Tous foutus, comme les dinosaures ?

1. Fin du mois, fin du Monde, même combat

 

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D’année en année, notre cher climat nous joue des tours pendables. Cela se passe sous toutes les latitudes, que ce soit en Afrique, en Asie, aux Amériques, en Europe occidentale aussi qui ne saurait échapper à ces dérèglements imprévisibles. C’est la faute au dioxyde de carbone abrégé par le sigle CO2 qui n’est plus un amour depuis trois décennies environ. La météo ne sait plus où donner de la tête, devenue une sorte de loterie à numéro financée à coup de pub par les multinationales. Va comme je te pousse : de la pluie, du soleil, du vent, quand ce n’est pas la neige au mois de mai. On se console avec les charmantes speakerines et leurs sourires immuables, quelque soit la tendance. D’ici à les attendre à la sortie du studio, un parapluie ou un parasol en bandoulière pour une balade à travers Paris qui décide de la pluie, plus rarement du beau temps sauf la canicule - 42,6 degrés le 25 juillet 2019 !

J’imagine déjà les pisse-vinaigre me reprocher de traiter cette première page à la légère. Foutu pour foutu, à quoi bon s’en faire, olé, olé, prenons les choses du bon coté ! Les bonnes gens n’en n’ont rien à foutre du devenir catastrophique de l’humanité, ils viennent tout juste d’accéder avec un plaisir diversement partagé à la société de consommation, finalement cause de tous nos maux. Encore heureux que la moitié de la planète est habitée par les pauvres, des crève la faim qui n’y sont pour rien.

Laissons les scientifiques de tout poil nous pondre des études, des rapports, des mises en garde plus controversés les uns que les autres. Une fois l’an, les politiques font semblant de les écouter pour la bonne forme, font bombance lors de COP PARTIES animées par des verts d’occasion entourés de gris-vert, because la sécurité. La croissance, encore la croissance est leur leitmotiv pour se maintenir au pouvoir et gagner la prochaine élection. Tous ces politicards qui managent la planète sont inféodés aux puissances économiques, aux lobbies, aux industriels, au capitalisme pur et dur. Notre mémoire est courte, nos connaissances élémentaires, notre inconscience gravissime… savons-nous que 90% de toutes les découvertes techniques et scientifiques depuis l’origine de l’homme ont été faites ces cinquante dernières années ?

Ne clouons pas tout le monde au pilori, il y a des pétochards sincères qui trient leurs ordures, achètent en vrac quelques fruits et légumes bio au péquenot du coin. Quant à la majorité, c’est vogue la galère, car on ne va tout de même pas attendre les vacances annuelles à l’autre bout de la terre pour déglutir une banane ou un ananas sur place. Au tarif lowcost, ça vaut le coup, car ces zingues ça consomment moins que rien ! Dix fois moins au kilomètre que la bagnole par flemmard transporté.

Avant de faire le tour du Monde de l’inconscience populaire, la moindre des choses consiste donc à faire mon introspection personnelle. De ce coté là, honnêtement, je n’ai pas été un modèle de sagesse, à vrai dire, mon comportement n’a pas été blanc-bleu. Pourtant, dès mon jeune âge d’adolescent j’avais pris conscience de l’explosion démographique galopante. Curieux, j’avais suivi de long en large les travaux, les prévisions, les alertes des prévisionnistes du Club de Rome en 1972, actualisés en 2012, en particulier l’ouvrage de Meadows : « Les Limites à la croissance », qui donne soixante ans au système économique, soit 2030, avant de s’effondrer, confronté à la diminution des ressources et à la dégradation de l’environnement. Même si ces doctes chercheurs n’envisageaient pas encore le réchauffement de la planète et la montée des eaux ! Le CO2 - dioxyde de carbone - n’avait pas atteint ses lettres de faiblesse actuelles, faute de connaissances les médias n’en faisaient pas leurs choux gras. Ce n’est qu’en 1982, qu’une équipe scientifique de la société pétrolière Exxon avait prédit et tracé la forme du changement climatique et l’évolution du CO2 atmosphérique si nous utilisions toujours des combustibles fossiles. Il va sans dire qu’à l’époque cette étude a été rangée dans les tiroirs. Le record du pic de concentration de 415 ppm a été atteint en mai 2019 alors qu’il était respectivement de 180 ppm en 1850 et 320 ppm dans les années soixante ! - un ppm est l'équivalent d'un millionième.

À suivre…

 

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