Dans une quasi indifférence médiatique, la casse des RASED continue

Il y a deux jours, la Ministre de l'Education nationale enjoignait les recteurs à réabonder les RASED : "Là où les Rased sont incomplets, je vous demande de recréer des postes". Pourtant, chaque jour sont publiés des résultats de CAPD où les postes d'enseignants spécialisés sont transformés en postes de "maîtres supplémentaires".

"Là où les Rased sont incomplets, je vous demande de recréer des postes". Une belle note d'espoir, s'il n'y avait les comptes-rendus des CAPD (commissions administratives paritaires départementales) qui, dans toute la France, témoignent d'actes contradictoires : dans de nombreux départements, les postes d'enseignants spécialisés, et particulièrement ceux des Rééducateurs de l'Education Nationale (maîtres G), sont remplacés par des postes de maîtres supplémentaires (dispositif pédagogique PDMQDC).

Un exemple dans les Côtes d'Armor :

RASED (Réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) :

Poste RASED G de Paimpol fermé (transformé en PDMQDC)

Poste RASED G d’Erquy fermé (transformé en PDMQDC)

Poste RASED G de Plélo fermé (transformé en PDMQDC)

La technique est assez simple :

1) On limite les départs en formation (moins de départs que de besoins)

2) Les postes restés vacants sont gelés pendant un an

3) On transforme les postes gelés en postes "plus de maîtres que de classes"

Et le tour est joué : moins de postes d'enseignants spécialisés et plus de postes d'enseignants surnuméraires pour le même coût en ressource humaine !

Dans l'indifférence des médias nationaux, alors que des médias spécialisés, les associations professionnelles, des syndicats d'enseignants et de nombreux enseignants spécialisés tentent d'alerter sur cette situation, c'est l'adaptation scolaire qui disparaît, pour des raisons gestionnaires, entre les pôles du "tout pédagogique" et de la médicalisation de l'échec scolaire.

Les dispositifs du "plus de maîtres que de classes" et l'accompagnement des élèves en situation de handicap à l'école, qui sont les seuls évoqués dans les meetings des candidats à la présidentielle sont utiles dans certaines situations mais ne suffisent pas à prendre en compte certaines difficultés scolaires que rencontrent les enfants qu'accompagnent les enseignants spécialisés des RASED.

Diminution drastique du temps de formation spécifique, diminution des moyens humains et matériels sur le terrain, changement de dénomination de l'aide rééducative, transformation du métier, divulgation du résumé d'un rapport pour le moins douteux sur l'action des RASED, et plus encore, ignorance ou mépris de la souffrance de nos élèves et de nos collègues qui enseignent dans les classes... tout semble mis en oeuvre pour faire disparaître les RASED.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.