Après le délit de faciès, voici venu le délit de la bagnole ! Cela se passe au Tribunal civil de Charleroi, ville située dans l’ex-bassin houiller que l'on nomme le Pays noir qui, comme chacun sait, se trouve en Belgique, en Wallonie plus exactement. Dans ce pays de petites gens, il y a tout de même quelques personnes aisées qui ont le culot de se pavaner avec de grosses limousines, faisant fi du car-jacking.
Voici un jugement qui fera jurisprudence dans le landernau wallon et sans doute bien au-delà. « Sortir avec sa Jaguar dans Charleroi, c’est prendre des risques », telle est la phrase prononcée par la magistrate du dit-tribunal qui avait à juger de plusieurs actes de violences commises sur le nanti Carolorégiens et son carrosse…Et de poursuivre : « Il n’est peut-être pas raisonnable d’attirer l’attention sur soi en circulant en Jaguar et en vivant dans une belle maison, en affichant ostensiblement sa prospérité dans une région économiquement pauvre et sinistrée comme l’est celle de Charleroi ».
Albert II, roi des Belges est averti. Ou il ne pose pas les pieds à Charleroi, ou il y va à bicyclette, avec celle d’Eddy Merchx !
Le délit de la belle bagnole existe bel et bien. Il est quotidien, instinctif. Dès qu’une limousine rutilante, un coupé sport, un puissant 4x4 passent devant vous, le réflexe conditionné est de regarder qui se trouve à l’intérieur. Qui est-ce ? Un ministre, un PDG, un mafieux, un parvenu, un gagnant du loto. Le plus souvent, ce ne sont que des gens comme vous et moi, de simples pékins dont la bagnole est le signe ostentatoire de paraître, de sortir du lot, d’être ce qu’ils ne sont pas ! L’obscur objet du désir.