TOGO : La troisième voie, l’alternative du peuple victime

COMMUNIQUÉ CONJOINT DU 17 mars 2020 ADRESSÉ AU PEUPLE TOGOLAIS RÉSEAU DE LA COORDINATION DE LA DIASPORA TOGOLAISE INDÉPENDANTE (RCDTI) ET COLLECTIF POUR LA VÉRITÉ DES URNES - TOGO - DIASPORA (CVU-TOGO-DIASPORA)

Togo, La troisième voie, L'alternative du Peuple victime Togo, La troisième voie, L'alternative du Peuple victime

Au Togo, le dévoiement pérenne de la démocratie a permis une nouvelle fois à l’illégalité de se confondre avec la « légitimité » électorale, au point que l’abus du droit et de pouvoir impose aujourd’hui un 4e mandat au bénéfice exclusif de Faure Gnassingbé, un citoyen rejeté par la grande majorité du Peuple togolais. Le mode de contestation privilégié par les dirigeants des partis politiques et une partie du peuple ne peut s’exercer au sein du parlement issu d’un scrutin déjà vicié en décembre 2018, et depuis cette époque encore moins dans la rue, complètement sous contrôle des forces militaires empêchant toute velléité de manifestation pacifique de l’opposition. Il n’existe plus au Togo d’espace public permettant le débat politique libre et contradictoire vecteur essentiel de la démocratie ! Aussi, la voie du recours juridique pour faire condamner devant les tribunaux supranationaux le non-respect des droits humains et la contre-vérité des urnes est une option qui ne doit pas être négligée.

Toutefois, les turpitudes du peuple togolais ou la tromperie des partis politiques alimentaires ont contribué à retarder la vitesse de progression du marathon démocratique engagé depuis de 1967 au Togo. Il importe donc de s’organiser collectivement, et de contribuer financièrement pour faire sanctionner le non-respect des droits du peuple togolais victime, droit inscrit dans la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples, dont le Togo est signataire. Les éléments sont factuels car l’état des droits humains au Togo est déplorable. Aussi, il est suggéré de donner la chance à l’avènement d’une troisième voie, la voie de l’alternance. Pour ce faire, RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA et tous ceux qui voudront se joindre à ce mouvement citoyen sollicitent le Peuple togolais et sa diaspora et l’invitent à mettre la main à la poche pour soutenir toutes les victimes de violences du système parricide des Gnassingbé.

1 - LÉGALITÉ OU LÉGITIMITÉ AU TOGO : L’ABUS DU DROIT POUR IMPOSER FAURE GNASSINGBÉ

L’élection présidentielle du 22 février 2020 au Togo s’est caractérisée par une confusion sur les chiffres annoncés de part et d’autre. De ce fait, comme lors de chaque élection au Togo, le problème de la légalité et la légitimité du pouvoir a été rouvert. En effet, le régime Gnassingbé a systématiquement refusé de procéder au comptage des bulletins, bureau de vote par bureau de vote. Pourtant, seul un décompte contradictoire dans chaque bureau aurait permis définitivement d’harmoniser la réalité de la légitimation du régime Gnassingbé avec la légalité de ce régime. Hélas, en application de la pratique habituelle du régime RPT/UNIR, désormais bien rodée, l’élection présidentielle 2020 a donné lieu à une proclamation unilatérale des résultats provisoires par la Commission électorale nationale indépendante et leur confirmation par la Cour constitutionnelle.  Ainsi, de ce fait, hors de toute pratique démocratique, le Togo se retrouve avec un candidat désigné unilatéralement vainqueur par la Cour constitutionnelle, mais dans les faits non élu Président de la République. Une Cour constitutionnelle dont il faut rappeler le caractère illégal et anticonstitutionnel. Dans le même temps une partie importante du Peuple togolais, continue, sans manifestation dans la rue, à clamer que le candidat dit « unique », parmi les six autres candidats malheureux à cette élection, serait le président du Togo. Ce dernier a d’ailleurs désigné un Premier ministre, lequel a déjà à son tour désigné un ministre des affaires étrangères, tous deux résidant à l’étranger.

