Lettre ouverte à Pierre Sassier... à propos des subtiles manoeuvres de Cyril Dion

Comment un carriériste, écolo-évangéliste habile, cherche à détourner l'attention de ses fonctions usurpées avec le soutien inespéré d'un candide militant...

Cher monsieur Sassier...

C'est non sans étonnement que j'ai découvert votre billet adressé à une célébrité mondaine des milieux écologistes : le ci-nommé Cyril Dion... Etonnement, parce que je pensais que vous auriez publié ce courrier avec les précautions nécessaires, en particulier en l'introduisant par un préambule indispensable : la question de la légitimité de Cyril Dion à prétendre représenter le mouvement écologiste auprès du gouvernement...

Or, il n'en est rien, l'essentiel de vos propos tournant seulement autour de questions accessoires sur les conditions de sa collaboration !... Au point même que dès le quatrième paragraphe de votre billet, vous commentez un fait qui n'a pourtant rien d'anodin, laissant ainsi supposer votre accord tacite, en écrivant :" Il s'agit, cette fois-ci, de la convention citoyenne dont vous vous apprêtez à être le garant "... !!!

Et pourtant Mr Sassier, sans remettre en cause votre bonne foi, ne vous a-t-il pas paru inadmissible que cette posture de "garant" n'ait été validée par aucune structure démocratique quelconque ? !!! Car à part quelques amis de Cyril Dion, issus du mouvement des gilets jaunes, à part le gouvernement lui-même, à part l'entente nécessaire entre les deux parties pour mettre en scène cette désignation pompeuse, personne, je dis bien strictement " personne ! " , n'a demandé à Cyril Dion d'être le représentant de qui que ce soit et pour quoi que ce soit !!!!...

Or, il aurait été d'autant plus pertinent de votre part de le rappeler, que c'est au nom de la démocratie directe, justement, que Cyril Dion, s'est improvisé comme son représentant, faisant ainsi preuve autant d'ironie que de cynisme !!!!

Si bien qu'on ne peut s'empêcher de s'interroger sur le sens de votre courrier adressé à l'illustre narcisse, et y déceler, sinon une ambigüité qui ne serait pas forcément en votre honneur, tout au moins une profonde naïveté...

Car Mr Sassier, avez-vous conscience que votre interpellation critique et ouverte a l'inconvénient de détourner de l'essentiel; vous faisant ingénument le complice d'une mystification dans laquelle vous êtes amené à tendre le crachoir à un imposteur !... Car, encore une fois, c'est bien la prétention de Cyril Dion et de lui seul qui est a l'origine de son sentiment de légitimité, au point qu'il cherche désormais, en particulier depuis la relance de son blog, à en convaincre une communauté Médiapart qu'il sait très sensible aux questions écologiques...

C'est pourquoi, malgré vos bonnes intentions et votre sincérité - que je ne remets pas en doute, vous admettrez que votre billet est non seulement un peu court (on aurait pu, comme vous le dites vous-même, joindre à vos conditions un bien plus grand nombre encore !), mais totalement décalé par rapport à la pertinence des questions que l'on est en droit de se poser !

Car qui est Cyril Dion - si ce n'est un carriériste qui utilise le discours écologiste pour faire, indirectement, sa promotion permanente, affectant un militantisme de bon ton pour se concilier autant l'élite bourgeoise que l'écolo radical, veillant à occuper le champ médiatique grâce à la connivence de journalistes complaisants, le tout afin de transformer sa visibilité en légitimité ?

Qui est Cyril Dion, à part un évangélisateur atteint du "syndrome du Messie" ?... Vous savez, ce phantasme typique des narcisses, consistant à se percevoir comme le sauveur du monde, au point de se mettre en scène dans des dispositifs médiatiques ayant pour but d'en donner l'illusion !...

Et qu'est ce que cette "convention citoyenne", si ce n'est un dispositif médiatique de plus, justement, imaginée de concert par Dion et le gouvernement, l'un pour se donner un rôle d'intercesseur symbolique entre le peuple et le pouvoir, l'autre pour faire croire aux Français qu'il se soucie d'écologie !

Voila... De toutes ces évidences et de l'interprétation critique que l'on peut faire des manoeuvres subtiles d'un communicant, vous semblez ne rien avoir vu pour ne rien en avoir dit ; peut-être par peur d'un homme de réseaux que protège la sourde hargne de ses admirateurs comme de ses soutiens intéressés !.. Dommage, car les réserves que vous formulez auraient eu tout leur sens si elles avaient été adressées à la bonne personne, celle désignée par le suffrage directe et universel, et non à un journaliste-réalisateur-écrivain-poête, ancien masseur des pieds de people - dont la médiatisation systématique a pour but de préparer à toutes les compromissions...

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