TOGO–CJ-CEDEAO : Pourquoi F. Gnassingbé refuse de libérer les prisonniers politiques?
Le samedi 16 mars CODITOGO organisait une conférence sur le thème : Pourquoi Faure Gnassingbé refuse de libérer les prisonniers politiques chez lui au Togo, malgré les décisions de la Cour de justice de la CEDEAO ? Et pourtant il joue les médiateurs pour libérer des prisonniers au Mali et au Niger… ? Nous publions ici les passages marquants des différentes interventions.
Varus SOSOE, Philosophe, Président de la Communauté Togolaise en Suisse (CTS)
Kao ATCHOLI, Président, Association des Victimes de la Torture au Togo (ASVITO)
Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, Directeur général, Collectif pour la Vérité des Urnes Togo-Diaspora (CVU-TOGO-DIASPORA).
Débat avec les internautes : questions/réponses précédées de contribution de 3 à 5 mn de responsables de parti ou d'associations s'il y a lieu.
Résumé : M. Faure Gnassingbé, s’instaure comme médiateur des crises au sein de la CEDEAO, mais ne respecte aucune décision de la CEDEAO : par exemple, le protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance qui promeut l’alternance au pouvoir. Par ailleurs, différentes décisions de la Cour de Justice de la CEDEAO (CJ-CEDEAO) qui demandent la libération des prisonniers politiques au Togo sont restées lettres à ce jour et ne sont toujours pas exécutées… Simple contraste ou hypocrisie diplomatique ?
Intervention écrite du Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, Directeur général, CVU-TOGO-DIASPORA
Remerciements et Note introductive :
Je remercie tous les organisateurs pour avoir remis en première page de l’actualité, le problème des prisonniers politiques au Togo, le refus d’aller vers un amnistie politique partielle que le CVU-TOGO-DIASPORA à proposer à l’Etat togolais et aux organisations internationales et des Etats qui soutiennent l’Etat togolais.
Je salue l’ensemble des panellistes et tous les auditeurs et téléspectateurs. A ce titre, il serait bien que nous puissions activer la caméra pour que l’on puisse voir les têtes de nos sœurs et frères participant à cette vidéo-conférence.
Atteinte au principe de vie
Je partage la position du Philosophe togolais Varus Sosoé et de M. Atcholi-Kao, Président d’ASVITO qui rappellent tous deux le principe premier à savoir : le respect de la vie et la dignité…
C’est le respect de Dieu qui conduit tous êtres humains à privilégier la vie sur la mort, de ce fait, toute représentation de l’ordre au Togo devrait éviter de porter atteinte à la vie, ce qui commence par éviter de porter atteinte à la liberté d’aller et venir à la liberté de réunion et surtout la liberté d’exprimer toutes opinions contraires à celle de ceux du pouvoir.
Si les dirigeants du pouvoir sont des agents du bien et de la vie, ils ne peuvent s’organiser, souvent de manière arbitraire, pour planifier et structurer la privation de la liberté d’autrui et la violation de la vie, avec en filigrane la volonté d’humilier, de punir, de donner des leçons à toutes formes de velléités de résistance et de contestation.
Je rappelle que le Protocole A/SP1/12/01 sur la démocratie et la bonne gouvernance additionnel au Protocole relatif au mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité avait pour objet de servir le Peuple de la CEDEAO et non servir les chefs d’Etat.
Approche en six (6) points
Je voudrais aborder ce thème avec les six points suivants :
Un Etat de droit, un Etat autocratique ou dictatorial, c’est selon. Mais au Togo, il n’y a pas de différence entre la dictature et l’autocratie
Prisonnier politique au Togo
Un déni de justice présenté comme une apparence de justice aux yeux des Occidentaux, notamment ladite communauté internationale, qui brillent par leur silence assourdissant
Les moyens de pression pour libérer les prisonniers politiques ?
Conditions préalables pour agir ?
Les conséquences possibles pour un Gouvernement qui refuse d’exécuter une décision de justice
3.1 Togo, un Etat de non-droit : pas de différence entre autocratie et dictature au Togo
L’État de droit est un système institutionnel fondé sur le respect et la primauté des normes juridiques. Il est bien entendu caractérisé par la soumission de l’État aux règles préétablies de droit, l’égalité de tous les citoyens devant les prescriptions juridiques, la séparation de pouvoir pour assurer une certaine indépendance dans les décisions (exécutif, législatif, judiciaire, médias, société civile), le respect de la hiérarchisation des normes ainsi que la responsabilité des gouvernants devant leurs actes ou décisions. Autrement dit, dans un Etat de droit, il y a un principe de redevabilité (accountability) envers le Peuple à qui appartient le pouvoir.
