Un stand

Pour avoir osé promouvoir BDS, l'association France Palestine solidarité Alsace vient d'être éjectée manu militari d'une manifestation bio régionale où elle disposait pourtant officiellement d'un stand, à la demande de la communauté juive d'Alsace, soutenue par le CRIF.

Paru dans les colonnes des Dernières Nouvelles d'Alsace du 20/09/2021, cet article révélateur :

"Parmi les 250 stands du salon BiObernai, qui se tenait de vendredi à dimanche, on trouvait quelques associations, dont France Palestine solidarité Alsace. Si elle vendait de l’huile d’olive bio ou des savons, elle avait aussi déployé, en grand, des messages appelant au boycott d’Israël, signature de pétition à l’appui.

Cela a suscité des réactions indignées de la communauté juive à Obernai et à Strasbourg. Les gendarmes sont passés faire des constatations, les organisateurs du salon ont demandé dimanche en début d’après-midi à l’association de fermer son stand. « On a fait une petite erreur dans notre positionnement, avec un message peut-être virulent pour BiObernai, qui n’est pas un salon associatif et militant », reconnaît le président de l’association, Bruno de Butler.

« On est militant pour l’écologie, pas pour le reste, précise Maurice Meyer, le directeur du salon. Et on a toujours défendu des causes, mais en étant pour quelque chose, pas contre ».

Sur l’un de ses tracts appelant au boycott, France Palestine solidarité Alsace affichait un logo de la République française avec la mention « Ministère des droits de l’homme », laissant croire ainsi à une caution officielle…

Le CRIF Alsace a félicité ce dimanche soir, dans un communiqué, les organisateurs du salon et Bernard Fischer, maire d’Obernai, pour leur «gestion efficace».

On voit par là combien est importante et efficace l'influence de la communauté juive (ici : Alsacienne) par rapport à un appel au BDS. Qu'on se comprenne bien : il ne s'agit pas d'antisémitisme. La communauté juive alsacienne est une communauté ancienne, très dynamique, son implantation régionale remonte au XIIè siècle et elle a joué un rôle de premier plan dans l'histoire régionale. Elle a par ailleurs subi de nombreux pogroms et paya un lourd tribu durant les heures sombres du Moyen-Âge, où de très nombreux Juifs furent massacrés et brûlés, accusés de propager la peste en empoisonnant les puits, ostracisés des villes d'où ils devaient quitter les rues le soir pour ne revenir que le lendemain, sans compter d'autres brimades sordides.

Ayant ainsi précisé qu'il ne s'agissait pas d'antisémitisme, il est néanmoins intéressant de noter que cette communauté hautement respectable par ailleurs se comporte ici comme le thuriféraire de l'image d'Israël, un État qui s'essuie les pieds sur le droit international depuis des décennies et étouffe petit à petit un peuple qu'il a colonisé et que la communauté internationale a abandonné à ses griffes.

Bref, la communauté juive d'Alsace, tout comme son homologue nationale, représentée par le CRIF, se comporte ici clairement en entité sioniste. Comment s'étonner alors qu'on veuille à toute force que la lutte contre le sionisme, théorie ayant abouti à la situation d'asservissement qui vient d'être citée, soit assimilée à la stigmatisation du judaïsme - l'antisémitisme - ce qu'il n'est pourtant en aucune façon ?

On ne s'étonnera pas non plus que la gendarmerie soit actionnée et décide de se déplacer pour intimider l'association réfractaire ayant osé promouvoir BDS contre vents et marées, mettant ainsi la pression sur des organisateurs d'un salon bio local pour qu'ils prononcent l'éviction des dangereux délinquants… Ceci pour la plus grande satisfaction du CRIF régional, une fois de plus à la manœuvre.

Pauvre Palestine et pauvres Palestiniens !…

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