Néanmoins la légalité autoproclamée du système Gnassingbé, mais non-réelle en regard l’absence totale de transparence de l’élection présidentielle du 22 février 2020, ne permet pas de lever le voile sur les nombreuses zones opaques du dernier scrutin. Notamment quant aux règles de fonctionnement contradictoire, tant des bureaux de vote, que des Commissions électorales locales indépendantes, de la Commission électorale nationale indépendante. Pire encore, lorsque est abordé le cas de la Cour constitutionnelle, qui a structurellement exclu les 2 membres du Sénat togolais encore inexistant, et se permet de prendre des décisions à partir d’un quorum ne respectant pas les termes et obligations imposés par la dernière révision constitutionnelle. Ce point fera l’objet d’un recours auprès des juridictions de l’Union africaine afin qu’une jurisprudence claire puisse être élaborée et empêcher les nombreuses manipulations unilatérales du système au pouvoir pour imposer la légitimité politique par la fausse légalité institutionnelle. La Cour constitutionnelle a sciemment entériné la manipulation les résultats. Elle est dans l’incapacité de fournir les preuves tangibles et irréfutables des résultats électoraux qu’elle a proclamés. Pas davantage le score réel du candidat Faure Gnassingbé que celui de chacun des autres candidats. Les résultats ont été proclamés à partir de procès-verbaux pré-imprimés, souvent non signés par les autres candidats et surtout non-conformes avec le comptage dans les bureaux de vote.

Malgré cela, la Cour Constitutionnelle a été obligée de revoir sa copie en proposant de nouveaux chiffres, présentés comme des rectificatifs [[i]], sans que personne ne puisse vérifier leur authenticité. Il y a manifestement une accumulation de vices de forme et de procédure que les juridictions compétentes de l’Union africaine et de la CEDEAO devront clarifier.

Ainsi, devant une telle accumulation d’irrégularités, il parait sensé et légitime pour n’importe quel citoyen démocrate de notre pays, de considérer qu’il n’y a à ce jour aucun nouveau Président légal, ni légitime au Togo. Les conditions de transparence et d’égalité des citoyens devant la loi ont été transgressées ! Sans omettre de rappeler les nombreux abus contre les droits de l’homme et des peuples qui devraient conduire les juridictions compétentes à exiger l’annulation pure et simple de ces élections afin de permettre à tous de compétir dans des conditions équitables. Devant l’impossibilité totale d’expression de la Vérité des Urnes le 22 février 2020, si l’insincérité des résultats proclamés ne permet pas de dire que Faure Gnassingbé est vainqueur du dernier scrutin, elle ne permet pas davantage d’affirmer que la victoire revient à un tel ou à un tel, compte tenu de l’ampleur de la fraude électorale et de son mode opératoire et de l’unilatéralisme dans la proclamation des résultats impossibles à justifier et à contrôler.

2 - ENFIN UNE CONTESTATION JURIDIQUE DE LA CONTRE-VÉRITÉ DES URNES DEVANT UN TRIBUNAL

Chaque citoyen sérieux et démocrate devrait valoriser la mémoire et saluer le courage des nombreux responsables de partis politiques indépendants du pouvoir de Faure Gnassingbé qui ont refusé de participer à la dernière mascarade électorale. Logiquement ils devraient désormais refuser de soutenir certains partis politiques alimentaires qui tout en sachant que les conditions de la vérité des urnes n’étaient pas réunies ont persisté à participer à ces élections, mus par un seul souci, gagner de l’argent et s’enrichir personnellement. Les intérêts du peuple togolais ne sont pas au centre des préoccupations de ceux-là ! Surtout quand on connait les aptitudes de certains, qui en rangs dispersés acceptent de travailler la nuit avec des forces ésotériques, espérant s’assurer un rôle dans le prochain gouvernement dit « inclusif », dès lors qu’ils auront fait allégeance à Faure Gnassingbé et son système militaro-civil-ésotérique.

Seul le parti Alliance nationale pour le Changement (ANC) de Jean Pierre Fabre, avec un score « imposé » de 4,68 % des votants, a choisi de contester les résultats au plan légal en adressant un recours auprès de la cour de justice de la Communauté économique et de développement des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). La décision attendue de cette Cour de justice n’est pas suspensive. Mais le fait que cette Cour de Justice de la CEDEAO soit essentiellement composée d’un personnel juridique ayant souvent des liens ésotériques avec l’oligarchie au pouvoir au Togo, pourrait rendre difficile l’obtention d’une décision radicale de sa part.  Surtout lorsque les instances politiques cette même institution viennent régulièrement au Togo, de manière officielle, donner leur aval à la contre-vérité des urnes. Quelle honte ! Comment s’étonner ensuite que les pays occidentaux expliquent qu’il est impossible d’avoir une décision de justice effective dans certains pays africains.

