François VALLET
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Billet de blog 9 déc. 2022

François VALLET
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POINTS DE VUE : INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE ET POLITIQUE ELECTRONUCLÉAIRE DE LA FRANCE

L’Assemblée Nationale enquête sur "les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France sous la présidence de François Hollande puis d’Emmanuel Macron". La politique électro-nucléaire menée depuis 1973 n'en serait-elle pas la cause principale?

François VALLET
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Introduction

« En générant plus de 41 % de l'énergie en France, le nucléaire nous rend autonome »[1]. C’est ce qu’indique le site de l’Elysée en introduction de la retranscription du discours du Président Emmanuel Macron au Creusot, le 8 décembre 2020.

Selon la ministre de la transition énergétique Agnès Pannier Runacher, auditionnée par l’Assemblée Nationale le 13 septembre 2022, l’indépendance énergétique de la France serait obtenue grâce à des approvisionnements en uranium diversifiés et à la maîtrise technologique par la France de l’ensemble de la chaîne de transformation de l’uranium en « combustible » et de son « retraitement »[2].

Ce que disait le Président de la République lors de son discours est cependant un peu plus flou : « Nous avons fait le choix du nucléaire en 1973 pour gagner en indépendance énergétique et contrairement à certaines voix que j'ai pu encore entendre récemment, la France n'a pas tout mal fait dans son passé.».

L’Agence de la transition écologique (ADEME), indique quant à elle, dans un document d’octobre 2022 à destination du grand public, que « Les énergies importées représentent encore aujourd’hui 81 % de la consommation d’énergie finale de la France »[3].

C’est dans ce contexte et alors que plus de la moitié de la puissance électronucléaire française était indisponible, que l’Assemblée Nationale a décidé le 11 octobre 2022, sur proposition du député Olivier Marleix, de créer une commission d’enquête « chargée d’établir les raisons de la perte de souveraineté et d’indépendance énergétique de la France sous la présidence de François Hollande puis d’Emmanuel Macron »[4].

Au moment où le Président Emmanuel Macron veut relancer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, nous avons en effet besoin de savoir si le « choix du nucléaire » en 1973 a vraiment été judicieux.

Le texte qui suit a pour ambition de répondre à cette question après un examen minutieux de la situation énergétique actuelle de la France, comparée à ce qu’elle était au moment du premier choc pétrolier en 1973 juste avant le lancement en 1974 du programme nucléaire français (Plan Messmer)[5].

Remarques : Les données utilisées dans la suite du document sont principalement celles de la comptabilité énergétique nationale des deux années extrêmes examinées, 1973 et 2021. Cette comptabilité distingue l’énergie primaire importée ou produite en France (combustibles et carburants, électricité produite par les renouvelables, énergie nucléaire) et l’énergie finale consommée par les utilisateurs finaux (et livrée sous forme de combustibles, de carburants, d’électricité et de chaleur). La différence entre les deux quantités, consommées la même année, résulte des pertes du système énergétique. Quelques définitions des principaux termes liés à l’indépendance énergétique sont en annexe 4 pour faciliter la compréhension du texte et préciser les points de vue.

Chauffage électrique, thermo-sensibilité et dépendance aux importations d’électricité

Alors que la guerre en Ukraine fait rage, une question est dans tous les esprits : allons-nous manquer d’électricité cet hiver ?

Avant la question de l’indépendance énergétique de la France se pose donc la question de l’approvisionnement en électricité du pays et de sa dépendance aux importations.

Pour avoir une idée de ce qu’il pourrait se passer cet hiver un bref retour en arrière peut être utile.

Le 14 janvier 2022 à 9h30, le réseau électrique français était soumis à l’appel de puissance le plus élevé de l’année.

Mais sur les 56 réacteurs nucléaires français en service, 10 étaient arrêtés dont 4 parmi les plus puissants et les plus récents[6]. Et ceux qui étaient encore en état de fonctionner étaient bien loin d’être suffisants pour assurer l’équilibre du réseau électrique national. Heureusement, la France dispose encore de moyens « pilotables » et plus fiables que le nucléaire (centrales hydroélectriques de barrage, centrales à gaz, à charbon et à fioul) et au fil de l’eau, du soleil et du vent. Ils ont alors fourni 36 % de la puissance nécessaire et les pays riverains ont assuré le complément de 8% indispensable pour éviter le black-out[7].

A l’évidence nous n’étions, à ce moment-là, ni autonome, ni indépendant.

La raison principale de cette dépendance aux importations est le chauffage électrique par résistance. Cette « exception française »,  a été encouragée à partir de 1973 par des réglementations favorables et par des soutiens massifs d’EDF (tarification, subventions, aides techniques et commerciales aux promoteurs, constructeurs et installateurs, etc.).

La France est devenue ainsi un des pays les plus « thermosensibles » d’Europe. Selon Réseau de Transport d’Électricité (RTE), l’entreprise publique chargée d’assurer l’équilibre du réseau électrique, un degré de baisse de température extérieure augmente la puissance appelée sur le réseau de 2 400 MW.

Ainsi, pour une température extérieure moyenne quotidienne de -10 °C (soit 25°C en dessous de la température extérieure à la laquelle il n’est plus nécessaire de chauffer), il faudrait une puissance équivalente à celle de la totalité des réacteurs nucléaires français uniquement pour chauffer l’ensemble des bâtiments qui utilisent l’électricité à cet effet.

