TOGO : Le dilemme du peuple, un choix entre « alignés » et « indépendants » !

Communiqué du 15 juin 2021 du Réseau de la Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et du Collectif pour la Vérité des Urnes - Togo - Diaspora (CVU-TOGO-DIASPORA).

LE DILEMME DU PEUPLE TOGOLAIS : CHOISIR SON FUTUR ENTRE LES « ALIGNES » ET LES « INDEPENDANTS » !

SOMMAIRE

1 - Entre alignés ou indépendants : le peuple togolais doit choisir son camp 

2 - La responsabilité de certains dirigeants de partis politiques dans la démobilisation du peuple togolais

3 - Le projet de société de Faure Gnassingbé ne concerne que lui-même et ses affidés

4 - Le peuple togolais mérite mieux que des perdants structurels en politique

5 - recommandations de RCDTI et CVU-Togo-diaspora

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Le dilemme du peuple togolais : choisir son futur entre les « alignés » et les « indépendants » ! Le dilemme du peuple togolais : choisir son futur entre les « alignés » et les « indépendants » !

Avec la force et la valorisation des contre-valeurs au Togo, le Peuple togolais s’est progressivement scindé en deux groupes distincts : les alignés sur le système de Faure Gnassingbé et souhaitant la continuation du statu quo, et les indépendants, qui souhaitent une alternative.

Ceux qui tirent profit ou sont partie-prenante du système des Gnassingbé ne peuvent absolument pas souhaiter, encore moins laisser se développer l’alternative des indépendants, surtout qu’elle est assortie d’un changement structurel profond du système politique en vigueur.

Les occasions manquées (insurrection du 19 août 2017), les échecs à répétition des stratégies politiques déployées par les partis d’opposition togolais institutionnalisés, la faiblesse de leur réflexion qui ne leur a jamais permis de concrétiser une offre crédible, appellent de nouvelles stratégies.

Face à l’échec de l’opposition togolaise institutionnalisée d’offrir l’alternance politique au Togo, le Peuple togolais doit se faire à l’idée que l’avenir du Togo se fera avec :

  • celles et ceux qui sont indépendants du système de Faure Gnassingbé ; et
  • celles et ceux qui offrent des alternatives stratégiques et opérationnelles.

1 - ENTRE ALIGNÉS OU INDÉPENDANTS : LE PEUPLE TOGOLAIS DOIT CHOISIR SON CAMP 

Croire qu’il suffit d’annoncer qu’il faut l’unité des acteurs et que tous s’opposent pour que ces deux conditions soient réunies relève au mieux de la naïveté, au pire de l’illusion. Pourtant c’est ce que de nombreux politiciens togolais proposent au Peuple togolais.

RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA demandent au Peuple togolais d’être vigilant et d’accepter qu’un processus transparent, démocratique, sans Faure Gnassingbé et ses affidés, puisse aider à proposer les grands axes d’une refondation de la liberté et de l’autodétermination de la citoyenne et du citoyen togolais, partout où il se trouve.

Toutes alternatives à la politique actuelle ne peuvent être réalisées que sans Faure Gnassingbé et ses partisans qui depuis des décennies, de père en fils, ont systématiquement refusé la moindre avancée démocratique. Le Peuple togolais devra être vigilant et déterminé à vérifier trois points essentiels :

  • La viabilité des choix stratégiques et du contenu politique des propositions faites par les partis politiques ou les organisations de la société civile ;
  • L’engagement ferme et irrévocable de ceux qui font des propositions, sur un processus sécurisé, transparent et démocratique de transformation du système politique ;
  • La réalité opérationnelle du contenu des grands axes permettant une réelle refondation institutionnelle, avec la séparation entre l’exécutif et le judiciaire et la gestion du pays par des civils, ce qui suppose que les militaires se soumettent à la Constitution du Peuple togolais, celle qui promeut une réelle expression de la liberté et de l’autodétermination de chaque citoyenne et citoyen togolais.

Toutes propositions qui visent en définitive à conserver le statu quo au Togo en tentant de transférer la responsabilité des politiques sur le Peuple est une tromperie. Dire après l’échec des 27 dialogues avec le pouvoir RPT/UNIR (Rassemblement du Peuple Togolais/Union pour la République) qu’il faille encore aller à des dialogues avec le pouvoir de Faure Gnassingbé, relève au mieux de la compromission, au pire de la trahison.

