Sur le Net, à la première page, Libération annonce la découverte en mer de deux corps provenant sans doute du crash de l’Airbus.
Tout à côté, une publicité vidéo de Dior nous montre la mer… et un homme qui patauge sur la plage ! Hasard ou laissé-faire de la rédaction ?
Quelle honte, cette mainmise de la pub sur le rédactionnel… jugez vous-même si cette vidéo continue d’apparaître par intermittence:
Cela ne date pas d’hier. J’ai trouvé un texte de l’écrivain Jack London de 1902 intitulé : « Quiconque nourrit un homme est son maître ».
Il est publié dans un mini-livre édité par Les Editions du Sonneur à Paris.
Voici un extrait :
« Ainsi va le monde, et particulièrement au XXe siècle, du moins en ce qui concerne le texte imprimé. La veine du scandale, qui est mal vue de la presse quotidienne, émerge dans les magazines. La popularité est l’idée maîtresse. La publicité fait rentrer l’argent, le tirage attire la publicité, le magazine induit le tirage. Problème : qu’imprimer dans le magazine qui puisse induire un gros tirage qui apporte la publicité qui fait rentrer l’argent ? Voilà pourquoi le rédacteur en chef est dominé par le directeur commercial, qui garde les yeux rivés sur le tirage (parfois, le rédacteur en chef est suffisamment compétent pour garder ses propres yeux rivés sur le tirage). Et le tirage doit être important, pour que la publicité afflue et pour que l’argent coule à flots. Si bien que le rédacteur en chef imprime dans les pages de son magazine ce que le plus grand nombre veut lire. Il n’imprime pas ce qu’il faudrait qu’il lise, car sa fonction n’est pas de persuader, mais de flatter. »