Calais: faux calculs et non-dit du Ministère de l’Intérieur

La communication du gouvernement surestime le nombre de personnes du camp de Calais mises à l’abri, et oublie de parler de la dispersion d’habitants du camp vers Paris ou ailleurs.

Les départs du camp de Calais  vers les Centres d’Accueil et d’Orientation se sont élevés à 1 918 lundi, 1 264 mardi, soit un peu moins de 3 400. Ce chiffre est inférieur aux prévisions du gouvernement, et tous les autocars loués ne sont d’ailleurs pas partis. D’autre part 217 mineurs seraient passés légalement en Grande-Bretagne grâce au dispositif improvisé à partir du 17 octobre.

Comment le gouvernement compte-t-il alors 4014 « mises à l’abri », dans le communiqué de presse du Ministère de l’Intérieur et de la Ministre du Logement du 25 octobre au soir ?

Nos ministres incluent dans ce total les mineurs isolés dirigés vers le C.A.P.(les conteneurs). Ces mineurs étaient auparavant sur le camp ou, pour 200 d’entre eux, déjà dans le C.A.P.. Si le gouvernement considère que vivre dans le conteneur est « être à l’abri », c’est considérer alors, qu’avant le 24 octobre, 1 750 personnes étaient déjà « à l’abri » : les 1 500 du C.A. P. et les 250 femmes et enfants de la Maison des Femmes dans le centre Jules Ferry. Cela ne ferait donc que 4 014 – 1 750 soit 2 250 personnes mises à l’abri en plus grâce au dispositif de cette semaine.

Et les départs vers n’importe où ?

Ce que cache le gouvernement dans sa communication est le chiffre des personnes ayant quitté le camp et qui le quittent encore aujourd’hui, pour Paris, la Belgique, l’Allemagne ou ailleurs. Il serait gênant d’admettre que les C.A.O. ne peuvent pas être une solution pour tout le monde et que des habitants du bidonville fuient, pour revenir plus tard.

Entre mi-septembre et le 15 octobre, d’après les recensements de L’Auberge des Migrants et de Help Refugees, 2 000 réfugiés avaient quitté le camp. Depui le 15 octobre, les départs ont continué et continuent. En tout 3 000 personnes au moins se sont évaporées, incluant des mineurs isolés.

 

En conclusion, sur les 10 200 personnes recensées par les associations le 15 septembre, un petit tiers est parti en C.A.O., un tiers au moins vers d’autres destinations, et il reste encore 3 000 personnes à évacuer dans les prochaines heures... Ce sont les plus hésitants et les plus récalcitrants, et il n'y aura sans doute pas affluence pour monter dans les bus. 

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