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Billet de blog 11 avril 2009

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Pâques sanglantes !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

C’est ainsi que les Arlésiens roulent les œufs de Pâques…

Durant quatre jours, les arènes romaines renouent avec les jeux du cirque, les jeux du sang.

Le rituel a changé depuis l’époque des premiers chrétiens qui ont cédé leur place aux toros de combat !

Dans leurs habits de lumière… de fiers et intrépides matadors bravent des bêtes fauves venues de l’Andalousie.

Même si les émules de El Cordobes risquent leur vie, moyennant un gros chèque, les jeux sont faits.

Les toros n’ont aucune chance de rejoindre le toril, ni de panser leurs plaies.

Au premier coup des trompettes de la mort, le monstre de muscles subit les assauts du picador sanguinaire qui plante et replante son trident jusqu’à le faire chanceler, lui faire mordre le sable doré.

Sur la pointe des escarpins, les « banderilleros » tournoient autour de la bête et lui picotent la nuque en une danse macabre.

Sous les hourras de la foule, le matador joue avec la vie et la mort, au risque de virevolter dans les airs, d’être piétiné ou encorné.

Dans un dernier pas de deux, digne d’un danseur étoile, il plante sa dague et ressort en triomphe de l’amphithéâtre.

Ultime humiliation de cette tuerie programmée, on coupera les oreilles et la queue des « Miura » sous les vivats des Aficionados.

Puis, des chevaux de labour traineront les carcasses vers la boucherie des arènes pour être aussitôt dépecées et vendues à l’encan.

*****

Nul doute que les milliers d’adversaires de la corrida parviendront tôt ou tard à faire interdire ce spectacle barbare, tant en France qu’en Espagne. La ville de Barcelone, qui fut un haut lieu de la tauromachie, a montré l’exemple en interdisant toute corrida sur son territoire dès cette année.

Ce n’est pas le cas à Arles, à Nîmes et dans le Sud-ouest où les « féria » ont la faveur du public et des autorités aussi bien de gauche que de droite. Le journal « La Provence » consacre des dizaines de pages à l’évènement et il est de bon ton que les élus locaux assistent à ce jeu de massacre.

*****

Tout autre est l’initiative de Monseigneur Jean-Michel di Falco, l’évêque de Gap, dans les Hautes-Alpes de Provence.

A l’occasion de Pâques, il présente dans sa cathédrale la sculpture de Peter Fryer :

Le Christ et la chaise électrique

.


Cette œuvre crée scandale, choque les fidèles et suscite de vives réactions au sein de la communauté catholique du diocèse. Mgr di Falco a frappé fort et cite une phrase de Serge Gainsbourg :

"Si le Christ était mort sur le chaise électrique, tous les petits chrétiens porteraient une petite chaise autour du cou".

Pour les non-croyants, cette « Pietâ » a une autre signification. Elle rappelle que la peine de mort est en vigueur dans de nombreux pays. Elle rappelle l’existence de conflits, d’attentats, de tueries, de génocides un peu partout sur notre terre.

Ce symbole rappelle que le « Golgotha » perdure de par le monde.

A la différence que les milliers de victimes, souvent innocentes, n’auront pas la chance de « ressusciter » le jour de Pâques comme ce fut le cas, paraît-il, pour un Palestinien, il y a près de deux mille ans.

Elle rappelle l’intolérance, la violence, le racisme, l’hégémonie des puissants sur les faibles, des riches sur les pauvres.

Elle rappelle aussi les propos, les commentaires souvent injustes, malfaisants, injurieux, calomniateurs à l’encontre de personnes de bonne foi.

En un mot, la phrase, la diatribe, l’invective qui tuent !

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.