Tchad : arrestation des défenseurs des droits de l’homme (ACTUS/Prpe)

A l’approche du premier tour de la pseudo élection présidentielle, prévue pour le 10 avril 2016, le général président sultan Déby décuple la terreur dans le pays. Refusant la moindre manifestation pacifique et l’expression citoyenne contre sa 5ème candidature, le despote qui a déjà programmé en amont et en aval son hold up électoral, a embastillé quatre leaders de la société civile

 et organisations de défense des droits de l’homme : Madame Céline Narmadji, M. Mahamat Nour Ibedou, M.Nadjo Kaina Palmer et M.Younous Mahadjir. La pratique de la torture, des traitements dégradants et humiliants ou les empoisonnements programmés des prisonniers de surcroît politiques, sont de nature à susciter des craintes pour la vie de ces défenseurs des droits de l’homme.

Notre Parti, ACTUS/prpe condamne avec la plus grande fermeté ces arrestations illégales et politiques. Nous réitérons notre soutien indéfectible et solidarité militante à ces victimes de la dictature criminelle du Général président Sultan Déby. Une cascade d’arrestation massive et des mises sous mandat de dépôt ont été opérées séance tenante sous de fallacieuses accusations : « tentative de trouble à l’ordre public, opposition à une autorité légitime et provocation à un attroupement non armé ». Le parquet du tribunal de première instance de N’Djaména et la justice tchadienne en général exécutent servilement les ordres directs du Général président Sultan Déby, violant ainsi l’article 21 de la constitution qui stipule : « Les arrestations et détentions illégales et arbitraires sont interdites ». Ces défenseurs des droits de l’homme sont illégalement arrêtés, puis incarcérés dans la prison d’Amsinéné à la sortie Nord Ouest de la capitale N’Djaména:

►le 21 mars 2016, M. Mahamat Nour Ibedou, président de la CDDTH (Convention tchadienne pour les droits de l’Homme et membre de la coalition « Ça suffit »,
►le 22 mars de M. Kaina Nadjo, leader du mouvement de jeunes « Iyina », affilié à la coalition « Ça suffit », qui avait appelé à une marche pacifique prévue le même jour. M.Younouss Mahadjir, vice-président de l’Union des syndicats du Tchad (UST) et membre de la coalition « Ça suffit », a lui-aussi été arrêté. M.Nadjo et M.Mahadjir avaient tous deux été convoqués au commissariat sur ordre du Procureur de la République. [Sources: TchadPages, Jeune Afrique, Makaila Over blog, Rfi des 21, 22, 23,24 et 25 mars 2016]

Ces dirigeants associatifs avaient commis le crime de lèse majesté en voulant organiser une marche pacifique dans tout le pays. L’objet de cette action citoyenne serait d’exprimer l’opposition du peuple à une 5ème candidature du despote Déby à la présidence de la République. Au demeurant, ce dernier règne depuis 26 ans en maître absolu sur le Tchad. Le peuple vit sous l’une des dictatures les plus féroces du monde avec un bilan social, économique, politique catastrophique.
Selon les rapports des associations de défense des droits de l’homme, le bilan humain est très lourd : on estime à plus de 30000 Tchadiennes et Tchadiens assassiné(e)s en 25 ans de tyrannie. Le Tchad est classé parmi les 10 derniers pays les plus pauvres au monde, malgré les revenus considérables du pétrole [ 183ème rang sur 185 pays selon le Rapport 2015 du PNUD sur l’IDH ]. Le pillage systématique des ressources du pays par le clan présidentiel et ses thuriféraires, prédateurs invétérés, ont pour conséquence la paupérisation incommensurable des masses populaires.
Au regard de cette tragédie que vit le peuple depuis 26 ans, les leaders des associations de défense des droits de l’homme ont le devoir et le droit d’organiser cette manifestation populaire pacifique, afin d’exprimer le ras-le-bol du peuple contre la tyrannie du sultan Déby et sa 5ème candidature à la présidence. Le général président Sultan Déby est par excellence l’incarnation du mal tchadien et de la misère des masses populaires.
Au Tchad de Déby ou Débyland la justice est partiale. Elle est au service de l’impunité absolue accordée aux membres du clan présidentiel et de ses thuriféraires. En effet, tous les membres du clan présidentiel ayant commis des meurtres (l’assassin d’Ahmadi Goukouni Weddeye par M.Tahir Ali Tolo, un militaire proche du Général président Sultan Déby. [Sources : Makaila Over Blog, Tchad Pages, Tchadanthropus], des crimes économiques (M.Salaye Déby, frère du dictateur président Déby a détourné 136 milliards de FCFA), des viols, des abus de pouvoir… n’ont jamais été sanctionnés par la justice. Ils vivent en toute liberté et persistent dans leurs délits et crimes en narguant les masses populaires tchadiennes réduites à l’état d’esclavage par les princes de la nomenklatura prédatrice et délinquante. Cela est insupportable !
Certains rarissimes juges, intrépides, courageux, incorruptibles, impartiaux, patriotes, qui ont un sens aigu des conséquences de leurs actes sur le pays, et qui avaient prononcé une sentence impartiale mais contraire à la volonté du tyran Déby, ont été radiés de la fonction publique. Ce fut le cas du magistrat Emmanuel Deukembé du tribunal de Moundou qui a prononcé la relaxe du député de l’opposition Gali Gatta Ngothé injustement condamné pour des raisons politiques à un an de prison et 200.000FCFA d’amende [ Sources :Tchadanthropus du 24.05.2012 , Tchadenligne du 25.05.2015, Makaila Over Blog du 26.06.2012, Rfi du 08-03-2012]

