sans procédure judiciaire ou avec des procédures iniques et arbitraires, croupissent encore dans l’ensemble des prisons, du nord au sud du Togo! 6Dans la mesure où la plupart du temps il s’agit de la jeunesse démocrate du pays qui est arbitrairement emprisonnée pour délit d’opinion, il semble que l’engagement sans faille de toutes les composantes de la population togolaise indépendante de Faure Gnassingbé doivent s’organiser et s’engager pour exiger, comme préalable, la libération immédiate de citoyens présumés innocents.

De toutes les façons, tant que l’ensemble des préalables nécessaires à la tenue d’élections pour la vérité des urnes ne sont pas levés, il semble inconcevable pour des démocrates d’envisager l’organisation de la moindre élection sérieuse et transparente au Togo. Le passage obligé par la préparation d’un projet de société commun et sa confrontation avec celui de la mouvance présidentielle devrait permettre et même justifier un report des élections présidentielles. Cela permettra d’aller vers des conférences inclusives où la sécurisation et la sérénité du débat politique public pourra alors témoigner à l’ensemble du Peuple togolais que le candidat du parti UNIR et de la mouvance présidentielle n’ont pas de projet de société pour le Peuple togolais, mais pour eux-mêmes.

D’ailleurs, aucun débat ne pourra faire l’économie de l’état des lieux et le bilan des 15 ans de gouvernance usurpée de Faure Gnassingbé. L’organisation des élections présidentielles et la transparence absolue à tous les niveaux pour garantir l’annonce de la vérité des urnes au Togo est à ce prix. Tous ceux qui veulent passer par des raccourcis sont des ennemis du Peuple togolais. En réalité, ce sont des individus qui posent des actes de servitude volontaire, d’acquiescement, voire de sujétion-légitimation du système politique RPT/UNIR actuellement présidé par Faure Gnassingbé. La réalité est que le citoyen togolais ne doit plus croire que ces actes de légitimation sont gratuits. Ils sont nécessairement rémunérés. Tout va dépendre du prix auquel chacun ou chacune est prêt à se vendre.

Il parait sage de ne pas croire sur parole, ni aux promesses de ceux qui avancent à visage masqué ou découvert selon les circonstances, déclarant, la main sur le cœur, ou sur le compte en banque, que le système électoral actuel permet la possibilité d’une alternative au système politique RPT/UNIR. En réalité, le citoyen togolais doit rester vigilant car les « promesses n’engagent que ceux et celles qui y croient ».

Il convient aussi de clarifier la question sémantique à propos de l’utilisation abusive du mot alternance. Parler d’alternance politique dans le Togo de 2019 c’est se projeter dans le même fonctionnement que le système politique GNASSINGTBE/UNIR/RPT. La nuance n’est pas anodine. Cette erreur vient du fait que chacun se polarise sur les individus au lieu de se polariser sur le projet de société qu’offre chacun des protagonistes à l’amélioration de la vie de la cité.

Le Peuple a toujours signifié par le passé et l’a renouvelé lors de l’insurrection du 19 août 2017 qu’il ne souhaite pas remplacer un dictateur par un autre qui se glisserait dans les oripeaux de l’actuelle République de la démocratie de façade.

Le Peuple togolais veut changer de système politique et instaurer la démocratie de la vérité des urnes au Togo. C’est pourquoi il est juste de parler d’alternative et non d’alternance ! Pour ce faire, seul un projet de société alternatif peut confronter le mensonge institutionnalisé de Faure Gnassingbé et sa mouvance présidentielle basée sur l’arbitraire et les abus de pouvoir, de la force et du droit.

Sans un NON massif, clair et généralisé de la partie du Peuple togolais qui est indépendant de Faure Gnassingbé, tout semble concourir à l’institutionnalisation par le pouvoir RPT/UNIR des élections présidentielles de 2020 dans les mêmes conditions que les élections législatives et locales, c’est-à-dire sans réformes électorales effectives.  Connaissant les capacités du pouvoir actuel en matière de fraude électorale, il est impératif de lui opposer une stratégie triple pour permettre l’avènement de la vérité des urnes au Togo :

  • mobiliser le Peuple pour reporter les élections tant que les conditions de préparation et de réformes électorales et institutionnelles ne seront pas intervenues pour une transparence totale des élections ;
  • préparer un projet de société commun afin d’aller vers une adhésion massive du Peuple togolais pour une alternative de projet et non une alternance d’individus dont des légitimateurs ou des alignés sur un pouvoir illégitime depuis 2005 ;
  • exiger la démission et le départ de Faure Gnassingbé pour illégitimité en cas de refus du système RPT/UNIR et son armée non républicaine d’opérer ces réformes en accentuant la mobilisation populaire pour obtenir une transition politique sans Faure Gnassingbé dotée d’une assemblée constituante chargée d’élaborer lesdites réformes ; des élections libres, transparentes, sécurisées et démocratiques seront organisées avant la fin de la période transitoire.

6. DÉSOBÉISSANCE CIVILE ET PROJET DE SOCIÉTÉ COMMUN : UNE ALTERNATIVE CRÉDIBLE AU TOGO

Les millions de citoyens qui se sont mobilisés consécutivement à l’insurrection du 19 août 2017 du nord au sud du Togo pendant deux ans, ont ébranlé l’assurance du régime dictatorial UNIR/RPT, au point que celui-ci a déclenché une répression brutale et souvent sauvage, que l’on n’avait plus revue au Togo depuis la répression sanglante de 2005 7 qui a entaché l’accession usurpée de Faure Gnassingbé au pouvoir.

