Une forme de résistance à la pensée unique

Une forme de résistance à la pensée unique dans le domaine des sciences et des humanités Contre le monopole de l’anglais scientifique, l’Espagne veut développer la communication scientifique en espagnol.

 

Contre le monopole de l’anglais scientifique, l’Espagne veut développer la communication scientifique en espagnol.

Le  29 juillet dernier le ministre espagnol de l’ Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation en exercice, Pedro Duque, et le directeur de l’Institut Cervantes, Luis García Montero, se sont réunis afin de mettre en place une série de mesures qui permette à l’espagnol d’être un référent dans les publications en sciences et technologie. 

Parmi les initiatives à retenir, le projet « Penser en espagnol » du  Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC) équivalent du CNRS , ou  le ES-Ciencia, (service  de publication et édition)  pour donner toute la visibilité à la qualité de la science publiée en espagnol, renforcer l’espagnol comme langue de communication scientifique et imposer la littérature scientifique  en espagnol. La Real Academia Española accompagne dans cette démarche  l’initiative du Ministre de l’ Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.

L’espagnol est en effet,  la langue de communication de 580 millions de personnes, aujourd’hui mais visiblement aussi un problème pour un dénommé Trump qui, a dès son arrivée à la Maison Blanche, a fait retirer de la page d’accueil du site internet. (Et pourtant c’est dans cette langue que fut rédigée la Constitution de Californie !!)

Au-delà d’une bataille -qui aux yeux de certains- pourrait se résumer à une lutte « impérialiste » et d’un débat stérile, cette initiative souligne l’importance de défendre non seulement une langue mais encore des formes de penser, de sentir, de dire le monde, différentes, de publier des recherches et des  innovations, de témoigner de cultures multiples.

Nous le savons, ne serait-ce que dans nos assiettes, la monoculture épuise, appauvrit,  réduit sans aucun doute  les choix. La rencontre avec l’autre passe aussi par les mots  qui sont héritages, histoires et paysages.

Le monopole d’un  « anglais » scientifique pour des revues soumises au fameux « impact factor » (cf. La Folie évaluation »,de A. Abelhauser, R. Gori, M.J. Sauret, Ed. des Mille et une nuit ), dans  toutes nos disciplines (notamment tous mes collègues en Arts, Lettres, Littératures Étrangères, Sciences Sociales et Humaines)  et nous contraint à traduire ou faire traduire nos travaux et publications, à remplir des appels à projet formatés et parfois incompréhensibles.

Voilà donc une initiative à saluer et à essaimer ; la langue nous formate donc vive le plurilinguisme, car il signifie aussi le pluralisme de la pensée.

 

 

 

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