Or, au Togo, le pouvoir appartient aux « militaires » qui ont installé un civil, Faure Gnassingbé au pouvoir en 2005, suite à un coup d’Etat sanglant, militaire et constitutionnel. L’Etat de droit est en panne au Togo, voire transformé en un Etat de non-droit qui se donne une apparence d’un droit vicié, afin de ne pas subir, les critiques d’une certaine communauté internationale (France, Allemagne, Etats-Unis, Union européenne, Nations Unies, CEDEAO, Union africaine et Organisation Internationale de la Francophonie) …
3.2 Clarifier la définition d'un prisonnier politique
Un prisonnier politique est une personne emprisonnée pour des motifs politiques. Ces motifs peuvent être sujets à des évaluations subjectives pour chaque situation.
Un prisonnier politique est celui qui se voit privé de sa liberté sans rapport avec un fait qui irait à l’encontre du droit et des règles en vigueur.
Les prisonniers politiques sont alors en détention, arbitrairement, en violation du droit international et des garanties fondamentales, en particulier pour : la liberté de pensée, de conscience et de religion, la liberté d’expression et d’information et la liberté de réunion et d’association, la liberté de choisir ses dirigeants, et la liberté de considérer l’Etat Gnassingbé dirigé par Faure Gnassingbé comme illégal et anticonstitutionnel.
Comment alors celui qui est illégal peut imposer une détention à des innocents, ce pour des raisons purement politiques sans rapport avec une infraction quelle qu’elle soit ?
En fonction de l’arbitraire, la durée de la détention ou ses conditions sont systématiquement disproportionnées par rapport à l’infraction alors que le prisonnier politique n’a pas été reconnu coupable, encore moins et pire, ce prisonnier politique est présumé avoir commis un crime de lèse-majesté. Les conditions de détention apparaissent comme une véritable discrimination par rapport à toutes personnes libres de ses aller-venues, ce en comparaison avec ceux qui en sont privés.
La détention est l’aboutissement d’une procédure qui est manifestement entachée d’irrégularités multiples, vice de forme, vice de procédure et vice de fond… La motivation politique de la décision d’emprisonner est manifeste pour les autorités togolaises : il s’agit d’un désaccord sur les options politiques.
Par ailleurs, les personnes politiques privées de liberté individuelle ne sont pas des terroristes. Or, le traitement subi est celui appliqué à des terroristes. La disproportionnalité est manifeste.
En définitive, l’Etat togolais est dans le déni lorsqu’ il affirme qu’il n’y a pas de prisonnier politique au Togo.
3.3 Un déni de justice comme une apparence de justice aux yeux de la Communauté internationale
Dans le contexte des autocraties africaines, le déni de justice est une constante. Que faire lorsqu' un gouvernement autocrate ou dictateur africain refusent d'exécuter la décision de justice les condamnant, plus particulièrement une cour de justice régionale, suite d’ailleurs à un déni de justice au niveau national.
Un déni de justice dans le contexte des autocraties africaines peut se manifester de plusieurs façons :
une faible indépendance de la justice, notamment vis-à-vis de l’exécutif ;
une absence d’impartialité,
une part importante accordée à l’arbitraire selon la proximité ou l’éloignement des citoyens qui sont favorables ou pas au pouvoir en place ; ou encore
un excessif formalisme juridique consistant à faire trainer le dossier.
Dans le cas du Togo, les dirigeants de ce pays refusent, en fonction de leurs intérêts et des pressions internationales, de respecter les règles juridiques établies ou même de piétiner les décisions rendues par les tribunaux.
3.4. Les moyens de pression pour libérer les prisonniers politiques ?
La priorité absolue pour le citoyen est de « rester vivant et libre ». Or, le système Gnassingbé s’efforce justement de s’assurer que si vous n’êtes pas vivant, vous ne serez pas libre, à moins d’opter pour l’exil. Donc, la responsabilité de la Diaspora togolaise est importante dans le combat pour la libération des prisonniers politiques.
3.5. Conditions préalables pour agir et propositions
Lorsqu’un gouvernement autocrate ou dictateur africain refuse d’exécuter la décision d’une Cour de justice régionale le condamnant, suite à un déni de justice au niveau national, plusieurs actions peuvent être entreprises.
