Je vous parle en direct de Nîmes, en occitan Nimes, cette cité qui remonte à l’Antiquité. Elle fut tour à tour romaine, hispanique, languedocienne, protestante et aujourd’hui sarkozysienne. Pour la deuxième fois cette année, le major Fournierus UMPenismus accueille l’exiguus imperator Minimus Primus.
Moyennant un passe-droit octroyé par la praefectus Aliomaris, j’ai pu rejoindre l’amphithéâtre romain situé au cœur de la ville. La plèbe a pris possession des gradins de pierre de bas en haut. On se dirait au stadium Vélodrome en attente d’un affrontement "barbarus" entre l’OM et le PSG. Un léger ventus mistralis fait claquer les banderoles dédiées à la gloire de son hôte. Des dizaines de centuries encerclent les abords du stade. Les légionnaires, carapacés comme des CRS venus des Gaules, refoulent des hordes de citoyens idolâtres qui n’ont trouvé place dans l’arène. Pour faire patienter la foule, le « major » a eu l’idée de projeter sur écrans géants un remake de la féria de Pentecôte de l’an passé. Hélas, les jeux du romanus circus ne sont plus ce qu’ils étaient.
Lorsque, habillé d’une toge brune… Minimus 1er apparaît au balcon avec sa vestale de pure souche latinus, toute de blanc vêtue, le délire de la populace atteint son comble. Et chacun de brandir sa carte de légitimus luminescente. On se dirait à Bercy avec Johnny Halidelix.
De deux, trois coups d’épaule, l’imperator impose le silence. Son rictus en dit long sur son impatience de jacter. Ave populus, primus : veni, secundus : vidi, tertius : vici ! Il fait état de ses nombreuses réformes que le pays tout entier approuve à l’unanimité. L’ordre, le calme social, la paix du travail, la pax romana existent partout en France. Pour gagner plus, changez vos Louis d’or avec mes sesterces de bronze !
Depuis qu’il a pris goût à l’Europe, il se sent à l’étroit dans l’hexagone et va de ce pas, avec ses sbires, porter l’estocade de l’Atlantique à l’Oural. Preuve que les idées gaulliennes le chatouillent aux entournures. En conclusion, dira-t-il, la France n’a non seulement un destin européen, mais mondial. Chiche que Magnus Obamamus 1er n’a pas l’envergure nécessaire !