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Billet de blog 25 septembre 2022

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Togo- Tikpi Atchadam : « Fais le deuil des élections, conclus la lutte, libère-toi »

Le 19 août 2022 marquait le 5ème anniversaire de l’insurrection populaire déclenchée par le Parti national panafricain. Leader du PNP, Tikpi Atchadam prit une part déterminante dans l’élaboration et la conduite du mouvement. La flamme de la combativité n’est pas éteinte chez Tikpi Atchadam. Voici la transcription intégrale de son appel au peuple togolais à conclure la lutte de libération.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1
Tikpi Atchadam Leader du Parti National Panafricain (PNP), en exil depuis cinq ans

Togo- Tikpi Atchadam : « Fais le deuil des élections, conclus la lutte, libère-toi »

« Dans le libre choix entre la mort et l’esclavage, il n’y a ni liberté ni choix, car les deux termes de l’alternative détruisent la ’réalité humaine’ que l’on pose comme liberté »

Herbert Marcuse

(Critique de Marcuse envers l’idéalisme de Sartre dans L’Être et le néant.)

Le 19 août 2022, le peuple togolais a pu se remémorer le cinquième anniversaire de l’insurrection populaire déclenchée à l’initiative du Parti national panafricain (PNP). Tikpi Atchadam leader incontesté du PNP, prit une part active et déterminante dans l’élaboration et la conduite de ce mouvement insurrectionnel.

Après deux mois de manifestations pacifiques réunissant des centaines de milliers de togolaises et togolais, dans l’ensembles des villes du Togo, du sud au nord, de sérieuses menaces pesant sur sa vie, Tikpi Atchadam fut contraint à l’exil et s’y trouve encore aujourd’hui.

Il venait de contribuer au déclenchement d’une vague de contestation d’une ampleur inégalée depuis 1991, époque où le pouvoir tenu d’une main de fer par Etienne Eyadéma Gnassingbé, fut obligé de concéder la tenue d’une conférence nationale qui se tint à Lomé du 8 juillet au 28 août 1991.

Une situation qui, vingt-six ans après, n’eut pas l’heur de plaire au fils, Faure Gnassingbé et à son soutien le parti RPT créé par feu son père, au sein duquel la mémoire des caciques du régime a retenu les leçons de 1991. Faure Gnassingbé et les caciques n’entendaient pas laisser prospérer un remake du mouvement de contestation qui avait contraint le pouvoir du père à faire des concessions et aurait pu en 2017, les contraindre cette fois au départ définitif.

Ces caciques ont encore la mémoire vivace des cris scandés par les manifestants de ce mouvement de contestation, débuté le 5 octobre 1990 : « À bas le RPT », « Oui au multipartisme », « Oui à la démocratie », lorsque devant le palais de justice de Lomé ils soutenaient et défendaient Hilaire Dossouvi Logo et Tino Doglo Agbélengo dont le seul crime était d’avoir distribué des tracts séditieux envers le gouvernement.

Il est utile de rappeler que Faure Gnassingbé succéda en 2005 à son père au moyen d’un double coup d’Etat et d’un bain de sang évalué par une commission d’enquête de l’ONU à plus de 800 morts. Coup d’Etat d’abord militaire qui, à la suite du tollé déclenché au plan international, se transforma en coup d’Etat institutionnel, par le biais d’une élection présidentielle. Laquelle, dans la parfaite continuité de tous les scrutins concédés depuis 1991 par le père, fut en 2005 l’objet de fraudes massives - dont les images filmées par la presse étrangère ont à l’époque fait le tour du monde -, et de trucages grossiers avalisés par une Cour constitutionnelle tout entière acquise au pouvoir.

Or en 2017, et encore aujourd’hui, si la mémoire des caciques du RPT reste vivace, la mémoire collective d’une majorité conséquente du peuple togolais le reste tout autant.

A quelques nuances près les slogans populaires de 2017 et de 2022 restent les mêmes qu’en 1990. « À bas le RPT (aujourd’hui repeint et rebaptisé en UNIR », « Oui à la démocratie » dont l’avènement n’est toujours pas intervenu au Togo, qui reste pour l’heure une dictature plus que cinquantenaire qui bat des records de longévité.