Avec le chauffage électrique EDF a trouvé un moyen commode et rapide d’augmenter ses ventes d’électricité pour financer le programme nucléaire décidé en 1973.

Mais les réacteurs nucléaires ne suffisant pas à fournir toute la puissance nécessaire, en période froide, il faut faire fonctionner les centrales à gaz, à charbon et à fioul pour alimenter les chauffages électriques. Dans un contexte où les centrales à charbon sont bannies, où l’approvisionnement en gaz est remis en cause et où l’indisponibilité des réacteurs augmente, la dépendance aux importations d’électricité s’accroît et les risques de coupure de chauffage aussi[8].

Dans ces conditions la solidarité européenne est essentielle pour pouvoir passer l’hiver sans trop d’inconfort.

Entre 1973 et 2021, du fait du développement massif du chauffage électrique, la France est devenu dépendante, pour son approvisionnement électrique, à des installations nucléaires de plus en plus fréquemment indisponibles[9] et à des importations d’électricité (essentiellement d’Allemagne) indispensables pour l’équilibre du réseau.

Pour les personnes les plus modestes, lorsqu’elles dépendent de l’électricité pour leur chauffage, la « thermo-sensibilité » est synonyme de précarité énergétique du fait du coût élevé de l’électricité par rapport aux autres énergies[10].

Espérons que la commission d’enquête parlementaire, sans se focaliser outre-mesure sur la responsabilité des présidents Hollande et Macron, saura trouver comment la politique nucléaire de la France nous a conduit à la situation actuelle, à défaut de trouver les moyens de l’améliorer.

Indépendance énergétique en deçà du seuil de l’Insee, dépendance au-delà

Pour ce qui concerne l’indépendance énergétique, en tout cas, il conviendrait de revoir sérieusement la manière d’établir les statistiques.

L’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (Insee) indique en effet un taux d’indépendance énergétique de la France de 55,0 % pour l’année 2021[11]. Pour le calculer il utilise une convention datant de l’époque où l’uranium provenait de mines françaises et considère que la chaleur dégagée par la fission nucléaire est une production nationale. Selon cette convention internationale, « Le fait d’utiliser la vapeur dégagée par les réacteurs nucléaires comme forme d’énergie primaire pour les statistiques énergétiques a une incidence importante sur les indicateurs de la dépendance de l’approvisionnement énergétique.

Conformément à (la) convention en vigueur actuellement, la chaleur nucléaire primaire est considérée comme une ressource nationale. Néanmoins, la majeure partie des pays qui utilisent l’énergie nucléaire importent leur combustible nucléaire. Si cet élément était pris en considération, la dépendance de l’approvisionnement à l’égard d’autres pays serait accrue[12]».

Or, pour ce qui concerne la France, l’uranium est entièrement importé (voir l’annexe 1), soit sous une forme (« yellow cake »[13], hexafluorure d’uranium[14], uranium enrichi) qui nécessite des traitements complémentaires pour être utilisable dans les réacteurs, soit sous la forme d’« assemblages de combustibles » prêts à l’emploi[15].

Que penserait-on d’un Président de la République qui dirait : en générant plus de 46 % de l’énergie en France les énergies fossiles nous rendent autonomes (puisqu’est réalisée en France la transformation des combustibles et carburants, en chaleur dans des chaudières, en mouvement dans des moteurs, en électricité dans des centrales thermiques, etc.) ?

En réalité, les seules sources d’énergie non importée qui contribuent désormais à notre indépendance énergétique sont les renouvelables (biomasse issue des forêts françaises, hydraulique, éolien, solaire, biogaz) et le peu de pétrole et de gaz extraits du sous-sol.

En 2021, l’énergie nucléaire étant issue d’uranium importé en totalité depuis 2003, le taux d’indépendance énergétique réel était donc de 13,5 % (calcul réalisée avec les données officielles de production et de consommation d’énergie primaire). C’est une valeur bien inférieure à celle annoncée par l’Insee et tout à fait insuffisante pour nous « rendre autonome ».

En 1973, l’uranium étant extrait du sous-sol français, le taux d’indépendance énergétique réel était de 23,9 % (calcul réalisé avec les données officielles de production et de consommation d’énergie primaire).

Entre 1973 et 2021, le taux d’indépendance énergétique de la France a donc été divisé par 1,77.

Le choix du nucléaire en 1973, présenté comme une solution « pour gagner en indépendance énergétique », a manifestement produit l’effet inverse.

Une observation plus détaillée de l’évolution des taux d’indépendance énergétique officiels (ceux publiés par l’Insee) et réels (calculés en tenant compte du fait que l’uranium est importé en totalité), permet de constater, sur la période qui intéresse le député Olivier Marleix :

  • une très légère augmentation du taux officiel entre 2011 et 2021 (p : valeur provisoire) et une augmentation beaucoup plus prononcée du taux réel,
  • des variations globalement en sens inverse du taux officiel et du taux réel (lorsque le premier augmente le second diminue et inversement).

Ces évolutions inverses, des taux officiels et réels, viennent du fait que la production nucléaire varie d’une année sur l’autre. Une augmentation de la production nucléaire (donc des importations) entraîne une diminution du taux d’indépendance énergétique réel et une augmentation du taux d’indépendance officiel (si les autres paramètres varient peu).