Depuis le 19 août 2017, plusieurs dizaines de morts et des dizaines de prisonniers sont à dénombrer sans que le pouvoir ait concédé la moindre avancée permettant de satisfaire les revendications exprimées par le peuple en matière de réformes politiques, économiques ou sociales.

 

Au moyen de la contre-vérité des urnes, le système RPT/UNIR s’est octroyé une écrasante majorité à l’Assemblée nationale monocolore et dans la plupart des communes du Togo, après avoir laissé choir quelques miettes que les partis satellites et légitimateurs du pouvoir et de Faure Gnassingbé, tels des affamés, se sont empressés de picorer. Pourtant, alors qu’il dispose de tous les leviers de commande du pays, le gouvernement UNIR/RPT n’a apporté la moindre esquisse de solution, ni réglé aucun des problèmes aigus qui empêchent l’essor du Togo à savoir : absence de démocratie, santé publique en état de délabrement, économie accroissant les inégalités et la pauvreté et un chômage récurrent, droits humains élémentaires bafoués, faiblesse des revenus et perte du pouvoir d’achat pour la grande majorité des citoyens, maintien de millions de togolais sous le seuil de pauvreté avec une extrême précarité récurrente, celle-ci, affectant plus de 75 % de cette catégorie de citoyens. Tous les problèmes et le cumul des frustrations restent entiers et susceptibles de raviver à tout moment les braises de l’insurrection du 19 août 2017 qui couvent encore sous la cendre de la répression aveugle.

La mouvance présidentielle de Faure Gnassingbé et UNIR/RPT auraient tort de croire qu’un avenir radieux est ouvert, une fois les élections présidentielles de 2020 gagnées sur la base de la contre-vérité des urnes. C’est au contraire des colères non contrôlées du Peuple qui risqueraient de déstabiliser définitivement les intérêts des Occidentaux et ceux de leurs agents relais dans les arcanes du pouvoir togolais. Ce risque devrait permettre au Président français, principal soutien actuel de Faure Gnassingbé, de ne plus écouter les conseils de ceux qui se sont inscrits aux affaires étrangères dans la logique de Jacques Foccart, l’inventeur de la Françafrique paternaliste et prédatrice.

Face à son impéritie dans le gouvernement des affaires du Togo, à son intransigeance pour empêcher l’essor de la démocratie, à sa dureté dans la répression du moindre mouvement de contestation, le pouvoir RPT/UNIR ne laisse au Peuple togolais d’autre choix que subir ou se révolter. Il est possible dans les mois à venir, que le Peuple togolais lassé des manœuvres dilatoires et des promesses jamais tenues, écoutant la seule voix de sa conscience, considère comme un devoir de se lever massivement pour exiger l’organisation d’un processus électoral transparent. Mais en oubliant de préparer un projet de société commun, ce Peuple pourrait ouvrir la voie à l’émergence d’une armée non républicaine et se retrouver comme en 1967 avec un militaire-dictateur à la tête de l’Etat togolais. Ce risque doit être pris en compte.

Le peuple pourrait ainsi à nouveau recourir de manière pacifique à la désobéissance civile dans la perspective d’obtenir et d’organiser les conditions de la vérité des urnes en passant par la confrontation entre le projet de société de la mouvance présidentielle et celui d’un projet de société commun. Cette approche n’autorise pas la promotion d’une candidature unique, mais bien d’une équipe qui pourra, au moment opportun, faire émerger une candidature commune à partir d’un projet de société commun et alternatif.

7. RÉSOLUTION DE LA CRISE POLITIQUE AU TOGO : LE PEUPLE ET SA DIASPORA MIEUX QUALIFIES QUE LES NATIONS-UNIES

La particularité de la crise politique togolaise est de durer dans le temps du fait d’un accaparement clanique du pouvoir depuis cinquante ans avec le soutien constant d’une oligarchie s’appuyant sur la force armée. Il faut donc bien prendre conscience qu’il s’agit de tenir un MARATHON DÉMOCRATIQUE.

Depuis l’accession au pouvoir des Gnassingbé, père et fils, au fil des décennies et des crises politiques plus ou moins aiguës qui ont jalonné le parcours de la jeune république du Togo, les Togolais ont pu voir un certain nombre de bonnes fées venir se pencher sur le berceau de la « démocratie » togolaise, qui malgré soixante ans d’indépendance est toujours restée à l’état embryonnaire. Sans exception, toutes ces tentatives se sont soldées par des échecs, car sous-tendues la plupart du temps par les arrière-pensées partiales des facilitateurs et autres médiateurs, ayant souvent partie liée ou partageant des intérêts communs avec le clan au pouvoir.

Le dernier échec en date, retentissant, est celui des médiateurs de la CEDEAO dont les présidents du Ghana, Nana Akufo-Ado et de Guinée, Alpha Condé. Ce dernier a pris exemple sur le Togo et se livre actuellement à des manœuvres peu respectueuses de la volonté du Peuple guinéen pour modifier la Constitution de son pays et prolonger le nombre de mandats du Président de la République à trois, voire à quatre comme au Togo. Quant à l’institution sous-régionale que constitue la CEDEAO, elle a trahi la confiance des Togolais et Togolaises. Mais sans projet de société commun de l’opposition, et en étant financé par le pouvoir togolais, la CEDEAO ne pouvait jamais imposer à Faure Gnassingbé les préalables contenus dans sa « feuille de route » à Faure Gnassingbé.