Ainsi donc si après trente-deux ans les temps ont changé, … « De Gnassingbé père à Gnassingbé fils, les temps ont beaucoup changé. Le contexte n’est plus du tout le même et les africains ont beaucoup appris des nombreuses médiations négociées… », la condition intrinsèque de l’immense majorité du peuple togolais reste invariablement marquée par la pauvreté, la souffrance et le mal-être.

Le bonheur étant au fil du temps, devenu au Togo une notion abstraite sous le régime des Gnassingbé.

C’est ce qu’a tenu à rappeler Tikpi Atchadam en ce cinquième anniversaire, le 18 août 2022, au moyen d’une adresse audio phonique de 18 minutes adressée à ses compatriotes pour les appeler à continuer le travail entrepris en 2017 et les inviter à terminer la tâche.

Prolongeant la réflexion sur la violence révolutionnaire, Tikpi Atchadam ne néglige pas l’analyse sur les classes sociales qui éclaire les luttes pour étayer sa critique du régime des Gnassingbé dont l’un des dégâts collatéraux notoires fut de rendre caducs les acquis de l’indépendance : […] « Très loin et dos à ton destin, affiché le 25 avril 1960, pour ne pas dire le 25 avril 1958, tu auras tout subi. Les chants et les danses à la gloire de ton bourreau, la prédation pure et simple de tes ressources qui te plongent dans l’indigence extrême, la chasse à l’homme, les sévices corporels par bâton, cordelettes militaires et bottes rangers, la prison, les traitements cruels, inhumains et dégradants, la censure, la terreur, l’exil, la diaspora interdite de territoire, la profanation des lieux de culte avec les exemplaires du Coran déchirés, brûlés, la mort, y compris des mineurs, sous les balles des forces de défense et de sécurité, censées te défendre, te protéger et assurer ta sécurité, la séquestration des corps de mineurs tués…, le chapelet diabolique est long, trop long. » […]

Homme de convictions et déterminé, Tikpi Atchadam confirme qu’il reste fidèle à sa démarche, celle d’un mouvement de masse associant simultanément le peuple togolais et sa diaspora pour substituer au régime en place, un mouvement de transition politique sans Faure Gnassingbé (et même s’il ne le précise pas explicitement probablement sans UNIR) chargé d’engager le Togo sur la voie de la démocratie.

Attaché à la non-violence Tikpi Atchadam, n’a pas d’avantage varié sur les moyens « les manifestations pacifiques gigantesques » pour parvenir à l’objectif : […] « Pour la reconquête de ta liberté, tu connais très bien la stratégie adaptée à une dictature militaire qui ne jure que par la violence crue. La stratégie de lutte de libération basée sur la non-violence est d’une efficacité sans pareil. Et pour cause, on n’éteint pas le feu par le feu. La stratégie de la non-violence à travers les manifestations pacifiques est conforme à ta nature de peuple foncièrement pacifique dont la force réside dans le nombre ». […]

Tikpi Atchadam, revient également avec force sur la duperie que constitue en régime dictatorial, tout processus électoral qu’aucun intervenant politique n’est en mesure de maitriser, hormis le pouvoir qui l’instrumentalise d’une main ferme, ne laisse aucune place à la moindre concession, le pérennise et in fine le légitime au plan international. Son discours en la matière a le mérite de la clarté : […] « Cher peuple togolais, engagé et déterminé, tu sais très bien que la phase de conclusion de la lutte de libération du Togo vers le jour radieux annoncé par le père de l’indépendance Sylvanus Olympio n’est retardée que par l’approche électoraliste portée par les participationnistes animant le système politique de contribution, de collaboration et de participation (CCP). La participation aux élections sous la dictature est un sabotage de la lutte qui relève de la haute trahison envers le peuple togolais. » […]

