Françoise Nicolas
Fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères, lanceur d'alerte
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Billet de blog 28 août 2017

Nathalie Loiseau m'a Tuer

Fonctionnaire au Quai d’Orsay, je subis maintes représailles pour avoir été « lanceur d’alerte » lorsqu’en poste à l’ambassade de France au Bénin (2008-2010), j’ai signalé à ma hiérarchie de nombreux errements comptables et autres. Ma mise à l’écart a été l’oeuvre notamment de Nathalie LOISEAU, l’actuelle ministre déléguée aux Affaires européennes, DRH du MAE (2009-2011)

Françoise Nicolas
Fonctionnaire au ministère des Affaires étrangères, lanceur d'alerte
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ce témoignage a initialement été publié par la rédaction de Mondafrique à qui j’exprime toute ma reconnaissance (http://mondafrique.com/nathalie-loiseau-tuer/). Le titre de l'article et les inter-titres lui appartiennent.

Je m’appelle Françoise Nicolas. En 2008, j’ai été affectée à l’ambassade de France à Cotonou, au Bénin, au sein du Service d’Action et de Coopération Culturelle (SCAC) en charge des bourses d’études, de stage, des missions, des invitations et de l’organisation d’examens . Le secteur qui m’était confié était en grand désordre. Une simple remise à plat des dossiers entreposés me permit de mettre fin à des abus à la grande satisfaction de mon premier chef de bureau. Ainsi une bourse d’études pouvait être attribuée depuis sept ans sans justificatif quand le maximum est de trois ans pour une thèse. J’ai mis en place des bases de données pour gérer efficacement ces dossiers.

Premières manoeuvres

Pendant ma première année, j’ai fait l’objet de manoeuvres de l’ambassadeur visant à m’écarter de mon poste. C’était également le cas de mon premier chef de bureau. Décoré de la Légion d'Honneur en janvier 2013, l’ambassadeur Hervé BESANCENOT, qui ne brillera pas plus tard en Mauritanie en servant les plats à l’actuel président Aziz sans jamais recevoir les mouvements d’opposition à cette dictature, obtint le départ de mon premier chef de bureau. J’étais de plus constamment l’objet de propos menaçants de la part de collaborateurs de l’ambassadeur. Du genre : « Attention, Madame Nicolas, vous jouez un jeu dangereux ».

L’ambassadeur me renvoya en France, au motif mensonger que j’avais contracté une maladie parasitaire. Je me retrouvais piégée, interdite de reprendre mes fonctions à l’ambassade. Je décidai de consulter un cabinet d’avocats et de saisir un tribunal administratif en août 2009 afin de pouvoir reprendre le cours de ma vie.

Retour au Bénin

À mon retour à Cotonou, en septembre 2009, je découvrais un nouveau chef de bureau, choisi par l’ambassadeur. Très vite, grâce à mes bases de données, je repérais et mettais en évidence un système de créations de dépenses fictives imputées sur le budget dont j’étais responsable. Concrètement, les dossiers se devaient de comporter un certain nombre d’informations, précises, essentielles, afin de justifier l’utilisation des fonds (telles que les coordonnées des bénéficiaires, des organismes concernés, etc).

Alors que j’étais en fonction depuis plus d’un an, les dossiers que je traitais m’étaient brusquement retirés pour être confiés à une recrutée locale. J’en restais pourtant officiellement responsable, mais, de fait, je ne contrôlais plus rien. Et ce que j’arrivais à en percevoir m’alarmait au plus haut point. Les dossiers étaient juste vides.

Agression physique

Pendant quatre mois, j’ai attiré l’attention de ma hiérarchie sur les « anomalies » induites par cette nouvelle organisation. En vain. Au bout de trois mois, j’avais fini également par exposer la situation à mon administration centrale, à Paris.

À cette période, j’ai reçu des menaces précises de l’encadrement de l’ambassade. Je communiquai certaines de ces menaces à mes avocats. Trois mois plus tard, j’étais agressée par surprise par la collègue qui partageait mon bureau alors que j’étais assise, absorbée par mon travail. J’ai survécu à une strangulation grâce à l’intervention d’un agent d’entretien qui, alerté par le bruit, est entré dans le bureau et est intervenu alors que je perdais connaissance. Il n’a été procédé à aucune enquête. L’agent d’entretien a été aussitôt licencié sans avoir été auditionné.