La tendance à l’augmentation du taux d’indépendance énergétique (réel et officiel), entre 2011 et 2021, s’explique par l’augmentation de la production d’énergie primaire par les renouvelables.

Autonomie énergétique grâce au nucléaire pour l’Elysée, dépendance aux importations pour l’ADEME

La politique nucléaire de la France n’ayant pas permis de gagner en indépendance énergétique il reste néanmoins à savoir d’où viennent les chiffres fournis au Président pour son discours au Creusot (avant que soient révélés les graves problèmes qui affectent les réacteurs nucléaires) et ceux publiés par l’ADEME à destination du grand public (au moment où il faut faire preuve de sobriété énergétique).

Pour une même réalité il y a en effet deux affirmations contradictoires : pour l’Elysée, l’autonomie serait supérieure à 41% (puisque cette valeur ne tient pas compte des énergies renouvelables) et pour l’ADEME la dépendance aux importations serait de plus de 80%.

Pour mieux comprendre d’où vient la contradiction il faut examiner les données de la comptabilité énergétique nationale, à l’origine des affirmations de l’Elysée et de l’ADEME, dont l’un des volets comptabilise l’énergie primaire et l’autre l’énergie finale.

Il faut aussi garder en tête que l’énergie nucléaire générée en France provient d’uranium importé en totalité et que l’indépendance énergétique de la France, exprimée par rapport aux consommations d’énergie primaire, n’était en 2021 que de 13,5%. Ce fait est manifestement caché dans les statistiques publiques[16]. Mais pas par l’ADEME, cet établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) placé sous la tutelle des ministères de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, de la Transition énergétique et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Bilan énergétique en énergie primaire

Selon les données officielles disponibles pour les années 1973[18] et 2021[19] les parts des différentes énergies dans la consommation totale d’énergie primaire étaient réparties ainsi :

On retrouve dans le tableau ci-dessus (pourcentage surligné en jaune), l’origine de la valeur de 41% indiquée par l’Elysée (qui est la part du nucléaire dans la consommation totale d’énergie primaire de la France). Et on constate que la part des énergies fossiles reste prépondérante dans notre approvisionnement en énergie primaire, même si elle a été fortement réduite entre 1973 et 2021.

En 1973, il y avait encore des mines de charbon, des mines d’uranium, des gisements de gaz et de l’hydraulique pour assurer une relative indépendance énergétique.

Désormais elle repose uniquement sur les énergies renouvelables. Entre 1973 et 2021 la part des importations dans la consommation totale d’énergie primaire est donc passée de 76,1% à 86,5 %. Autrement dit le taux d’indépendance énergétique a été réduit de 23,9 % à 13,5 %.

Entre 1973 et 2021 la consommation d’énergie primaire a très fortement augmenté. Pourtant la consommation d’énergie finale n’a pratiquement pas bougé (voir paragraphe suivant) et la production par les énergies renouvelables a plus que doublé. La réduction de consommation d’énergies fossiles a été plus qu’effacée par la consommation d’énergie nucléaire.

Paradoxalement, l’importance de l’énergie nucléaire dans la comptabilité en énergie primaire résulte du mauvais rendement de conversion de la chaleur en électricité dans les centrales nucléaires (de l’ordre de 33%). L’énergie primaire comptabilisée pour le nucléaire est en fait constituée de pertes de chaleur pour les deux-tiers et d’électricité pour un tiers.

Bilan énergétique en énergie finale

Une autre manière de comptabiliser la part des différentes énergies dans la consommation totale est d’exprimer leur contribution à la consommation finale d’énergie :

On retrouve dans le tableau ci-dessus (pourcentages surlignés en jaune), l’origine de la valeur de 81% indiquée par l’ADEME (voir le détail des données utilisées en Annexe 2). C’est le cumul de la part des énergies nucléaire et fossiles considérées comme importées en totalité (en réalité la valeur indiquée par l’ADEME a été établie à partir des données de l’année 2020).

Dans la comptabilité en énergie finale la part du nucléaire est beaucoup moins importante. Bien que sa contribution ait été multipliée par près de 23, entre 1973 et 2021, elle est pratiquement identique à celle des renouvelables qui a doublé (en valeur absolue et en valeur relative).

Et on peut faire le même constat que précédemment : la dépendance aux importations, pour notre approvisionnement en énergie finale, a augmenté entre 1973 et 2021. Pourtant la consommation d’énergie finale n’a que très faiblement augmenté.

On peut observer qu’entre 1973 et 2021, la réduction de consommation du secteur industriel a été complètement effacée par l’augmentation de la consommation des transports et du résidentiel-tertiaire. Pour la fourniture d’énergie la réduction de la part des énergies fossiles est compensée pour moitié par le nucléaire et pour moitié par les énergies renouvelables.

En définitive, quelle que soit la méthode de comptabilité énergétique utilisée (en énergie primaire ou en énergie finale) on observe que le principal « pilier du mix énergétique » français est toujours constitué d’énergies fossiles malgré la part très élevée du nucléaire dans la production d’électricité (voir annexe 2).

