Kobenan Adjoumani, le ministre corrompu d'Alassane Ouattara en Côte d'Ivoire

Le site les justiciers du net révèle les scandales de corruption impliquant le transfuge-ministre Kobenan Adjoumani, traître au PDCI-RDA qu'il a abandonné pour rejoindre la machine RHDP d'Alassane Ouattara. On découvre alors qu'Adjoumani est en réalité l'otage du dictateur d'Abidjan.

Côte d’Ivoire – Adhésions au RHDP : A-t-on fait chanter le Ministre Kobenan K. Adjoumani ? Publié le 14/07/19

Il y a quelques semaines, Henri K. Bédié, président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), affirmait que le parti du président Ouattara se servait des étrangers comme bétail électoral et que la nationalité ivoirienne était octroyée frauduleusement à ces individus afin de truquer les élections présidentielles à venir. Le 11 juin 2019, en conférence de presse à Abidjan, Kobenan K. Adjoumani répondait à Bédié en ces termes : « nous (RHDP) n'avons pas peur d'enrôler les étrangers pour constituer notre électorat ». Les Ivoiriens, pourtant habitués à ses sorties tonitruantes ont, cette fois-ci, été plus que choqués par les propos du ministre des Ressources animales et halieutiques, porte-parole du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP unifié).

Rappelons que Kobenan K. Adjoumani, ancien « haut-parleur » du PDCI est un transfuge qui a délaissé ce parti, au profit du RHDP. Mais, selon certains cadres du PDCI, il existe trois types de défection : celles faites de plein gré, les missions d’espionnage et d’infiltration ainsi que celles qui sont forcées. En ce qui concerne les défections forcées, ces cadres nous ont dit que le pouvoir en place détenait des moyens de pression peu orthodoxes, mais efficaces afin d’obliger les cadres des autres partis à adhérer au RHDP.

D’ailleurs, nous pouvons lire dans le No3053 du journal Jeune Afrique que : « c’est dans les rangs mêmes du PDCI qu’il (le président Ouattara) décide de recruter pour son tout nouveau RHDP. Des menaces aux appâts, notamment financiers, tous les moyens seront bons ».

Est-ce que cela concerne le ministre Kobenan K. Adjoumani ? La réponse se trouve peut-être dans l’un des courriels que notre rédaction a reçu d’une source proche du pouvoir.

 

 

Dans les échanges 1 et 2, Philippe Serey-Eiffel, ancien conseiller du président Ouattara qui a reçu des informations crédibles sur le ministre Kobenan K. Adjoumani les transmets à Téné Birahima Ouattara, ministre des Affaires présidentielles et frère cadet du président Ouattara. Nous apprenons que le ministre concerné doit toucher une commission de 139 millions d’euros (soit 91,045 milliards de FCFA) du cabinet Logistics & Supply Chain Consulting (LSC Consulting)suite à l'obtention du marché de la logistique du port de pêche d'Abidjan.

 

Par la suite, Téné Birahima Ouattara, transmet la missive 3 au président Ouattara avec la mention : « En attente de vos instructions sur ces affaires ». Nous comprenons donc que ce marché a été octroyé à LSC Consulting par complaisance avec l’aide de Kobenan K. Adjoumani qui s’en sort avec une juteuse commission. En ce qui concerne le ministre Gaoussou Touré et la SOTRA, nous y reviendrons ultérieurement.

 

Depuis, d’autres soupçons de corruption concernant ce même ministre resurgissent, notamment en ce qui concerne la rénovation de l’abattoir de Port-Bouët.

 

En effet, en août 2011, le gouverneur du district d’Abidjan, Robert Beugré Mambé et le ministre Adjoumani avaient annoncé le début de ces travaux qui s’étaleraient sur 3 mois. À cette époque, leur coût était estimé à 3,3 milliards de FCFA et ils devaient être financés par le District d’Abidjan sur apport d’un opérateur économique que l’institution rembourserait par la suite. Ces rénovations concernaient notamment le parc à bétail, la salle d’abattage et l’espace boucherie.

Pourtant en avril 2019, lors de l’émission télévisée intitulée « RTI 1 reçoit », le ministre Kobenan K. Adjoumani, s’est dit réjoui de la réhabilitation de l’abattoir de Port-Bouët, dont l’ouvrage, à ce moment-là, était achevé à 98%. Les coûts étaient passés à 17 milliards de FCFA, soit une différence de 13,3 milliards de FCFA entre ce qui avait été annoncé en 2011 et la réalité de 2019 ; le tout combiné à un retard de livraison du projet de 8 ans.

Qu’est-ce qui peut bien justifier ces chiffres alarmants ? Qui va supporter ces coûts additionnels puisqu’au départ, les 3,3 milliards étaient financés par le District d’Abidjan ? À quelles entreprises le ministre Adjoumani a-t-il « facilité » l’obtention des marchés reliés à la rénovation de cet abattoir ? Quels sont les montants des éventuelles commissions qu’il perçoit sur lesdits marchés ? Devons-nous nous inquiéter du projet de l’abattoir d’Anyama d’un montant de 20,2 milliards de FCFA, sachant que l’État ivoirien est à la recherche un opérateur privé dans le cadre d’un projet BOT(1) et que Kobenan K. Adjoumani est toujours le ministre des Ressources animales et halieutiques ?

Est-ce pour éviter d’éventuelles poursuites judiciaires liées à la corruption soupçonnée ou avérée que Kobenan K. Adjoumani a adhéré au RHDP ? Est-ce pour échapper à la justice que ce dernier est autant zélé dans ses prises de parole ? Est-ce que ce type de pression s’étend à d’autres transfuges ? Si oui, alors lequel d’entre eux sera le prochain à être dévoilé par notre rédaction ?

 

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Kobenan K. Adjoumani en conférence de presse RHDP, le 11 juin 2019

 

(1)Projet BOT (Build, Operate, Transfer) consiste à faire financer les projets d’investissement – notamment en matière d’infrastructures reconnues d’utilité publique – par des sociétés promotrices qui en sont adjudicataires, à charge pour elles de récupérer leur investissement en gérant le projet pendant un certain nombre d’années.

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