Après une telle déconvenue, comment le Peuple togolais doit-il interpréter la proposition récemment formulée par ceux qui sont encore membres de la coalition de 6 partis politiques dénommée la coalition C14, à savoir : placer la prochaine élection présidentielle sous l’égide, voire le contrôle de l’ONU ? Outre le fait que règlementairement l’ONU ne peut être sollicitée que par des Etats, lorsque l’ONU s’invite dans la résolution de certaines crises africaines, elle n’a laissé que des souvenirs d’élections de la contre-vérité des urnes.  L’exemple de l’ONU en Côte d’Ivoire au lendemain de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 doit être mis en perspective avec les dernières élections au Kenya.

Une du quotidien Liberté du 4 octobre 2019 Une du quotidien Liberté du 4 octobre 2019

Les témoins de cette histoire n’ont pas oublié comment M. Choi Young-Jin, le représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies à Abidjan, a déclaré Mr. Alassane Ouattara vainqueur avec des chiffres différents de ceux de la Commission électorale indépendante et du Conseil constitutionnel. Ceci après avoir catégoriquement refusé l’expression de la vérité des urnes par le recomptage des bulletins de vote, proposé par M. Laurent Gbagbo, alors qu’il y avait de bonnes raisons de prendre le temps de recompter, personne n’étant plus à quelques semaines près après avoir attendu cinq ans 8. Ainsi, M. Choi Young-Jin, avait emboîté le pas de la France de Nicolas Sarkozy qui s’était opposée obstinément à tout recomptage. Alors l’ONU indépendante ? Assurément que non !

Chacun connaît la suite et la fin de l’histoire avec le bombardement par la France de la Présidence d’un pays souverain, l’escalade militaire sous couvert de la Force licorne avec la complicité active du Président français, avec près de trois mille morts à la clé, l’exfiltration du Président Gbagbo à la Cour Pénale internationale, l’incapacité de la CPI à apporter une seule preuve au point de déclarer l’innocence des principaux prévenus dans ce dossier et d’oublier les exactions des camps adverses et enfin, les tracasseries juridiques de l’inversion de la charge de la preuve afin d’empêcher le retour de ceux qui ont compris, un peu tard, que l’indépendance d’un pays ne se partage pas avec ceux de l’extérieur, qui y ont des intérêts.

Personne ne doit oublier le rôle de l’ONU à l’égard du Peuple togolais lors du rattachement unilatéral d’une partie de la nation Ewé du Togo à l’actuel Ghana. Tout semble indiquer que l’ONU défend systématiquement les intérêts des puissances qui la financent. Pour revenir à la déclaration des six partis de la C14 de confier les élections aux Nations Unies 9, il faut y déceler une impuissance chronique, une absence de culture sur le rôle des Nations-Unies en Afrique, un manque de confiance, voire de défiance, à l’égard du Peuple togolais. Autrement dit, certains opposants croient que face à leur impuissance et leurs stratégies erronées sans projet de société commun, il faut orienter le Peuple togolais vers des impasses. C’est oublier que le Peuple togolais indépendant finira par se passer de représentants politiques de l’opposition qui l'a conduit vers des impasses politiques, tout en légitimant, consciemment ou inconsciemment, le pouvoir de Faure Gnassingbé.

Déployer autant d’énergies pour vouloir aller à l’élection présidentielle de 2020 dans les mêmes conditions de contre-vérités des urnes que par le passé témoigne soit d’une cécité politique, soit d’une dépendance de type addiction vis-à-vis du système RPT/UNIR, ou encore soit tout simplement, d’un besoin alimentaire urgent à satisfaire sur le dos de l’avenir du Togo et celui des populations togolaises. Ces dernières sont prévenues et ne doivent plus tomber dans le piège du pouvoir RPT/UNIR et des légitimateurs de ce pouvoir.

Au lieu de déployer de l’énergie pour se décharger des responsabilités sur des tiers qui ne défendront pas les intérêts du Peuple togolais, il serait plus utile que ceux qui aspirent, par erreur, à participer à la prochaine élection de la contre-vérité des urnes, réfléchissent à l’élaboration d’un programme pour l’avenir du Togo qui serait bien plus utile pour :

  • soutenir l’adhésion d’une grande majorité de Togolaises et Togolais ;
  • promouvoir la conscience collective et l’unité des Togolaises et Togolais indépendants ;
  • soutenir la mobilisation populaire pour préparer et réussir la désobéissance civile conformément à la Constitution togolaise ;
  • servir les aspirations démocratiques fondées sur la vérité des urnes ; et
  • offrir l’alternative politique tant attendue par le Peuple Togolais en mettant en œuvre le projet de société commun et alternatif.

Le Peuple togolais et sa Diaspora indépendante peuvent largement imposer les nouvelles règles du jeu démocratique si ceux qui veulent une alternative au Togo sont issus de la partie indépendante de la population togolaise.