Nous réitérons à ce digne magistrat nos félicitations et soutien. Nous souhaitons vivement que son courage puisse encore faire jurisprudence, en engendrant des émules dans l’intérêt des citoyens et de la patrie. Aucune force au monde, quelle que soit sa puissance et le degré de sa cruauté à l’égard du peuple, ne saurait venir à bout de la volonté populaire qui cible un objectif précis. En effet, les masses populaires tchadiennes vaincront inéluctablement la dictature du général président Sultan Déby, car l’objectif commun immédiat et minimal est la mise hors d’état de nuire le despote et son régime criminel. Notre parti, ACTUS/prpe se réjouit et soutient fermement l’unanimité avec laquelle le peuple tchadien, notamment sa vaillante jeunesse persiste à manifester malgré les répressions sanglantes du pouvoir. A ces actions viennent s’ajouter l’émergence d’une coalition nécessaire ces derniers jours entre les partis politiques d’opposition démocratique, la société civile et les organisations de défense des droits de l’homme qui lancent un ultimatum au pouvoir de libérer les quatre Leaders de la société civile [Cf. Déclaration commune du 24 mars 2015 des 25 partis politiques de l’opposition démocratique, in TchadPages du 25.03.2016]

Le peuple tchadien dans sa majorité absolue, est fermement opposé à la dictature du despote Déby vieille de 26 ans et à sa candidature anachronique pour une 5ème fois à la présidence de la République. Cette candidature est un mépris caractérisé du peuple, un déni de démocratie insupportable. L’expression démocratique à travers les manifestations pacifiques est interdite. Ces dernières sont réprimées dans le sang ou certains manifestants sont illégalement embastillés. Nous condamnons énergiquement ces violations flagrantes des droits de l’homme et du citoyen stipulés dans les articles 12, 18, 21 et 27 de la Constitution de la république du 31 mars 1996Le mépris permanent de la volonté populaire par le despote Déby, se traduit par des assassinats des citoyens et embastillements (milliers de morts). Cette machine infernale, doit être arrêtée. Le peuple n’a pas d’autres alternatives que celle d’opposer une réaction adéquate, proportionnelle aux crimes commis par le tyran Déby ou le Terminator tchadien. Les masses populaires victimes ont le droit légitime de passer à une autre étape supérieure de la résistance, en appliquant la légitime défense que leur dicte la Constitution de la république susmentionnée.

Il est écrit dans son préambule :
– Réaffirmons notre attachement aux principes des Droits de l’Homme tels que définis par la Charte des Nations-unies de 1945, la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948 et la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples de 1981 ; – Proclamons solennellement notre droit et notre devoir de résister et de désobéir à tout individu ou groupe d’individus, à tout corps d’Etat qui prendrait le pouvoir par la force ou l’exercerait en violation de la présente Constitution ; – Affirmons notre opposition totale à tout régime dont la politique se fonderait sur l’arbitraire, la dictature, l’injustice, la corruption, la concussion, le népotisme, le clanisme, le tribalisme, le confessionnalisme et la confiscation du pouvoir ; »]