Il est vrai que le syndicat des chefs d’Etat de la francophonie, élargi au Ghana, a du mal à se regarder dans le miroir de la vérité des urnes au Togo. À ce propos, nous observerons avec intérêt le commentaire de l’organisation internationale de la francophonie sur l’élection présidentielle 2020, qui pour l’instant a préféré le silence face à l’imbroglio électoral et l’hypocrisie des dirigeants africains. Avec comme point d’orgue l’attitude de l’ex-président malgache, Hery Rajaonarimampianina qui est venu au Togo mettre un terme à son chômage partiel, en empochant des honoraires mirobolants payés par la Commission de l’Union africaine, pour demander au Peuple togolais d’accepter ce dont il était déjà contraint de s’accommoder par la force : la contre-vérité des urnes. Encore de l’argent des Africains pour payer la retraite de chefs d’Etat qui ont choisi de ne pas aller au paradis !

Charte Africaine des Droits de l'homme et des peuples, adoptée à Nairobi au Kenya, en juin 1961 par la dix-huitième conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement de l'Organisation de l'Unité Africaine Charte Africaine des Droits de l'homme et des peuples, adoptée à Nairobi au Kenya, en juin 1961 par la dix-huitième conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement de l'Organisation de l'Unité Africaine

3 - TURPITUDES DU PEUPLE TOGOLAIS OU TROMPERIE DES PARTIS POLITIQUES ALIMENTAIRES ?

Mais pourquoi au cours de la période pré-électorale, le Peuple togolais a-t-il :

  • Refusé de lutter pour suspendre les élections et imposer par la désobéissance civile et pacifique la réalisation des réformes électorales, institutionnelles et constitutionnelles afin d’assurer la transparence totale des résultats électoraux ;
  • Accepté la participation au scrutin d’opposants alimentaires qui n’ont pas de plan B, sauf peut-être celui de renégocier des postes avec Faure Gnassingbé, les militaires et l’oligarchie ésotérique jusqu’en 2025 ;
  • Feint de croire que l’opposition togolaise institutionnelle ne peut pas avoir d’amis dans une armée togolaise clanique, adepte de l’impunité et de nombreux assassinats, de kidnappings, d’arrestations arbitraires, d’emprisonnements illégaux et abus des droits humains, alors que cette armée a systématiquement toujours travaillé contre le Peuple togolais ;
  • Omis d’alerter le citoyen Mgr Fanoko Philippe Kossi Kpodzro, sur le fait qu’une alternance politique au Togo ne peut se faire uniquement sur la base d’une foi inébranlable en un candidat déclaré « unique » parmi six, sans consensus ? Il aurait été judicieux de prendre le temps pour choisir une candidature commune, comme l’avaient recommandé à plusieurs reprises, RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA, à partir d’une procédure transparente et intégrant plus de personnalités indépendantes de Faure Gnassingbé. Mais plus important, il fallait aussi veiller à mettre en œuvre les œuvres et la volonté de Dieu et moins la volonté des humains et plus particulièrement celles et ceux au Togo et dans la Diaspora qui ont vraisemblablement aussi mal conseillé le prélat ;

Il est souvent difficile de rattraper rapidement les erreurs stratégiques passées. Mais rien n’est impossible au Peuple togolais s’il comprend qu’il y a collusion entre le pouvoir RPT/UNIR et :

  • le système oligarchique de Faure Gnassingbé ;
  • les militaires claniques se présentant comme des forces de sécurité ;
  • certains opposants alimentaires non-indépendants de Faure Gnassingbé ;
  • certains ecclésiastiques de toutes obédiences, plus dépendants de Faure Gnassingbé que de Dieu ;
  • une partie de ce Peuple togolais et sa Diaspora alignée, qui préfère monnayer son soutien contre une somme d’argent ridiculement dérisoire (entre 2000 FCFA et 5 000 FCFA) pour rejeter la culture de résistance nécessaire pour réussir toute alternance. Surtout dans un pays dominé depuis 53 ans par un régime dictatorial devenu autocratique, grâce à l’appui d’une puissance postcoloniale que le coronavirus (COVID-19) tente de raisonner pour laisser le Peuple togolais choisir ses dirigeants selon la vérité des urnes.