8. UN PROJET DE SOCIÉTÉ COMMUN ALTERNATIF POUR CHANGER DE SYSTÈME POLITIQUE AU TOGO

Une du quotidien L'Alternative du 11 octobre 2019 Une du quotidien L'Alternative du 11 octobre 2019

La réforme radicale du système électoral pour permettre la vérité des urnes est-elle une condition suffisante pour assurer une alternative crédible au système politique UNIR/RPT ?

Au fil des mois qui ont suivi l’insurrection du 19 août 2017, les aspirations au changement, exprimées par les millions de manifestants à travers le pays, sont allées bien au-delà de la question des réformes institutionnelles. Les revendications sociales relatives à l’amélioration des revenus, de l’emploi, la santé, l’éducation…, trop longtemps ignorées par des partis politiques obnubilés par les seules questions institutionnelles, se sont invitées dans le débat.

Ce qui revenait, en filigrane, à poser la question de savoir : quel Togo voulons-nous bâtir ? Dans la même période plusieurs mouvements sociaux, certains poussés jusqu’à la grève, ont accompagné et renforcé la lutte pour le changement.

Les partis politiques ont-ils pris la mesure de ces aspirations populaires ? Les récipiendaires autoproclamés à la candidature pour l’élection présidentielle et les francs-tireurs politiques qui émergent dans le microcosme politique ne semblent pas briller par des propositions originales. Le seul spectacle que présente au Peuple togolais le casting électoral du moment, est celui d’individus qui n’ont pour seule ambition que de remplacer l’individu Faure Gnassingbé. Pour l’instant, aucun n’a présenté une vision cohérente du Togo à bâtir ensemble demain !  Le remplacement d’un individu par un autre n’est pas une alternance, encore moins une alternative. Les pays occidentaux du G5 au Togo l’ont compris. Alors, ils gardent au chaud, ce qu’ils ont sous la main, en attendant des « alternatives » crédibles.

Les revendications exprimées depuis l’insurrection du 19 août 2017, tendent à montrer que le Peuple togolais souhaite une véritable alternative au système politique actuel, pas seulement de nature politique, mais aussi sociale, économique, culturelle, sociétale et environnementale. Le peuple togolais a soif de liberté et de démocratie. Il n’a jamais exprimé la moindre aspiration à remplacer le clan au pouvoir en lui substituant un autre hypothétique clan qui gouvernerait selon les mêmes principes que ceux de la mouvance présidentielle du RPT/UNIR et des partis satellites, au profit exclusif d’une oligarchie mafieuse depuis plus de cinquante ans. Ainsi, les candidats à l’élection présidentielle ne pourront désormais plus faire l’économie de présenter un projet de société pour l’avenir du Togo au peuple togolais. Ce projet doit être cohérent et argumenté et sûrement pas un simple catalogue énumératif comme par le passé.

Prenant en compte les revendications populaires exprimées par l’insurrection du 19 août 2017 et face à l’inexistence d’un projet de société commun acceptable pour la Diaspora indépendante et le peuple togolais indépendant, RCDTI et CVU TOGO DIASPORA, ont choisi en mars 2018 d’élaborer les bases d’un projet de société commun sous la forme d’un programme pour l’avenir du Togo. Le 5 juin 2018, une lettre ouverte émanant de dix-sept personnalités libres du réseau de coordination de la diaspora togolaise plurielle indépendante et amis du Togo, a été adressée à de très nombreux responsables de partis politiques du Togo et aux mouvements indépendants de la société civile engagés dans le combat pour une alternative politique et un changement de système. Aucun des destinataires n’a souhaité, à ce jour, participer à ce chantier de réflexion et d’élaboration. Le Peuple togolais doit en être informé.

RCDTI et CVU TOGO DIASPORA, ont continué le travail de réflexion et d’élaboration. Le moment venu ce Programme pour l’Avenir du Togo sera présenté par le biais de conférences inclusives. Chacun pourra ainsi se déterminer sur un projet société cohérent et alternatif, permettant par un processus interactif et inclusif de prendre en compte la réalité de l’organisation responsable du futur du Togo. Le projet de société commun et alternatif sera ouvert pour être enrichi et adapté dans le cadre d’un processus de décentralisation, avec tous les citoyens indépendants, désireux de bâtir un Togo, libre, démocratique, indépendant et créant de la richesse partagée et des emplois décents.

9. L’INDISPENSABLE INDÉPENDANCE DE LA TRANSITION POLITIQUE AU TOGO

La réussite de toute transition politique dans un pays sous tutelle partielle politique, monétaire et financière principalement de la France est difficile sans que cette transition ne se fasse avec la « non-objection de cette même France ». Beaucoup de pays francophones l’ont appris à leurs dépens avec des assassinats restés à ce jour impunis et inexpliqués. Le Togo en 1963 a « inauguré » le premier coup d’Etat africain avec l’assassinat du premier président démocratiquement élu, Dr. Sylvanus Olympio impliquant les forces militaires françaises. La vérité historique ne pourra pas s’écrire sans le déclassement du secret défense de la France qui pèse sur le rôle de cette dernière au Togo.