Mise en quarantaine

J’ai fait l’objet d’un rapatriement … disciplinaire. J’étais blessée, en état de choc. Je ne tenais pas seule debout, incapable de faire une valise. J’ai abandonné au Bénin tous mes biens, ma maison dont je venais de régler un an de loyer, mon véhicule, etc. Et, évidemment, sans qu’il ne me soit versé un centime d’euro de « compensation ». A titre personnel, j’ai dû surmonter les conséquences d’un état de stress post-traumatique, aigu puis chronique. Je suis restée hospitalisée deux mois avec demi-salaire, le ministère ne voulant pas reconnaître l’accident de service qui sera reconnu après dix huit mois de bataille acharnée.

Professionnellement, j’ai été mutée d’office sur un poste ne correspondant ni à mes compétences, ni à mes aspirations. Toutes mes demandes de mutation ont été refusées au titre de « la politique du noeud coulant » (sic) que m’applique le ministère des Affaires étrangères. Entre 2011 et 2015, j’ai listé 72 refus de changement de poste. Ma plainte pénale pour violences volontaires a été classée sans suite, sans instruction digne de ce nom, au motif qu’il ne s’était agi que d’une simple dispute. Une plainte pénale contre X pour tentative de meurtre a été déposée en 2015. L’instruction traîne.

Des ressources bien peu humaines

Nathalie LOISEAU, l’actuelle ministre déléguée aux Affaires européennes, était alors directrice des ressources humaines du ministère des Affaires étrangères (2009- 2011), puis directrice générale de l’administration et de la modernisation (2011-2012). À partir d’août 2009, neuf procédures amiables ou devant des tribunaux ont été signifiées au ministère des Affaires étrangères, tant avant qu’après mon agression, pour la  seule période 2009-2012.

 De par ses fonctions, Nathalie LOISEAU en était la destinataire naturelle. En outre, en juin 2011, paraissait un livre de poche qui racontait mes aventures au Bénin dès son introduction (« Les diplomates. Derrière la façade des ambassades de France » de Franck Renaud, éditions Nouveau Monde).

Nathalie LOISEAU, incarnation des baronnies du Quai d’Orsay, est en grande partie responsable de mes malheurs.

Responsable de l’absence d’enquête après mon agression.

Responsable de mon rapatriement disciplinaire sans commission de discipline.

Responsable de l’impunité de l’ambassadeur.

Responsable de la raison d’Etat que m’oppose le ministère des Affaires étrangères pour me priver de l’application des lois de la République.

Ministre désormais, Nathalie LOISEAU se fait passer pour une féministe convaincue et une catholique fervente.

Hervé BESANCENOT est l’actuel ambassadeur pour la région Champagne-Ardennes.

Son numéro deux, Laurent SOUQUIERE, est l’actuel consul de France en Côte d’Ivoire.

Tous deux sont expressément visés par ma plainte pénale contre X pour tentative de meurtre avec constitution de partie civile.

Etc.

Pour aller plus loin:

"Les diplomates. Derrière la façade des ambassades de France" de Franck Renaud, éditions Nouveau Monde (pages 9-14).

https://lanouvelletribune.info/archives/benin/8671-fait-divers-ambassadeur-besancenot (photos de mes blessures)

http://www.ugict.cgt.fr/articles/actus/francoise-nicolas-ministere-des-affaires-etrangeres (la mécanique à l'oeuvre, intervention à la Bourse du Travail à Paris, mars 2015)

http://lemurdesinsoumis.fr/2016/04/25/francoise-nicolas/ 

https://www.franceinter.fr/emissions/lanceurs-d-alerte/lanceurs-d-alerte-26-aout-2017 (mon témoignage à partir de 24’)

https://www.youtube.com/watch?v=z8IAaMN4kI0 

Ma question à Laurent FABIUS, président du Conseil constitutionnel : "Lors de la prochaine réforme constitutionnelle, soutiendrez-vous les amendements nécessaires à une réelle protection des lanceurs d'alertes?"  https://www.whybook.org/question/322.    (vous pouvez voter pour qu'elle lui soit posée)

"La traque des lanceurs d'alerte" de Stéphanie Gibaud, éditions Max Milo. http://stephaniegibaud.org 

https://www.btlv.fr/la-traque-des-lanceurs-dalerte-avec-stephanie-gibaud-francoise-nicolas-alain-robert-2.html

https://www.youtube.com/watch?v=W-vq7jgH4EQ.  "Cette vidéo n'est plus disponible" au 17/7/2019. Elle existe toujours sous ce lien https://resistancisrael.com/apres-lambassadeur-le-consul/   Elle m'a valu une plainte en diffamation au motif que j'étais "une adepte de la théorie du complot". En septembre 2018, le TGI de Paris m'a relaxée.