1 : la CJ-CEDEAO devrait d’abord être saisie par l’avocat des préjudiciables au motif que la décision n’a pas été exécutée dans les délais réglementaires et que la Cour puisse en prime abord demander officiellement des explications à l’Etat togolais ;
2 : faire constater par la Cour de Justice de la CEDEAO qui peut s’autosaisir (ou passer par une Cour de justice togolaise (qui a une compétence en matière de juger l’Etat) pour vérifier et constater, avec l’administration togolaise, l’inexécution de la décision de justice ;
3 : la CJ-CEDEAO peut engager une phase contentieuse pour contraindre l’Administration togolaise de s’exécuter par voie de mesures d’exécution qui peut être assorties de sanctions et de pénalités.
Si le contentieux s’était déroulé auprès de la Cour africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), peut-être que les résultats seraient différents. En effet, il faut noter que l’exécution des décisions de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples exige une plus grande clarté des décisions à travers l’inclusion d’un juge national dans la collégialité, la mise sur pied d’un comité de suivi de l’exécution des décisions, et la création d’une grande chambre en charge du contentieux de l’exécution des décisions.
Pour finir et malgré les mécanismes juridiques existants, l’exécution des décisions de justice reste un défi majeur dans de nombreux pays africains, en raison de divers obstacles tels que l’imprécision des mesures à exécuter, la mauvaise foi de certains États en cause et l’inefficacité des mécanismes de suivi et de contrôle de l’exécution.
3.6Les conséquences possibles pour un Gouvernement qui refuse d’exécuter une décision de justice
D’abord, il ne s’agit pas d’un gouvernement mais une représentation de militaires. On n’est donc dans un Etat de non-Droit qui fonctionne comme un Etat fondé sur l’arbitraire. Dans un tel Etat, il faut s’attendre à ce que le Peuple se réveille et se batte pour reprendre le pouvoir qu’il a délégué ou plutôt que ceux qui sont au pouvoir se sont approprié. Sans débat inclusif et alors que la transparence sur le nombre de prisonniers politiques demeure tabou pour l’Etat Gnassingbé, la libération des prisonniers politiques suppose :
Dans un cadre pacifique et humanitaire, CVU-TOGO-DIASPORA a proposé l’instauration d’une Amnistie Politique Partielle (APP) ; ou alors
Dans le cadre d’un rapport de force, un retrait du pouvoir délégué ou accaparé par les tenants du pouvoir avec les armes des militaires, ne pourra se faire que par la force.
DEBAT AVEC LE PUBLIC : QUESTIONS ET REPONSES DES INTERVENANTS
Me Raphaël Nyama KPANDE-ADZARE : La torture et le fait d’envoyer en prison une personne qui a une voix dissonante a pour objet de le faire taire… c’est une méthode de gouvernance… d’emprisonner pour assoir son pouvoir. Un fait banal. Il existe des prisonniers politiques au Togo. Les gens ont été arrêtés au cours des périodes entre 2017 à 2021… Donc en prison sans jugement, ou en détention préventive… L’Etat togolais refuse d’exécuter. IL faut relever les points importants et les rendre publics. On s’entend sur un texte en comparaison avec le Sénégal… (Loi d’amnistie)
Loi d’amnistie au Tchad, en Côte d’Ivoire (sauf Gbagbo et son ancien ministre des sports) … Mais Faure Gnassingbé qui se promène dans cette mission de bons offices … maintient son propre petit frère en prison…
Je propose donc une Amnistie Générale Politique.
Il faudra une communication officielle avec une déclaration liminaire au cours d’une conférence de presse… (2 ou 3 pages) …
Varus SOSOE : Union de toutes les factions politiques pour aller vers l’objectif. La volonté d’action politique… cohésion sociale des forces agissantes sur le terrain… Compter sur le pouvoir agissant des peuples… Le peuple togolais ne peut compter que par lui-même avec l’objectif de déboulonnement de ce régime… C’est utopique ? Comment le peuple togolais pourrait y arriver ?
Raymond AYIVI : l’utopie d’aujourd’hui sont les réalités de demain.