S’il dénonce les restrictions de plus en plus prégnantes des libertés publiques opérées par le pouvoir, particulièrement les droits de manifestation et d’expression, Tikpi Atchadam, soulève également une question cruciale qui est rarement mise en exergue par les observateurs. A savoir le quadrillage systématique en cours du territoire togolais, par le biais d’implantations de camps militaires dans l’ensemble du pays. Cette démarche donne du crédit à l’analyse de Tikpi Atchadam sur le constat de la fébrilité du pouvoir et sur l’urgence d’une intervention populaire à la hauteur de l’enjeu : « prépare-toi à conclure la lutte de libération avant que, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, la stratégie d’encerclement total en cours par l’implantation de camps militaires partout sur le territoire national, visant à te cerner de toutes parts, afin de sceller définitivement ton sort, soit complètement bouclé. » Il s’agit d’une question essentielle, dans un Togo régenté par un régime dictatorial plus que cinquantenaire. Elle ne peut en effet, sous peine de déconvenues, être sous-évaluée par ceux qui ambitionnent de définir une stratégie de lutte pour instaurer l’avènement d’une alternative politique au régime Gnassingbé.

Ainsi vient naturellement en conclusion le rappel de l’urgence et l’appel à continuer la lutte et terminer le travail entrepris : […] « Alors, fais définitivement le deuil de ces élections là et prépare-toi à conclure la lutte de libération ». Selon toute vraisemblance la seule option possible pour en finir avec le système politique Gnassingbé au Togo. FF

François Fabregat

24 septembre 2022

« Verba volant, scripta manent »

En raison de la teneur du message adressé par Tikpi Atchadam au peuple togolais le 18 août 2022, nous avons fait le choix de la transcription intégrale de l’adresse audio phonique que nous reproduisons intégralement ci-après.

***

DISCOURS DU 18 août 2022 DE TIKPI ATCHADAM

Nous sommes à la veille du 5ème anniversaire du 19 août 2017, jour hautement historique dans la longue et héroïque lutte du peuple togolais fac à l’une des dictatures les plus féroces du continent africain, le régime Gnassingbé de père en fils, depuis bientôt soixante ans.

A l’occasion, une fois n’est pas coutume, l’impérieuse nécessité de se lever et de se dresser comme un seul homme, porté par la soif tenaillante de liberté, se consumant chaque jour davantage, permettez-nous de vous offrir d’audace de citoyens affectueusement le peuple togolais en lutte.

Cher peuple Togolais,

Comme le soleil au zénith que tout le monde voit ce que personne ne peut cacher, la vérité est là, éclatante et flamboyante devant toi. Nue, simple et têtue, la vérité s’offre à toi. Tu ne peux pas dire que tu ne vois pas. Sur cette terre la décision n’appartient à personne d’autre, elle n’appartient qu’à toi et à toi seul. Alors décide.

Tu connais très bien ton problème. Il n’est autre que la dictature militaire imposée par la force des armes, dans le sang, depuis la date du 13 janvier 1963, qui marque la confiscation de ta liberté, ton indépendance et ta souveraineté conquises de haute lutte.

En presque soixante années de martyre, personne ne t’apprend ce qu’est un régime illégitime, illégal, sourd et aveugle, un régime sans pitié ni honte, un régime abject et barbare. Très loin et dos à ton destin, affiché le 25 avril 1960, pour ne pas dire le 25 avril 1958, tu auras tout subi. Les chants et les danses à la gloire de ton bourreau, la prédation pure et simple de tes ressources qui te plongent dans l’indigence extrême, la chasse à l’homme, les sévices corporels par bâton, cordelettes militaires et bottes rangers, la prison, les traitements cruels, inhumains et dégradants, la censure, la terreur, l’exil, la diaspora interdite de territoire, la profanation des lieux de culte avec les exemplaires du Coran déchirés, brûlés, la mort, y compris des mineurs, sous les balles des forces de défense et de sécurité, censées te défendre, te protéger et assurer ta sécurité, la séquestration des corps de mineurs tués…, le chapelet diabolique est long, trop long.

A travers ta longue histoire de peuple résistant, histoire marquée par la sueur, la soif, l’indigence, l’humiliation, les larmes de sang, tu sais pertinemment, mieux que quiconque, que ton problème est un problème politique. La mal gouvernance économique et sociale, n’est qu’un dérivé de ton seul et unique problème qui reste purement politique.  

