Branle-bas diplomatique autour de la guerre du Covid 19 en Afrique

Selon des données sérieuses en notre possession, toutes les chancelleries des grandes puissances du monde sont en ébullition, devant l'entrée en scène de la pandémie du Covid 19 en Afrique, car elles redoutent quatre graves conséquences.

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Vendredi, 03 avril 2020

Selon des données sérieuses en notre possession, toutes les chancelleries des grandes puissances du monde sont en ébullition, devant l'entrée en scène de la pandémie du Covid 19 en Afrique, car elles redoutent quatre graves conséquences:

1) Le risque d'un nombre élevé de morts en raison de la faiblesse voire de l'inexistence des systèmes de santé de nombreux Etats africains, notamment francophones. Des Etats faillis, comme les a si bien nommés Serge Michailof dans son livre "Africanistan".

2) Le risque de pénuries des produits de première nécessité en raison de la paralysie progressive des économies et du retrait de nombreux cadres des multinationales d'un terrain miné par la pandémie, dans un contexte africain où le télé-travail est une pratique marginale et impossible dans les zones d'extraction des matières premières

3) Le risque de pertes humaines importantes au coeur des élites politiques au pouvoir, avec les transitions ou successions politiques chaotiques qui ne manqueront pas de s'enchaîner, voire de nouvelles guerres civiles

4) Le risque de discrédit définitif de la parole institutionnelle des gouvernements africains surtout autocratiques, supplantés par les nouveaux maîtres de la communication politique mondiale, les réseaux sociaux, nouveaux canaux où les gouvernements africains sont dominés par les leaders d'opinion, les artistes, les guides religieux, les intellectuels médiatiques, les associations d'internautes, et de nombreux leaders d'opposition charismatiques.

Ces quatre graves risques qui pèsent sur les pays africains sous le Covid déclenchent 4 couples de réactions:

a) Les gouvernements dictatoriaux africains sont tentés de mentir autant que possible sur le nombre de morts du Covid 19, tandis que les oppositions politiques auront tendance à le surestimer. Une querelle funèbre a commencé sur tout le continent, et elle risque de démobiliser beaucoup d'énergies, et d'aggraver le nombre de vies humaines perdues.

b) La pénurie des produits de première nécessité et le manque d'argent au sein des populations devraient se retourner, à très court terme, sous forme de colères populaires ingérables contre les gouvernements incapables. IL sera difficile aux oppositions politiques de maîtriser et de capitaliser ces colères, ce qui fait craindre une vraie implosion des pays africains.

c) Si le Covid 19 décapite de nombreux Etats de leurs vieux Chefs et autres présidents d'institutions décrépits, la bataille successorale risque de dériver en reprise du pouvoir par des Chefs militaires, une fois que les mécanismes constitutionnels classiques auront été rendus inopérants: toute l'Afrique francophone est en passe d'entrer en période de révolutions politiques imprévisibles. La démocratie et l'Etat de droit triompheront-ils enfin au Cameroun, au Gabon, au Congo, en Côte d'Ivoire, au Togo, au Tchad, entre autres cas critiques d'autocraties persistantes? La diplomatie géostratégique française en Afrique tremble de frayeur, si l'on en juge par une note diplomatique du 24/03/2020, du Ministère français de l'Europe et des Affaires Etrangères...(Elle circule sur le net)

d) La pandémie du Covid ouvre une ère accélérée de recomposition du personnel politique en Afrique francophone, car le confinement des vieillards qui tiennent des pays entiers en otage risque d'être favorable à leur remplacement imminent par des forces politiques nouvelles, qui sont en train de s'organiser, parfois avec la bienveillance des grandes puissances avisées des inéluctables mutations qui s'imposent, si l'on veut éviter au monde, la plus grande catastrophe humanitaire qu'il ait connue depuis la 2ème guerre mondiale...

Enfin, remarquons la formidable levée de boucliers des opinions africaines contre les tentatives de cobayisation des populations africaines par certains lobbies industriels du commerce des vaccins, aveuglément intéressés par le Covid 19 Business. Loin de relever d'une théorie du complot parfois agitée par les communicants des puissances comme un repoussoir pour endormir les susceptibilités légitimes, la méfiance des opinions africaines envers les lobbies mondiaux de la vaccination devrait bénéficier de l'apport objectif des intellectuels africains compétents, des experts africains en tous domaines, pour faire pièce au laxisme et à la connivence souvent avérés des régimes autocratiques d'Afrique avec les multinationales éhontées de l'argent-roi.

La lutte contre le Covid 19 doit être livrée dans le cadre d'un débat citoyen, public, transparent, intransigeant et sans tabous. Le salut du plus ancien continent de l'Homme est à ce prix.

Rouen, France
Vendredi, 03/04/2020
Professeur Franklin Nyamsi Wa Kamerun.

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