On observe aussi que l’efficacité du système énergétique a fortement baissé entre 1973 et 2021 puisqu’il faut beaucoup plus d’énergie primaire pour obtenir une quantité d’énergie finale pratiquement identique.

Efficacité énergétique : la grande absente de la politique électronucléaire de la France

Nous l’avons vu, une centrale nucléaire est un moyen très peu efficace de produire de l’électricité : deux tiers de l’énergie primaire (la chaleur dégagée par la fission de l’uranium) est irrémédiablement perdue et réchauffe les milieux environnants (eau, air et sols). Un tiers seulement est transformée en électricité.

Le chauffage électrique à effet Joule (par résistances) est aussi une très mauvaise manière de remplacer les combustibles fossiles, puisqu’il faut justement utiliser ceux-ci en hiver pour produire l’électricité, souvent avec un mauvais rendement.

Le Commissariat Général au Développement Durable l’indique d’ailleurs clairement dans un document publié en juillet 2017 : « L’intensité énergétique primaire, qui intègre les pertes d’énergie lors de sa transformation ou de son transport, est, quant à elle, plus élevée en France (101 tep par M$ 2011 de PIB) qu’en Allemagne (86 tep par M$ 2011 de PIB). Cela s’explique en grande partie par le poids plus important de l’électricité dans le bouquet énergétique final ainsi que par le recours plus élevé au nucléaire pour produire cette électricité en France. En effet, d’une part, la production d’électricité s’accompagne généralement de pertes de chaleur importantes et, d’autre part, ces pertes sont en moyenne relativement plus élevées dans les centrales nucléaires que dans celles utilisant des combustibles fossiles et notamment celles de cogénération, plus développées en Allemagne qu’en France. »[20]

Dans le contexte de désindustrialisation qu’a connue la France entre 1973 et 2021, la très forte augmentation de la production d’électricité par l’énergie nucléaire a été utilisée pour développer des usages problématiques de l’électricité (le chauffage électrique en résidentiel et tertiaire, les usages thermiques dans l’industrie, les publicités lumineuses, l’éclairage nocturne généralisé, etc.) et de manière souvent peu efficace pour de nombreux usages nouveaux.

C’est ainsi que l’efficacité énergétique, rapport entre la consommation finale d’énergie (celle délivrée aux consommateurs) et l’énergie primaire consommée pour l’approvisionnement du système énergétique, est passée de 74,7% en 1973 à 58,8% en 2021. Cette diminution est le résultat de deux choix politiques du plan Messmer lancé en 1974 :

  • l’augmentation massive de la part du nucléaire dans la production d’électricité (multipliée par plus de 8 en moins de 50 ans),
  • l’augmentation très conséquente des consommations d’électricité (multipliées par près de 3 sur la même période), principalement pour le chauffage des bâtiments.

Si l’autonomie énergétique passe par une meilleure efficacité du système énergétique, permettant de maîtriser nos consommations, alors on peut dire que la politique  électronucléaire de la France est allée clairement à l’encontre de cet objectif. Pour une même consommation d’énergie finale elle a provoqué une augmentation de près de 30% de la consommation d’énergie primaire. Et pour un investissement identique, dans des équipements qui utilisent plus efficacement l’énergie, la réduction de consommation d’énergie finale est beaucoup plus élevée que la production d’électricité nucléaire (3 fois plus selon la note du 16 septembre 1987 de la Direction Générale de l’Energie et des Matières Premières qui soulignait « L’intérêt des économies d’énergie au vu des résultats acquis depuis 1973 »)[21].

Résumé et conclusions

Le programme nucléaire décidé en 1973 (plan Messmer) n’a pas permis à la France d’augmenter son indépendance énergétique à long terme. Pendant une trentaine d’années, alors qu’il y avait encore des gisements de gaz, des mines de charbon et des mines d’uranium en exploitation en France, l’indépendance énergétique a augmenté. Mais elle s’est effondrée après l’épuisement de ces sources d’approvisionnement en énergie primaire. Ainsi, entre 1973 et 2021, le taux d’indépendance énergétique réel est passé de 23,9 % à 13,5 %, taux bien différent de la valeur (trompeuse mais officielle) de 55 % publiée par l’Insee pour l’année 2021.

Entre 1973 et 2021, la dépendance aux énergies fossiles a certes été significativement réduite, mais au détriment de l’efficacité énergétique, c’est-à-dire avec un accroissement très conséquent des pertes du système énergétique. Celles-ci ont effacé les trois quarts de la réduction de consommation d’énergie fossile.

Face au constat de ce qu’il faut bien appeler un échec, au regard des objectifs annoncés initialement et rappelés ultérieurement, et face à la situation actuelle de risque de pénurie énergétique, il faut se demander comment nous en sommes arrivés là.

La politique nucléaire de la France, concomitante à la désindustrialisation du pays, a consisté depuis 1973 à substituer pétrole et charbon, utilisés pour la production d’électricité, par le nucléaire, mode de production encore plus centralisé et énergétiquement inefficace. Elle a consisté également à favoriser les usages thermiques de l’électricité (pour le chauffage des bâtiments et dans l’industrie) générateurs d’appels de puissance très élevés en période froide et source de fragilité pour l’équilibre du réseau électrique. Elle a faussé la perception des citoyens en présentant le nucléaire comme un facteur d’autonomie énergétique de la France, ce qu’elle n’est pas. Et elle a conduit à négliger de nombreuses actions et modes d’organisation de la société permettant de réduire significativement et durablement nos consommations, que les chocs pétroliers des années 1970 n’ont freiné que temporairement.

