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Billet de blog 24 avr. 2017

Le 7 mai prochain, j’irai voter Jean-Luc Mélenchon.

Nous avons hier fait la démonstration, non seulement de l’existence de notre camp (que d’aucun avaient voulu qu’il disparaisse), mais également de sa puissance. On était dans la morosité la plus totale, on était presque seuls. Entre temps, on s’est retrouvé. Hier, on était sept millions.

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Et encore une fois, on tape sur les insoumis ! C’est tellement plus facile que de critiquer les vrais responsables du scrutin d’hier. Les amis, on en aura pris des coups, depuis un an. On a eu le plaisir d’en rendre un certain nombre d’ailleurs. On est toujours là, parce qu’on a construit une force avec laquelle il faudra désormais compter.

Certains hypocrites nous reprochent d’être anti-démocrates en refusant de suivre leur petit scénario, bien ficelé depuis longtemps, du front républicain. Ils nous reprochent de ne pas appeler à voter pour leur chouchou, qui est loin d’être le candidat du vide, contrairement à ses discours. C’est le candidat de la destruction pure et simple de l’ensemble de nos conquêtes sociales. On nous intime donc de voter pour notre ennemi de classe juré contre notre ennemi fasciste juré. Au passage, on nous insulte, encore, en oubliant les si nombreuses fois où c’était nous, alors, qu’ils ont traité de fascistes, à rebours de toute notre histoire et de nos combats politiques. Ils en profitent aussi pour sortir leur mantra favori, que ne pas voter c’est voter FN. Ils étaient où, ceux-là, quand la France Insoumise faisait le tour des quartiers populaire pour inscrire les gens sur les listes électorales ? Et on nous accuse de ne pas jouer le jeu démocratique ?

Ça suffit. Je ne vais pas réexpliquer encore une fois que ce vote « utile », c’est justement la garantie que les fascistes vont avoir les plein pouvoirs en 2022. Je ne reproche pas non plus à ceux qui voudraient participer à cette mascarade de le faire, même quand je sais que c’est une erreur et un mauvais jugement des causes de cette situation. Mon vote, j’ai décidé depuis quelques années qu’il soit uniquement de conviction. Je voterai toujours pour mon camp, sans aller donner une caution de scrutin à mes ennemis jurés. Le 7 mai prochain, j’irai voter Jean-Luc Mélenchon. J’en ai marre de devoir sans arrêt réexpliquer ceci aux hypocrites qui font semblant de ne pas comprendre pourquoi je fais ce choix. Ça suffit !

Je préfère parler de la suite. C’est plus constructif, plus intéressant.

Nous avons hier fait la démonstration, non seulement de l’existence de notre camp (que d’aucun avaient voulu qu’il disparaisse), mais également de sa puissance. Ce score, il y a seulement un an, on n’osait même pas l’espérer ! On était dans la morosité la plus totale, on était presque seuls. Entre temps, on s’est retrouvé. Hier, on était sept millions. Sept millions d’espoirs, de détermination. Sept millions qui pensent que leurs rêves sont possibles, qui refusent de remiser l’humanité au placard. Ces sept millions, ils ne vont pas rentrer tranquillement chez eux et fermer leur gueule pendant 5 ans. Il y a du travail, beaucoup de travail à faire.

D’abord, il y a les élections législatives, que nos médias évitent bien d’évoquer. Il faudra limiter la nuisance de celui ou celle qui remportera le scrutin le 7 mai. Ces élections doivent être l’un de nos leviers d’action. Il faudra aller voter, comme d’habitude, selon nos convictions. Le PS essaiera de se servir de ces élections pour reconstruire son hégémonie. Il faudra lui montrer que non, il ne nous représente pas, et qu’on ne le laissera pas tout détruire, comme il l’a fait pendant 5 ans.

Il faudra aussi donner un cadre à notre mouvement, pour nous donner le moyen de rester forts. Il reste à discuter de la forme que nous voulons donner à ce mouvement. Nous avons montré notre capacité à rassembler pour un scrutin, mais il va falloir tenir encore un moment avant de triompher.

Ensuite, il va falloir bouleverser l’ordre médiatique actuel. Il aura été le principal obstacle à notre victoire. Nous ne pouvons pas laisser l’offensive néo-libérale dominer partout sans allumer de contre-feux. Nous avons pu, dans une certaine mesure, contourner cet ordre médiatique. C’est un exploit qu’il va falloir entretenir.

Enfin et surtout, il va falloir se battre, et le combat promet d’être long et difficile. Il ne faut pas baisser les bras. Notre victoire, c’est d’avoir compris que nous ne sommes pas seuls. Nous sommes sept millions.

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