Côte d'Ivoire: le régime Ouattara dans le déni, Guillaume Soro dans l'action

En Côte d’Ivoire, le leadership de l’opposition politique pris en main par le Président du Comité Politique, Guillaume Kigbafori Soro, sonne manifestement comme un coup de semonce pour la fin de la dictature des apparences imposée aux Ivoiriens par la mythologie technocrate des adosolutions du Président Alassane Ouattara.

Le régime Ouattara dans le déni, le Comité Politique de Guillaume Soro dans l’action
L’Editorial du Professeur Franklin Nyamsi Wa Kamerun

 

Politique de l’autruche. Autocélébration permanente. Effondrement de la capacité critique. Cynisme et ravage anti-populaires, au quadruple plan social, économique, culturel et politique à travers tout un pays. Le portrait-robot d’une autocratie en pleine sclérose nous rappelle trop bien de nombreux Etats africains de ce temps. « Etat honteux », dira le brillant écrivain congolais Sony Labou Tansi, décrivant les douleurs continues générées par la gouvernance labyrinthique de l’Etat postcolonial africain. « Etats faillis », dira Serge Michailof, essayant de comprendre pourquoi l’Afrique envahit massivement les banlieues occidentales, fuyant l’incurie de dirigeants incroyablement fiers de piller, de brader, de surendetter, d’angoisser et de brutaliser depuis de longues décennies, leurs supposés concitoyens. Tels sont les maux qui minent les pouvoirs engoncés dans le narcissisme pathologique de leurs guides autoproclamés infaillibles. Mais, lorsqu’un gouvernement bâtit son action et son image de marque sur la négation de la réalité, le réveil que lui inflige le choc de celle-ci est aussi brutal qu’une pluie glaciale surprenant un paresseux dans un lit douillet.
N’est-ce pas exactement l’ambiance qui règne aujourd’hui dans le pays de Félix Houphouët-Boigny ? En Côte d’Ivoire, le leadership de l’opposition politique pris en main par le Président du Comité Politique, Guillaume Kigbafori Soro, sonne manifestement comme un coup de semonce pour la fin de la dictature des apparences imposée aux Ivoiriens par la mythologie technocrate des adosolutions du Président Alassane Ouattara. Nous voulons, dans le présent éditorial, décrire le quadruple électrochoc du réel que subit aujourd’hui le régime discrédité d’Alassane Dramane Ouattara. Cet électrochoc du retour aux choses elles-mêmes, infligé par la dynamique du développement endocentré et écologique déclenchée par le Président du Comité Politique Guillaume Soro, annonce heureusement qu’une autre manière de gouverner, d’agir, de prévoir et de renouveler l’espérance ivoirienne est possible.

Déni socioéconomique du régime Ouattara et déconstruction par le Comité Politique


Le mythe Ouattara s’est bâti en Côte d’Ivoire sur l’intouchabilité supposée de sa politique économique. Venu de la banque centrale, du FMI et de la Banque Mondiale, Alassane Ouattara avait été présenté aux Ivoiriens au début des années 90 comme l’homme qui avait solution à tous leurs problèmes socioéconomiques. Or, ce mythe a fait long feu, car de 1990 à 1993, la cure d’austérité ultralibérale infligée par le premier ministre Ouattara aux Ivoiriens devait les conduire à l’abattoir de la dévaluation de 1994 : privatisations massives, surendettement du pays à l’international, grave défaut de transparence dans la gestion des marchés publics, décrochages de salaires dans la fonction publique, taxation des étrangers africains dans le pays, augmentation de l’emprise des multinationales étrangères au détriment des champions économiques nationaux, sous-industrialisation persistante de l’économie, crises syndicales dans tous les domaines, chômage de masse persistant, diversification très faible et de l’économie et dévastation persistante de l’environnement, tels sont les maîtres-maux qu’on retrouve aujourd’hui encore, en 2019, sous la gouvernance du Président Ouattara avec son bric-à-brac de RHDP, plus de 8 ans après son accession au pouvoir.