Non seulement cette politique ne nous a pas rendu autonome mais elle a surtout créé de nouvelles dépendances :

  • à des importations d’énergie fossile et d’uranium, qui contribuent à enrichir des industries pétrolières et nucléaires mondialisées, adossées à des pays guerriers et à des régimes politiques anti-démocratiques
  • à une industrie nucléaire très peu résistante aux aléas du monde actuel (pandémies, guerres, canicules, tempêtes, etc.) et de la technique (corrosions et fissures des métaux constitutifs de la séparation entre les milieux radioactifs et les milieux vivants),
  • à des modes de pensée qui ne permettent pas de résoudre les problèmes concrets mais contribuent au contraire à les masquer ou à les nier et à les reporter sur les générations futures ou sur des populations qui ne sont pas en mesure de les gérer (par exemple les plus précaires en France ou encore les travailleurs des mines d’uranium dans les pays exportateurs).

Elle a conduit également à réchauffer l’air, l’eau et les sols (par les émissions de chaleur d’un système énergétique peu efficace) dans un contexte où il s’agit de limiter les effets des activités humaines sur l’environnement et sur le climat.

La guerre en Ukraine devrait être l’occasion pour la France de faire un bilan sérieux et complet de la situation (sanitaire, sociale, économique, écologique, géopolitique, industrielle, etc.), à laquelle a conduit « le choix du nucléaire en 1973 »[22] au moment du premier choc pétrolier et de la guerre du Kippour.

L’enjeu énergétique qu’il faut désormais affronter est la « fin de l’abondance » des énergies fossiles et l’arrêt très rapide du nucléaire (volontaire ou involontaire)[23].

Un autre enjeu tout aussi important est de permettre à tous les échelons territoriaux du pays et à ses habitants de s’approprier (ou de se réapproprier) tous les modes d’organisation sociale et toutes les technologies permettant de réduire notre empreinte énergétique et écologique.

Enfin l’enjeu primordial est de redonner confiance dans la parole publique en sortant des mensonges d’État sur l’indépendance énergétique, sur l’autonomie énergétique et sur le rôle du nucléaire dans notre approvisionnement énergétique.

C’est à ces conditions que la France cessera d’être un des maillons faibles de l’Europe dans la situation de guerre aux frontières de l’Union européenne (voir annexe 3).

C’est à ces conditions que nous pourrons viser l’autonomie énergétique et que les problèmes de précarité énergétique, aujourd’hui bien réels, pourront être résolus.

Quant à la « souveraineté » de la France, sur laquelle enquête la commission de l’Assemblée Nationale, elle est sérieusement mise à mal du fait de la politique nucléaire de la France. Sur ce sujet d’importance vitale, les citoyennes et citoyens sont privé-e-s depuis le début de leur souveraineté, c’est-à-dire de leur capacité de décision.

La condition indispensable à la souveraineté de la France est donc de permettre aux citoyennes et citoyens de retrouver leur souveraineté et leur liberté de choix.

Annexe 1 : d’où vient l’uranium utilisé en France ?

Selon un article du journal Le Monde[24], l’uranium utilisé en France est importé en totalité depuis 2003. L’exploitation de la dernière mine d’uranium en France a cessé en 2001 après avoir fait de nombreux dégâts humains, sanitaires et environnementaux dont les effets sont loin d’être terminés à défaut d’être correctement évalués[25].

En 2020, l’uranium était issu pour près de 10 % d’Australie, 26 % d’Ouzbékistan, 35 % du Niger et pour près de 29 % du Kazakhstan[26]. C’est donc 90 % de l’uranium importé en 2020 qui provenait de pays sous influence russe ou chinoise, depuis que la Chine est installée au Niger[27] et que la milice pro-Poutine Wagner opère au Mali[28]. Et 55 % de l’uranium importé en 2020 provenait du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan. Dans ces deux pays, selon Le Monde, « Moscou est en position de force[29] ». Et selon Le Point, « la Russie et l'Ouzbékistan scellent leurs liens dans tous les domaines[30]».

Selon un article du « quotidien de l’écologie » Reporterre, d’après l’ONG Greenpeace, « la France a importé 19 245 tonnes d’uranium naturel et 8 213 tonnes d’uranium enrichi de Russie entre 2000 et 2020 »[31].

Toujours selon Reporterre, l’usine ANF (Advanced Nuclear Fuels, filiale de Framatome) de Linden en Allemagne, alimentée en hexafluorure d’uranium par la Russie, livre des « assemblages combustibles » pour les réacteurs nucléaires français[32].

Enfin, selon le journal Le Monde, « La Russie possède la seule usine au monde capable de «recycler» l’uranium déchargé des réacteurs nucléaires français [33]» et selon le journal Mediapart « Une livraison d’uranium russe (a été) repérée à Dunkerque malgré la guerre en Ukraine »[34].