Sylvanus Olympio et Jacques Foccart à l'Elysée, mars 1962 Sylvanus Olympio et Jacques Foccart à l'Elysée, mars 1962

Aujourd’hui et fondée sur la contre-vérité des urnes, la politique dualiste entre d’une part, les dirigeants publics et privés français, et d’autre part, ceux qui sont au pouvoir dans les pays francophones, s’est transformée et a évolué. La légitimité imposée par les forces extérieures avec une partie de l’armée non républicaine formée principalement en France continue de poser problème dès lors que l’alternance politique s’oriente vers une indépendance envers la France.

Même Monseigneur Philippe Kpodzro a choisi, malgré son grand âge (plus de 89 ans), de faire un « sit-in devant l’ambassade de France au Togo » pour officiellement rappeler la responsabilité de la France dans les crimes commis au Togo au nom de l’alternative politique qui n’a jamais eu lieu, exhortant par là-même la France à agir. Le prélat « émérite » de l’Eglise Catholique, ancien Président de la Conférence nationale souveraine au Togo, mais aussi ancien Président du Haut Conseil pour la République, -c’est-à-dire le Parlement de la transition au Togo- « accuse la France de trahir sa mission universelle des droits humains envers le Togo et s’interroge sur son inaction 10 ».

L’Omerta, entretenue par la France par des autocensures ou des censures institutionnalisées, s’est lézardée depuis les nombreuses manifestations du Peuple togolais réclamant le départ des dirigeants illégitimes et l’instauration d’une transition démocratique et indépendante. Mais les accords secrets de défense, imposés par la France depuis l’indépendance du Togo en 1960 au Togo, obligent à remettre ou conserver au pouvoir celui qui y a été porté ou qui y est. Donc, cela revient à défendre les intérêts de la France au Togo. C’est ce que fait Faure Gnassingbé et que certains dirigeants politiques de l’opposition veulent pérenniser en fonction d’un chantage ignoble dépendant des bénéfices tirés de négociations secrètes entre eux et le réseau de Faure Gnassingbé. Ceux qui croient que les Nations Unies vont venir changer la donne, se trompent lourdement. Au contraire, les Nations Unies dans cette configuration sont des générateurs de statu quo au service des puissances, souvent non africaines, qui les financent.

Il faut donc sortir de cette contradiction. Est-ce que le Président français qui « veut bouger les lignes » ou « voir les lignes bouger » au Togo est prêt, veut, et même est capable de le faire ? Rien n’est moins sûr ! Mais s’il veut rentrer dans l’histoire, il devra s’y résigner car faire mieux que ses prédécesseurs à la tête de l’Etat françafrique en termes de démocrature au Togo, il devra repasser.

Pour réussir, le peuple togolais a besoin non seulement de sa mobilisation populaire sur le terrain, mais d’un projet de société commun alternatif. Une fois ces éléments de base en place, il est indispensable de passer par une phase de transition démocratique fondée sur l’indépendance des acteurs et de leurs objectifs. Pour ce faire, il y a lieu de s’assurer de l’inclusion et de la majorité des acteurs et citoyens togolais indépendants du pouvoir de la France et des Gnassingbé. C’est tout le processus constitutionnel, des institutions électorales, de la justice et de l’armée au service du peuple togolais indépendant qu’il faudra refonder. Ce n’est pas une simple réforme. C’est une refondation fondée sur la libération du peuple togolais. En fait, après la décolonisation française, il faudra nécessairement passer par une phase de décolonisation des agents post-coloniaux, usurpateurs du pouvoir du Peuple togolais et leurs réseaux de dirigeants politiques de l’opposition qui refusent de cocher à la case « chômage » pour préférer celle de « légitimateurs ».

Aussi, « face à des évolutions aussi rapides qu’incertaines, des légitimités à construire, la démocratie reste à inventer avant de la perfectionner »affirmait Mme Georgina Sánchez López en référence au processus de démocratisation en Amérique Latine 11. Il faut absolument une combinaison des facteurs suivants et une compréhension par le Peuple en lutte à mettre de manière concomitante au moins les quatre volets d’un marathon démocratique à savoir entre autres :

  • le respect et la mise en œuvre de grands principes du respect des droits humains et de la vérité des urnes sanctionnés par le Peuple souverain ;
  • le rejet de l’apologie de l’impunité, de l’abus de droit et de pouvoir et de la corruption ;
  • l’adaptation des moyens choisis au contexte propre à la situation en présence d’abord idéologiquement, puis sur les terrains intellectuels et opérationnels de la lutte de libération ;
  • la mobilisation par la désobéissance populaire devant conduire l’armée républicaine, les groupes de pression et d’argent, les pays amis du Togo à rejoindre le Peuple togolais indépendant.

Il importe donc d’amener graduellement le Peuple togolais à partager une culture politique commune afin d’avoir une société partageant les mêmes valeurs et traditions et modes opératoires pour organiser la vie de la cité ;la nécessité d’un développement économique et social comme préalable à l’émergence de la démocratie ne pourra pas se faire dans un environnement inégalitaire où le Peuple ne remet pas en cause la gouvernance de l’inégalité de Faure Gnassingbé. Il n’existerait donc pas de recette magique. La solution est propre à chaque histoire et donc à chaque pays.

La transition se doit d’être démocratique ! Toute imposition d’une transition non contrôlée par des personnalités issues du Peuple, éthiques et reconnues par le Peuple conduit souvent à des surprises, voire le retour de réactionnaires. Le Togo l’a déjà expérimenté.