Or, c’est de toute évidence le Comité Politique de Guillaume Soro qui a courageusement levé le lièvre de l’échec socioéconomique du régime Ouattara, en montrant l’écart-villes/campagnes, en montrant le lumpen-prolétariat des villes et villages, en soulignant la persistance du chômage massif de 70 à 90% de la population, en montrant que près de 50% de la population ivoirienne baigne encore dans la pauvreté, en rappelant à tous que la Côte d’Ivoire est 170ème pays sur 208 à l’Indice du développement humain (IDH) élaboré par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) en rétablissant dans l’opinion que les Ivoiriens sont encore par millions, privés d’eau potable, d’écoles et d’universités de qualité, de prisons exemplaires, de soins modernes, de pièces d’identité, de reconnaissance citoyenne, de logements décents, bref de dignité humaine. Oui, c’est le Comité Politique qui a montré que derrière le saupoudrage néolibéral dont le grossiste politique Alassane Ouattara et ses détaillants s’étaient rendus les champions, se cachait l’immense misère et le désespoir persistant de millions d’Ivoiriens.


Déni politique du régime Ouattara et révélation de l’absence d’Etat de droit par le Comité Politique


On a cru pouvoir associer, notamment lors de la campagne de l’élection présidentielle de 2010, l’image du Président Alassane Ouattara à la plus grande modernité politique que la Côte d’Ivoire ait jamais espérée. Avec cet ancien étudiant des universités américaines, l’Etat de droit germerait définitivement dans le pays, croyait-on : séparation des pouvoirs, équilibre des pouvoirs, indépendance de la justice, transparence électorale, alternance pacifique à la tête de l’Etat, pardon et réconciliation inter-ivoiriens, deviendraient, croyait-on allègrement, des évidences du siècle ivoirien. On a trop tôt donné le bon Dieu sans confession au geôlier de l’opposition ivoirienne des années 90. La force de la propagande de campagne a fragilisé la solidité des mémoires et le désir de tourner la page du régime douloureux et identitaire de la Refondation a poussé l’opinion à croire aux lendemains meilleurs avec un homme qui avait pourtant d’ores et déjà un sérieux passif en matière de violation des libertés démocratiques et de mépris du pluralisme politique ! L’oubli aveugle coûte cher.

Ô sublime rêve déçu ! La pratique politique de Monsieur Ouattara, telle que décrite et révélée depuis la prise du lead de l’Opposition par le Comité Politique de Guillaume Soro s’avère aux antipodes de ce portrait-robot alléchant de la campagne 2010 : Les syndicats de magistrats, d’avocats, et les organisations parlementaires nationales comme internationales ont relevé par vagues successives, les violations de la séparation des pouvoirs, de l’équilibre des pouvoirs et de l’indépendance de la justice par le régime d’Alassane Ouattara ; la crise persistante au parlement ivoirien, dont le règlement intérieur est piétiné par le clanique député Amadou Soumahoro, tout comme la maltraitance imposée au Sénat, confirme le crépuscule de la démocratie en Côte d’Ivoire ; la condamnation le 18 novembre 2016 par la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, de la Commission Electorale Ivoirienne que le régime Ouattara rechigne toujours à réformer, confirme l’absence de transparence électorale dans ce pays ; les velléités de violation des articles 55 et 183 fondant la limitation des mandats présidentiels dans la Constitution de novembre 2016, tentatives réitérées par le Président Ouattara, indiquent sa volonté de brider l’alternance démocratique dans le pays ; les nombreuses violations des libertés d’expression, de pensée, d’opinion, de réunion, d’association, de mouvement, d’initiative, de développement dans le pays, avec en prime l’emprisonnement d’un député pour un tweet ou l’empêchement d’offrir une école aux pauvres gens à Katiola, etc, confirment l’absence d’Etat de droit dans ce pays.


On comprend donc que dans ces conditions, le Communiqué du 11 mai 2019, publié par le Comité Politique sonne très clairement comme la bouée de sauvetage de l’espérance ivoirienne, dont Guillaume Kigbafori Soro s’est fait le serviteur attitré, contre vents et marées. Crapahutant de villages en villages, de villes en villes, de régions en régions, immergé dans son pays, Guillaume Soro ancre la méthode du développement endocentré et écologique dans le cœur des Ivoiriens. Ce faisant, il enracine l’embryon de la Nation Ivoirienne imminente que les quatre cadrans ci-dessous annoncent :


« En quoi consiste l’Offre Politique du Comité Politique ?

