En marche vers la Présidence Ivoirienne: GKS arrive avec le GPS!

Guillaume Kigbafori Soro a annoncé en deux moments, en attendant son investiture solennelle par son mouvement Générations et Peuples Solidaires en Côte d'Ivoire, sa candidature à l'élection présidentielle de 2020. le Professeur Franklin Nyamsi Wa Kamerun analyse ici l'accélération de l'Histoire que marque cet événement.

Guillaume Soro en marche vers le palais présidentiel de Côte d’Ivoire : le GPS arrive avec GKS !

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L’Editorial du Professeur Franklin Nyamsi Wa Kamerun


Ceux qui en doutaient mordicus en ont désormais pour leurs frais. En deux salves puissantes de vérité et de courage, le leader générationnel Guillaume Kigbafori Soro a engagé la charge de cavalerie populaire la plus importante de son histoire. A Valencia en Espagne le samedi 12 octobre 2019 en ma propre présence, puis devant les journalistes officiels de la France sur RFI et France 24 le vendredi 18 octobre 2019, le Président du Mouvement Générations et Peuples Solidaires a doublement frappé du marteau sur l’enclume du temps politique dans son pays : « Il y a des partis politiques qui sont pro-Soro, qui m’ont déjà choisi pour être leur candidat. Donc, je serais candidat. Maintenant, si je gagne au premier tour, honnêtement, je serais content. Mais s’il y a un deuxième tour, celui d’entre nous qui aura le plus de points, il aura le soutien des autres. » ; puis, devant Christophe Boisbouvier et Marc Perelman, sans ambages : « Marc Perelman : On va aller directement à une question que tout le monde se pose : est-ce que vous allez bien être candidat à la présidentielle de Côte d’Ivoire l’an prochain ? Guillaume Soro : Alors, je vais vous faire une précision. Il y a longtemps, j’ai beaucoup réfléchi à cette question qui m’a mainte fois été posée. C’est décidé : je suis candidat. Marc Perelman : Ferme et définitif ? Guillaume Soro : Je suis candidat pour 2020 » Et dès lors que c’était fait, on pouvait entendre voler une mouche sur tout le quadrilatère ivoirien. Le pari venait d’être lancé à Paris. Le député de Ferkéssédougou joignait l’acte à la parole prononcée lors de sa démission du perchoir de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire le 8 février 2019, au terme d’une crise politique aiguë l’ayant opposé au diktat du Président Alassane Dramane Ouattara, qui lui avait littéralement enjoint de se ranger dans les rangs du parti présidentiel : « Je vais rendre le tabouret pour aller chercher le fauteuil ». L’observateur et scrutateur averti de la scène politique ivoirienne ne manquera dès lors point de se poser les questions suivantes : 1) Pourquoi Guillaume Kigbafori Soro a-t-il acté publiquement sa candidature en ce mois d’octobre 2019 ? 2) Que signifie cette candidature pour Guillaume Soro lui-même, pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique contemporaine dont il est incontestablement l’un des jeunes leaders émergents ? 3) Quelles sont les chances réelles de Guillaume Kigbafori Soro d’entrer triomphalement au palais présidentiel de Côte d’Ivoire, telles que nous pouvons les soupeser à un an de l’échéance électorale d’octobre 2020 ?


Pourquoi maintenant ?


Chaque temps sa chose, chaque chose son temps ! Une candidature à l’élection présidentielle ne se déclare, on le sait, ni trop tôt, ni trop tard. Le timing est incontestablement bon. La moyenne observable des annonces de candidatures est bien d’une année, sous tous les cieux. Cela est aisé à vérifier. Guillaume Kigbafori Soro, tel que je le connais, mûrit patiemment chacun de ses actes avant de les poser. Tout en conservant une spontanéité et une intrépidité incontestables quand il passe à l’action, c’est un homme d’Etat passé maître dans l’art de peser et de soupeser le pour et le contre de chaque engagement qu’il prend. Certes, une certaine presse stipendiée a voulu habiller le Président du Mouvement Générations et Peuples Solidaires du bonnet infâmant de l’« homme pressé » , histoire de présenter ceux qui veulent aujourd’hui confisquer ad aeternam le pouvoir à Abidjan comme des hommes patients. Cette opération de lynchage médiatique à peu de frais a échoué, dès lors que Macron prend le pouvoir en France à moins de 40 ans, dès lors qu’on s’est rappelé que Barack Obama a pris la tête de la puissance américaine à 47 ans, et finalement, pour tous ceux qui savent que la maturité ne vient pas forcément avec l’accumulation des ans, car il y a hélas des vieux cons et des jeunes sages.