La transition démocratique comprend au moins deux phases à distinguer nettement : la transition politique et la consolidation du système démocratique 12. Pour garantir une approche démocratique pendant les phases délicates de la transition, une assemblée constituante, dite la « Constituante » se résume à désigner un groupe d’individus autour d’une institution collégiale avec pour tâche la rédaction, ou l’adoption des nouvelles règles de jeu politique. Cela risque de se faire en deux temps au Togo compte tenu de la prégnance de l’armée non républicaine sur les capacités productives et financières du Togo.  D’abord mettre en place les règles minimales pour garantir un changement de système, puis structurer en profondeur la refondation et l’organisation du pays par une nouvelle constitution basée sur celle de 1992, de nouvelles institutions basées sur la séparation des pouvoirs, un nouveau système judiciaire contrôlé par des élections populaires, et une refondation des relations avec la France à des fins de diversification.

Faure Gnassingbé et Jacques Chirac en 2007 Faure Gnassingbé et Jacques Chirac en 2007

La façon dont les membres de l’assemblée constituante seront désignés dépend des circonstances et des pays. Ils peuvent être désignés expressément pour cette tâche, ou bien avoir d’autres fonctions institutionnelles, voire s’autoproclamer. En effet, l’assemblée peut détenir le pouvoir constituant en vertu d’une révision), ou être proclamés par les représentants du Peuple mobilisé suite à des circonstances imprévisibles qui se déclinent comme une crise du régime autocratique et s’apparente souvent à une absence inexpliquée du Chef de l’Etat, une insurrection, un coup d’Etat, une guerre civile, une invasion…

Le résultat des travaux de l’Assemblée Constituante peut se limiter à consolider le projet de société commun alternatif et inclusif qui devra être entériné par le détenteur du pouvoir intérimaire, suite à la chute du régime autocratique en place. Un système de représentation composé de personnalités éthiques et compétentes acceptées par le Peuple pourrait constituer le point de départ, mais devra rapidement laisser la place à une approbation de type référendum.

La transition politique désigne le « passage d’un régime à l’autre ». Les anciennes règles du jeu politique sont abandonnées pour proposer de nouvelles règles du jeu politique, plus équitables et transparentes. Les nouvelles configurations stratégiques doivent être contenues dans le projet de société commun et alternatif. Ce n’est qu’alors qu’il y a lieu de susciter l’apparition de nouveaux acteurs politiques qui seront avalisés par le Peuple, sur la base de l’éthique et la compétence. Cette transition peut se faire sur la base d’une négociation sans un processus électif, soit sur la base d’un processus fondé sur les résultats du suffrage libre et populaire. Encore faut-il s’assurer que les responsables de la transition ne soient pas obligés, en catimini ou sous des chantages divers, de partager ce nouveau pouvoir avec d’autres puissances internes ou externes. Cette phase peut être réalisée avec ou sans une assemblée constituante.

Quant au processus de consolidation, il implique, dans le cadre de règles du jeu politique désormais bien définies, non seulement une redistribution des cartes politiques mais également de nouvelles phases opérationnelles dans la mise en œuvre du projet de société commun alternatif.Il y va de la consolidation de la démocratie représentative et inclusive dès la phase de transition. Cette phase ne doit pas se réaliser sans une assemblée constituante.

Le défi consiste parallèlement à créer un niveau suffisamment haut de consensus afin d’éviter un recul politique et d’assurer par là-même la survie du nouveau régime. Autrement dit, le nouveau gouvernement de transition doit pouvoir garantir efficacement le maintien du régime démocratique avec le soutien populaire notamment la société civile, tous les acteurs politiques indépendants, les forces armées républicaines.

Aussi au Togo, pour être efficiente et compte tenu de l’échec des expériences passées avec les ex premiers-ministres de transition M. Joseph Koffigoh (27 août 1991 au 23 avril 1994), M. Edem Kodjo (23 avril 1994 au 20 août 1996 et 9 juin 2005 au 20 septembre 2006) ou même Me. Yawovi Agboyibo (20 septembre 2006 au 6 décembre 2007), la transition politique doit clairement se faire sans Faure Gnassingbé. Pour éviter les interférences des puissances étrangères, la transition doit être indépendante. Seules des personnalités indépendantes, un projet de société commun alternatif et indépendant pourra permettre de soutenir la mobilisation du Peuple togolais vers l’autodétermination de son avenir commun.

10. RECOMMANDATIONS DE RCDTI ET CVU-TOGO-DIASPORA :

Plus que jamais, les citoyens togolais ont besoin de se rassembler selon le principe de l’Union des indépendants fait la force de l’Unité sans légitimateurs ou traîtres au Peuple togolais. L’indépendance vis-à-vis du système militaro-civilo-ésotérique de Faure Gnassingbé est devenue une condition sine qua non pour être en mesure de proposer des alternatives dans un espace démocratique afin de s’organiser collectivement pour construire, ou plutôt, refonder une nouvelle société togolaise. La réalité est que les stratégies individualistes, notamment la multiplicité d’aventures individuelles et d’ambitions personnelles, fondées sur l’urgence d’aller à des élections de la contre-vérité des urnes en 2020 ne fera que renforcer l’usurpation du pouvoir par la mouvance présidentielle centrée sur le RPT/UNIR de Faure Gnassingbé.

RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA,sur la base de leur indépendance, estiment que la volonté de nombreux partis de la mouvance présidentielle et de l’opposition institutionnalisée de participer à des élections présidentielles au Togo relève de l’irresponsabilité politique. En effet, après 28 dialogues infructueux avec le pouvoir de Gnassingbé, personne au Togo ne doit aller à une quelconque élection, encore moins présidentielle, sans avoir au préalable :

  • mobilisé le Peuple pour de réformes électorales ;
  • proposé un projet de société commun et alternatif ; et
  • repoussé les élections présidentielles tant que les réformes ne sont faites sur une base inclusive afin de s’assurer de son effectivité.

Aussi, RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA proposent à tous les citoyens indépendants y compris celles et ceux de la Diaspora :

1.1          de continuer à s’indigner de l’impunité et l’arbitraire du système militaro-civilo-ésotérique de Faure Gnassingbé ;

1.2          d’identifier plus précisément ceux, des responsables politiques au pouvoir comme ceux de l’opposition institutionnalisée, qui sont en                   train de tromper le Peuple togolais en lui offrant des voies menant à des impasses ;

1.3          de ne plus considérer la lutte pour l’autodétermination de son futur, et donc pour sa liberté, sous l’angle du « suivisme                                           d’individus » sans projet de société pour le Peuple togolais, mais d’exiger que la lutte politique se fasse sur les bases et principes de la                 liberté, de la démocratie, de la création de richesses et de la responsabilité de chacun dans la lutte quotidienne ;

1.4          de prendre conscience que la Diaspora plurielle et indépendante n’est ni alignée, ni dépendante du système de Faure Gnassingbé, et                     qu’à ce titre, elle renouvelle son soutien au Peuple togolais indépendant ; de fait, elle ne donne aucune leçon mais joue pleinement son                 rôle d’alerte et de vigilance contre ceux qui mènent le Peuple togolais vers des impasses et des échecs ;

1.5          d’opter pour un report des élections présidentielles de 2020 du fait de l’illégitimité de Faure Gnassingbé afin d’organiser en priorité                     les réformes préalables du système électoral avant la tenue d’une quelconque élection, condition de la garantie de transparence et de                     vérité des urnes ;

1.6          de se préparer pour soutenir et/ou participer à des séries événements de mobilisation pacifique de tous les citoyens indépendants                           conformément à la Constitution togolaise, en utilisant toutes les possibilités offertes par la désobéissance civile, la non coopération et                   l’insoumission pour exiger une réforme inclusive en profondeur de l’ensemble du système électoral offrant toutes les garanties                             possibles pour l’expression de la vérité des urnes, au bulletin de vote près ;

1.7          d’exiger de tous les acteurs politiques et mouvements de la société civile souhaitant une alternative politique, d’être indépendants                         (notamment financièrement) de la mouvance  présidentielle du candidat RPT/UNIR ;

1.8          de réclamer un projet de société commun et inclusif portant sur l’Avenir du Togo afin de retrouver l’unité nationale d’action et                             justifier une alternance par un projet commun ;

1.9          d’opter pour des séries de mobilisations pacifiques pour exiger le report de toutes élections avec comme objectif principal d’imposer                  des réformes électorales et institutionnelles pour l’organisation d’élections libres et transparentes permettant au Peuple togolais de                        retrouver la confiance avec ses dirigeants et de pouvoir les choisir librement sur la base de la vérité des urnes ;

1.10       de faire appel à la partie des forces armées républicaines, amies du Peuple togolais, de ne plus tourner les armes contre le citoyen                        togolais, mais au contraire, de mettre fin à l’arbitraire au sein de l’armée et de protéger le Peuple togolais ; et enfin

1.11       d’opter pendant les phases délicates de la transition, pour une approche démocratique qui devrait démarrer avec une Assemblée                            constituante, dite la « Constituante du Peuple togolais ».

En définitive, il ne pourra pas y avoir d’alternative politique au Togo sans l’organisation du processus électoral permettant l’expression sans entraves de la vérité des urnes. . Le problème est que 80 % des responsables dits de l’opposition togolaise veulent aller à des élections de la contrevérité des urnes !
Le Peuple togolais indépendant doit trancher ce débat !

Le 13 octobre 2019.

La Direction du :

Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et du

Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA)

Comité de Rédaction RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA :

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO

Jean Pierre Akoété BALIKPO

Dr. Ernesto D’ALMEIDA

Mathieu D’ALMEIDA

François FABREGAT

Apelete Félix KODJO

Antoine Koffi OKOUTA

Dr. Antoine RANDOLPH

Contact et Coordination : info@cvu-togo-diaspora.org et rcdti@cvu-togo-diaspora.org

Note : Toutes les personnalités ou associations qui souhaitent être signataires des textes de RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA peuvent le faire en écrivant par courrier électronique à l’adresse ci-dessous. Ils ou elles auront l’occasion de participer à l’une ou l’autre des téléconférences fondant notre démocratie participative et proposer des solutions dans le cadre du projet commun de société pour l’avenir du Togo.       