Dans ta situation se trouve fondamentalement en jeu la question de liberté. Et tu le sais ! Depuis que, par confiscation, tu as perdu la liberté, l’indépendance et la souveraineté conquises de haute lutte, tu n’as jamais décidé quoi que ce soit par toi-même et pour toi-même. Les gouvernants et la manière de gouverner se sont imposés par la force des armes avec des bilans macabres.

Regarde-toi. Privé de liberté, tu es un peuple soumis à une guerre d’occupation par une famille qui, concentrant tous les pouvoirs entre ses mains et instrumentalisant l’armée, la gendarmerie, la police et la justice, cherche à régner à vie sur ton pays, le Togo, afin de continuer à te brimer et à te martyriser.

Face à cette situation dont tu es parfaitement conscient, tu connais la solution idoine. Tu sais, mieux que quiconque, qu’il te faut fondamentalement et avant tout reconquérir ta liberté afin de répondre dignement à l’appel de ton propre destin, pris au rendez-vous de l’honneur des peuples africains appelés à se retrouver très bientôt entre sœurs et frères au sein de l’Etat fédéral africain, la seule issue.

Et pour la reconquête de ta liberté tu connais très bien la stratégie. Adaptée à une dictature militaire qui ne jure que par la violence crûe, la stratégie de lutte de libération, basée sur la non-violence est d’une efficacité sans pareille. Et pour cause ! On n’éteint pas le feu par le feu. La stratégie de la non-violence à travers les manifestations pacifiques est conforme à sa nature de peuple foncièrement pacifique dont la force réside dans le nombre. Et comme tu le sais produire le nombre destiné à inonder les forces de répression en protégeant les manifestants pacifiques contre la violence aveugle est simple.

En effet, sur le territoire national en tête avec son poids démographique considérablement écrasant Lomé la capitale sort avec tous ses … Dans toutes les villes, dans tous les villages, dans toutes les fermes du pays, femmes, hommes, jeunes, tout le monde sort.  Ainsi chaque localité du territoire national est un nœud de manifestation pacifique.

Partout dans la diaspora sur tous les continents, toutes les togolaises et tous les togolais manifestent. Nul doute que dans chaque pays de leur résidence ou ils manifestent, ils recevront un appui remarquable des panafricanistes en lutte pour la libération de l’Afrique vers son destin fédéral. Pendant ces manifestations qui se déroulent simultanément ici au Togo, en Afrique, en Europe, aux Etats-Unis d’Amérique et en Asie, ainsi que tu l’as expérimenté déjà le 19 août 2017, tu porteras une seule et même exigence : Liberté. Liberté. Liberté !  

Au bout de trois jours au plus, tu pourras enfin célébrer la victoire de ta liberté retrouvée.

Considérant le niveau de prise de conscience que tu as atteint par rapport à ta situation, aux enjeux majeurs et aux défis à relever, compte tenu de ton sens élevé du patriotisme, vu ton engagement et ta détermination visant à mettre fin à la dictature, une telle prouesse est largement à ta portée. Alors décide-toi !

En face, au-delà de toutes les apparences trompeuses, exposées de façon forcée, tu as à faire à un pouvoir agonisant. Perdu dans le néant, ce régime n’a plus aucun soutien. Naufragé, il s’accroche tant bien que mal au moindre signe, sans savoir à quel saint se vouer. La diplomatie forcée par la médiation quémandée pour tenter de faire croire que le régime moribond est encore vivant et actif, ne serait-ce que dans la sous-région, mais qui ne trompe personne, loin de sauver celui-ci ne servira qu’à enrichir les courtisans de tout acabit.

De Gnassingbé père à Gnassingbé fils, les temps ont beaucoup changé. Le contexte n’est plus du tout le même et les africains ont beaucoup appris des nombreuses médiations négociées, surmédiatisées, chantées et dansées, conduites par Gnassingbé Eyadéma au Tchad, au Sierra Léone, au Libéria, en Angola, en Côte d’Ivoire, etc., dans le seul et unique but d’occulter les pratiques tyranniques de son régime.

La militarisation à outrance du pays, l’exposition ostentatoire et l’emploi toujours très maladroit de la force armée et de la violence aveugle et crûe, la gouvernance par la terreur que l’on tente de justifier en vain par un Covid-19, un Djihadisme et un terrorisme imaginaires, sont autant de signes qui ne trompent pas et qui ne s’expliquent pas en dehors de cette obsession de la recherche effrénée d’un Etat d’urgence permanent au Togo.