Quand la communication du système de Faure Gnassingbé et de ses agents, est non seulement insuffisante pour cacher l’impunité et que les militaires, la police, la gendarmerie, les douaniers, les juges et les milices étrangères, sont structurellement organisés pour ne pas enquêter, ne pas poursuivre, ne pas inculper, ne pas accuser, ne pas condamner, bref ne rendre la justice que de manière discriminatoire aux dépens du Peuple togolais, le temps est venu que la sanction vienne aussi d’ailleurs, là où l’hypocrisie collective n’a pas sa place. Les tribunaux de l’Union africaine seront appelés à statuer et à dire le droit et la vérité. A défaut, des juridictions supranationales seront instruites, pour qu’enfin le droit à l’ingérence humanitaire en faveur du Peuple togolais soit reconnu face à la collusion du mal, politique, électorale et juridique, qui gangrène ce pays.

4- FAIRE SANCTIONNER LE NON-RESPECT DES DROITS DU PEUPLE TOGOLAIS VICTIME

S’il est impossible au Togo de choisir librement ses propres dirigeants, car dans les faits interdit de faire triompher la vérité des urnes, il faut reconnaître que le système de Faure Gnassingbé s’est fait une spécialité dans le non-respect de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

Le respect de l'intégrité de la personne, y compris la liberté d’aller et venir librement sur tout le territoire, est complètement muselé au Togo. La situation est tellement prégnante que le droit à l’ingérence humanitaire pourrait advenir comme une forme nouvelle de coopération, initiée par une partie de la communauté internationale qui n’est pas alignée sur Faure Gnassingbé, au détriment de celle qui l’utilise comme un préfet postcolonial. Malgré le constat acté dans de multiples rapports, de nombreux abus relatifs au non-respect des droits humains et des droits du peuple du Togo, il reste extrêmement difficile du fait des menaces et intimidations de la force publique dévoyée au service exclusif du pouvoir RPT/UNIR, de recueillir les éléments de preuves pour soutenir un recours contentieux devant les juridictions nationales, voire régionales, africaines et internationales.

La réalité est que ce Gouvernement fait disparaitre des preuves, voire soudoie les familles pour que même des certificats de décès ne soient pas délivrés. Dans les cas d’assassinats, les familles éplorées sont d’abord menacées puis sont gratifiées de quelques millions de Francs CFA pour acheter leur silence. Dans le cadre des incendies des marchés de Lomé et de Kara, aucune plaine officielle de la part des victimes n’a encore été déposée tant le système est verrouillé. Les privations arbitraires de la vie et autres homicides illégaux ou à motivation politique sont légion et demeurent impunis. Les disparitions ne font jamais l’objet d’un rapport ou d’un recensement. Ainsi, elles sont censées ne pas exister. Les tortures et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants y compris les conditions déplorables de détention dans les prisons et les centres de détention, les attouchements et viols des femmes, parfois de grand-mères, venant visiter leurs enfants détenus illégalement pour leur apporter de la nourriture ou des médicaments, sont passés sous silence. Les conditions de détention sont inhumaines et conduisent régulièrement à des décès non enregistrés, principalement du fait de la mauvaise alimentation, de la promiscuité, du surpeuplement, de conditions sanitaires déplorables, des maladies et d'une alimentation volontairement malsaine. Il suffit de se référer au dernier rapport de 2019 sur l’état des droits humains au Togo réalisé par le Département d’Etat des Etats-Unis sur le Togo [[ii]].

US Department of State, 2019, Country Reports on Human Rights, Practices Togo US Department of State, 2019, Country Reports on Human Rights, Practices Togo

5- L’ETAT DES DROITS HUMAINS AU TOGO : DÉPLORABLE

Les arrestations et détentions arbitraires sont légion alors que la Constitution togolaise l’interdit. Les contestations devant des tribunaux, où la séparation des pouvoirs entre l’exécutif et le judiciaire relèvent de la connivence ou de la farce, font que la loi togolaise est une loi d’exécution de l’arbitraire. La loi autorise les juges, les hauts responsables de la police, les préfets et les maires à émettre des mandats d'arrêt et l’omerta domine quand ces mandats, vrais, faux ou imaginaires, suffisent pour kidnapper des citoyens libres. Selon le rapport américain sur les droits de l’homme, les personnes en détention préventive ou provisoire totalisaient en 2019, près de 3 386 détenus, soit 64 % de la population carcérale totale, pour une durée de détention de plus de six mois, comme si elles avaient été jugées et condamnées [[iii]]. La capacité d'un détenu à contester la légalité de sa détention devant un tribunal est hypothétique, voire nulle. Le pouvoir judiciaire ne respecte pas les dispositions inscrites dans la loi.

