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Billet de blog 31 mai 2022

Mali – Menaces contre la liberté d’Oumar Mariko : Déclaration du Parti SADI

La Commission des relations Internationales du Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI) du Mali, lance un appel pour que cessent les persécutions à l’égard du Docteur Oumar Mariko, président du pari SADI de la part des autorités de la transition. L’entrave à la liberté d’expression est injustifiée lorsque l’on revendique la remise en ordre d’un processus démocratique.

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Le Dr Oumar Mariko, Président du Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI)

Déclaration de la commission internationale du Parti SADI

Depuis plusieurs mois, le Docteur Oumar Mariko, Président du Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance (SADI), fait l’objet de persécutions répétées du régime militaire au pouvoir à Bamako.

Le 6 décembre 2021, le Docteur Oumar Mariko est interpellé et jeté en prison sans aucun jugement :

Motif : « Injures à l’encontre du premier ministre Choguel Kokala Maiga » lors d’une conversation totalement privée. Oumar Mariko a été libéré le 4 janvier 2022 et devrait être présenté à un juge en mai 2022.

Dans l’après-midi du Lundi 04 avril 2022, une douzaine de militaires lourdement armés arrivent à la résidence du Dr Oumar Mariko avec pour mission de l’arrêter, sans aucun mandat d’arrêt. Ne l’ayant pas trouvé, les soldats profèrent des menaces et posent des actes d’intimidation contre la famille de Mariko et décident de camper devant son domicile toute la nuit.

Le mardi 05 avril 2022, d’autres militaires surexcités ont procédé à une perquisition au domicile de Oumar Mariko à la recherche de ce dernier, après avoir intimidé et terrorisé les occupants de la maison. Toutes les pièces de la résidence sont minutieusement fouillées à la recherche du Docteur Oumar Mariko : chambres, cuisines, magasins, plafonds, placards, frigidaires et … même les toilettes.

Cette descente digne d’une scène de rodéo rappelle le tristement célèbre Comité Militaire de Libération Nationale, cette soldatesque néocoloniale qui s’est illustrée par la terreur pour réduire au silence tous ceux qui les empêchent de tourner en rond.

Cette descente musclée a été précédée par une campagne médiatique accusatoire menée tambour battant par des éléments fanatisés du pouvoir CNSP qui en appelaient ouvertement à l’arrestation du Président du Parti SADI suite aux propos tenus lors du débat sur le bilan du mouvement démocratique organisé le 02 avril 2022 par le parti ADEMA-PASJ.

Cette perquisition qui s’est déroulée sans aucun mandat des autorités judiciaires du Mali, est une grave atteinte à l’Etat de droit pour lequel des Maliennes et des Maliens sont morts en Mars 1991. Plusieurs autres citoyens, membres du Collectif de Défense des Acquis Démocratiques (CODEF-AD) dont Madissama Hanne et Madame Ramata Kéita, ont également vu leurs domiciles perquisitionnés à Bamako parce que soupçonnés «de cacher Oumar Mariko».

Les autorités militaires reprochent au Dr Oumar Mariko, d’avoir lors d’une conférence à Bamako le 02 avril 2022, accusé des éléments de l’armée malienne d’être impliqués dans les massacres de Moura dans le centre du Mali, qui a fait plusieurs centaines de victimes. Les propos du président du parti Sadi Oumar Mariko tiennent pour responsable des débordements militaires le CNSP (la junte) et le comité stratégique du M5RFPP incarné par Choguel Kokalla Maiga actuel premier ministre,

Le régime de la transition, conscient de ses limites politiques et idéologiques de ses actions et préoccupé par le souci de garder le pouvoir à la fin de la transition, en perte de légitimité s'est engagé à mettre fin aux activités et aux actions du parti SADI soudé au peuple du Mali.

Le 2 avril 2022, au panel organisé par le parti ADEMA PASJ, le Président du Parti SADI a brillé par sa prise de position en faveur du rétablissement de la vérité historique sur la Révolution Démocratique et Populaire inachevée de Mars 1991 falsifiée par le PM actuel, et son appel à l'Union des forces Patriotiques pour la Démocratie Populaire, a fait peur au régime de la transition, ce qui explique le harcèlement dont le parti et son Président font l’objet.

Comme si tout ceci ne suffisait pas, une vidéo a circulé au même moment sur les réseaux sociaux dans laquelle un individu accuse l’imam Mahmoud Dicko et le

Dr Oumar Mariko d’avoir reçu plusieurs dizaines de millions d’Euros d’une puissance étrangère pour déstabiliser les autorités de transition au Mali. De telles affabulations grotesques contre Oumar Mariko ressemblent plus à une cabale et à un coup monté de toutes pièces dans le funeste dessein de faire arrêter le Camarade Oumar Mariko et le jeter en prison. Les luttes et les idéaux panafricanistes et anti-impérialistes que porte le Docteur Oumar Mariko depuis 40 ans, sont radicalement aux antipodes de ‘l’antipatriotisme’ dont on accuse Oumar Mariko !