Présent au plus haut niveau de la classe politique ivoirienne depuis 1995, date de son élection à la tête du puissant syndicat estudiantin d’alors, la FESCI, Guillaume Kigbafori Soro a sans discontinuer gravi les échelons de la politique nationale : homme de l’année 97, président du FIEF (Fédération Internationale des Etudiants Francophones) en 1998, chef de la résistance militaro-politique du MPCI/Forces Nouvelles de 2002 à 2007, Premier Ministre sous le Président Laurent Gbagbo de 2007 à 2010, Premier Ministre et Ministre de la défense sous le Président Alassane Dramane Ouattara de 2010 à 2012 ; Député et Président de l’Assemblée Nationale élu et réélu de 2011 à 2019, et depuis sa démission du 8 février 2019, Président du Comité Politique, puis du Mouvement Générations et Peuples Solidaires (GPS), Guillaume Soro s’est longuement préparé par la succession de ses expériences des plus hautes charges publiques, à porter le destin de la Nation Ivoirienne sur ses épaules.


Mieux encore, par-delà cette expérience qui le dote de l’incontestable carrure d’homme d’Etat le plus capé de la génération qui suit celle des Présidents Bédié, Ouattara et Gbagbo, Guillaume Kigbafori Soro a su faire preuve d’une patience rare dans les milieux du pouvoir. De 1995 à 2015, Guillaume Soro, syndicaliste, leader militaro-politique, ministre, chef du gouvernement et chef du parlement, s’est essentiellement battu pour l’implantation d’un cadre de concurrence démocratique transparente et juste en Côte d’Ivoire. Sans mettre en avant quelque ambition personnelle pour la présidence de la république, Guillaume Soro a œuvré pendant 3 ans à l’organisation de la première véritable élection démocratique, juste, transparente et consensuelle dans son pays. L’événement de 2010, que certains ignorent encore alors même qu’il est tout frais dans nos mémoires, c’est qu’un jeune homme d’Etat, Guillaume Soro ait accepté de mettre son énergie au service de l’organisation d’une compétition en vue de la conquête du pouvoir d’Etat, dont il s’était lui-même mis à l’écart. Et comme le dira en effet le premier ministre Guillaume Soro en 2010 :
« Un jour, on pense que je vote pour l’un des candidats. Le jour d’après, que mon cœur balance pour l’autre. Ma principale préoccupation est que ce scrutin historique soit libre et transparent. » Et de conseiller aux deux candidats de respecter le vote des électeurs : « Nous avons le devoir de montrer au monde entier que nous sommes un grand peuple capable d’aller aux élections et de promouvoir la démocratie. »

 

Que signifie donc la candidature de Guillaume Kigbafori Soro pour l’élection présidentielle de 2020 ?


