La France va-t-elle droit dans le mur ? A moins d’un coup de barre à gauche, le gouvernement Ayrault en a pris le chemin. Le weekend passé, il s’est heurté au mur d’acier dressé à Florange par Mittal, allant jusqu’à redresser les brettelles d’un ministre en perdition. Parions que Montebourg s’est rappelé le coup de gueule du « Che » en février 1983 : « Un ministre, ça ferme sa gueule. Si ça veut l'ouvrir, ça démissionne. » Mais de démission nenni… il a déjà perdu sa copine, il ne va pas jeter son portefeuille aux orties. Max la menace, alias Arnaud, s’est fait prendre de vitesse par le ferrailleur indien qui a mis 20.000 emplois dans la balance. KO debout, mais encore en place jusqu’au prochain couac.
La décision du Premier ministre de renoncer à la nationalisation d’ArcelorMittal sème la zizanie à gauche et surprise… à droite aussi. A une question pressante de Patrick Cohen à Aurélie Filippetti sur France Inter, celle-ci déclare que la parole de Mittal ne vaut rien, qu’on ne peut pas lui faire confiance. Et d’ajouter, embarrassée : « J'ai une confiance absolue dans le président de la République et dans la vigilance qu'il exercera sur ce dossier ». Mieux vaut faire confiance à Dieu le fils qu’à ses saints avec lequel, deux heures plus tard, elle inaugure le Louvre de Lens. La reconversion des bassins miniers est en marche, Metz avec le Centre Pompidou, Lens avec le Louvre, les ouvriers en gardiens de musées.
Les hauts fourneaux sont éteints. Peu de chance d’être rallumés avec le célèbre briquet de feu le baron Bic. La Commission de Bruxelles va supprimer la taxe antidumping sur les briquets chinois vendus déjà au tiers du prix de l’allumeur français. Il ne nous restera bientôt que les pointes Bic pour écrire les mésaventures d’une France qui va droit dans le mur des lamentations populaires.