Les procédures et recours judiciaires sont donc souvent de « façade », comme au demeurant la démocratie de façade du système militaro-civilo-ésotérique des Gnassingbé. Les interférences arbitraires ou illicites avec la vie privée, la famille, le domicile ou la correspondance ne sont que des excroissances des abus de droit et de pouvoir.

De manière générale, le respect des libertés publiques et de la liberté d’expression fonctionnent sur la base de l’auto-censure. Ceux qui contestent le plus, savent souvent que la contestation est inversement proportionnelle à leur capacité à mettre en cause le système de Faure Gnassingbé, quand ils ou elles ne sont pas que des agitateurs concourant à donner l’illusion de la liberté de la presse.

Bref, la conséquence est que les menaces d’arrestation ou de détention arbitraire suffisent souvent pour décourager et empêcher les initiatives. Les marches post-électorales ont été supprimées souvent du fait de menaces réelles, par exemple lorsque les militaires encerclent les maisons des « leaders politiques ou d’opinion » ou encore par l’annonce d’un vrai faux cas de « coronavirus » au Togo.

Au plan de la liberté de déplacement des populations à l’intérieur du pays, la police de la circulation et les gendarmes arrêtent systématiquement les automobilistes, les « zémidjans » taxi-moto, mais aussi les citoyens motorisés, sur des motifs fallacieux, inventés, ou sur la base d’accusations fabriquées, en référence à un code de la route imaginaire afin d'obtenir les fruits de la corruption de proximité. En fait un véritable racket, une arnaque de petit niveau qui freine d’ailleurs le commerce intérieur et la libre-circulation des biens, des personnes et du capital, alors que le régime politique des Gnassingbé s’affirme et se reconnaît comme « capitaliste ».  

Plusieurs enquêtes internationales et non gouvernementales sur les allégations de violations des droits de l'homme ont été entreprises. Lorsqu’il y a confrontation ou même condamnation de l’Etat, les autorités togolaises s’efforcent, souvent à l’amiable de solder le contentieux par le paiement d’argent afin de mettre fin à l’accusation. Mais l’exécution du paiement est souvent partielle et partiale.

La Ligue togolaise des droits de l'homme (LTDH [[iv]]) a fait état d'intimidations et de menaces à l’égard de ses membres, dans l'exercice de leurs fonctions, notamment en période électorale. De nombreux membres des organisations non gouvernementales sont en fuite. Mais sans plaintes ou avec des plaintes disparues au niveau des centres de justice, il est difficile de comptabiliser les multiples non-respects de l’Etat togolais face à son engagement de respecter la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples [[v]].

Les organes gouvernementaux des droits de l'homme - notamment le comité permanent des droits de l'homme qui existe au sein de l'Assemblée nationale - sont totalement inféodés au pouvoir central et ne sont donc pas impartiaux ni indépendants. Ils ne peuvent offrir au Peuple togolais la garantie d’un jugement indépendant. La Commission nationale des droits de l'homme (CNDH) est l'organisme gouvernemental chargé d'enquêter sur les allégations de violations des droits de l'homme. Elle travaille pour donner une image internationale policée du régime en masquant la violence cachée et sournoise du système politique du RPT/UNIR et de Faure Gnassingbé. Dans le but évident de tenter d’éviter les poursuites et les plaintes au niveau supranational.

Au final, l’état des droits humains au Togo est lamentable et même déplorable, indigne de la démocratie et de l’Etat de droit ! Cela doit se corriger.

Ligue Togolaise des Droits de l'Homme, Libres et égaux en droit... Ligue Togolaise des Droits de l'Homme, Libres et égaux en droit...

6 - VERS LA TROISIÈME VOIE, LA VOIE DE L’ALTERNANCE

La lutte pour l’alternance au Togo doit passer par une troisième voie, celle-ci doit démarrer avec l’affirmation de la vérité face à la justice. Le Togo doit être sanctionné pour le non-respect des droits du peuple togolais victime. La responsabilité de l’Etat et du Gouvernement togolais doivent être engagées.

