À quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin ?

À quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin ? Difficile d'imaginer plus radicale interrogation ! C'est LA question que tout le monde se pose un jour ou l'autre.

À quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin ? Difficile d'imaginer plus radicale interrogation ! C'est LA question que tout le monde se pose un jour ou l'autre. Dans ce joli livre, Emmanuelle Piquet imagine quelques-unes des réponses que chacun peut apporter à la petite fille aux nattes rouges qui interroge son entourage sur le sens de la vie dont le terme est notre seule certitude. Pour sa petite sœur Zoé, si elle savait parler... la vie, ça sert à « tirer à deux mains sur ses chaussettes », « à lâcher mille fois ma girafe pour la voir réapparaître »... ; pour sa cousine Jacinthe, qui veut faire croire qu'elle est une sainte, ça sert à « laisser sa place dans le bus » ou à « éviter les gros mots sauf en cas d'absolue nécessité » ; pour son grand frère Philibert, qui aime bien la faire braire, ça sert à « faire des divisions à virgule » ou à « passer l'éponge sur la table et mettre les miettes mouillées dans sa main » et il peut trouver encore bien pire... ; pour son ami Benoît, qui se sent toujours à l'étroit, ça sert à « penser à la lune », à rien justement !!!!!!!! selon son cousin Bastien, un vrai gothique ; pour sa maman, qui compte vivre très longtemps, la vie sert à « piquer un fou rire », « faire un câlin, puis un autre, puis un autre » et aussi à « retrouver ses clés » ; pour son parrain, son modèle dans la vie, elle sert à « aimer les femmes et surtout une », « aller se coucher quand les invités sont nuls », à « faire des blagues quand la vie est triste »... La mort, disait Hegel, est le maître absolu. À cet impitoyable maître, Emmanuelle Piquet oppose sa légèreté et son humour, et Julien Martinière la poésie de ses illustrations. Ainsi charmé par un tel Vive la vie !, comment ne pas succomber à l'envie de continuer ce drôle d'inventaire à la Pérec[1]... Alors, dites, pour vous, ça sert à quoi de vivre ?

 

Françoise Mona Besson

 

À quoi ça sert de vivre si on meurt à la fin ? d'Emmanuelle Piquet. Illustrations Julien Martinière, Ed. Sarbacane, 13,50 euros.


[1] À lire : Je me souviens, de GeorgesPérec et I remember de soninspirateur, l'Américain Joe Brainard.

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