Yves Ekoué AMAÏZO: Ce que propose Varus n’est pas incompatible avec la conférence de presse…
Léandre APPOM : Contribution : nous avons de bonnes idées … Mais c’est la mise en œuvre qui manque. Le rôle de la société civile est prépondérant… Les autres pays ont des sociétés civiles qui ont un relais médiatique… Au Sénégal, la société civile fait un travail de communication avec des correspondants… Au Togo, nous ne bâtissons pas de dossier/programme de communication…, permettant de se faire comprendre au Togo et au niveau de la Diaspora… Je propose donc que nous communiquions pour que les gens puissent adhérer à notre position… ou initiative avant d’aller vers une stratégie de communication… faire sortir la voix… passer par les institutions des droits de l’Homme… Quelles sont les actions concrètes que nous faisons envers ces organisations… ?
Dans les actions de plaidoyer, mettre en place une stratégie de communication.
Adhésion des togolais de la Diaspora… comment ?
Ne pas négliger les institutions internationales ?
Ne pas négliger les organisations de la société civile ?
Edward BRUCE (Présidence CODITOGO) : On a vu au Bénin, des députés de la mouvance présidentielle des oppositions… Idem au Sénégal, il y a des juges qui prennent les décisions. Est-ce que l’on ne peut pas interpeller les représentants du pouvoir ? Je propose que l’on fasse une action vers eux vers les députés de la mouvance présidentielle.
Yves Ekoué AMAÏZO : Le Sénégal et le Benin ne sont pas le Togo. Au Togo, nous sommes en autocratie et dictature avec des militaires qui fonctionnent sur des bases de l’arbitraire. La comparaison n’est pas acceptable. Par ailleurs, depuis quand le pouvoir a écouté la société civile au Togo, ou même les partis politiques d’opposition ? Quel résultat M. Bruce attend-t-il d’une telle initiative ? Il peut essayer. Mais j’en profite pour rappeler que des grosses pointures togolaises ont cru dans l’approche d’aller d’abord à l’intérieur du système Gnassingbé pour le changer de l’intérieur : Edem KODJO, Me Yaovi AGBOYIBO et Dr Agbéyomé KODJO… Tous ont connu un échec patent. En effet, le régime Gnassingbé fonctionne comme un aspirateur.
PIERRE : je n’ai pas entendu que l’on parle des actions sur le terrain, voire une organisation de masse sur le terrain. Votre sentiment sur ce point serait précieux.
Varus SOSOE : Le problème posé est d’abord un problème de conscience, de respect des valeurs… Avoir une vision de la patrie.
Raymond AYIVI : est-ce que les Sénégalais ou Maliens sont plus patriotes que les Togolais… ?
Yves Ekoué AMAÏZO : Pour Pierre, l’Action sur le terrain est indispensable. Mais il doit être organisé. Tikpi Atchadam a tenté et vous connaissez le résultat négatif. Donc, l’action à long terme n’est pas incompatible avec les petites actions médiatiques de court terme.
Je suggère trois propositions et recommande à toutes celles et ceux qui font des propositions de compléter leur proposition en répondant à la question du « COMMENT » on met en œuvre leur proposition :
Court terme :
Faire un document en 2/3 pages et faire une conférence de presse. Je suis pour cette proposition et propose un petit comité de rédaction pour préparer un papier à fournir à la presse. En termes de délai, cela doit être fait dans un délai de 7 à 10 jours. L’objectif recherché est de :
Faire adhérer les togolais à nos propositions (Diaspora comme au Togo) …
Adhésion des togolais de la Diaspora… Comment ?
Ne pas négliger les institutions internationales ? Comment ?
Ne pas négliger les organisations de la société civile ? Oui, mais Comment ?
À moyen et long-terme :
Proposer un projet de transition politique et un projet de société commun et le discuter puis le faire valider au cours de plusieurs sessions d’une Conférence inclusive.
PIERRE : Les prisonniers politiques existent. Les mouvements de libération nationale sans référence à la philosophie… Surpris, de ne pas avoir entendu des actions sur place, sur le terrain… Le régime passe outre toutes les décisions… Cela suffit. Quelles seront les solutions au niveau local ? L’exemple de Tikpi Atchadam (marche populaire spontanée du Peuple togolais) … Un mouvement d’envergure quant à l’organisation locale de la lutte… ?
Me Raphaël Nyama KPANDE-ADZARE : Il faut organiser des rencontres avec des personnes qui défendent le régime politique togolais. Je suis d’accord pour la mise en place d’une commission de rédaction… Quand est-ce que l’on peut faire cette conférence de presse en ligne ?