Annexe 2 : détails sur les consommations finales d’énergie

Consommations finales d’énergie et répartition par type d’énergie utilisée

Consommations d’électricité et répartition par source d’énergie utilisée pour la production

Consommations de chaleur commercialisée et répartition par source d’énergie utilisée pour la production (estimation faute de données suffisantes)

Consommations finales d’énergie et répartition par type d’usage

Annexe 3 : taux d’indépendance énergétique et autres indicateurs pour quelques pays d’Europe

Indicateurs calculés pour l’année 2020 à partir des statistiques énergétiques publiées par Eurostat[35].

Selon ces indicateurs, la France est un des maillons faibles de l’Europe dans la situation de guerre aux frontières de l’Union européenne.

La comparaison avec l’Italie l’illustre bien. Ce pays peuplé (59,6 millions d’habitants en Italie pour 67,4 millions en France en 2020), qui n’a plus aucun réacteur nucléaire en fonctionnement, est la deuxième puissance industrielle d’Europe après l’Allemagne. En 2020 l’Italie a consommé 108,3 Mtep sous forme de charbon, de pétrole et de gaz, et la France 105,1. L’Italie augmente régulièrement la part des énergies renouvelables dans sa production d’électricité : de moins de 16 % en 1990, elle est passée à 42,4 % en 2020, alors que cette même année la France arrivait à à 25,9 %.

Note : les taux d’indépendance énergétique indiqués ont été calculés en considérant que tout l’uranium utilisé dans l’Union Européenne (EU 27) était importé, la dernière mine d’uranium en exploitation (en République Tchèque) ayant été fermée en 2017[36].

Annexe 4 : quelques définitions des termes utilisés dans le présent document, dans la comptabilité énergétique nationale et dans les discours officiels

Système énergétique

C’est l’ensemble des installations techniques permettant l’extraction, le captage, la production, le transport, le stockage et la distribution d’énergie sous ses différentes formes. Par extension c’est aussi l’ensemble des politiques et règlementations encadrant les différentes activités, et notamment les marchés, liées à l’énergie.

Énergie primaire

Il s’agit d’énergie non transformée qui peut être produite (extraite ou captée) ou consommée sur le territoire national et qui peut être également importée ou exportée.

Pour les combustibles (fossiles ou issus de la biomasse), l’énergie primaire comptabilisée dans les statistiques publiques est la quantité de chaleur que ceux-ci peuvent produire en brûlant complètement.

Pour le nucléaire l’énergie primaire comptabilisée dans les statistiques est la chaleur dégagée par la fission atomique dans les réacteurs nucléaires.

Pour les énergies renouvelables (hors combustibles issus de la biomasse) c’est la quantité de chaleur ou d’électricité réellement disponible en sortie d’équipement (turbine hydroélectrique, capteur solaire thermique, capteur solaire photovoltaïque, éolienne, etc.).

Énergie finale (à usage énergétique)

Il s’agit de l’énergie fournie aux utilisateurs finaux sous forme de carburant, de combustible, de chaleur, d’électricité.

Pour les combustibles (fossiles ou issus de la biomasse), l’énergie finale comptabilisée dans les statistiques publiques est la quantité de chaleur que ceux-ci peuvent produire en brûlant complètement.

Pour la chaleur issue des énergies renouvelables et de récupération (hors combustibles issus de la biomasse) l’énergie finale est la quantité réellement disponible en sortie d’équipement (capteur solaire thermique, forage géothermique, capteur de chaleur des pompes à chaleur, échangeur de chaleur de récupération, etc.) réduite des pertes des réseaux éventuels d’approvisionnement en énergie finale.

Pour l’électricité l’énergie finale est celle délivrée aux consommateurs via les réseaux de transport et distribution publics.

Indépendance énergétique

Selon l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (Insee), le taux d’indépendance énergétique d’un pays est le rapport entre sa production et sa consommation d'énergie primaire (chaleur générée par la fission nucléaire dans les réacteurs, charbon, pétrole, gaz naturel, hydraulique, énergies renouvelables). Ce taux peut être calculé, comme le fait l’Insee, en considérant que l’énergie nucléaire est une production nationale, quelle que soit l’origine de l’uranium utilisé pour la production. Il peut aussi être calculé en tenant compte de l’origine de l’uranium utilisé pour la production nucléaire et en considérant alors comme importation l’énergie nucléaire issue d’uranium importé.

Une autre manière d’exprimer l’indépendance énergétique est de calculer la part des énergies non importées dans la consommation d’énergie finale.

Plus le taux d’indépendance énergétique est élevé moins le pays doit importer de l’énergie primaire pour son approvisionnement. Un taux d’indépendance énergétique égal à 1 (ou à 100 %) indique que le pays est autosuffisant pour son approvisionnement.

L’inverse de l’indépendance énergétique est la dépendance. Pour calculer le taux de dépendance il faut enlever à 1 le taux d’indépendance énergétique.

Autonomie énergétique

Cette notion n’est pas utilisée dans la comptabilité énergétique nationale. Il n’y a pas de définition qui fasse consensus.

Pour certains, l'autonomie énergétique est la capacité d'un pays à satisfaire ses besoins énergétiques, sans dépendre d'autres pays.

Pour d’autres c’est un concept à clarifier et c’est une notion qui a une dimension philosophique avant d'être matérielle : « L'autonomie consiste à se responsabiliser afin de maîtriser nos consommations »[37].

