Forum international Freedom of research

Du 16 au 18 novembre, se tiendra un forum international consacré à la liberté de recherche, à l'université Paris Diderot. Michel de Pracontal, journaliste à Mediapart, sera l'un des participants.

Que cela soit au travers de moyens autoritaires, par exemple des "purges" d'universitaires en Turquie, par les menaces juridiques comme dans le cas des "procédures-baillons" aux USA et en Europe, ou encore par le développement des statuts précaires dans le journalisme ou dans la recherche universitaire, la liberté de recherche semble aujourd'hui menacée. Mais peut-on encore se contenter de la vieille conception libérale que l'on s'en fait souvent? Nous pensons que non, et c'est pourquoi nous organisons, du 16 au 18 novembre à l'université Paris Diderot, un forum international, dont l'objectif sera notamment de revoir cette conception.

La liberté de recherche n'est pour nous pas un donné, quelque chose d'acquis, une sorte de réalité qui irait avec ce que l'on appelle l’État de droit. Il n'y a pas d'un côté des démocraties occidentales où la liberté de recherche est garantie, et de l'autre des États autoritaires réprimant les chercheurs. L'emprisonnement de ces derniers, leur assassinat parfois, la confiscation de documents, l'intimidation, la décrédibilisation par l'usage de fausses informations, ou encore les pressions par le financement, sont autant d'atteintes à la liberté de recherche. Si certaines sont plus impressionnantes que d'autres, l'objectif n'en reste pas moins le même: empêcher la recherche, c'est-à-dire la réflexion critique à partir de faits, dans des buts divers.

La liberté de recherche que nous voulons pour notre part défendre est une liberté dynamique. Elle est le fruit de conflits, de luttes sociales, qui engagent les chercheurs au sens large (académiques, mais aussi journalistes, syndicalistes, associatifs, lanceurs d'alerte citoyens...), et leur entourage. En ce sens, elle ne peut se résumer à un "droit à l'enquête": elle n'existe qu'autant qu'on la défend. Quand des chercheurs et bibliothécaires mettent en place le projet Datarefuge aux Etats-Unis pour s'assurer que les données fédérales sur le climat restent disponible après l'arrivée de Donald Trump au pouvoir, la liberté de recherche est vivante. Quand des académiques organisent des réseaux de soutiens à leurs collègues menacés, trouvent des moyens de leur obtenir des bourses d'études, la liberté de recherche est active. Quand des syndicalistes décident de fonder une revue comme Les Utopiques, et d'y publier des académiques autant que des syndicalistes ou d'autres, la liberté de recherche est plurielle et novatrice.

Pour mieux comprendre ce qu'est cette liberté de recherche, ce qu'elle n'est pas, et comment la défendre, nous vous invitons donc à nous rejoindre au Forum international Freedom of research, du 16 au 18 novembre à l'université Paris Diderot.

Toutes les informations sur notre site: http://freedom-of-research.org/

 

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