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-6h20/l-invite-de-6h20-19-octobre-2017

http://www.marieclaire.fr/lanceuses-d-alerte-ces-heroines-dont-la-vie-bascule,1239720.asp

https://www.rollingstone.fr/une-nuit-pour-ecouter-les-lanceurs-dalerte/ 

https://www.mediacites.fr/nantes/portrait-nantes/2018/04/05/une-lanceuse-dalerte-nantaise-en-guerre-contre-le-quai-dorsay/

http://www.presseocean.fr/actualite/justice-le-combat-dune-nantaise-contre-le-quai-dorsay-06-04-2018-267455

https://www.mediacites.fr/nantes/complement-denquete-nantes/2018/10/18/la-lanceuse-dalerte-du-quai-dorsay-poussee-vers-la-sortie/

19 octobre 2018: Jacques TOUBON, Défenseur des Droits, ne me reconnaît pas la qualité de lanceur d'alerte, considère que je n'ai subi aucune représailles. 

http://www.pensezbibi.com/categories/pensees-politiques/francoise-nicolas-lanceuse-dalerte-20219

Mars 2019, l'association ASD PRO publie le bilan de ses 10 ans d'activité. Mon vécu au ministère des Affaires étrangères est retenu au nombre des quelques exemples emblématiques de la violence institutionnelle: https://blogs.mediapart.fr/asd-pro/blog/050319/harcelement-suicide-souffrance-dans-la-fonction-publique-du-deni-la-maltraitance

Dans cet entretien du 7 mars 2019 avec Gabin Formont (Vécu), je présente des documents à l'écran: https://www.facebook.com/Vecu.giletjaune/videos/live-special-avec-un-membre-de-lanceur-dalerte-françoise-nicolas-se-rend-chez-ga/817123141989705/

3 avril 2019, entretien avec Didier Maïsto (Toute vérité est bonne à dire): https://www.facebook.com/408853466553720/videos/641786036265071/

10 avril 2019, Libération me consacre un article. Il est inexact. https://threadreaderapp.com/thread/1115997608533737475.html

16 avril 2019, entretien avec Théophile Kouamouo (Le Média): https://www.youtube.com/watch?v=rdPKoZArR3o&t=2068s

http://www.pensezbibi.com/categories/ici-france-inter-en-direct-de-lelysee-20931

https://www.youtube.com/watch?v=tBuKUlKM9LU (interview de L'Intemporel. Entretien informel où je suis interrogée sur ma vie d'avant l'alerte est ce qu'elle est depuis)

 https://www.pensezbibi.com/categories/scandales-en-rester-la-20992 

https://www.mediacites.fr/enquete/nantes/2019/09/26/limmense-solitude-des-lanceurs-dalerte/

29 septembre 2020, le député FI Ugo Bernalicis interroge le gouvernement quant au traitement de ma situation par le ministère des Affaires étrangères:  http://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-32447QE.htm

14 octobre 2020, le député FI Ugo Bernalicis m'auditionne, avec d'autres, sur mon vécu de fonctionnaire lanceur d'alerte: https://www.youtube.com/watch?v=DoOaueNhnjc&feature=youtu.be

28 octobre 2020, interview croisée avec Stéphanie Gibaud par Maud Margainaud d'Etiknews sur nos vies de lanceurs d'alerte: https://www.facebook.com/watch/live/?v=1290074794661742&ref=watch_permalink

23 février 2021, avant-publication de "La contre-attaque des lanceurs d'alerte" de Stéphanie Gibaud. Mon parcours judiciaire y est évoqué: https://www.panodyssey.com/en/article/politics/comment-la-justice-francaise-assassine-t-elle-les-lanceurs-d-alerte-troisieme-partie-8hjwn2m3nevg?

19 mars 2021, la Cour administrative d'appel de Nantes confirme ma radiation de la Fonction publique https://www.mediacites.fr/breve/nantes/2021/03/19/lanceuse-dalerte-la-radiation-des-effectifs-du-quai-dorsay-de-francoise-nicolas-validee/

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