Yves Ekoué Amaïzo : Comment lutter localement avec des populations locales pour faire partir une dictature ou une autocratie, si possible sans les armes, donc pacifiquement ?
Il existe plusieurs stratégies non violentes pour lutter contre une dictature ou une autocratie. Voici quelques pistes :
Consolider la détermination de chaque citoyen(ne) togolais(e) opprimé et sa confiance en lui ou elle-même. Il devient urgent de renforcer la sensibilisation de la population à ses droits et de lui donner les moyens de résister. Je rappelle que le CVU-TOGO-DIASPORA et consorts ont déposé une plainte auprès de la CJ-CEDEAO pour statuer sur l’illégitimité, l’illégalité et l’anti constitutionnalité de Faure Gnassingbé et de tous les actes pris par son Gouvernement et par extension l’Assemblée nationale, tous issus d’élections non basées sur la vérité des urnes.
Renforcer les contre-pouvoirs indépendants, notamment des groupes sociaux-économiques indépendants et des institutions indépendantes qui structurent une population qui subit le chantage de la peur, les privations de liberté et l’abus de pouvoir. Ce sont ces structures de contre-pouvoir qui pourront avoir un rôle crucial, notamment dans leur forme décentralisée, lors d’une nouvelle mobilisation de la résistance pour retrouver le pouvoir de choisir ses dirigeants.
Générer une puissante force de résistance interne avec la Diaspora togolaise indépendante en appui. Pour cela, il faut pouvoir former des coalitions, permettre l’organisation de manifestations pacifiques, assurer et faciliter le développement de réseaux de communication et surtout aller vers une conférence inclusive sans Faure Gnassingbé dans un premier temps, et les résultats de cette conférence inclusive remis en concurrence avec la position de la mouvance présidence, ce dans le cadre d’une transparence dans les débats, donc des débats retransmis en direct.
Développer un projet de transition politique et un projet de société commun avec comme objectif la libération du Peuple togolais du système Gnassingbé, le tout utilisant des personnalités éthiques, indépendantes et compétentes. L’indépendance et la liberté devraient permettre de faire une forme d’audit ou de bilan afin de mettre en exergue l’identification des faiblesses du régime et la conception de stratégies pour offrir des alternatives crédibles qui seront soumises au vote des populations ; en cela, la vision du Togo de demain devrait se concevoir comme une mutation où l’inclusivité et les approches décentralisées se verront accorder une priorité double ;
Développer l’approche de la « démocratie de la honte » en exposant les abus du régime Gnassingbé afin de mobiliser l’opinion publique contre ceux qui sont responsables de l’oppression du Peuple togolais ;
Assurer la coordination de l’unité entre les différents courants qui composent le mouvement de libération du Peuple togolais pour mettre en avant les complémentarités et réduire les différences afin de maintenir une unité de but et d’action parmi les divers groupes de résistance ; et enfin
Toute stratégie de long terme doit être fondée sur un projet de société commun dont le soubassement ne peut plus être une Constitution héritée de la colonisation ; l’approche fédéraliste sera privilégiée avec une transition par la décentralisation. Pour ce faire, il faut absolument identifier les risques et les minimiser, tout en replaçant le tout dans le contexte spécifique de la délation, d’une inconscience d’une partie de la population et surtout de l’opportunisme de certains citoyens ou groupements qui choisissent de rejoindre le cercle des clientélistes du régime Gnassingbé.
CHIMENE : Quelles sont les conditions pour se mettre ensemble ? Comment faire pour une unité d’action ? Le fait d’aller en rang dispersé… La DMK … qu’est-ce que l’on peut faire pour synchroniser la lutte commune ? Si on n’est pas ensemble… il faut une réunion commune.
Varus SOSOE : l’unité d’action, cela m’intéresse. C’est d’une faiblesse des citoyens togolais. On n’est plus patriote. Il y avait des chapelles dans le mouvement DMK… Ce dernier n’a pas été soutenu.
Il faut avoir un intérêt transcendant… supérieur aux intérêts particuliers… la libération du pays… Il y en a qui disent encore… si ce n’est pas nous, autant laisser FG en place…
Yves Ekoué AMAÏZO : Je partage que toute solution doit passer par un cadre de pensée qui doit rester dynamique. Aussi, je propose les 5 points suivants en passant de la pensée théorique à ce qui pourrait être une approche opérationnelle et que CVU-TOGO-DIASPORA a déjà commencé pour ne pas être surpris lors d’un changement imprévu du régime togolais :
Le mouvement de la pensée: Valeur : Programme de transition politique et même un projet politique commun. Cela permet de sortir des intérêts particuliers pour aller vers le bien commun, les intérêts collectifs et les intérêts généraux….
