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Billet de blog 9 septembre 2010

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Heu-reux ! Je suis cantonnier…

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Depuis trois mois, la pluie boude la Provence, juste une pissette pour coller la poussière aux pare-brises des voitures. La météo de Paris annonce enfin des trombes d’eau, l’orage, le déluge sur la nationale sept. Prévenant, le ciel a patiemment attendu que les estivants remontent vers le nord.

Il me reste peu de temps pour mettre du bois de chauffage à l’abri. Trois jours de labeur acharné à scier, à fendre de vieux troncs de fruitiers. Le soir, j’ai ma claque, mes bras, mon dos, mes rotules refusent tout service. Jusqu’à mes neurones qui sont courbatues. Impossible de me concentrer, d’écrire une ligne, mon esprit est vermoulu, comme en hibernation, juste capable de lire le journal du jour et m’affaler devant la télévision.

Badaboum en pleine nuit, la tempête s’abat sur le pays avec une violence a écorner les toros de Camargue. Je tente une sortie, le chemin de terre, celui de Compostelle, ruisselle comme une rivière, les fossés débordent, emportant mille branchages. Les rigoles me rient au nez, je n’ai pas pris la précaution de les curer comme chaque année.

Au matin, équipé de pelles et de pioches, je creuse, j’évacue la terre meuble, je les bichonne ces caniveaux, je leur prépare un petit lit douillet pour la nuit prochaine qui sera pire que la précédente. Un passant s’arrête, me regarde l’air dubitatif et me dit : « vous êtes le nouveau cantonnier ?». Je ne dis pas non, les pieds dans la boue, je suis heu-reux, comme Fernand Raynaud !

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