Contact : info@cvu-togo-diaspora.org qui transmettra   

Notes:

  1. Bain, O. (1998). « L’état du monde 1981 – 1998. Afrique. Histoire, Economie et Politique ». In Afrique Pluriel. Mise en ligne par Jean-Marc Liotier. Accédé le 2 octobre 2019. Voir http://afriquepluriel.ruwenzori.net/togo-83-97.htm ; « Le mécontentement provoqué par les conséquences de la forte inflation (35,9%) qui a suivi la dévaluation du franc CFA (12 janvier 1994), ainsi que par les retards dans le versement des traitements et les difficultés quotidiennes croissantes n’a pas déclenché de mouvement de la part d’une population encore marquée par l’échec de la grève générale de neuf mois, qui avait été lancée en novembre 1992 par la Confédération des syndicats indépendants ». 
  2. Agbobli,A. K. (2007). « Togo : L’accord politique globalL’accord de la dernière chance pour le Togo », in Afrology.com.  8 septembre 2007, https://www.afrology.com/?p=8955 . Voir aussi Jean-Baptiste DZILAN, alias Dimas DZIKODO, « Togo : accord politique global : Chirac veut aller vite pour sauver le pouvoir de Faure », in survie.org, 1er septembre 2006, https://survie.org/billets-d-afrique/2006/150-septembre-2006/article/togo-accord-politique-global 
  3. Assemblée Nationale (2019). « LOI PORTANT MODIFICATION DES DISPOSITIONS DES ARTICLES 13, 52, 54, 55, 59, 60, 65, 75, 94, 100, 101, 104, 106, 107, 108, 109, 110, 111, 115, 116, 117, 120, 125, 127, 128, 141, 145, 155 et 158 DE LA CONSTITUTION DU 14 OCTOBRE 1992 » adoptée le 8 mai 2019. Assemblée Nationale togolaise. Accédé le 2 octobre 2019. Voir http://www.assemblee-nationale.tg/images/LOI%20ADOPTE%20AN.pdf 
  4. Assemblée Nationale, « Loi relative à la sécurité intérieure » adoptée le 7 aout 2019.  Accédé le 2 octobre 2019. Voirhttp://www.assemblee-nationale.tg/images/scurit%20intrieure.pdf 
  5. Mouvement EN AUCUN CAS (2019). « Communiqué relatif à l’interdiction des réunions du PNP et du Front citoyen Togo debout ». In m.facebook.com. 6 octobre 2019. Accédé le 7 octobre 2019. Voir https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=577698319432948&id=205337933335657 
  6. Mouvement EN AUCUN CAS (2019). « Affaire Foly SATCHIVI : le Mouvement En Aucun Cas appelle Faure à emboîter le pas à Paul BIYA », in Facebook.com. 6 octobre 2019. Accédé le 7 octobre. Voir https://www.facebook.com/enaucuncas/?hc_ref=ARRNWVFK5bLRZMcWtVjM1Z9JlR88G0f9VJaoN8SexkgsNpeAI270hW2dGHgiRGT-0M0&fref=nf&__xts__[0]=68.ARDO20lp0GPPX0PK5AO63kIfzLMrvFOE3zNXHomKxGgqLYQibBoyjZqy0YY3_J0jOzFbDNzqaGWzgdwQvq0Fe0mLiGqPKh6G5Jhc60YNh-Q6cHFOFAt6279pLC1PKdlxXt6RfXuNK3yz9wIrF4hc_dbRIUK3C5dMSOKTNOnAKJA4Bx1YItQTJnKJIsLVdK_EmHOXqWsuci11rSKppMepUpKnjXVPJdEERaXFnVQRJ9oq7Osu4DTEgGLqzYeSxmhU__CFgdHMb_y5g7KjDFrLo3QSomVKxig_RAIV7ffa2k8Lmx-2MTKtdGQ9xDaq-dUoZv1A-Q8slU-tb5zYE7cZxN0&__tn__=kC-R 
  7. FIDH (2005). Mission d’enquête internationale, « TOGO Retour sur la crise togolaise : l’exigence de justice demeure ».  FIDH novembre 2005. Accédé le 2 octobre 2019. Voir https://www.fidh.org/IMG/pdf/Togo433frmodifie3.pdf 
  8. BIGOT, L. (2016).  « Côte d’Ivoire : mais qui a gagné la présidentielle de 2010 ? ». In Le Monde. 19 mai 2016. Accédé le 2 octobre 2019, Voir https://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/05/27/cote-d-ivoire-mais-qui-a-gagne-la-presidentielle-de-2010_4927642_3212.html 
  9. XINHUA (2019).  « Togo : des partis d’opposition demandent la supervision de l’ONU pour la présidentielle de 2020 ». In Xinhuanet.com. 4 octobre 2019. Accédé le 10 octobre 2019. Voir http://french.xinhuanet.com/2019-10/04/c_138447501.htm 
  10. Kamako, L. (2019). « Togo : En sit-in à Lomé, Mgr Kpodzro appelle la France à agir ». In Togobreakingnews.info. 11 octobre 2019. Accédé le 11 octobre 2019. Voir https://www.togobreakingnews.info/index.php/politique/item/4949-togo-en-sit-in-a-lome-mgr-kpodzro-appelle-la-france-a-agir 
  11. Sánchez López, G. (1993). Les chemins incertains de la démocratie en Amérique Latine. Ed. L’Harmattan :  Paris, p. 14. 
  12. Loada, A. & Wheatley, J. N. (sous la Direction de) (2014). Transitions démocratiques en Afrique de l’Ouest. Processus constitutionnels, société civile, et institutions démocratiques. Editions L’Harmattan : Paris. 

                                                        

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