Il y a aussi une définition plus concrète qui est la durée de fonctionnement d’un système énergétique sans approvisionnement externe en énergie. Elle dépend de la capacité de stockage d’énergie du système, du rythme de consommation et des pertes du système de stockage-déstockage. Cette définition synthétise les deux précédentes.

Souveraineté énergétique

Comme pour l’autonomie énergétique cette notion n’est pas utilisée dans la comptabilité énergétique nationale. Il n’y a pas de définition qui fasse consensus car cela présente de nombreuses difficultés, la première étant de s’entendre sur ce dont on parle. Plusieurs sens sont possibles et se mêlent sans doute dans les discours : indépendance énergétique, autonomie énergétique, souveraineté industrielle (disponibilité en France d’éléments indispensables à la production d’énergie tels que les matériaux, composants et équipements clés pour les différentes filières énergétiques), mais aussi capacité à nouer des alliances entre Etats pour sécuriser des approvisionnements énergétiques (aspect géopolitique de l’énergie).

Cette notion peut aussi concerner la capacité d’un État à définir sa propre politique énergétique, seul ou avec d’autres États (Union Européenne (par exemple). Elle peut concerner enfin la capacité des citoyens à contrôler les Etats et leurs politiques énergétiques. Sur ce dernier point on peut observer qu’en matière de politique nucléaire les citoyens sont privés depuis le début de leur souveraineté, c’est-à-dire de leur capacité de décision.

Efficacité énergétique d’un système d’approvisionnement en énergie

C’est le rapport entre l’énergie finale (délivrée aux consommateurs finaux) et l’énergie primaire consommée pour l’approvisionnement du système énergétique. Entre l’énergie primaire utilisée pour approvisionner le système énergétique et la consommation finale d’énergie il y a des consommations internes au système et des pertes de conversion, de transport et de distribution. Plus les consommations internes et les pertes sont faibles plus l’efficacité du système énergétique est élevée. Une efficacité énergétique élevée caractérise une bonne utilisation des ressources disponibles et de moindres impacts sur l’environnement et sur le climat.

Pour la comptabilité énergétique nationale, l’énergie primaire consommée est celle disponible en France du fait des importations ou des productions nationales. Les consommations et pertes de combustibles et d’électricité dans les réseaux d’approvisionnement extérieurs à la France ne sont pas comptabilisées.

Tonne équivalent pétrole (tep)

Pour additionner des quantités d’énergie (primaire ou finale) qui ne sont pas comptabilisées avec les mêmes unités physiques on peut les ramener à une quantité de pétrole équivalente, celle qui produirait la même quantité de chaleur : la tonne équivalent pétrole (tep). C’est l’unité usuelle des comptabilités énergétiques nationales et internationales.

[1] https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/12/08/deplacement-du-president-emmanuel-macron-sur-le-site-industriel-de-framatome

[2] Réponses de la ministre de la transition énergétique, aux questions du député Matthias Tavel 

https://videos.assemblee-nationale.fr/video.12149243_63207c68b962b.commission-des-affaires-economiques--mme-agnes-pannier-runacher-ministre-de-la-transition-energeti-13-septembre-2022?timecode=3524020

[3] Sobriété : les gestes essentiels cet hiver

https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/maison/economies-denergie/sobriete-gestes-essentiels-hiver

[4] https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/organes/autres-commissions/commissions-enquete/ce-independance-energetique

[5] https://www.sfen.org/rgn/naissance-parc-nucleaire-francais-plan-messmer/

[6] https://www.europe1.fr/economie/info-europe-1-edf-les-quatre-plus-gros-reacteurs-nucleaires-francais-arretes-jusqua-lautomne-4087799

[7] Données issues du site internet de RTE « éCO2mix » pour le 14 janvier 2022 à 9h30.

[8] https://reporterre.net/Pourra-t-on-compter-sur-les-reacteurs-nucleaires-cet-hiver

[9] L’indisponibilité actuelle, au seuil de l’hiver, est proche de 40%. En 2020, selon le World Nuclear Industry Status Report de 2021 (pages 87 à 89), l’indisponibilité totale a été de l’ordre de 32 %, avec 10 réacteurs complètement arrêtés toute l’année.

https://www.worldnuclearreport.org/IMG/pdf/wnisr2021-lr.pdf

[10] https://basta.media/Precarite-energetique-surcout-emissions-carbone-l-absurdite-francaise-du

[11] Bilan énergétique de la France - Données annuelles de 2011 à 2021 - Chiffres-clés - Paru le : 10/05/2022

https://www.insee.fr/fr/statistiques/2015823

[12] https://assets-decodeurs.lemonde.fr/decodeurs/medias/independance_nucleaire/IEA_-_Manuel_des_e%CC%81nergies(franc%CC%A7ais)_2011.pdf#page=150

[13] Concentré d'uranium sous forme de d'octaoxyde de triuranium U₃O₈.

