En souvenir de Jean-Marie TJIBAOU

Le 9 mai 1989, j’écrivais un article dans ma Chronique du bicentenaire de la Révolution française intitulé : « La mort des braves »

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L’assassinat, le 4 mai, de Jean-Marie TJIBAOU et de Yeiwéné YEIWENE s’inscrit dans la trop longue histoire des révolutionnaires morts pour leurs idéaux. Ces meurtres, comme celui du Pasteur Martin Luther KING, sont encore plus injustes lorsqu’ils frappent des hommes de dialogue, des hommes de paix.

Et c’est précisément à cause de leurs idées pacifistes que les chefs du FLNKS sont morts. Le fait d’avoir pactisé avec la France, lors des Accords de Matignon, les rendait suspects, traîtres aux yeux de certains Canaques pressés d’en finir avec la colonisation de ces îles du bout du Monde.

Le vrai coupable, le meurtrier par rancœur interposée, c’est la France. On ne piétine pas indéfiniment l’honneur des peuples sans créer un climat de guerre civile. Le gouvernement de Jacques Chirac et Bernard Pons en tête se sont comportés en tueurs à gage lors de l’assaut de la grotte d’Ouvéa, il y a une année, -1988- à la veille des élections présidentielles. Encore heureux qu’ils n’aient pas été payés de retour.

Il a fallu tout le doigté et la sincérité de Michel Rocard pour convaincre les chefs canaques modérés de gagner du temps sur le temps. De mettre sur pied un processus, un calendrier qui permettent de construire un pays indépendant ayant un seul drapeau et deux couleurs de peau. Tout est à recommencer, mais avec qui, puisqu’ils ne sont plus là ?

 

 

 

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