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Maintes fois les colonnes du journal l’Alternative se sont fait l’écho, preuves à l’appui de la gestion scandaleuse des affaires publiques du Togo. Pour avoir dit la vérité et dénoncé la corruption qui règne à tous les étages des cercles les plus proches du pouvoir et de la présidence de la République, entre autres le scandale « Pétrolegate », Ferdinand Ayité et Isidore Kouwonou sont aujourd’hui contraints à vivre exil.
Ce blog a souvent produit des analyses détaillées qui ont confirmé les faits dénoncés par les très rares organes de presse, libres et indépendants, qui sont obligés de lutter au quotidien pour survivre au Togo.
Ferdinand Ayité et Isidore Kouwonou sont victimes de la violence d’un régime dictatorial, qui non content de pourchasser les lanceurs d’alerte qu’ils sont en réalité, s’en prend désormais à leurs familles. Rien décidément n’arrête la persévérance de l’agressivité tous azimuts de ces gens dont l’irrespect de la vie humaine est le crédo.
Rappelons pour mémoire que Ferdinand Ayité était placé sous contrôle judiciaire au motif d’« outrage à l’autorité » et de « propagation de propos mensongers sur les réseaux sociaux » depuis décembre 2021. Un statut qui fait suite à des plaintes déposées par deux ministres de l’actuel gouvernement, consécutives à des propos tenus dans une émission diffusée sur YouTube.
Le système politique UNIR/RPT/Faure GNASSINGBE, qui dirige sans partage et de manière clanique le Togo depuis 56 ans, a rabaissé les libertés publiques à la taille de la peau de chagrin[i]. À tel point qu’il n’est plus possible au Togo depuis au moins cinq ans de tenir une réunion politique publique ou d’organiser une manifestation pacifique. Ceci dans l’« apparente » indifférence des chancelleries présentes au Togo, notamment du « groupe des cinq »[ii].
Il est utile dans ces conditions d’appuyer l’adresse aux diplomates auxquels Ferdinand s’est adressés -si prompts habituellement à « accompagner » le gouvernement et Faure Gnassingbé, voire parfois le couvrir d’éloges, dès lors que sa politique n’entrave pas les intérêts bien compris de certains-, afin qu’ils fassent entendre raison à leur « partenaire », qu’ils œuvrent pour que la sécurité de leurs familles respectives soit assurée. Utile de convaincre ces chancelleries qu’il est temps de donner un sens au mot DIPLOMATIE. Au nom de l’éthique de la diplomatie, en déployant les arguments de justice et d’équité, elles doivent se montrer insistantes et faire entendre raison aux autorités du Togo, afin qu’elles rétablissent pleinement nos confrères dans leurs droits de citoyens, leur permettent un retour au pays sans être inquiétés, assurent la sécurité de leurs familles au lieu de les harceler.
Tout aussi importante est l’action des ODDH auxquelles Ferdinand indique s’être adressé, qui jusqu’à présent n’ont pas ménagé leurs efforts pour dénoncer les multiples atteintes aux libertés et aux droits humains commis par le système politique UNIR/RPT/Faure GNASSINGBE, et mené des actions concrètes pour apaiser et faire cesser la souffrance des opprimés.
Au nom de leur combat pour la vérité et la liberté d’expression, fondements de la démocratie, Ferdinand Ayité et Isidore Kouwonou doivent aussi bénéficier du plein et entier soutien de tous les démocrates et combattants pour le respect des libertés, au rang desquels nous nous rangeons. Au-delà, ce soutien doit être étendu à tous les journalistes du Togo, libres et indépendants, qui ont fait de la recherche de la vérité et de l’honnêteté de l’information, le fondement de leur action. F.F.
François FABREGAT
23 juin 2023
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Transcription intégrale de la note postée par Ferdinand AYITE le 021 juin 2023 sur sa page Facebook.
Source : Page Facebook Ferdinand Ayité https://www.facebook.com/ferdi.ayite/
Bonjour à tous. Existe-t-il un délit de famille ou de parenté au Togo ?
Depuis que j'ai quitté le Togo, ma petite famille fait l'objet d'intimidation et de harcèlement permanent. Je n'ai pas voulu en partager parce que je pensais à des agitations de quelques zélés qui ont échoué à me mettre la main dessus. Mais le virage que ces intimidations prennent devient inquiétant m'obligeant à rompre le silence.
Depuis le scandale du pétrolegate et les menaces de mort qui s'en sont suivies, nos partenaires que je remercie ici ont installé à mon domicile un système de vidéosurveillance.
Mon domicile ne cesse de faire l'objet de repérage de jour comme de nuit des individus non identifiés soit à motos ou à bord de véhicules. Ces individus utilisent surtout la nuit les mêmes véhicules avec des plaques d'immatriculation différentes. La fréquence des passages nocturnes est de trois fois par semaine et surtout au-delà de minuit.
Les véhicules viennent garer à proximité du domicile pendant des heures avant de repartir. Les données (plaques d'immatriculation, type de véhicule, heure d'arrivée et de départ, gestes) sont répertoriées par un agent de sécurité en plus de la vidéo surveillance.
Les visites étant plus régulières ces derniers jours, il a été procédé à un entretien du dispositif de vidéo surveillance et la pose d'une lampe plus puissante. Ce 19 juin, dès que les techniciens sont partis, vers 21 h 26 dans la nuit l'individu à bord de ce véhicule dont les images sont captées par la vidéo surveillance est passé filmer la maison dans tous ses aspects durant 15 mn.
Comme ils ont finalement su que la maison est sous vidéo surveillance, il est resté à distance pour filmer. Indic posté dans le quartier renseigne régulièrement ses patrons des mouvements autour de mon domicile.
En attendant que des voix que j'ai mandatées prennent la parole pour informer l'opinion avec les données collectées, je voudrais interpeller directement le ministre la sécurité sur les événements en cours et surtout la sécurité de ma famille.
Nous savons comment les gens opèrent des braquages déguisés au Togo. Je tiens à informer l'opinion, les ODDH, les diplomates, les organisations partenaires des menaces en cours sur ma famille.
Le régime avait planifié notre (Isidore et Ferdinand) arrestation, notre condamnation à 3 ans de prison surtout notre incarcération à la prison de Kazaboua (Agombio) réhabilitée où sont détenus les djihadistes.
Ayant lamentablement échoué à nous mettre le grappin dessus, leur police secrète se décharge sur nos familles dans l'objectif de nous réduire au silence. Je prends donc à témoin l'opinion sur les menaces sur ma famille.
Merci à tous les amis et les partenaires pour leur soutien. Nous resterons vigilants jusqu'au bout. Merci à tous.
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NOTES
[i] La Peau de chagrin est un roman d'Honoré de Balzac, publié en 1831 faisant partie de La Comédie humaine. Au travers des pérégrinations du personnage principal Raphaël de Valentin, Balzac traite du conflit entre désir et longévité. Le jeune homme décidé à mettre fin à ses jours, acquiert une mystérieuse peau d'onagre auprès d’un antiquaire qui l’assure que la peau a le pouvoir de réaliser tous ses désirs, mais à chaque vœu exaucé, elle se rétrécira en même temps que sa vie, d'autant plus s'il vise à l'accroissement de puissance. Faisant fi de la mise en garde de l'antiquaire, le héros s'entoure de richesses pour finir misérable et décrépit à la fin du roman.
[ii] Le groupe des cinq est constitué par les chancelleries d’Allemagne, des États-Unis, de France, de la représentation du PNUD au Togo et de la représentation de l’Union Européenne au Togo