Oui, un Etat d’urgence permanent devant servir d’anesthésie du peuple en lutte, voilà ce que recherche à tout prix le régime Gnassingbé.

De quoi a-t-il réellement peur alors qu’il maintient depuis le 19 août 2017 l’état de siège militaire sur une bonne partie du territoire national ? Eh bien, le régime est effrayé à l’idée de manifestations pacifiques gigantesques. C’est pourquoi il n’a à la bouche et à la plume que le mot urgence. Urgence par ci, urgence par-là, ce mot se trouve au cœur de la stratégie de communication du régime qui tente sans succès de tromper l’opinion africaine et internationale qui a tout compris.

Pour peu que tu observes et que tu écoutes, tu tombes sur l’évidence qu’il n’y a pas plus emblématique que le régime Gnassingbé qui cherche en vain le vaccin contre le virus du 19 août. Manifestement il est aux abois. Maintenir les otages politiques dans les geôles, persécuter la presse à la plume droite et la diaspora, tout ceci expose un régime apeuré, affolé et prêt pour la débandade.  

En attendant, dans la situation où il se trouve sans issue, pendant qu’il exécute un plan d’extermination totale des panafricanistes à travers la persécution d’Etat soutenue contre le Parti National Panafricain, son ennemi juré à abattre, que la prison politique est remplie de panafricanistes, parmi lesquels les décès de Tchakpa Taki Nouroudine, Alfa Ibrahim Aboubacar Drosbak, [transcriptions phonétiques] emprisonnés pour la participation du PSO aux manifestations de Bamako en soutien au peuple frère du Mali en lutte pour la reconquête de son unité, son indépendance et sa souveraineté, qu’il a toujours sur les mains le sang des panafricanistes comme Tavio Ayawo Amorin, Eyakoumoto Oussilou, [transcription phonétique] le système machiavélique va jusqu’à se découvrir cyniquement patriote africain panafricain.

Non, c’est trop facile. Le panafricanisme n’est pas un simple slogan, un radeau de sauvetage pour ceux qui, sur des bases diamétralement opposées aux valeurs cardinales de la Maât, s’emparent du pouvoir d’Etat dans le sang et s’imposent dans le sang aux peuples africains. Les panafricanistes ne sont pas dupes, ils se sont déjà accordés sur le fait que pour la libération de la mère Afrique, le Togo des Gnassingbé est un verrou à sauter absolument. Et ils le feront de belle manière, à travers la plus significative des déterminations du peuple togolais dans la phase de conclusion de la lute qui s’annonce pour bientôt.

Cher peuple Togolais ;

Engagé et déterminé, tu sais très bien que la conclusion de la lutte de libération du Togo vers le jour radieux annoncé par le père de l’indépendance, Sylvanus Olympio, n’est retardé que par l’approche électoraliste portée par les participationnistes animant le système politique de contribution, de collaboration et de participation au CCP.

La participation aux élections sous la dictature, est un sabotage de la lutte qui relève de la haute trahison envers le peuple togolais. Au bout d’une espérance de 29 années allant de 1993 à 2022, tu ne peux pas dire que tu n’es toujours pas convaincu que l’élection n’est pas la voie pour mettre fin à la dictature militaire. Tu ne peux pas, non plus, soutenir sans paraitre hypocrite et ridicule, que tu n’as pas encore compris que la révolution électorale, qui est une sous-traitance politique avec le système, relève simplement d’une escroquerie politique ?

Alors, décide-toi à faire le deuil des élections au Togo, véritable exercice de remise à neuf de la dictature dans le sang. Tu ne vas plus écouter ceux qui, lors de rencontres informelles et discrètes, voulant te faire croire qu’ils t’aiment te disent : « attention, si tu sors manifester, tu l’auras cherché. »

Il est grand temps pour toi de dénoncer, de désapprouver, de condamner ouvertement avec la dernière rigueur tous ceux qui, relayant le cercle de division de la famille Gnassingbé retardent la libération du Togo vers le jour radieux en distillant dans des zones et des cercles bien identifiés l’idée suivant laquelle si tu mets fin à la dictature c’est telle personne qui prendra le pouvoir.  