Le système politique du Togo, celui des Gnassingbé, du RPT/UNIR, de certains militaires non-républicains, s’est globalement organisé pour ne jamais avoir à rendre de comptes à son Peuple, en organisant l’impunité. Le déséquilibre léonin du rapport de force qui en découle ne pourra jamais permettre une alternance pacifique sur la base de la vérité des urnes. Cela doit changer. En ne signant pas le traité de Rome, l’Etat togolais s’est organisé pour que ses représentants, politiques, militaires, comme civils, ne puissent jamais faire l’objet d’une accusation, encore moins d’une condamnation devant la Cour pénale internationale. Ce qui est un calcul à court terme, voire un mauvais calcul, car en cas de renversement de régime et d’instauration de la démocratie, la constitution du Togo n’interdit pas à une juridiction nationale de se déclarer compétente pour juger des atteintes aux droits humains et des crimes commis sur son territoire.

En l’état actuel, la répression sauvage et l’impunité qui la couvre et la protège, sont devenues le carburant qui alimente le moteur qui fait fonctionner ce régime autocratique. C’est ainsi que les violations de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples sont légion mais rarement constatées.

RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA ainsi que toutes associations ou individus qui souhaitent se porter « partie civile », sont invités à se rapprocher de nous : écrire à info@cvu-togo-diaspora.org. Tous les cas individuels disposant de preuves matérielles (photos, vidéos, décisions de tribunaux, témoignages écrits ou oraux, textes de loi ambigus, etc.) doivent pouvoir nous être transmis pour étayer et renforcer le recours contre l’Etat togolais, pour immédiatement libérer tous les prisonniers politiques, stopper la répression des populations, lever l’état de siège auquel sont astreintes depuis des mois  certaines localités et villes du Sud au Nord du Togo, renverser le rapport de forces pour le rendre équitable au sein de toutes les institutions de l’impunité pour les mettre effectivement au service du peuple, à commencer par l’anticonstitutionnelle et illégale Cour constitutionnelle.

Si la Première voie, vise Faure Gnassingbé, le RPT/UNIR et leur système d’impunité et d’abus de pouvoir et de droit du régime autocratique de monarchie militaro-civilo-ésotérique, la deuxième voie, que le Peuple togolais semble avoir provisoirement accepté, n’offre guère de perspective de changement et de transformation, lorsqu’elle repose sur la sous-traitance de la volonté du Peuple togolais à des opposants alimentaires, ayant donné la priorité à l’argent et au confort personnel, au détriment de la lutte pour l’alternance.

Aussi, il ne reste que la troisième voie qui suppose au moins cinq (5) étapes interdépendantes :

  • la condamnation de l’Etat togolais pour responsabilité et fautes envers toutes ses victimes du Togo, ce devant des juridictions indépendantes des réseaux du syndicat des chefs d’Etat et des réseaux ésotériques et d’argent ;
  • l’appel à un interventionnisme humanitaire pour une coopération-libération du Peuple victime afin de neutraliser les militaires non-républicains ;
  • les conférences inclusives permettant de retrouver la culture de résistance avec des citoyens togolais engagés et déterminés afin de dégager des candidatures communes sur la base d’un programme crédible, fondé sur l’expertise et le non-alignement sur Faure Gnassingbé et ses réseaux pluriels ;
  • La proposition d’un projet de société commun permettant l’inclusivité et la décentralisation ;
  • La mise en œuvre d’une période de transition politique devant refonder le Togo sur la base de la vérité des urnes.

7 - SOLLICITATION DE RCDTI ET CVU-TOGO-DIASPORA AU PEUPLE TOGOLAIS

RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA réitèrent leur demande de soutien financier auprès de tous citoyens, associations, sociétés, institutions, gouvernements ou même organisations bilatérales et internationales [[vi]], dès lors qu’ils sont indépendants du système de Faure Gnassingbé.

Ce soutien prendra la forme d’une contribution financière variant entre 10 et 400 euros ou plus (soit l’équivalent en dollars des Etats-Unis) afin de s’attacher les services d’un ou plusieurs avocats pour défendre le droit du Peuple togolais à ne plus subir l’impunité, la discrimination, le non-respect des droits humains [[vii]].