J’y réponds tout de suite, quitte à le démontrer ensuite : cette candidature est un acte de dépassement de soi pour mieux servir la Côte d’Ivoire. Prenons un peu de recul pour bien comprendre cette dimension de transcendance qui explique la ténacité de Guillaume Kigbafori Soro, malgré toutes les menaces, les brutalisations, les incantations du régime aux abois d’Alassane Dramane Ouattara aujourd’hui en 2019.
Si de nombreux analystes politiques nationaux et internationaux firent de Guillaume Soro « le véritable vainqueur » de l’élection présidentielle ivoirienne de 2010, c’est précisément en raison du sens du dépassement de soi pour l’intérêt général qu’il manifesta en n’étant pas lui-même candidat à la compétition qu’il organisait, en tant que premier ministre issu des Accords de Paix de mars 2007 à Ouagadougou.
Aujourd’hui, son temps est manifestement venu, car il a suffisamment et scrupuleusement su respecter le temps des autres. Dans ces conditions, Guillaume Kigbafori Soro a trois bonnes raisons d’avoir choisi octobre 2019 pour annoncer lui-même sa candidature à la présidentielle ivoirienne 2020 : d’abord, la génération des héritiers et contempteurs du Président Houphouët-Boigny - à savoir les Présidents Bédié, Gbagbo et Ouattara - a fait son temps. Il est temps de tourner cette page. Chacun de ces hommes d’Etat a fait ses preuves à la tête de l’Etat et les problèmes cruciaux des Ivoiriens ne peuvent être résolus par leur ambition de revanche ou de conservation inutile du pouvoir ; ensuite, Guillaume Kigbafori Soro a eu le temps de connaître les arcanes de la chose publique ivoirienne, d’étudier et diagnostiquer la Côte d’Ivoire, de peser ses forces et de penser un projet d’avenir pour renouveler l’espérance dans ce pays ; enfin, le Peuple de Côte d’Ivoire est confronté à de sérieux problèmes socioéconomiques (crises de l’éducation, des secteurs agricoles, de l’emploi, de l’habitat, de l’environnement), à la persistance d’une crise politique multiforme (défaut d’Etat de droit, destruction des acquis démocratiques, institutions budgétivores, haute corruption d’Etat, insécurité organisée par des forces criminelles d’Etat, etc.), qui requièrent un homme d’expérience et d’énergie, s’appuyant lui-même sur une organisation inspirée par une autre manière de faire la politique. Guillaume Soro a de solides raisons de penser qu’il est dès lors désormais l’Homme de la situation. La candidature de Guillaume Soro revêt dès lors une triple signification : candidature de rupture et de renouvellement de la classe politique/ candidature d’engagement à la construction d’une prospérité ivoirienne solidaire et proactive/ candidature de promotion d’une nation ivoirienne authentiquement réconciliée autour de la consolidation pour tous de l’Etat de droit et de la démocratie, seuls gages de la véritable paix des peuples.


Quelles sont donc les chances réelles de Guillaume Kigbafori Soro pour 2020 ?


IL y a incontestablement eu des signes avant-coureurs de l’ouverture d’un Boulevard Soro vers le Palais Présidentiel. Le premier de ces signes, c’est l’incontestable triomphe du sacerdoce du pardon et de la réconciliation incarnés par Guillaume Soro depuis de nombreuses années en Côte d’Ivoire. Alors même que l’alliance RHDP (comprenant alors le PDCI-RDA, le RDR, et les ex Forces Nouvelles) était réticente envers la résolution pacifique et transitionnelle des conséquences de la dernière crise postélectorale ivoirienne, Guillaume Kigbafori Soro, du haut du perchoir de l’Assemblée Nationale, le 3 avril 2017 , avait indiqué le cap incontournable à atteindre pour que la Côte d’Ivoire retrouve sa grandeur : « Osons le pardon, Osons la réconciliation, Osons l’amour ! », avait clamé Guillaume Kigbafori Soro devant un parlement médusé par son audace et sa persévérance dans cette voie difficile. Les années qui ont suivi depuis lors ont donné raison à Guillaume Kigbafori Soro : le PDCI-RDA, le RHDP-RDR, le FPI, l’ensemble de la classe politique ivoirienne l’a cahin-caha, bon an mal an, rejoint dans l’appel à la réconciliation, à l’unité à l’harmonie de tous les Ivoiriens. Et il n’est pas exagéré de dire que celui qui, longtemps avant tous les autres camps politiques, a appelé à la libération de tous les prisonniers politiques militaires et civils en Côte d’Ivoire, a gagné la place inestimable de « grand maître de l’art du pardon et de la réconciliation en Côte d’Ivoire » . C’est Guillaume Kigbafori Soro et nul autre !