[14] https://reporterre.net/L-encombrante-livraison-d-uranium-russe-a-l-Europe

[15] https://fr.wikipedia.org/wiki/Usine_Framatome_de_Lingen

[16] Des explications détaillées, sur la manière absurde de traiter les données relatives à l’uranium et à l’énergie nucléaire dans les statistiques françaises, ont été fournies par plusieurs auteurs. Par exemple Bernard Laponche, dans cet article parfaitement limpide : « Couvrez cet uranium, que je ne saurais voir », d’après « Tartuffe ou l’Imposteur » de Molière. https://journaldelenergie.com/nucleaire/couvrez-uranium/

[17] https://www.annales.org/ri/2006/aout/autres.pdf

[18] https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-energie-2022/pdf/chiffres-cles-de-lenergie-2022-signets.pdf

[19] Pour permettre la comparaison entre les valeurs publiées pour l’année 1973 et celles publiées pour l’année 2021, ces dernières ont été converties en milliers de tonnes équivalent pétrole (ktep). Le facteur de conversion utilisé est de 86 kilo tonne équivalent pétrole (ktep) par gigawattheure (GWh).

[20] L’efficacité énergétique en France - Évolution entre 2000 et 2016 et comparaison internationale https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lefficacite-energetique-en-france-evolution-entre-2000-et-2016-et-comparaison-internationale

[21] https://www.global-chance.org/Le-choc-petrolier-de-1973-et-les-economies-d-energie

[22] Choix qui a également consisté à construire les réacteurs nucléaires français sous licence américaine Westinghouse, en prenant pour modèles des réacteurs américains déjà en service et avec une technologie basée sur celle des réacteurs de propulsion des sous-marins nucléaires.

[23] Cette industrie militaro-civile provoque des guerres et des catastrophes d’ampleur mondiale, est énergétiquement inefficace, produit des effluents et déchets radioactifs ingérables. Et ses installations sont des cibles militaires potentielles.

[24] L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire : un tour de passe-passe statistique

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/01/24/l-independance-energetique-de-la-france-grace-au-nucleaire-un-tour-de-passe-passe-statistique-et-100-d-importation_6110781_4355770.html

[25] En France il y a 200 millions de tonnes de rebuts et de résidus miniers radioactifs, répartis sur près de 250 sites. Certains d’entre eux ont été classés comme sites de stockage de déchets radioactifs identifiés par l’Andra et surveillés en tant que tels. D’autres ont été banalisés et rendus à des usages (agriculture, activités sportives, loisirs, habitation, etc.) pour lesquels il n’y a pas de surveillance de la radioactivité et de ses effets. Il a fallu un travail acharné d’associations de défense de l’environnement, regroupées au sein du Collectif Mines Uranium, de la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) et d’un média national (émission « Pièces à conviction » d’Elise Lucet en février 2009), pour qu’AREVA dresse enfin un inventaire des lieux de réutilisation des "stériles" radioactifs dans le domaine public.

Voir à ce sujet l’article en ligne sur le site internet du journal Le Monde du 11 février 2009 « Les mines d'uranium françaises en accusation - Une enquête diffusée sur France 3 révèle des lacunes dans la gestion des résidus radioactifs par Areva. »

https://www.lemonde.fr/planete/article/2009/02/11/les-mines-d-uranium-francaises-en-accusation_1153756_3244.html

https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/08/04/la-malediction-des-anciennes-mines-d-uranium-francaises_5168667_3244.html

https://www.lyoncapitale.fr/actualite/dans-la-loire-les-dechets-radioactifs-menacent-la-riviere-de-la-besbre/

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/un-ancien-mineur-fait-condamner-areva-pour-faute-inexcusable-1478536313

[26] https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/vrai-ou-fake-nucleaire-la-france-importe-t-elle-de-l-uranium-de-russie-comme-l-affirme-cecile-duflot_5398636.html

[27] Uranium : une société chinoise va lancer de nouvelles prospections au Niger – Reporterre – 10 octobre 2018

https://reporterre.net/Uranium-une-societe-chinoise-va-lancer-de-nouvelles-prospections-au-Niger

[28] Avancées russes sur le continent africain : l’UE doit-elle s’en inquiéter ? – RTBF – 20 février 2022

https://www.rtbf.be/article/avancees-russes-sur-le-continent-africain-lue-doit-elle-sen-inquieter-10935681

[29] Moscou en position de force au Kazakhstan

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/01/08/entre-le-kazakhstan-et-la-russie-une-relation-ambivalente_6108655_3210.html

[30] https://www.lepoint.fr/monde/la-russie-et-l-ouzbekistan-scellent-leurs-liens-dans-tous-les-domaines-19-10-2018-2264208_24.php

[31] https://reporterre.net/En-pleine-guerre-la-France-recoit-de-l-uranium-russe

[32https://reporterre.net/L-encombrante-livraison-d-uranium-russe-a-l-Europe

[33] https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/11/29/la-russie-possede-la-seule-usine-au-monde-capable-de-recycler-l-uranium-decharge-des-reacteurs-nucleaires-francais_6152097_3234.html

[34] https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/291122/une-livraison-d-uranium-russe-reperee-dunkerque-malgre-la-guerre-en-ukraine

[35] https://ec.europa.eu/eurostat/fr/web/energy/data/energy-balances

[36] https://francais.radio.cz/a-rozna-la-derniere-mine-duranium-en-europe-centrale-a-ete-fermee-8194236

[37] https://www.larecherche.fr/id%C3%A9es-chronique-transition-%C3%A9nerg%C3%A9tique/lautonomie-%C3%A9nerg%C3%A9tique-un-concept-%C3%A0-clarifier

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