Compte tenu de la situation du pays, le Bureau Politique a demandé une audience au Président de la Transition et à celui du CNT pour dissiper toutes les incompréhensions afin de fédérer toutes les forces autour du Mali qui a besoin aujourd’hui de toutes ses filles et de tous ses fils. Nous n’avons pas eu de suite…

C’est après ces actions extrajudiciaires, cette chasse à l’homme que nous avons appris que Oumar Mariko est poursuivi par le ministère de la défense et des anciens combattants pour diffamation et qui a saisi le ministère de la justice. C’est le procureur de la commune 3 qui a lancé la procédure.

Quelques jours plus tard nous avons appris sur internet d’une correspondance d’un collectif de défense des FAMA informant le Ministre de la justice et des Droits de l’homme, Garde des sceaux aux fins de poursuites pénales contre Docteur Oumar Mariko pour des faits de diffamations contre les forces armées maliennes.

La commission internationale du parti Sadi :

- Dénonce fermement les persécutions, le harcèlement et les intimidations contre le Docteur Oumar Mariko et tous les militants politiques qui exercent leur liberté d’opinion ;

- Condamne les atteintes graves aux libertés individuelles et collectives devenues la marque de fabrique du régime de Transition qui s’est désormais spécialisé dans le radicalisme verbal, outrancier et démagogique, sous le clinquant artificiel d’un patriotisme de la 25ème heure ;

- Condamne l’acharnement des autorités de la Transition contre le Président du Parti Sadi Dr Oumar Mariko,

- Condamne les enlèvements et séquestrations des opposants par la Police politique, les violations des libertés individuelles et collectives, les campagnes de dénigrement des opposants par des activistes à la solde du gouvernement de transition et l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques ;

- Dénonce les tentatives de remise en cause par les autorités de transition des acquis démocratiques obtenus dans le sang en Mars 1991.

- Prend l’opinion nationale et internationale à témoins sur les dérives autocratiques du régime de la Transition ;

- Appelle l’ensemble des forces démocratiques et patriotiques à se dresser comme un seul homme pour barrer la route à la répression ;

- Appelle les militants et militantes du Parti Sadi à la mobilisation et à la résistance,

- Apporte son soutien sans réserve au vaillant peuple du Mali qui est confronté quotidiennement, à la barbarie des forces terroristes qui endeuillent le pays, aux effets néfastes des sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA qui ont aggravé la paupérisation des couches les plus défavorisées,

- Apporte son soutien aux militants et sympathisants du Parti SADI et à toutes les forces progressistes locales qui luttent pour la souveraineté du Mali et pour le retour à l’ordre constitutionnel au Mali.

- Le SADI a de tout temps demandé un dialogue avec tous les mouvements armés, cela a fortement impacté les positions du DNI et des Concertations Nationales qui ont demandé tous le dialogue avec les mouvements armés tout en allant au-delà des positions du SADI en réclamant le dialogue avec les Djihadistes.

- Le parti SADI est ouvert au Rassemblement des Forces Patriotiques pour l'établissement de la Paix à travers un dialogue avec les véritables groupes armés belligérants (FAMAS, CMA, DONSOS, KOUFFA, IYAD AG ALY...)

Le Sadi a permanemment prôné le dialogue et exigé le respect des populations dans leur intégrité physique.

- Prend acte de la dénonciation des accords de défense du Mali avec la France car cette dénonciation ne s'est faite que sur des bases opportunistes de récupération de la lutte du peuple malien pour la massacrer à l'autel des intérêts de la bourgeoisie rentière d’Etat ;

- Souhaite la victoire de la Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (NUPES) pour une autre politique de l'Etat français avec tous les pays africains dans le respect de leur souveraineté.

- Le parti Sadi travaille pour le rétablissement de la vérité historique et le respect des revendications populaires pour l'établissement de la démocratie populaire.

- Le Parti SADI tient à exprimer son soutien et sa solidarité à l'armée malienne, creuset de l'unité nationale et garante de la sécurité, de la paix.

OUMAR MARIKO N’EST PAS EN FUITE MAIS PLUTOT DANS LA RESISTANCE

Paris le 14 mai 2022

Bamako, Mohamed DIARRA

Commission relations Internationales du parti Sadi du Mali

Parti Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance, (SADI)

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