Le second signe fort des chances de victoires de Guillaume Soro en 2020 est venu de l’état de déliquescence et de fragilité généralisée du champ politique ivoirien, constituant de fait un boulevard pour l’émergence d’une nouvelle force politique d’envergure : le mouvement Générations et Peuples Solidaires. Divisé, le FPI est en effet confronté à sa paralysie tactique et stratégique due à l’absence prolongée de son leader principal, Laurent Gbagbo, du territoire national. Le procès de la Haye a servi de variable d’ajustement et de chantage du pouvoir Ouattara contre Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, on le sait. Ils sont sommés par le maître-chanteur du RHDP d’abandonner toute ambition sur l’élection présidentielle de 2020 s’ils veulent obtenir leur retour à court terme en Côte d’Ivoire. Le PDCI-RDA, conservé sous la férule puissante du Président Henri Konan Bédié, ne s’est jusque là pas ouvertement lancé dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2020, son candidat le plus probable, le Président Bédié lui-même, ayant annoncé qu’il consultera ses forces au second trimestre de 2020 avant de se prononcer sur sa compétitivité. Dans ces conditions, le PDCI-RDA lui-même hésite entre un renouvellement radical à sa tête et une reconduction de sa pyramide hiérarchique traditionnelle, dans une élection où souplesse, intrépidité et imagination ne devront surtout pas lui faire défaut. Enfin, le RHDP au pouvoir est lui-même une coquille presque vide, pour ne pas dire « un nain politique », selon la métaphore fulgurante du Président Henri Konan Bédié, bien campé dans ses habits d’opposant depuis juillet 2018. Pourquoi ? La plus importante partie des bases du RDR n’a pas suivi Ouattara dans sa dérive dictatoriale. Les partis alliés demeurés au RHDP sont de moindre importance, et essentiellement ténus par des raisons « alimentaires », des chantages et des pratiques de corruption à ciel ouvert. La kyrielle de violations des libertés fondamentales par ce régime a achevé de doucher les espérances de ses derniers dévots. Dans ces conditions, Guillaume Kigbafori Soro a pu lancer le formidable pari d’un mouvement politique, Générations et Peuples Solidaires, qui draine des partis, des associations, des clubs de soutien, des syndicats, des personnalités, des citoyens de Côte d’Ivoire et du monde, dans la réalisation d’une démocratie participative, proactive et fraternelle au cœur de son pays. Avec plus de dix mille adhérents en moins de 10 jours seulement, en profonde connexion avec les populations urbaines et rurales de Côte d’Ivoire qui aspirent au changement par le développement endocentré et écologique, en symbiose avec l’Afrique de l’avenir et la modernité technologique mondiale, Générations et Peuples Solidaires est en train de secouer vigoureusement le vieux marigot politique ivoirien. IL s’agira de le transformer en arène politique exemplaire, miroir de la démocratie au cœur de l’Afrique de l’Ouest !


Le troisième signe fort vient des sondages , de l’engouement et de l’enthousiasme populaires qui n’ont pas fait défaut à Guillaume Kigbafori Soro ces dernières années. Commandés par le régime Ouattara, les sondages placent GKS en avance sur tous ses concurrents potentiels à la présidentielle 2020. Sur les réseaux sociaux de communication, il jouit d’une incontestable et confortable avance sur toute la classe politique concurrente. Dans l’opinion internationale, son nom circule sur toutes les lèvres. Des cénacles de la CEDEAO à ceux de l’ONU, en passant par l’UA, l’UE, la banque mondiale et le FMI, sans oublier les grandes puissances française, américaine, britannique, chinoise, russe, allemande, entre autres, on s’est résolument mis à travailler avec l’hypothèse d’un Guillaume Soro futur président de la République . J’en veux pour preuve le baptême de feu imposé au candidat Guillaume Kigbafori Soro par les journalistes officiels de la France, Christophe Boisbouvier et Marc Perelman le 18 octobre 2019 sur RFI et France 24. Cette Interview n’était ni plus ni moins qu’un test pour vérifier la substantialité et la résilience du probable futur président de la République de Côte d’Ivoire. J’ai analysé en une vidéoconférence qu’on consultera utilement, les attendus de cette confrontation médiatique entre le Président Guillaume Soro et ces deux espèces de requins de presse, dont la férocité inquisitrice n’aura eu d’égal que le calme souverain de leur auguste interviewé.


On peut donc en conclure que :


- Guillaume Kigbafori Soro a bel et bien annoncé sa candidature à temps opportun. Le fruit de la rupture générationnelle et de l’alternance démocratique est assez mûr pour être maintenant cueilli en Côte d’Ivoire.

- Guillaume Kigbafori Soro fonde sa candidature sur les attentes en suspens de son peuple condensées dans le mouvement « Générations et Peuples Solidaires ».

- Guillaume Kigbafori Soro est – tous comptes bien faits - le candidat le plus sérieux à la présidentielle 2020 aux yeux du peuple de Côte d’Ivoire et des grands observateurs politiques sous tous les cieux.


L’heure n’est donc plus aux atermoiements. La grande cavalerie du peuple de Côte d’Ivoire, rassemblée dans le GPS, arrive bientôt avec GKS, au palais présidentiel de Côte d’Ivoire. Qui vivra verra ! IL l’a dit : « J’espère être Guillaume Kigbafori Soro de la Côte d’Ivoire, élu président de la République en 2020 ! »

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