La situation dramatique du Peuple togolais a empiré au cours des décennies. Que peut négocier le peuple togolais et pour quel profit ? avec un régime, qui depuis 54 ans phagocyte les libertés publiques et individuelles, refuse la moindre avancée démocratique, accapare au profit de l’infime minorité de l’oligarchie la quasi-totalité de la richesse nationale ? et, plus que jamais, est déterminé à se maintenir au pouvoir contre vents et marées. Toutes les négociations se sont soldées par des « dialogues », qui ne sont en fait que des « monologues ». L’intérêt du Peuple togolais passe par la priorité donnée au « bien commun », donc à l’intérêt général.

Partant de ce postulat, l’avenir du Peuple togolais ne peut être organisé positivement, par ceux qui ont choisi de se servir - se compromettre, voire s’aligner pour des raisons alimentaires -, sur le dos du Peuple togolais.

2 - LA RESPONSABILITE DE CERTAINS DIRIGEANTS DE PARTIS POLITIQUES DANS LA DEMOBILISATION DU PEUPLE TOGOLAIS

La grande mode actuelle sur le plan sémantique, dans l’opposition togolaise, est de faire croire que face à l’échec des responsables politiques et certains responsables d’associations non indépendantes de Faure Gnassingbé, il est temps maintenant que le « Peuple togolais se prenne en charge ».

Mais ce Peuple a toujours été mobilisé et s’est pris en charge.

Il ne faut donc pas tomber dans le piège de ceux qui voudraient faire oublier que l’histoire du Togo est jalonnée d’exemples qui démontrent que ce Peuple a toujours été mobilisé et s’est toujours pris en charge. Que ce peuple ait été à de multiples reprises copieusement trahi par de nombreux dirigeants de l’opposition, relève de la même histoire et du même appel à oubli auquel certains voudraient nous conduire, de l’amnésie collective prônée par certains dirigeants de l’opposition. Cela s’appelle du « fake news », c’est-à-dire de la désinformation.

Mais le peuple ne doit pas oublier que ce sont les mêmes dirigeants de l’opposition qui, une fois le peuple en lutte mis en mouvement, ont à diverses reprises pris les devants, sans partage et sans concertation, et transformé les actions populaires, pourtant souvent très massives, en impasses politiques. C’est donc bien ce mode de gouvernance de l’échec fondé sur la trahison du Peuple togolais, qui a systématiquement permis à Faure Gnassingbé et auparavant son père Etienne Eyadéma Gnassingbé de conserver le pouvoir.

En cela, une partie des dirigeants de l’opposition ont sciemment choisi la légitimation pouvoir, autrement dit, la légitimation du statu quo. Les tenants du pouvoir, ésotériques, militaires et politiques ainsi que leurs lobbies, savent que cela ne peut se faire « gratuitement ». Les incitations à poursuivre dans cette voie de l’impasse ne peuvent se faire sans des « tête-à-tête » dont personne ne veut parler, sauf quand le partage de l’argent de la honte ne ruisselle pas comme prévu !

Cette stratégie du système politique de Faure Gnassingbé a conduit à une division systématique de l’opposition institutionnelle. Aussi, il faut que le Peuple togolais sorte de sa naïveté sur les faits : ce sont certains dirigeants des partis politiques d’opposition qui sous diverses formes ont légitimé Faure Gnassingbé et de fait ont démobilisé le Peuple togolais. En principe, une mise en retrait, voire une démission, de leur part serait la bienvenue, à moins qu’ils ne choisissent de s’afficher carrément du côté de Faure Gnassingbé pour clarifier le jeu politique au Togo. Le Peuple togolais vigilant finira bien par les classer parmi « les alignés » ou parmi « les indépendants ».

RCDTI et CVU-TOGO-DIASPORA demandent à ceux qui ont fait tout le possible pour mener la lutte pour l’alternance au Togo sans succès, de comprendre qu’il n’est pas interdit de se retirer pour laisser d’autres s’organiser et offrir des alternatives crédibles, opérationnelles, à l’inverse du statu quo actuel.

3 - LE PROJET DE SOCIETE DE FAURE GNASSINGBE NE CONCERNE QUE LUI-MEME ET SES AFFIDES

La réalité est que le projet politique de Faure Gnassingbé est de conserver le pouvoir par tous les moyens, par la force, la brutalité, l’abus de droit, l’abus de pouvoir et l’achat des consciences. Cela ne peut se faire sans, s’adjoindre officiellement ou officieusement, le concours de certaines figures de l’opposition tant dans les partis politiques que dans certaines associations de la société civile.

Aussi, il est demandé au Peuple togolais de s’interroger systématiquement sur l’origine du financement de certains partis politiques, de certaines organisations de la société civile et surtout de leurs dirigeants. Cela n’exclut absolument pas les avocats, les notaires, les juges, les militaires, les gendarmes, les policiers, sans compter les milices privées, qui pour des raisons alimentaires, finissent tôt ou tard par trahir le Peuple togolais.