Dans cette manipulation des consciences, ils te parlent comme si, une fois le régime tombé, tu sortais de la dictature pour rentrer dans une nouvelle dictature, puisque c’est en dictature que le président est connu d’avance.  

Tu ne te libères pas d’une dictature pour t’engager librement dans une nouvelle dictature. Dis-leur que la chute du régime correspond à ta sortie de la dictature à la liberté, à l’indépendance, à la souveraineté.

Tu sais très bien que personne, tu sais très bien que personne y compris toi-même, ne connait pas cet homme qui sera au pouvoir à la suite de la dictature. Il t’appartiendra, après avoir reconquis par la lutte ta liberté des mains du tyran, d’en décider en toute souveraineté le moment venu.

Tu sais bien que c’est par toi, peuple togolais, qu’il revient, d’abord, de reprendre ta liberté, l’indépendance et la souveraineté du Togo, en mettant fin à la dictature. Ensuite de mettre en place une transition sans Gnassingbé Faure, chargée des réformes posant les bases de la refondation du Togo et enfin, à la suite d’une élection digne de ce nom, une compétition politique loyale, libre, démocratique, dans un fair-play exemplaire, de décider en toute souveraineté de qui sera présidente ou président de la république togolaise.

Cher peuple Togolais ;

La vérité pour nous c’est ce qui est. Indépendamment de tout elle est là. Ainsi nous n’avons pas à l’inventer. Loi de l’univers, la vérité se découvre. En soixante années de régime dictatorial tu ne peux pas dire que tu n’as pas découvert la vérité. Que tu ne connais pas la vérité. Tu connais ta maladie, la dictature militaire pilotée par la famille Gnassingbé qui, pendant bientôt soixante ans, te dénie jusqu’au droit à la vie. Tu connais le remède le plus efficace pour y mettre fin. La reconquête de ta liberté à travers les manifestations pacifiques gigantesques sur l’ensemble du territoire national et partout dans la diaspora.

Epris de justice et de liberté tu es un peuple pacifique, patriote et résolument engagé dans la lutte de libération de ton pays le Togo. Face à un régime moribond, tu sais ce qui dans la lutte de libération prépare le jour radieux pour tes filles et tes fils. La haute trahison, à travers la participation au rituel périodique de remise en œuvre de la dictature dans son sang, appelé sans honte élection.

Alors fais définitivement le deuil de ces élections-là, et prépare-toi à conclure la lutte de libération avant que, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, la stratégie d’encerclement total en cours par l’implantation de camps militaires partout sur le territoire national, visant à te cerner de toutes parts, afin de sceller définitivement ton sort, soit complètement bouclé.

L’urgence est celle-là ! Décide-toi de mettre fin dans les meilleurs délais à cette situation qui fait de toi une curiosité politique en Afrique, et t’expose à la risée du monde, pendant que tous les peuples près du continent se libèrent.

Décide-toi de fermer pour toujours cette parenthèse de sueur, de soif, d’indigence, d’humiliations, de larmes et de sang, ouverte depuis cette date diabolique du 13 janvier 1963.

Debout, car la boulimie du pouvoir de la famille Gnassingbé n’a pas de limites. A chaque coucher du soleil, elle n’a pas du tout le sentiment d’avoir fait un jour au pouvoir. Chaque jour qui se lève, est le premier jour de ce pouvoir qui ignore les limites, un pouvoir sans fin.

Et même si tous les Etats d’Afrique et du monde venaient à atteindre l’idéal démocratique, cela ne changerait pas la conception que la famille Gnassingbé se fait du pouvoir. Ne l’oublie jamais !

Agrippée au pouvoir, la famille Gnassingbé ne sait pas lâcher. Donc si tu ne l’obliges pas elle ne lâchera jamais ! Jamais !  Jamais !

Je vous remercie.

Tikpi Atchadam

***

L’adresse audio phonique de Tikpi Atchadam est consultable sur le lien :

#Afrique_N24 #Togo

DISCOURS DU 18.08.2022 DE TIKPI ATCHADAM

 https://www.youtube.com/watch?v=A1Z-6E4woCQ

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