Elle renvoie à quatre idées fondamentales, nées de l’écoute patiente des Ivoiriens par notre Organisation et inspirées de l’expérience politique des choses de l’Etat par notre leader Guillaume Kigbafori Soro :

- doter définitivement la Côte d’Ivoire d’un Etat de droit moderne, exemplaire, consacrant l’indépendance de la justice et l’égalité de toutes les personnes physiques et morales face à la Loi en Côte d’Ivoire. Faire par conséquent de la Démocratie ivoirienne une référence positive indiscutable en Afrique et dans le monde. Vaincre le signe indien de l’échec répété de l’instauration d’un Etat de droit authentique en Côte d’Ivoire depuis 1960. Ce qui nous impose de rompre les amarres avec la querelle des héritiers et des opposants du Président Houphouët et d’assumer les devoirs de la nouvelle génération d’acteurs de l’Histoire nationale. Le pays ne peut plus être pris en otage par les haines, les vengeances sempiternelles et les rancœurs réchauffées du passé. Il doit être exalté dans un contrat social irréfragable.

- réaliser le développement intégral et harmonieux de la Côte d’Ivoire par la méthode du développement endocentré et écologique, qui consistera à comprendre par l’écoute des Ivoiriens, la nature profonde de leurs problèmes réels ; élaborer par la démocratie participative, les solutions aux problèmes Ivoiriens avec les Ivoiriens eux-mêmes ; impliquer les Ivoiriens dans la mise en œuvre des actions d’amélioration de leurs conditions de vie ; instaurer une culture de l’auto-évaluation parmi nos populations afin de sauvegarder dans toutes les actions menées, l’environnement de nos vies.

- Bâtir une socioéconomie pragmatique de champions nationaux et internationaux Ivoiriens en tous domaines (économie, éducation, culture, arts, sports, tourisme, agriculture, recherche, défense, santé, etc.) , afin de trouver une réponse ivoirienne durable à la persistance du chômage de masse, de l’inadéquation formation-emploi, de la faiblesse de la recherche de pointe, de la faiblesse de l’industrialisation, de l’insuffisante diversification de l’économie, du difficile accès des entrepreneurs nationaux au crédit. Bref impliquer résolument tous les Ivoiriens dans la réalisation du bien-être en Côte d’Ivoire, en faisant de l’Humain, le cœur du projet économique, au lieu de survaloriser le profit, comme le font ceux qui font travailler l’argent sans faire travailler les gens.

- Bâtir une véritable nation ivoirienne au-delà des particularismes communautaires akan, krou, gour et mandé, à travers et au-delà de la diversité religieuse, du pluralisme idéologique ou des contrastes régionaux. Et pour cela, éduquer, valoriser, juridiciser et promouvoir une citoyenneté ivoirienne réellement républicaine, à l’abri de toute récupération politicienne en vertu de l’indépendance de la justice et du respect de la Charte des droits et devoirs des citoyennes et citoyens de ce pays, sans discrimination aucune. Ce qui nous impose, de surcroît et concomitamment, la réussite du processus actuellement retardé du pardon et de la réconciliation inter-ivoiriens.

Ce sont ces quatre sillons du futur que trace depuis de longues semaines, le Président du Comité Politique, Guillaume Kigbafori Soro dans les terroirs de Côte d’Ivoire. Et la tournée débutée dans cet esprit dans le Nord se poursuivra à l’Est, dans le Sud, le Centre, l’Ouest du pays. Pas un coin d’humanité que nous ne bêchions et fouillons, afin de remettre réellement la Côte d’Ivoire au travail. La détermination, la résolution et la clarté du Devoir qui appellent le Comité Politique n’ont d’égales que la ferveur, la chaleur, la fraternité et la sincérité rencontrées par le Président partout où il passe dans le pays. »

 

 

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