Mais même le Peuple togolais, y compris la Diaspora, est divisé en deux groupes bien distincts. Il convient de distinguer clairement entre :

  • d’une part, celles et ceux qui ont choisi le statu quo, c’est-à-dire continuer à profiter de Faure Gnassingbé et de son système jusqu’en 2030 ; car la pérennisation d’une gouvernance basée sur les contre-valeurs, repose sur l’organisation et la légitimation d’un système de marginalisation d’une majorité des citoyennes et citoyens dans la pauvreté et les inégalités assorties d’impunités institutionnalisées ; et
  • d’autre part, celles et ceux qui ont choisi d’être indépendants du système de Faure Gnassingbé et de lutter pour que les valeurs éthiques et sociales fondées sur la vérité, la justice, la liberté, l’altruisme et l’inclusivité, deviennent les fondements de la démocratie au Togo, et pour que la vérité des urnes et la vérité des comptes publics deviennent le droit commun et non l’exception au Togo.

Aucun peuple ne peut fonder son projet d’organisation de la vie en commun sur l’hypocrisie et le faux-semblant politique. Aussi tout projet politique doit être pensé, proposé, amélioré, voté démocratiquement afin de servir à devenir d’abord un projet de société commun, puis si les cotisations et financements indépendants viennent en appui, passer du statut de projet de société commun à celui de projet politique commun afin de servir de levier à la création de valeurs et de richesses partagées sur des bases démocratiques.

Toute proposition d’amélioration du quotidien, du futur et du bien-être des Togolaises et Togolais qui tente d’offrir des raccourcis en faisant croire que c’est au peuple de faire des propositions ici et là et qu’ensuite d’autres se chargeront de les mettre en forme, relève :

  • au mieux d’une volonté de conserver le statu quo ;
  • au pire, de la volonté de mener le peuple togolais dans une impasse, comme par exemple le cul-de-sac par 28 fois déjà éprouvé des vrais « faux-dialogues », qui, tous, sans exception, ont conduit à des impasses, et surtout empêché la partie indépendante du Peuple togolais de s’organiser de manière efficiente pour aboutir à une alternative au Togo.

4 - LE PEUPLE TOGOLAIS MÉRITE MIEUX QUE DES PERDANTS STRUCTURELS EN POLITIQUE

C’est justement parce que les étapes suivantes n’ont pas été respectées que l’opposition togolaise est qualifiée de « looser », de perdants structurels. C’est l’absence de propositions alternatives préalablement pensées, écrites, proposées, soumises à comparaison et compétition, choisies pour servir de « projet-leadership », améliorées par des citoyens et groupes d’intérêts indépendants, et enfin démocratiquement votées, qui a toujours fait échouer la lutte au Togo.

Ce n’est donc plus un problème de personnes, encore moins de parti politique, ou même d’organisation de la société civile. C’est un problème de vision, de stratégie et de compétence. Le Peuple togolais mérite que celles et ceux qui veulent les diriger puissent être capables de penser et de proposer, de manière pragmatique, les voies par lesquelles, la construction d’une alternative crédible est possible.

Cette alternative doit pouvoir être confrontée avec d’autres, lors de conférences inclusives sans Faure Gnassingbé et ses agents « infiltreurs ». C’est à ce peuple indépendant, y compris à la partie républicaine de l’armée togolaise, qu’est destiné ce communiqué.

5 - RECOMMANDATIONS DE RCDTI ET CVU-TOGO-DIASPORA

Le Peuple togolais doit pouvoir se choisir un projet de société alternatif et le structurer pour faciliter la décentralisation, tant dans les propositions, les décisions que dans l’exécution afin que le Togo s’enrichisse de ses différences et non s’appauvrisse de sa diversité.

Le 15 juin 2021.

La Direction du Réseau de Coordination de la Diaspora Togolaise Indépendante (RCDTI) et du Collectif pour la Vérité des Urnes-Diaspora Togo (CVU-TOGO-DIASPORA) en partenariat avec toutes personnalités ou structures de la société civile indépendantes.

SIGNATAIRES : RCDTI, CVU-TOGO-DIASPORA, PARTENAIRES ET SYMPATHISANTS :

Dr. Yves Ekoué AMAÏZO, Jean-Pierre Akoété BALIKPO, Dr Ernesto D’ALMEIDA, Mathieu D’ALMEIDA, Ing. Koffi DEKU, François FABREGAT, Geneviève MOUTON, Antoine Koffi OKOUTA, Dr Antoine RANDOLPH.

© RCDTI & CVU-TOGO-DIASPORA        

Contact et Coordination : info@cvu-togo-diaspora.org  et rcdti@cvu-togo-diaspora.org

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