François FABREGAT
Abonné·e de Mediapart

239 Billets

0 Édition

Billet de blog 16 nov. 2021

François FABREGAT
Abonné·e de Mediapart

Perquisition au domicile de Kpatcha Gnassingbé énième traumatisme pour la famille

Le quotidien Liberté relate l’encerclement et le bouclage dès l'aube imposé par les forces de l'ordre le samedi 30 octobre 2021, à plusieurs quartiers de Lomé de la zone de Kégué. Les populations ignorant les réels motifs de cet état de siège de plusieurs heures, soit une énième perquisition du domicile de Kpatcha Gnassingbé, ont subi dans certains cas des brutalités et intimidations.

François FABREGAT
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

INOPINEE PERQUISITION AU DOMICILE DE KPATCHA GNASSINGBE

ENIEME TRAUMATISME PSYCHOLOGIQUE POUR LA FAMILLE DU DEPUTE DE LA KOZAH

Kpatcha Gnassingbé

Samedi 30 octobre 2021, de nombreux quartiers de Lomé dans la zone Kégué ont été encerclés dès l'aube par les forces de l'ordre. Les populations n'ont su en réalité ce qui se passait qui leur valait des heures durant cet état de siège avec brutalités et intimidations par endroits.

« J'avais rendez-vous très tôt dans la localité de Massohoin, je fus surpris par le déploiement massif des forces de l'ordre qui m'ont fouillé à chaque étape tout au long du parcours sans que je ne sache ce qui se passait en réalité », a confié un homme.

Une jeune femme surprise et en colère témoigne : « Je devrais aller au marché de Hédzranawoé, mais j'ai dû retourner à la maison ne supportant plus cette brutalité si coutumière chez les militaires togolais ».

Pour perquisitionner chez une seule personne, plusieurs quartiers sont assiégés. Selon les informations, un gendarme a été retrouvé mort à l'arrière-cour du domicile de l'ancien ministre de la défense, Kpatcha Gnassingbé lui-même en prison depuis bientôt 13 ans et hospitalisé depuis plus de 4 mois au pavillon militaire du CHU Tokoin. C'est la mort d'un gendarme qui a valu ce zèle des heures durant traumatisant d'une part les populations et de l'autre, la famille de Kpatcha Gnassingbé.

En effet, des gendarmes sont souvent détachés pour, dit-on, assurer la sécurité des lieux. Selon nos sources, « leur présence n'est pourtant pas indispensable. La plupart du temps, ça cause, ça joue, ça drague. La problématique de se passer de leur service est tout un dilemme dans le contexte particulier où tout est vu comme une insubordination pouvant exposer à une réelle insécurité ». Autrement dit, faut-il se passer de leur service ou ne pas ? Tel est le nœud gordien.

Le 30 octobre, dans la matinée, les forces de l'ordre font irruption au domicile de Kpatcha Gnassingbé pour une perquisition qui a duré près de 08 heures d'horloge. Chaque coin et recoin de la maison a été fouillé. Résultats des fouilles, quelques pétards et des jouets pour enfants emportés.

Pour rappel, Kpatcha Gnassingbé est accusé par le régime togolais d’avoir fomenté un coup d'état et condamné à 20 ans de réclusion criminelle. Mais la Cour de justice de la CEDEAO a battu en brèche le verdict de non droit de la justice dépendante du Togo. De plus, la détention arbitraire est attestée par le groupe de travail des Nations Unies mais le plus célèbre des détenus est toujours aux mains de ses ravisseurs depuis plus de 12 ans dans un état de santé préoccupant. C'est dans ce contexte que le décès de Sambiéni Naouma, Maréchal des logis a été signalé à son domicile. Comment est-il mort ? Aux autorités du pays de trouver les réponses même si la plupart des enquêtes ouvertes, n’ont jamais été fermées ni résolues. Une chose est indéniable, Kpatcha Gnassingbé n'a pas le don d'ubiquité pour se retrouver à son domicile et à son lieu d'hospitalisation au même moment ; au cas où on voudrait lui imputer un meurtre, dans un pays où les montages sont des jeux d'enfants.