Si vous estimez qu’il est nécessaire de faire constater et faire condamner le système RPT/UNIR de Faure Gnassingbé pour violation de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, alors parlez-en autour de vous. C’est une chance et une opportunité de juger du non-respect des droits humains par des juridictions africaines sur le sol africain. Nous attendons donc les éléments de preuves, les témoignages écrits ou oraux, et les noms des associations ou groupes de personnes qui souhaitent se porter « parties civiles » dans le cadre d’un recours de RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA au nom du Peuple togolais, victime du système de non-respect de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.

Merci d’avance. Vous défendez la liberté au Togo, votre liberté et votre droit à l’autodétermination si vous nous soutenez financièrement.

Le 17 février 2020.

La Direction du :

Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et du Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA) en partenariat avec toutes personnalités ou structures de la société civile indépendantes de la mouvance présidentielle au Togo.

Contact et Coordination : info@cvu-togo-diaspora.org  et rcdti@cvu-togo-diaspora.org

NOTES: 

[[i]] Cour Constitutionnelle du Togo (2020). « Décision rectificative de la décision no EP-008/20 du 03 mars 2020 portant proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 22 février 2020 ». Décision no. EP-009/20 du 9 mars 2020. Voici les résultats rectifiés unilatéralement par le système de Faure Gnassingbé, ce sans contrôle, ni vérification bureau de vote par bureau de vote, mais uniquement à partir de Procès-verbaux électroniques remplis souvent à priori et à postériori :

Election présidentielle du 22 février 2020.

  • Nombre d’inscrits : 3.614.056
  • Nombre de votants : 2.769.287
  • Suffrages exprimés : 2.486.876
  1. Faure Gnassingbé – 70,78 %
  2. Agbéyomé Kodjo – 19,46 %
  3. Jean Pierre Fabre - 4,68 %
  4. Aimé Gogué – 2,40 %
  5. George William Assiongbon Kouessan – 0,8 %
  6. Wolou Komi – 1,20 %
  7. Mohammed Tchassona-Traoré – 0,68 %

[[ii]] US Government (2020). Togo 2019 Human Rights Report. United States of America. Country reports. State Department. Washington D.C. Accessed 14 March 2020. From https://www.state.gov/reports/2019-country-reports-on-human-rights-practices/togo/

[[iii]] US Government (2020). Op. Cit.

[[iv]] OMCT (2020). « Togo : Menaces à l’encontre de la Ligue togolaise des droits de l’Homme (LTDH) ». In omct.org. 16 janvier 2020. Organisation Mondiale contre la Torture. Accédé le 15 mars 2020. Voir https://www.omct.org/fr/human-rights-defenders/urgent-interventions/togo/2020/01/d25668/ ; voir aussi le dernier rapport de la LTDH, intitulé « Togo : Torture et simulations d’exécutions sommaires croissent à l’ombre d’une justice injuste ». Accédé le 15 mars 2020. Voir: https://www.icilome.com/logonewsx/userfiles/2019/12/878700-LTDT-RAPPORT-SUR-LES-CAS-DE-TORTURES-ET-DE-VIOLENCES-POLICIERES-AU-TOGO-2019-11.pdf

[[v]] La Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : accédé le 14 mars 2020. Voir : https://www.un.org/fr/africa/osaa/pdf/au/afr_charter_human_people_rights_1981f.pdf

[[vi]] CONTRIBUTION POUR FINANCER LE RECOURS JURIDIQUE : Voir https://cvu-togo-diaspora.org/2020/02/13/mobilisation-du-peuple-togolais-pour-des-recours-juridiques-violation-de-la-charte-africaine-des-droits-de-lhomme-et-des-peuples/17408

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MOTIF : VIOLATION CADHP

AU NOM DE : Dr Yves Ekoué AMAÏZO

Contact & INFORMATION : CVU-TOGO-DIASPORA et RCDTI : ECRIRE À : info@cvu-togo-diaspora.org

Collectif Pour La Vérité Des Urnes - Togo Diaspora et Réseau De Coordination de La Diaspora Togolaise Indépendante. Un accusé de réception sera renvoyé à chaque contributeur. Ceux qui souhaitent rester anonyme peuvent le faire en contactant une personne de RCDTI ou CVU-TOGO-DIASPORA par Email.

[[vii]] Mais les violations des droits humains restent impunies au point qu’un, voire plusieurs hauts responsables de l’armée de Faure Gnassingbé doivent pouvoir s’expliquer sur l’assassinat de citoyens togolais, ou même sur les incendies criminels des marchés de Lomé et de Kara, etc.       

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