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Billet de blog 14 juillet 2010

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La prise de la Bastille

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Lettre aux révolutionnaires…

A Jésus, Danton, Robespierre et les autres…

Vos noms sont non seulement gravés dans l’histoire mais vous l’avez écrite avec le sang et les larmes. Vous avez changé le cours anormal des choses, la vie des hommes, l’humanité presque entière. Bien après votre mort, vous influencez notre quotidien et notre devenir.

De l’avis de millions d’hommes, le premier des révolutionnaires, c’est vous, Jésus de Nazareth. Pour les chrétiens, le tiers de l’humanité, vous êtes le fils de Dieu. De tous les révolutionnaires, vous êtes le seul à n’avoir eu que votre sang sur les mains. A une époque barbare et païenne, vous avez souhaité changer la face du Monde par un message d’amour à la place de la haine et de la violence. Plus de deux mille ans se sont écoulés depuis vos dix commandements qui devaient servir de base morale à la société des hommes. Même vos disciples et vos émules se sont gravement fourvoyés au cours des siècles. Partout sur cette terre, on a tué et on tue encore au nom ou à cause de Dieu et du Prophète.

A quoi bon faire la révolution puisque les grands idéaux humanistes sont la plupart du temps détournés de leur but initial. Celle de 1789, celle de 1917, ont tout de même profondément marqué l’histoire. Mais fallait-il tant de terreur, tant de sang, tant de larmes pour que l’humanité trouve un semblant de mieux-être ?

Après la Dernière Guerre Mondiale, nous aurions pu croire qu’il en serait fini des génocides, des pogroms et des destructions. Le péril nucléaire, l’équilibre de la terreur entretenu par les deux blocs qui s’étaient partagé le monde à Yalta, devaient être le plus sûr garant de la paix. Les gendarmes du Monde étaient sensés y mettre bon ordre !

Hypocrisie que tout cela. On ne se battra plus à visage découvert, on fomentera des conflits, des soulèvements par pays interposés. Les occasions étaient trop belles pour ne pas en profiter, étendre son réseau d’influence et asseoir son hégémonie.

Quelle aubaine pour vous les révolutionnaires de tous poils, de vous sentir appuyés, armés, financés par de si puissants protecteurs ! Une occasion unique de prendre le pouvoir, d’exalter votre égo, de vous enrichir et de faire partie de la corporation des dictateurs.

Puis vint le tour des minorités régionales, ethniques, religieuses de prendre le relais et de revendiquer leurs différences et leur indépendance. Louable démarche de ces peuples opprimés de faire valoir leurs droits les plus légitimes. Mais comment se faire connaître, se faire entendre dans ces pays où l’information est muselée et la démocratie inexistante ? Par le coup d’éclat, le terrorisme aveugle, la prise d’otages dont les médias se font immédiatement l’écho.

En ce jour du 14 juillet, la France célèbre sa fête nationale. Elle se réfère à la Révolution de 1789 qui fut le détonateur d’un Monde meilleur en devenir, un Monde de paix et de tolérance.

Alors pourquoi ce défilé militaire sur les Champs, cette parade de soldats aguerris, cette panoplie d’armes sophistiquées qui nous rappellent tant de conflits et de tueries ? Est-il nécessaire de faire la démonstration de cette puissance de feu en ce jour de liesse populaire ?

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