Victime collatérale depuis le début de cette histoire digne d'une plaisanterie de mauvais goût, son frère jumeau Toyi Gnassingbé a vu également son domicile encerclé le même jour.

« Pourquoi tant de persécutions ? Qu'est-ce qu'un frère puisse commettre comme faute pour mériter ces traitements ? Le traumatiser sans épargner sa femme, ses enfants et ses proches ? » S'est interrogée, hébétée, une octogénaire commentant l'impressionnant déploiement observé samedi dernier.

En bientôt 13 ans de détention arbitraire, c'est la cinquième perquisition effectuée soit en moyenne une perquisition tous les deux ans. L’Etat du Togo, tout en ratifiant tous les protocoles et traités des Nations Unies, trouve toujours le moyen de rester au-dessus des décisions supra qui s'imposent à lui, comme la libération de Kpatcha Gnassingbé ou son évacuation sanitaire pour des motifs humanitaires pourtant évidents.

K.A.

Liberté

Source : Liberté 

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Viols, tortures et disparitions forcées : en Iran, dans le labyrinthe de la répression
Pour les familles, l’incarcération ou la disparition d’un proche signifie souvent le début d’une longue recherche pour savoir qui le détient et son lieu de détention. Le célèbre rappeur Toomaj, dont on était sans nouvelles, risque d’être condamné à mort.
par Jean-Pierre Perrin
Journal — Outre-mer
Karine Lebon, députée : « Ce qui se passe à La Réunion n’émeut personne »
La parlementaire de gauche réunionnaise dénonce le désintérêt dont les outre-mer font l’objet, après une semaine marquée par le débat sur les soignants non vaccinés et le non-lieu possible sur le scandale du chlordécone. 
par Mathieu Dejean et Pauline Graulle
Journal
Loi « anti-squat » : le gouvernement se laisse déborder sur sa droite
En dépit de la fronde des associations de mal-logés et l’opposition de la gauche, l’Assemblée a adopté la proposition de loi sur la « protection des logements de l’occupation illicite » à l’issue d’un débat où le texte a été durci par une alliance Renaissance-Les Républicains-Rassemblement national.
par Lucie Delaporte
Journal — Asie et Océanie
Après les inondations, les traumatismes de la population du Pakistan
Depuis 2010, des chercheurs se sont intéressés aux effets dévastateurs des catastrophes naturelles, comme les inondations, sur la santé mentale des populations affectées au Pakistan. Un phénomène « à ne surtout pas prendre à la légère », alerte Asma Humayun, chercheuse et psychiatre à Islamabad.
par Nejma Brahim

La sélection du Club

Billet de blog
L’aquaculture, une promesse à ne surtout pas tenir
« D’ici 2050, il nous faudra augmenter la production mondiale de nourriture de 70% ». Sur son site web, le géant de l’élevage de saumons SalMar nous met en garde : il y a de plus en plus de bouches à nourrir sur la planète, et la production agricole « terrestre » a atteint ses limites. L'aquaculture représente-elle le seul avenir possible pour notre système alimentaire ?
par eliottwithonel
Billet de blog
Et pan ! sur la baguette française qui entre à l’Unesco
L’Unesco s’est-elle faite berner par la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française ? Les nutritionnistes tombent du ciel. Et le pape de la recherche sur le pain, l’Américain Steven Kaplan s’étouffe à l’annonce de ce classement qu’il juge comme une « effroyable régression ». (Gilles Fumey)
par Géographies en mouvement
Billet de blog
Pesticides et gras du bide
Gros ventre, panse,  brioche,  abdos Kro, bide... Autant de douceurs littéraires nous permettant de décrire l'excès de graisse visible au niveau de notre ventre ! Si sa présence peut être due à une sédentarité excessive, une forme d'obésité ou encore à une mauvaise alimentation, peut-être que les pesticides n'y sont pas non plus étrangers... Que nous dit un article récent à ce sujet ?
par Le Vagalâme
Billet de blog
La baguette inscrite au patrimoine immatériel de l'humanité
La baguette (de pain) française vient d’être reconnue par l’UNESCO comme faisant partie du patrimoine immatériel de l’humanité : un petit pain pour la France, un grand pas pour l’humanité !
par Bruno Painvin