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Billet de blog 5 mai 2010

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Les écrivains à la campagne…

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

J’avais le choix de rester à Genève, me rendre au Salon du livre et dédicacer mes bouquins sur le stand de la Société des écrivains ou participer samedi au Salon du livre de Redessan, une bourgade agricole située entre Beaucaire et Nîmes.

Quel dilemme ? Cent mille visiteurs d’un côté et quelques centaines de l’autre ! Et le prestige, bon sang ! Côtoyer à Genève les grosses pointures du monde littéraire qui signent à tour de bras. A vous rendre envieux, amer, jaloux, attendre béatement le chaland qui vous ignore, qui passe sans un regard pour les sans-grades. Avec l’espoir stupide qu’un éditeur de St Germain-des-Prés vous sollicite de publier chez lui !

J’ai choisi Rebessan pour le plaisir de me retrouver avec des auteurs locaux, des inconnus au box office. Des écrivains du dimanche et de nuits de pleine lune, des retraités qui trouvent enfin le temps d’écrire ce qu’ils ont à dire.

Ici, une dame accorte raconte sa souffrance de malentendante, là, un petit monsieur poétise la vie de tous les jours. Un ancien commissaire fait dans le polar, il a même reçu le prix du Quai des Orfèvres, puis l’éditeur l’a boudé. Plus loin, les gosses se précipitent sur le stand des auteurs de BD.

Une large place est faite à Daudet, sa vie, son œuvre, son opéra mis en musique par Gounod avec conférence à l’appui. La plupart des participants éditent à compte d’auteur. D’ailleurs, l’imprimeur numérique du coin tient boutique et vous propose des tirages à minima pour quelques euros.

On se parle, on s’échange nos livres et nos adresses, on trinque à l’apéro du maire en l’attente d’un solide buffet provençal. J’ai l’impression d’être en dehors du monde dans cette salle des fêtes au modernisme désuet des années cinquante. Tout ce passe dans le calme, dans la sérénité des jours heureux où l’on se lisait des contes auprès de l’âtre.

J’ai rencontré une jeune conteuse, Catherine Caillaud, qui va à la rencontre de ce monde rural, de village en village, dans les vallées de l’Ardèche.

Voici la quatrième de couverture de son livre aux textes parfois coquins : « Contes et Légendes d’Ardèche », paru aux éditions De Borée :

En Ardèche…
…Connaissez-vous la légende du pont de Vogüé ? La légende du pont d’Arc ? Ou bien celle du lac d’Issarlès ? Et la châtaigne, pourquoi est-elle hérissée de piquants ? Les réponses à ces questions sortiront peut-être de la bouche d’un Père Gustou - il y en a souvent un qui traîne, assis sur un banc, l’œil malicieux et la main appuyées sur un bâton noueux. Vous croiserez également Michou la Barjaquière, quelques fachinières (ces jeteuses de sort), des pirates d’eau douce, un facteur qui a la particularité d’entrer à reculons et une poignée de curés tantôt gourmands, tantôt lestes, mais qui ne savent pas toujours leur latin ! Entre trois envolées de virelangues, vous apprendrez à reconnaître et à chasser les afars - chose utile, car, sachez-le, il y en a forcément un ou deux qui rôdent chez vous…

Le legs des nourrices ardéchoises est inestimable… Celle de Catherine Caillaud lui racontait, entre deux becquées, mille et un récits sur son pays - « le plus beau du monde ». La petite fille a grandi ; elle est devenue enseignante, mère de famille et… une conteuse piquante et spirituelle. Elle recueille depuis dix ans, par le biais de rencontres, des histoires, des anecdotes de vie, des contes et légendes ardéchoises qu’elle restitue avec un bel accent chantant.

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