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Billet de blog 15 mars 2013

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42/52 - Révoltons-nous contre les salaires

C’est une lapalissade d’écrire que le Smic court après le coût de la vie sans jamais le rattraper ! Même après des années de service, des millions de salariés n’ont pas démarré de leur salaire de base si ce n’est l’indexation fixée une fois l’an par le gouvernement. Dieu sait si elle ne compense pas le réel renchérissement ! Quant à l’augmentation proprement dite du traitement, elle est laissée au bon vouloir de l’entreprise.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

C’est une lapalissade d’écrire que le Smic court après le coût de la vie sans jamais le rattraper ! Même après des années de service, des millions de salariés n’ont pas démarré de leur salaire de base si ce n’est l’indexation fixée une fois l’an par le gouvernement. Dieu sait si elle ne compense pas le réel renchérissement ! Quant à l’augmentation proprement dite du traitement, elle est laissée au bon vouloir de l’entreprise. Les témoignages sont légions de la radinerie patronale. Celui d’un guichetier de banque, par exemple, dont le salaire n’a progressé que de 500 euros en 30 années de service, d’un vendeur de supermarché augmenté de 50 euros en 10 ans ! Quels que soient l’âge et l’expérience, les petits métiers ont un prix plancher, le Smic, le minimum légal. Les patrons font cause commune avec le gouvernement et le Medef qui traite les travailleurs de « râleurs de la fiche de paye ! ». Ce n’est pas le moment d’envisager une quelconque augmentation des salaires, disent-ils en chœur, alors qu’une nouvelle crise sévit aux quatre coins de l’Europe et des Etats-Unis ! On cite toujours les performances de l’Allemagne alors que le coût du travail, toutes charges confondues, est inférieur en France pour une productivité supérieure !

Faut-il rappeler que depuis des décennies, la main-d’œuvre de base n’est pas payée au juste prix. Cette situation récurrente, qui perdure depuis l’après-guerre, est compensée par des allocations de toutes sortes à la charge de l’Etat bienfaiteur… Sait-on qu’une personne sur deux vit avec moins de 1450 euros par mois et seuls 20% des salariés gagnent plus de 2.380 €. Entre ces deux tranches, la France du milieu, dite classe moyenne, voit sa situation matérielle se dégrader d’année en année. Il faut deux salaires pour boucler les fins de mois, extraire la famille de la paupérisation, financer les études des ados. Et si l’un deux perd son emploi… la classe moyenne se retrouve en classe populaire !

Quant au slogan sarkoziste : « travailler plus pour gagner plus », il a sombré corps et biens avec le ralentissement de l’activité induit par la crise. Combien de patrons ont profité des heures sup, certes majorées de 25% mais exemptes de charges sociales et d’impôt ? Certains en ont fait leur beurre alors que l’on évalue à près de deux milliards le coût pour l’Etat et la Sécurité sociale d’une décision  stupide et contraire à une saine gestion des finances publiques.

Il existe pourtant une solution toute simple, quasi mathématique, qui consiste à diminuer les prélèvements sociaux proportionnellement à la hausse des bas salaires. Dans la situation précaire actuelle, cette opération de vases communicants pourrait être de l’ordre de 10%. Non seulement un millier d’euros de plus annuel améliorerait la situation de millions de salariés, mais elle aurait des retombées non négligeables sur la relance de la consommation, de l’épargne et de la perception de la TVA.

Et pourquoi pas le salaire unique : 2000 euros pour tous ? Sans aller jusqu’à cette solution extrême, il est indispensable de réduire la grille des rémunérations, mettons de un à quatre ! Augmentons le Smic et fixons un salaire maximum au plan public et privé. Y compris les PDG ! Les ténors politiques s’accordent à proclamer que l’on est riche à 4000 euros par mois alors que ces démagogues en costard cravate perçoivent des rémunérations jusqu’à dix fois plus élevées à la charges des contribuables. Le partage équitable des richesses produites ne serait que justice rendue à l’ensemble des travailleurs. Admettons que cette réforme ne peut se faire d’un jour à l’autre, mais il est essentiel de la programmer par paliers en s’attaquant immédiatement au sommet de l’échelle.

Il est inacceptable et scandaleux que des PDG du CAC 40 gagnent de 500 à 1000 fois plus que le Smic ? Ils décrochent le jackpot comme d’autres dirigeants de sociétés, de banques ou de régies semi-étatiques au multiplicateur de 100 à 150 ! C’est ni plus, ni moins un abus de biens sociaux qu’il faut sanctionner, règlementer car se sont leurs personnels  qui produisent les profits de l’entreprise qui, sans eux, n’existerait pas… Face aux revendications salariales, ce sont ces mêmes patrons qui brandissent la menace de délocalisation dans les pays à bas salaire, alors qu’ils l’ont bien souvent déjà réalisée !

Dans la panoplie de ses promesses électorales de 2007, le Président en exercice avait émis un vœu pieux : la règle des trois tiers appliquée aux bénéfices des entreprises : un tiers aux actionnaires, un tiers réinvesti, un tiers aux salariés ! Chanel a fait sienne cette équitable répartition : l’entreprise de luxe a versé 230 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires et a proposé une augmentation de 240 euros à ses 3000 salariés français pour l’année 2010, soit 720.000 euros !

(Cet article a paru dans le livre : Révoltons-Nous… Bon Sang !)

Pour l’obtenir par téléchargement 

ou la version papier sur :

www.fredoberson.com

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