Les crimes du général président sultan Déby contre le peuple doivent être stoppés par tous les moyens par le peuple victime. Il est temps que les puissances impérialistes occidentales, notamment la France qui soutient inconditionnellement, depuis 26 ans le dictateur contre la volonté du peuple martyr du Tchad, regarde en face cette tragédie que vit le peuple. La défense des intérêts français devrait supplanter la défense des vies humaines, de la démocratie et des droits de l’homme au Tchad ? Au demeurant, il serait utile de rappeler que le dictateur Déby fut aidé par la France dans son coup d’état militaire contre l’ex-président Hissein Habré en décembre 1990 [Dossier Noir de la politique africaine de la France N°13 éd. l’Harmattan, Paris, 1999]. La dernière intervention militaire de l’armée française en février 2008 à N’Djaména, contre les vaillantes forces de résistance nationale (bras armé du peuple), a permis de sauver in extremis, le général président Sultan Déby. En effet, le palais rose de ce dernier fut encerclé par les patriotes résistants. [Cf. La Croix du 7 février 2008]

De ce qui précède, notre Parti ACTUS/prpe :
►exige du général président Sultan Déby, la libération immédiate et inconditionnelle des quatre leaders de la société civile et organisations de défense des droits de l’homme : Madame Céline Narmadji, M.Mahamat Nour Ibedou, M.Nadjo Kaina Palmer et M.Younous Mahadjir.
► exige du général président Sultan Déby de garantir l’intégrité physique des quatre prisonniers politiques dont il est le seul responsable, et de respecter leur liberté d’action après leur libération, et ce conformément à la constitution.
►demande au gouvernement français de cesser son soutien permanent et inconditionnel, depuis 26 ans au dictateur Déby contre la volonté du peuple, et d’exiger de son allié encombrant et criminel, la libération immédiate et inconditionnelle des quatre prisonniers politiques. Notre peuple comme tous les autres, aspire aussi à la démocratie, au bien-être social (éducation, santé, nourriture, logement…) dont il en privé depuis 26 ans de tyrannie de Déby.
► demande aux Commissions des Droits de l’Homme de l’ONU et de l’Union africaine (UA) de prendre des sanctions contre le gouvernement du tyran Déby pour crimes commis contre le peuple tchadien, et d’exiger la libération immédiate et inconditionnelle des quatre prisonniers politiques.
► demande à l’Union Africaine (UA) la destitution du général président Sultan Déby de son poste de président de l’institution panafricaine.
►soutient sans retenue aucune et encourage vivement toutes les actions présentes et futures comme armes pouvant contribuer à la mise hors d’état de nuire le despote Déby et son régime criminel
►se félicite de l’unité d’action commune basée sur la plate forme minimale, celle de s’opposer à la dictature du despote Déby et sa 5ème candidature à la présidentielle, après 26 ans de pouvoir absolu. Cette unité d’action entre des partis politiques démocratiques, la société civile et organisations de défense des droits de l’homme et la vaillante jeunesse, constitue incontestablement le fer de lance de la colère du peuple qui triomphera de la dictature.
►encourage vivement et soutient le maintien d’une mobilisation permanente contre la 5ème candidature et le hold up électoral en perspective, jusqu’à la chute finale du tyran qui se profilerait par ailleurs à l’horizon. En effet, la surexcitation ainsi que la fébrilité inhabituelle du squatteur du palais rose qui se traduisent par le durcissement de la répression, évoqueraient les prémices de sa descente aux enfers. Cette répression sauvage plus musclée qui a repris le haut du pavé ces derniers mois, ressemblerait aux derniers soubresauts d’un personnage blessé, qui livre son dernier baroud d’honneur, hélas déjà fort longtemps anéanti par les crimes contre l’humanité qu’il a commis.
La juste cause de la lutte du peuple tchadienne pour une existence digne et humaine, est légitime. Elle doit triompher car de cette victoire dépend la survie d’un peuple et d’une nation.

Vaincre le général président sultan Déby ou la mort, nous vaincrons.

26 mars 2016
Le secrétaire général d’ACTUS/prpe
Djimadoum Ley Ngardinal

Mobiliser pour Construire
ACTION TCHADIENNE POUR L’UNITÉ ET LE SOCIALISME / PARTI RÉVOLUTIONNAIRE POPULAIRE ET ÉCOLOGIQUE Tchadian Action for Unity and Socialism/Popular and Ecological Revolutionary Party ( ACTUS/prpe)
E-mails : actus_pr@yahoo.com actus-prpe@club-internet.fr

 

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