Vigilance: se méfier de ceux qui font semblant ou vont gagner leur manger en vous vendant… ou en mettant des poisons, ou encore en vous coupant les vivres…
Armée clanique: Ensuite, il y a une armée clanique devenue une armée de militaires gestionnaires des affaires pas toujours transparentes… « Si vous voulez créer des conservateurs, il faut donner aux individus quelque chose à conserver » … c’est une phrase de Churchill… Donc avec des militaires qui accèdent au gain facile ou usurpé, il est difficile de les convaincre de défendre la patrie… Les cas du Mali, Burkina-Faso et Niger sont advenus par un mélange entre les militaires, la société civile, le patronat et la Diaspora… qui se sont parlé… Le catalyseur viendra si la Diaspora fait sa part…
Délation : pour gagner de l’argent… et
Nécessité de l’unité d’action…
Raph TOTOU : Les politiciens locaux doivent faire leur part. Comment les inviter de se pencher sur ce dossier… car c’est à cause d’eux… Concernant, Dr Amaïzo, c’est une bonne solution… chercher à nous rencontrer… sur les 5 continents… « face to face » pour élaborer ce programme… on n’aura pas à parler d’individu permettant d’inclure tout le monde… On est vraiment exclu… et nous tournons en rond…
Kokou Philippe AMEDODJI : Le projet de transition politique de Dr Messan Agbéyomé Kodjo politique existe. Pourtant, Dr. Amaïzo était où ? Il n’a pas soutenu ce projet.Trop de Togolais pensent que s’ils ne sont pas dedans, cela ne doit pas avancer.
Yves Ekoué AMAÏZO : Je ne suis pas ici pour polémiquer mais répondre à la question de la libération des prisonniers politiques au Togo. Je pense que M. AMEDODJI ne sait pas trop ce qu’il dit, surtout il ne connait pas la position de CVU-TOGO-DIASPORA. Je l’invite à prendre connaissance d’un résumé du projet de transition politique de CVU-TOGO-DIASPORA et de nous proposer celui du feu Dr Agbéyomé Kodjo. Cela n’a rien à voir. Le projet de CVU-TOGO-DIASPORA n’est pas centré sur un individu mais sur un projet décentralisé qui permet à tout un chacun de l’approprier. Et si telle ou telle personne peut le porter, l’objectif est que chacun peut porter la partie qui le concerne. Je ne pense pas que l’approche de la transition politique que propose CVU-TOGO-DIASPORA soit basée sur une personne, surtout une personne providentielle. Il faudra revoir votre stratégie.
Madame la représentante « PYRAMIDE » : La libération des prisonniers politiques me tient à cœur. Les prisonniers doivent focaliser sur la libération des prisonniers politiques…
Yves Ekoué AMAÏZO : Je partage la position de la personne qui a parlé de la Pyramide… Il faut proposer un projet d’amnistie partielle politique… en convaincre des autorités togolaises, mais surtout des pouvoirs qui peuvent faire pression sur l’Etat togolais.
Je rappelle qu’il faut des solutions à court et long terme.
Les cotisations sont le nerf de la guerre de libération : Pour l’ensemble des patriotes togolais, il faudra cotiser pour soutenir la lutte. Je rappelle quelques chiffres : Nous sommes plus de 2 millions de personnes dans la Diaspora même si Mr Dussey, Ministre des Affaires étrangères et des Togolais de l’extérieur a dit qu’il n’a compté que 980 000 togolais de l’extérieur… Plusieurs togolais n’ont pas été enregistrés… alors ce chiffre du Gouvernement est vraisemblablement erroné.
Solution à moyen et long-terme: se mettre ensemble entre patriotes et élaborer un projet de transition politique (la proposition de CVU-TOGO-DIASPORA pourra servir de point de départ ou de comparaison avec d’autres projets alternatifs : voir https://CVU-TOGO-DIASPORA.org/2023/06/15/projet-de-transition-politique-et-citoyenne/19835 ), ou s’il y en a plusieurs, les présenter et faire un choix sur celui qui servira de canevas et intégrer tant que faire se peut, la position des autres projets de transition si les auteurs peuvent le présenter en public.
Samedi 16 mars 2024.
Mise en ligne le 20 mars 2024.
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