Résilience des territoires : non au rôle des maires... Oui à la démocratie directe !

Si notre capacité à surmonter une crise énergétique et alimentaire passe par la mise en place de territoires résilients, seule la démocratie directe pourra nous permettre de trouver des solutions rapides et efficaces !... C'est pourquoi il faut cesser de sacraliser nos élus locaux qui sont, par ailleurs trop souvent présentés comme les remparts contre les désordres à venir...

Face au risque de crise écologique majeure, les questions posées par de nombreux citoyens sur la capacité de résilience des territoires, et ce en cas d'effondrement économique et énergétique, sont justes... Néanmoins, la solution proposée par certains (dont Pablo Servigné et le site SOS maires), solution consistant à tout faire reposer sur les décisions des maires, me semble inadéquate et pourrait même aboutir à la guerre civile !...

En effet, des problèmes aussi graves que la gestion des ressources dans un futur contexte de pénurie ne peuvent pas être tranchés par un maire et son clan, mais par tous les citoyens... En particulier, parce que ces décisions entraînent des choix de restriction, d'interdiction, et de réorganisation de l'espace publique qui ne peuvent être compris et admis que si ils sont faits par une majorité réelle des habitants (les 2/3).. Or, l'esprit partisan tout comme son soupçon, seront toujours le poison d'un système électoral classique avec listes et personnalités locales...

Il nous faut donc sortir de cette vision aristocratique de la démocratie pour admettre un principe évident : les décisions qui nous concernent tous ne doivent pas être prises par une personne mais par tous !..

De plus, si on veut réellement mobiliser les citoyens en faveur d'une résilience structurelle de nos territoires, cela oblige à leur confier la décision finale sur tous les aspects que cette question implique, perspective qui les stimulera... Sans compter qu'une telle démarche les amènera bien plus sûrement à une vision critique du système productiviste actuel, à l'inverse du système représentatif qui fait d'eux de simples spectateurs... Cette mobilisation citoyenne nous permettra ainsi la mise en place d'une politique de décroissance à une échelle plus large, et non plus de survie !

Enfin, concernant la question du territoire pour la mise en place d'une politique de résilience, le noyau communal n'est pas toujours la bonne échelle, ne fut-ce à cause de la taille de certaines communes, trop petites ou trop grosses... Ainsi, certaines communes n'ont plus de territoire rural tandis que d'autres n'auront jamais les moyens de financer un système de démocratie directe, les citoyens tirés au sort dans les commissions devant être rémunérés pour trancher sur les investissements à faire, que ce soit en faveur de la résilience ou aux dépens des investissements inutiles (rond-point, etc...)...

L'intercommunalité ou l'agglomération deviennent alors la bonne échelle de résolution...

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